vignette|262x262px|Modou Lo La lutte sénégalaise (en sérère : Nauright, John; Zipp, Sarah; Routledge Handbook of Global Sport, Routledge (2020), p. 186, Amdur, Ellis, Hidden in Plain Sight: Esoteric Power Training within Japanese Martial Traditions, ISD LLC (2018), pp. 29, 452, ; .) est un sport traditionnel très populaire au Sénégal, tout particulièrement dans les régions du Sine-Saloum (chez les Wolofs et Sérères) et de la Casamance (chez les Diolas). On le pratique aussi en Gambie.

Sport de contact, la lutte sénégalaise intègre aussi la boxe, d'où l'appellation de « lutte avec frappe ». Le lutteur peut à la fois donner des coups et recourir au corps à corps pour terrasser son adversaire.

thumb|Lutteur traditionnel.

En plus de sa dimension sportive, elle intègre une dimension culturelle et folklorique (bakk), qui met en œuvre au travers d'animations la tradition culturelle sénégalaise.

Au départ sport amateur, la lutte sénégalaise est devenue un sport professionnel qui attire de plus en plus de jeunes sportifs et de spectateurs« Tout savoir sur la lutte sénégalaise » – Sur Afrik.com. Les cachets des lutteurs s'élèvent à des dizaines de millions de FCFA (centaine de milliers d'Euro). Les lutteurs sont regroupés en écuries et adhèrent à la fédération (Comité national de gestion de la lutte communément appelé CNG) qui est l'organe de gestion de ce sportwalfadjiri aurore, avec des combats à mains nues : Le drame plane sur l'arène sénégalais.

Au-delà de sa dimension sportive, la lutte sénégalaise ou lutte avec frappes intègre une dimension culturelle et folklorique. Les lutteurs tentent souvent d'intimider leurs adversaires avec le port de gris-gris ou en adoptant une certaine démarche lorsqu'ils entrent dans l'arène.

Histoire thumb|Combats dans un village de Gambie en 2003.|left thumb|Mame Balla contre Pape Mor Lô à Paris-Bercy en 2013. La lutte sénégalaise, appelée laamb en wolof, est un sport traditionnel profondément enraciné dans la culture du Sénégal. Elle combine techniques de combat, rituels culturels et cérémonies spirituelles. Historiquement, la lutte servait non seulement à démontrer la force physique des participants, mais aussi à résoudre des conflits entre communautés et à renforcer la cohésion sociale au sein des villages. Les lutteurs, souvent considérés comme des figures emblématiques, étaient accompagnés de chants, de danses et de prières pour invoquer la protection des esprits et des ancêtres avant chaque combat.

Aujourd’hui, la lutte sénégalaise attire des spectateurs de tout le pays et à l’international. Des compétitions professionnelles sont organisées régulièrement et retransmises à la télévision ainsi que sur les réseaux sociaux, contribuant à populariser ce sport auprès des jeunes générations. Les événements sont également accompagnés de cérémonies symboliques, comme les sacrifices rituels ou les danses de célébration, mettant en valeur l’identité culturelle du Sénégal.

Au-delà de son aspect sportif et culturel, la lutte joue un rôle économique important. Les grands lutteurs deviennent des célébrités et génèrent des revenus à travers les sponsors, les spectacles et les ventes de produits dérivés. La pratique de la lutte favorise également le tourisme et la promotion de la culture sénégalaise à l’étranger. En résumé, le laamb représente à la fois un sport, un spectacle, un rituel et un symbole national, reflétant l’histoire, la spiritualité et la fierté collective du Sénégal.

Traditionnellement, les premiers combats de lutte se déroulent après la saison des pluies et opposent les lutteurs de villages environnant dans des championnats appelés mbaapat. C'est le cas notamment dans les régions du nord, du Sine-Saloum chez les Sérères et de la Casamance chez les Diolas. Le vainqueur du tournoi peut gagner et remporter avec lui du bétail, des céréales et d'autres biens en jeu.

Au fil du temps et du succès, les combats deviennent de plus en plus importants, les cachets des lutteurs aussi. C'est dans ces compétitions que naissent de grands champions.

De grands noms marquent l'histoire de la lutte sénégalaise : Falaye Baldé, Double Less, Mbaye Gueye (Tigre de Fass), son petit frère Moustapha Guèye, Manga 2 (Roi des Arènes) entre autres.

Avec l'avènement de Mouhamed Ndao (Tyson), la lutte prend son envol pour devenir un sport professionnel avec des cachets de millions de francs et un grand nombre de spectateurs. Aujourd'hui les combats sont de grands événements sportifs mobilisant les médias et l'attention des résidents et de la diaspora.

Rituel thumb|upright=0.8|« Faux lion » avant le combat. La lutte est auréolée de nombreux rituels, qui sont autant de chants de bravoure censés galvaniser les lutteurs. Tout cela est suivi par des cérémonies pour conjurer le mauvais sort avant chaque combat. Au-delà de la préparation physique des mbër (mot wolof désignant les lutteurs), le cortège des marabouts accompagnant les athlètes dans l'arène de la compétition, viennent cristalliser des prières salvatrices censées donner la victoire à son protégé qui arbore des gris-gris (talisman), de même que des prises de bains rituels. Avant chaque affrontement, le bërekat se livre au bàkk.) qui consiste à chanter ses prouesses en vue d'intimider l'adversaire et de séduire son public en dansant au rythme du tam-tam. Chants, également entonnés par les griots et griottes attitrés, qu'on appelle alors « ndawràbbin ».

Il convient aussi de clairement distinguer les modalités traditionnelles des diverses formes historiques de la lutte sénégalaise d'avec sa pratique moderne aussi dite "lutte africaine". Cette dernière résulte d'un effort d'unification destiné à permettre aux diverses ethnies de se rencontrer au moyen d'un style unifié ; ce style de synthèse est retenu pour les Jeux de la Francophonie (Nice, début ). Ce nouveau style intègre lui aussi un rituel spécifique. Ni cette création d'une lutte moderne, ni les rituels adoptés ne s'opposent aux formes traditionnelles de pratique. Il s'agit d'une harmonisation nouvelle, amplement aidée par la CONFEJES qui a assuré l'édition de deux ouvrages coordonnés par Frédéric Rubio. L'un porte sur les divers styles de lutte et sur les divers lutteurs qui ont conduit le travail pour un premier recueil de donnée sur les luttes africaines. L'autre est un aboutissement permettant de poser les bases d'un style de synthèse permettant d'ouvrir la pratique à l'ensemble des femmes et des hommes et des enfants de toutes les nations.

Règles Le règlement est très rigoureux et complexe. Il est appliqué par trois juges arbitres.

Un combat dure deux fois dix minutes et peut comporter des prolongations. Les lutteurs combattent à mains nues et sans aucune autre protectionLutte sénégalaise : Faut-il rendre obligatoire le port de protections? sur taishin-jutsu.com, consulté le 30/01/2011., excepté le protège dentaire. Le combat se termine dès qu'il y a une chute d'un des lutteurs. On considère qu'il y a chute lorsque la tête, les fesses ou le dos du lutteur touchent le sol ou qu'il y a quatre appuis (deux mains et deux genoux) sur le sol. La victoire peut aussi être attribuée à un lutteur lorsque son adversaire ne présente plus les conditions physiques ou médicales aptes à la lutte.

Quelques champions vignette|Bombardier, roi des arènes en 2002-2004 et 2014-2018.

Compétitions thumb|Combat au stade Demba Diop de Dakar. Les combats ont lieu tout au long de l'année, généralement le samedi ou le dimanche, notamment dans le Stade Demba Diop. Les rencontres les plus populaires se déroulent le au Stade Léopold-Sédar-Senghor de Dakar et le , jour de la fête de l'indépendance du Sénégal.

Roi des Arènes

En 1984 la fédération de lutte sénégalaise a organisé une compétition avec pour enjeu le titre officiel de roi des arènes.

La finale avait vu la victoire de Manga 2 sur Mor Fadam.

Le titre impliquait des obligations, notamment celle d'être défendu au moins trois fois par saison.

Manga 2 l'a ainsi défendu jusqu'à sa première retraite en 1990.

Par la suite aucune organisation étatique n'a plus attribué ce titre.

À son retour en compétition Manga 2 a continué à se prévaloir du titre. Cependant sa valeur n'était qu'officieuse.

On peut néanmoins voir un certain consensus au sein des amateurs de lutte et de la presse pour donner une valeur à ce titre.

1984-1999 : Manga 2 1999-2002 : Tyson 2002-2004 : Bombardier 2004-2012 : Yékini. 2012-2014 : Balla Gaye 2 2014-2018 : Bombardier 2018-2019 : Eumeu Sène 2019-2026 : Modou Lo depuis 2026 : Sa Thiès.

Philatélie Albert Decaris a créé pour les Postes sénégalaises un timbre « Luttes africaines ».

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Mémoires de Maîtrise STAPS de l'Institut National Supérieur de l'Éducation Populaire et du Sport (INSEPS) de Dakar :

Diallo, M. (2018). La lutte sénégalaise : culture et sport. Dakar : Éditions Universitaires du Sénégal. Diop, A. (2020). Sport et société au Sénégal. Paris : Karthala.

Filmographie Cheikh Ndiaye, L'Appel des arènes, 2005 Paulin Soumanou Vieyra, Lamb, 1963 Momar Thiam, La Lutte casamançaise, 1968 Yekini Yakhya Diop, Interieur sport, reportage long métrage, 2010

Articles connexes Arène nationale, à Pikine, dans la banlieue de Dakar Sport au Sénégal Stade Demba Diop Liste des luttes traditionnelles africaines par pays

Liens externes Senlutteurs.com (base de données de lutteurs et de combats de la Lutte sénégalaise)

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