Une cassotte en CharenteLa cassotte en Charente dans le musée de l'école de Saint-Gervais, exposition de 2000. et en Poitou, ou bien encore coussotte., appelée une couade (la coada en occitan du Limousinla couade dessinée par des enfants du Limousin. ainsi que dans le Cantallo couado cité sur un site présentant le Cantal., ou bien encore canole (canòla en occitan de Dordogne) ou godet en Dordogneobjets montrés dans l'ancien musée Eugène le Roy, de Montignac., est un récipient parfois appelé louche à eau. À la différence de cette dernière, la cassotte a un manche tubulaire de forme conique. Elle était utilisée par exemple pour se laver les mains avec de l'eau directement puisée dans un seau.
Apparue vers le , la cassotte a progressivement disparu avec l'installation de l'eau courante. Celle-ci a relégué l'ustensile parmi les antiquités et le mot lui-même tombe en désuétudeCassotte, un mot oublié - sur le site histoirepassion.eu..
Origine et description thumb|Louches autour du bassin d'ablutions au sanctuaire d'Itsukushima à Miyajima.|alt= La louche à eau a devancé la cassotte et est connue depuis l'Antiquitélouche à eau de 475-221 ..
L'originalité de la cassotte est dans le manche tubulaire fiché dans le bol d'une mini casserole. Il en résulte une louche spéciale. L'apparence peut la faire confondre avec une louche en bronze, telle qu'enregistrée au musée de la province du Hubei, Wuhan. Cette louche est datée de la période des royaumes combattants (475-221 ). Toutefois, la louche exposée n'a pas ce manche tubulaire qui permet de faire sortir l'eau du bol de la louche. Le manche est plein, de forme similaire à celle présentée sur le site du musée d'ethnographie de Genèvevoir sur le site du musée d'ethnographie de Genève.. De même les louches en bambou ou en métal encore utilisées pour les ablutions à l'entrée des temples japonais (rite shintoïste en particulier).
Puis la cassotte fut créée avec sa particularité tubulaire. Au , grâce aux inventaires effectués dans des châteaux en 1787, il est établi que des cassottes étaient en boisInventaire de 1787 du Château Chesnel à Cherves (16) dans la chambre du concierge, au-dessus de la chapelle (aile droite). ou cuivre rouge étaméevoir l'inventaire du château d'Écoyeux en Charente-Maritime, fait en 1787 .. D'autres étaient en terre cuite, laiton, fer blanc et les dernières ont été fabriquées en plastique.
De la même manière, il est établi que les couades étaient fabriquées avec du bois de noyer ou de châtaignier, bois qui ne craignent pas l'eaula couade était fabriquée en bois de noyer Le point du 3 novembre 2005 - N°1729 - Page 204..
La cassotte s'est répandue dans la région des Charentes avant le où elle est devenue un ustensile d'hygiène. Mais il apparaît difficile de dater la période de son apparition, nécessairement avant ou pendant le .
Les uns décrivent cet ustensile comme un vase de bois ou d'écorce de bouleau, d'autres comme une casserole avec un manche évidé très réduit au bout.
Bernard Pottier indique que : . La cassotte ressemble à un bol auquel un tube fin et conique, plus long que le diamètre d'un seau, a été fixé sur un côté. On remplit le bol puis on le pose en travers du seau. Quand le petit récipient est vide, on peut le replonger dans le seau pour le remplir et continuer.
Plus directe est cette description qui en peu de mots présente l'objet et son usage : « la « cassotte » ou « couade » (casserole à tuyau) pour économiser l’eau. »la cassotte est une casserole à tuyau pour économiser l'eau. À Montpon-Ménestérol, la ferme du Parcot située à Échourgnac..
Après la cassotte et son seau, il y eut la tuyauterie et le robinet.
Le mot cassotte
Il semblerait que le mot cassotte soit typique des Charentes et du Poitou et d'usage plutôt régional. Il est utilisé parfois pour désigner les godets des moulins à eauMoulin à blé puis minoterie Sabourin, . La roue hydraulique encore en place est une roue de dessus à cassottes.. ou les petits bouillonnements d'eau.
Pour l'étymologie, en grec, le mot kuathos signifie « vase pour puiser » et la proximité de casso en occitan, qui signifie « poêlon » et a donné casserole et cassoulet, peut faire penser que le mot est de cette régionétymologie possible en grec ou occitan.. Avec l'idée de « grande cuillère », l'occitan continue d'apporter de l'eau à ce moulin et le latin n'est pas perdu pour autantDans le dictionnaire de l'académie française : CASSE n. f. . De l'ancien provençal cassa, « grande cuillère », « récipient, casserole », du latin médiéval cattia, « creuset, cuiller à pot ». Récipient, plat. Une casse en terre allant au four. Techn. Instrument allant au four, en forme de bassin, de poêlon, utilisé dans les savonneries, les fonderies, etc. Casse de verrier, sorte de cuiller qui sert à enlever les impuretés à la surface du verre en fusion. dictionnaire. Voir aussi.. Il reste que la cassotte se trouve plus en Charente qu'ailleurs.
Une version peu probable sur l'origine du mot est fournie par un site internet, cependant riche en cassottes, qui met en ligne des propos attribués à . . Il est peu vraisemblable que secotte avec un ou deux « t » ait été un nom pour désigner cet ustensilesource de la citation de M Bobe et M. Salvani sur le site de Pascal Boudouin.. Cette citation paraît être plus une blague de potaches qu'une citation de savants experts. En effet, secotte est un métaplasme de Cosette. Plus sérieusement, Marcel Lachiver, lauréat de l'Académie française, auteur du 'Dictionnaire du monde rural - Les mots du passé, mentionne le mot cassotte comme datant du Dictionnaire du monde rural - Les mots du passé, par Marcel Lachiver, Fayard, 2 novembre 2006, , ..
Le mot couade de l'occitan coada (« dotée d'une queue ») est plutôt typique de la Corrèze. Au Portugal, le mot coado désigne une évacuation d'évierau Portugal, coado désigne une évacuation d'évier en bois pour faire du fromage..
L'appellation coussotte, désigne également plusieurs choses : une évacuation d'évierl'évacuation d'évier patrimoine de Nevers. ; dans l'expression roue à coussottes, correspondrait plutôt à ces godets fixés sur l'arbre d'un moulin à eauExemple du moulin à eau Celles-sur-Belle, lieu-dit Montifaut..
Le mot canole désignait également l'objet en question et l'évacuationcanole désignait la cassotte et une évacuation. de même type que celui déjà signalé.
Usages
Aller avec un seau — une seille ou un seilleau (seau en bois) — au puits chercher de l'eau, ensuite poser le seau sur l'évier. Prendre la cassotte par son manche tubulaire, remplir la cassotte d'eau, placer l'ustensile en équilibre sur les bords du seau : l'eau coule immédiatement, comme un filet qui sortirait d'un robinet. Indissociable d'un récipient de type seau, la cassotte était ainsi placée sur un évier en pierre ou la margelle d'un puits pour : faire sa toilette à la cassottela famille fait sa toilette à la cassotte, raconté sur un site de la commune d'Écuras, en Charente. ; se laver les mains au filet d'eau de la cassotte ; servir un peu d'eau en n'utilisant que la cassotte comme d'une grosse louche ; se rafraîchir : boire à la cassotte consistait à boire à la régalade, donc sans toucher le bec de la cassotte.
L'ustensile avait, dans d'autres régions, une sorte d'équivalent, comme la puisette, l'aiguière, mais plus précisément les fontaines en cuivre en Auvergne, lesquelles étaient cependant beaucoup plus sophistiquées.
Quoi qu'il en soit, en Charente, l'ustensile a traversé jusqu'au et rendu service dans des maisons jusqu'au moins la fin des années 1980.
Devinette En Charente, une devinette définit la cassotte comme étant ce qui monte sur plus grand pour pisser.
Références
Annexes
Bibliographie La cassotte à manche tubulaire de Bernard Pottier. PUF, 1959, .
Catégorie:Ustensile de cuisine Catégorie:Récipient Catégorie:Lavage des mains