Ciudadanos, de son nom complet Ciudadanos-Partido de la Ciudadanía (en ) (abrégé en Cs et C's, officiellement jusqu'en 2017), est un parti politique espagnol libéral et unioniste, d'abord classé au centre, puis évoluant vers le centre droit et la droite.
Lors des élections européennes de 2009, Ciudadanos se présente avec le parti Libertas. Il est issu de l'association Ciutadans de Catalunya, opposée au catalanisme et favorable au principe de . Son périmètre d'action est, jusqu'en 2014, réduit à la Catalogne. Par la suite, le parti s'élargit au reste du pays.
Le , Ciudadanos intègre officiellement le Parti de l'Alliance des libéraux et des démocrates pour l'Europe.. En , Ciudadanos obtient 57 sièges au Parlement espagnol, mais connaît un important revers dès les élections générales de novembre de la même année, défaite qui est suivie par « une lente agonie » depuis.
Dénomination Lors de sa fondation, le nouveau parti choisit la dénomination de Ciudadanos-Partido de la Ciudadanía en espagnol afin d'affirmer l'ampleur géographique de son rayon d'action : l'ensemble de l'Espagne.
Dans les communautés autonomes possédant plus d'une langue officielle, le parti est désigné indistinctement dans ces langues officielles : en , en , en , en .
L'abréviation Cs figure officiellement au registre des partis politiques du ministère de l'Intérieur..
Dans un entretien donné en 2008, Albert Rivera, alors président de Ciutadans, affirme que le vocable a été choisi car le parti souhaite s'adresser à tous les ..
Histoire
Fondation Ciudadanos est né à partir de la plateforme civique Ciutadans de Catalunya (Citoyens de Catalogne), créée le à Barcelone par un groupe de quinze intellectuels, professeurs d'université et professionnels de différents milieux. Le , ceux-ci présentent au Centre de culture contemporaine de Barcelone un manifeste pour la création d'un nouveau parti politique en Catalogne, également présenté à Bilbao et à Madrid. Les fondateurs créent de la sorte une nouvelle force politique en Catalogne. Ils s'opposent au nationalisme catalan (qu'ils nomment le ), que ce soit en politique ou dans l'éducation.
L'acte de présentation du processus constitutif du nouveau parti a lieu le au Théâtre Tívoli de Barcelone en présence et avec le soutien de différentes personnalités des milieux culturel, éducatif et politique. Pendant la campagne de Ciutadans de Catalunya pour le référendum d'approbation du nouveau Statut d'autonomie le , Arcadi Espada et d'autres membres de la plateformes sont agressés par un groupe d'indépendantistes catalans. Bien que les mossos d'esquadra (police catalane) — accusés de passivité par la victime — ont démenti l'agression dans un premier temps, tous les groupes politiques l'ont condamnée. La journaliste et sous-directrice du journal El Mundo, Victoria Prego est témoin de la scène et la décrit dans deux articles. La plateforme dépose officiellement plainte à Gérone et sur proposition du Parti populaire, la session plénière du Congrès des députés a approuvé à l'unanimité le jour suivant une déclaration institutionnelle pour condamner l'agression.
Les et , a lieu le congrès fondateur à Bellaterra en présence de 350 délégués venant de la cinquantaine de groupes locaux de l'organisation où sont définis l'organisation, la structure interne, où sont choisis les organes représentatifs ainsi que l'idéologie du nouveau parti et le nouveau nom qui lui servirait pour les élections régionales à venir en Catalogne, le . Le congrès fondateur choisit également Albert Rivera comme président, un avocat de vingt-six ans, Antonio Robles comme secrétaire général.
Parti local catalan (2006-2014) Après sa constitution, Ciudadanos consacre toutes ses forces aux élections du Parlement catalan afin de mobiliser beaucoup d'abstentionnistes et de désabusés des cinq formations - Convergence et Union, Parti des socialistes de Catalogne, Gauche républicaine de Catalogne, Parti populaire et Initiative pour la Catalogne Verts - Gauche unie et alternative — représentées au Parlement catalan. L'ambition du parti est d'entrer au parlement régional et de continuer à avancer sans faire aucune alliance d'intérêt avec un parti nationaliste catalan. Le , Ciudadanos présente ses candidats au Palais de la musique catalane, devant ; une affiche montrant Albert Rivera nu y est aussi dévoilée. Le , Ciudadanos obtient et trois députés, devenant le sixième parti politique du Parlement de Catalogne. Les trois députés (Albert Rivera, d'Antonio Robles et de José Domingo) sont par ailleurs élus dans la circonscription de Barcelone. Le parti refuse toute prise de position pouvant favoriser les possibles candidats à la présidence de la Généralité, Artur Mas ou José Montilla. Le , Ciudadanos s'oppose à l'élection de Montilla au poste de président de la Généralité.
Lors des élections municipales du , le parti présente des candidats, sans expérience politique préalable, dans différentes villes catalanes dont les quatre capitales de province (Barcelone, Lérida, Gérone et Tarragone) et hors de Catalogne, à Alicante et à Salamanque. Dans le reste du pays, le parti appelle à voter blanc. La campagne électorale est marquée par des incidents, comme le boycott de l'acte de candidature à Barcelone d'Esperanza García et du professeur d'université Francesc de Carreras. Ciudadanos prétend également avoir été victime d'un boycott informatif de la part des médias de communication catalans aussi bien publics que privés durant cette campagne. En Catalogne, le parti récolte et 13 conseillers municipaux — 8 dans la province de Barcelone (Casteldefels, Gavá, Montornés del Vallés, Sant Andreu de la Barca, Sant Boi de Llobregat, Sant Pere de Vilamajor, Viladecans et Vilanova del Camí) et 5 dans la province de Lérida (tous à Gimenells i el Pla de la Font). Ailleurs, il obtient (1,41 %) à Alicante et (2,28 %) à Salamanque, sans obtenir de siège dans aucune des deux mairies.
En , Ciudadanos envoie une lettre au président du Parlement européen pour dénoncer le comportement du Parti des socialistes de Catalogne, qui aurait sanctionné plusieurs de ses militants pour avoir maintenu des contacts avec ¡Basta Ya!, un collectif ayant reçu en 2001 le prix Sakharov du Parlement européen. Ciudadanos qualifie le PSC de et juge ce comportement d' et déclare que cela aurait le Parlement européen.
Lors des élections européennes de 2009, le parti intègre la coalition Libertas, à laquelle appartient notamment Philippe de Villiers. Albert Rivera qualifie a posteriori cette alliance de et déclare : ..
Expansion nationale depuis 2014 vignette|droite|Logo jusqu'en 2017. Dans le cadre de sa stratégie d'implantation nationale, Ciudadanos conclut des alliances avec des partis mineurs tels que le Centre démocrate libéral, l'Union du peuple salmantin, Union régionaliste de Castille-et-Léon, et l'Union centriste libérale, qui fusionnent avec Ciudadanos entre 2014 et 2015.
De plus, durant cette période, des politiques provenant d'autres formations politiques créent la polémique en rejoignant Citoyens. Le , deux conseillers municipaux du PSC à Sant Vicenç dels Horts quittent leur poste et le parti pour rejoindre Ciudadanos.
José Serna, coordinateur de Ciudadanos à Torrevieja assure en 2015 que au sein du parti prétendent l'éloigner de la direction du parti. Ciudadanos réagit immédiatement en l'expulsant du parti. José Serna accuse alors les responsables de Ciudadanos, tant au niveau local que provincial .
Élections européennes de 2014
Élections régionales de 2015
Le , le parti emmené par Inés Arrimadas devient la deuxième force politique de Catalogne lors des élections régionales de (17,9 % des voix, ).
Élections générales de 2016 Lors des élections générales de 2016, Ciudadanos emmené par Albert Rivera obtient 13,1 % des voix remportant au Congrès des députés et aucun au Sénat
Congrès de À la suite du congrès de et de la redéfinition de l'idéologie du parti qui remplace la social-démocratie par le libéralisme progressiste.., la formation politique voit son nombre d'adhérents chuter brutalement en Catalogne., dans la Communauté valencienne. et en Cantabrie. principalement. De nombreux députés régionaux et provinciaux ainsi que certains conseillers municipaux des grandes villes abandonnent la formation tout en conservant leurs mandats. De la sorte, le parti n'est plus représenté au sein de certaines institutions.
Reculs électoraux depuis 2019
À l'approche des élections générales d'avril 2019, Albert Rivera exclut tout accord de gouvernement avec le PSOE à l’issue des élections, proposant un gouvernement de coalition avec le PP. Il n'exclut pas un soutien de Vox, sur le modèle du gouvernement andalou formé en .
Albert Rivera démissionne de sa fonction de président de Ciudadanos et quitte le parti à l'issue des élections générales de novembre 2019, sa formation étant passée de 57 députés à 10.
Ciudadanos subit un fort revers électoral lors des élections locales en Catalogne de 2021, passant de 25,4 % à 5,6 % des voix. Devant le refus de la dirigeante du parti, Inés Arrimadas, de démissionner à la suite de cet échec, un groupe d'élus baptisé les « rénovateurs de Ciudadanos » se constitue pour exiger une « analyse urgente et profonde ». La formation libérale rompt en sa coalition avec le Parti populaire en région de Murcie, ce qui provoque la rupture de l'alliance dans la communauté de Madrid et des élections anticipées. Les élections à Madrid constituent une nouvelle débâcle pour le parti, qui passe de 19,5 % à 3,5%, son électorat étant largement absorbé par le PP. De nombreux cadres décident de changer de parti, notamment Fran Hervías (numéro trois de la formation libérale pendant six ans) ou encore le député Pablo Cambronero.
Congrès et élections municipales de 2023 Lors des primaires préalables à la , le , la liste soutenue par Inés Arrimadas, emmenée par Patricia Guasp et Adrián Vázquez s'impose avec 53,25 % des suffrages exprimés, contre 39,34 % pour celle d' et , critique de la direction sortante.. Cette victoire est ratifiée trois jours plus tard par l'assemblée générale, Guasp occupant les fonctions de porte-parole politique et Vázquez celles de secrétaire général.. Le parti avait en effet décidé, à l'occasion de ce processus interne de renouvellement, de supprimer le poste de président au profit de deux responsabilités, spécifiquement dédiées à l'interne et à l'action politique ..
Aux élections municipales espagnoles de 2023, le parti réalise un score « catastrophique » perdant presque sept points par rapport aux élections municipales de 2019 en passant de 8,72 % des scrutins à 1,35 %Mathilde Karsenti, Élections en Espagne : pourquoi les libéraux de Ciudadanos et les progressistes de Podemos ont disparu, marianne.net, 29 mai 2023. Ciudadanos, qui représentait un espoir depuis 2015, aurait ainsi « perdu toute crédibilité », ses anciens électeurs s'étant tournés vers le Parti populaire.
À la suite de cette défaite, Ciudadanos annonce qu'il ne présentera pas de candidats lors des élections législatives anticipées du .
Ligne politique Ciudadanos défend simultanément une politique économique libérale, favorable au développement des entreprises, et une politique sociale active, en vue de protéger les plus faibles.
Les cinq grands axes autour desquels le parti articule sa politique sont : la citoyenneté : défendre le vivre-ensemble inter-territorial, l’égalité et l’équilibre des droits et des devoirs au sein de toutes les régions espagnoles et surtout parmi tous les citoyens espagnols. Les régions n'ont pas de droits, seuls les individus en ont. liberté et égalité : promouvoir la critique constructive et défendre les valeurs démocratiques. L'État doit promouvoir l'égalité des chances et faire en sorte que ni l'origine ethnique, ni la langue, ni le sexe, ni la condition économique de l’individu ne détermine de privilège.