Bassariscus astutus, le Bassaris au sens strict, mais plus spécifiquement désigné sous le nom de Bassaris rusé ou encore Bassaris nord-américain, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des procyonidés. Petit carnivore au corps souple dont l’apparence rappelle celle de la genette, du renard, mais surtout du chat, en témoigne son nom anglais de ring-tailed-cat, « Chat à queue annelée », il se distingue par une longue queue touffue ornée d'anneaux noirs et blancs. Originaire d'Amérique du Nord, le Bassaris rusé est principalement inféodé aux milieux rocheux, aux canyons et aux zones d'éboulis, s'étendant du sud-ouest des États-Unis jusqu'au Mexique. Animal essentiellement nocturne et solitaire, il a développé des capacités physiques remarquables, telles qu'une grande agilité à l'escalade, et des adaptations physiologiques lui permettant de survivre dans des milieux arides. Bien que son exploitation pour sa fourrure ait marqué son histoire, il est aujourd'hui une espèce largement répandue et classée comme de « préoccupation mineure » par l'UICN, occupant une place symbolique dans le patrimoine naturel de certains États américains, comme l'Arizona.

Dénominations Nom scientifique valide : Bassariscus astutus (Lichtenstein, 1830) selon ; Nom normalisé anglais : Ringtail ; Nom vulgaire typique et recommandé en français : Bassaris rusé ; Autres noms vulgaires : Bassari rusé, Bassaride rusée, Bassarisque rusé , Bassaris nord-américain, Chat à queue annelée ; Noms vernaculaires : Bassaris, Bassaride, Bassarisque, Ringtail, CacomistleMeyer C., ed. sc., 2026, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [14/08/2026]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/, Cacamizli, Genette-furet .

Étymologies Bassaris est un terme du grec ancien bassar (renard) et isc (petit), à cause de son apparence et de la forme de sa tête notamment . En anglais ils sont parfois désignés sous le nom de raccoon-fox (« renard-raton »). Et Bassaricus est juste suivi du diminutif latin -iscus .

L’épithète spécifique astut (astutus au masculin, astuta au féminin) sont francisées par « astucieux », mais traduit par « rusé » dans les noms de l’espèce. Hinrich Lichtenstein indique que ce nom lui est inspiré par le récit de son explorateur M. Deppe concernant le comportement de l'animal, qui chasse furtivement les oiseaux.

Le nom de ringtail signifie « queue annelée », il s’agit d’une modification du nom plus ancien ringtailed-cat, « chat à queue annelée ». En anglais ce terme s’emploie que pour l’espèce d’Amérique septentrionale.

Cacamizli est Cacomixtle sont des terminologies vernaculaires d’origine Aztèque en langue nahuatl tlahcomiztli qui signifie « demi-chat » ou « demi-puma ». En espagnol il s’agit aussi d’une expression signifiant « voleur agile ». Ces deux termes sont apparentés par la sens et peuvent désigner l’une ou l’autre des deux espèces de Bassaris. Mais le nom Cacomixtle tend plutôt à désigner le Bassaris de Sumichrast (Bassariscus sumichrasti) qui vit en Amérique centrale.

Taxonomie

Dans son ouvrage publié en 1830 intitulé Erläuterungen der Nachrichten des Franc. Hernandez von den vierfüssigen Thieren Neuspaniens, Hinrich Lichtenstein décrit et formalise scientifiquement le bassaris en s'appuyant sur les récits historiques du naturaliste Francisco Hernández qui décrivait l'animal au XVIe siècle sous les noms de Cacamiztli ou Tepe-Maxtlaton. Lichtenstein entreprend d'élucider et d'expliquer les descriptions d'animaux du Mexique faites par Hernández, constatant que cette forme particulière de carnivore intermédiaire entre la genette/viverridé (Viverra) et le coati (Nasua) avait échappé à l'attention des naturalistes modernes depuis des siècles, faute de spécimens parvenus en Europe. En se basant sur la morphologie décrite (tête et position des yeux rappelant le renard), il crée le genre Bassaris. Lichtenstein complète l'étude en s'appuyant sur des spécimens physiques pour détailler la couleur du pelage, gris-noirâtre sur le dos, roussâtre sur les flancs, ainsi que la queue annelée de 13 à 14 bandes alternées de noir et de blanc .

Cependant, le nom Bassaris était déjà préoccupé comme synonyme pour désigner les vanesses (des papillons de la famille des Nymphalidae du genre Vanessa) par l’entomologiste allemand Jacob Hübner depuis 1821. Le nom Bassaris a alors été remplacé par le nom Bassariscus par Elliott Coues en 1887.

Phylogénie

Plusieurs études moléculaires récentes ont permis d'établir les relations phylogénétiques entre les procyonidés, notamment les Bassaris, illustrées dans le cladogramme ci-dessous :

Sous-espèces Entretemps, deux autres spécimens ont été décrits, Bassaris raptor en 1859 dans un premier temps décrit comme une nouvelle espèce, ainsi que fulvescens, décrit comme une variété du Bassaris rusé par John Edward Gray en 1865. Le première sous-espèce décrite et officiellement retenue fut B. a. flavus en 1893. Toutes les autres furent décrites dans le courant du XXème siècle. +Liste des sous-espèces de Bassariscus astutus selon : Sous-espèce nom et auteurDescription / Aire de répartitionSynonymesBassariscus astutus arizonensisGoldman, 1932Bassariscus astutus astutus(Lichtenstein, 1830)Forme nominaleBassariscus astutus boleiGoldman, 1945Bassariscus astutus consitusNelson & Goldman, 1932Bassariscus astutus flavusRhoads, 1893 Bassariscus flavus oregonus Rhoads, 1894Bassariscus astutus insulicolaNelson & Goldman, 1909Bassariscus astutus macdougalliGoodwin, 1956Bassariscus astutus nevadensisMiller, 1913Bassariscus astutus octavusHall, 1926Bassariscus astutus palmariusNelson & Goldman, 1909Bassariscus astutus raptor(Baird, 1859)Bassariscus astutus saxicolaMerriam, 1897 120px|sans_cadre|centré Bassariscus saxicola C. H. Merriam, 1897Bassariscus astutus willettiStager, 1950Bassariscus astutus yumanensisHuey, 1937 Bassariscus sonoitensis Skinner, 1942

Description

Le Bassaris rusé possède une morphologie rappelant celle d'un chat, bien qu'il arbore une tête au museau pointu et de grandes oreilles ovales évoquant celles d’un petit renard. Sa fourrure présente des nuances variant du chamois, gris-jaunâtre au brun foncé, avec des parties inférieures plus claires, tandis que le dos est marqué par une coloration plus sombre le long de la colonne vertébrale . La face, qui possède une sorte de masque formé de brun foncé ou de noir formant des cernes sous les yeux qui sont entourés d'une tache beige claire en forme de lunettes, une particularité que l'on retrouve également autour de sa truffe.

L'une des caractéristiques les plus distinctives de l'animal est sa longue queue touffue, dont la longueur égale presque celle du reste du corps, soit entre 31 et 44 cm . Elle est ornée de 14 à 16 anneaux alternant le noir et le blanc. Cette queue ne sert pas uniquement d'organe d'équilibre, mais joue un rôle de leurre : ses anneaux contrastés attirent le regard des prédateurs, leurrant ces derniers pour qu'ils s'attaquent à la queue plutôt qu'au corps de l’animal, ce qui offre au Bassaris une chance accrue de s'échapper .

En termes de dimensions, cet animal pèse généralement entre 0,8 et 1,5 kg, avec une longueur allant de 30 à 42 cm de la tête à la base de la queue. Ses griffes, bien que courtes et droites, sont semi-rétractiles à la manière des féliformes comme les félins ou les viverrins, ce qui facilite grandement ses déplacements en hauteur. Le Bassaris rusé est un grimpeur d'une agilité remarquable. Il doit cette prouesse à l'articulation de sa cheville, extrêmement flexible, capable de pivoter sur plus de 180 degrés. Lorsqu'il évolue sur des corniches escarpées aux bordures étroites, il utilise sa queue pour stabiliser ses mouvements et peut même faire demi-tour en effectuant une sorte de roue. Pour gravir des passages les plus rudes, il recourt à une technique consistant à prendre appui en pressant ses pieds contre une paroi et son dos contre l'autre, ou bien à bondir par ricochets entre deux parois parallèles .

Écologie et comportement

Répartition et habitat vignette|droite|Cette petite Bassaris a trouvé une cavité dans une branche et souhaite venir y jeter un œil. Le Bassaris rusé dispose d'une vaste aire de répartition en Amérique du Nord. Il est présent au Mexique, depuis la péninsule de Basse-Californie jusqu'à l'État d'Oaxaca, incluant également plusieurs îles du golfe de Californie comme Tiburón, Espíritu Santo et San José . Aux États-Unis, son aire s'étend du sud de l'Oregon et de la Californie jusqu'au Texas, en passant par les États du sud-ouest tels que l'Arizona, le Nouveau-Mexique, le Nevada, l'Utah, le Colorado, le Kansas et l'Oklahoma . Des signalements sporadiques ont été rapportés en Arkansas, en Louisiane, en Alabama et en Ohio, ces occurrences étant probablement liées à la tendance de l'animal à monter dans les wagons de train et à être ainsi accidentellement déplacé . L'espèce occupe une grande variété d'habitats, montrant une préférence pour les zones rocheuses, les canyons, les zones d'éboulis et les milieux escarpés . On le rencontre également dans les maquis (chaparral), les forêts de chênes, de pins pignons ou de genévriers, les forêts de conifères de montagne, les déserts et les habitats tropicaux secs . Il fréquente aussi volontiers les zones riveraines en raison de leur plus grande disponibilité en nourriture et s'adapte bien aux milieux perturbés, étant fréquemment observé à proximité des habitations humaines . Bien que l'animal soit capable de survivre à des altitudes atteignant 2 900 mètres, il est le plus communément observé entre le niveau de la mer et 1 400 mètres d'altitude . Cette plasticité écologique est soutenue par des adaptations physiologiques remarquables aux milieux arides : le Bassaris peut survivre durablement en se contentant de l'eau présente dans son alimentation, son urine hautement concentrée lui permettant de limiter ses pertes hydriques au strict minimum .

Activité et comportement social vignette|gauche|Un bassaris aux aguets en pleine nuit. Le Bassaris rusé est un animal principalement nocturne, avec une activité parfois crépusculaire . À l'âge adulte, il mène une existence solitaire et territoriale, ne côtoyant ses congénères que lors de la période de reproduction au début du printemps . Les mâles occupent généralement des territoires plus étendus que les femelles, et les individus défendent leurs domaines contre les intrusions de congénères du même sexe . La taille de ces territoires est variable, oscillant selon les études entre environ 5 hectares et 136 hectares, en fonction de la disponibilité locale en nourriture et de la couverture végétale . Pour communiquer, l'animal déploie un répertoire varié. Le marquage territorial s'effectue par des dépôts d'urine sur le sol ou sur des supports verticaux, une activité qui s'intensifie durant la saison des amours pour attirer un partenaire et décourager les compétiteurs du même sexe . Les vocalisations sont également diversifiées : les adultes émettent des aboiements forts, des cris perçants ou de longs hululements aigus, tandis que les jeunes produisent des piaillements, des couinements ou des geignements aux sonorités qui sonnent métalliques. Face à une menace, le Bassaris adopte une posture défensive : il hérisse les poils de sa queue, qu'il maintient en arc au-dessus de sa tête pour paraître plus imposant . En cas de capture, il émet des cris perçants et libère une sécrétion fétide provenant de ses glandes anales . Ses principaux prédateurs naturels incluent le Grand-duc d'Amérique (Bubo virginianus), le coyote (Canis latrans), le puma (Puma concolor) et le lynx roux (Lynx rufus) . En dehors de ces interactions, une grande partie du temps est consacrée au toilettage, l'animal se léchant le pelage et les pattes antérieures pour nettoyer son museau et ses oreilles, dans une gestuelle rappelant celle du chat .

Alimentation