Christian Jaccard est un plasticien de nationalité suisse et française, né le Notice de notoriété personne du catalogue général de la BnF. à Fontenay-sous-Bois. Artiste du processus de combustion, il est l'auteur du « concept supranodal ».

Biographie

En 1948, Christian Jaccard apprend le Manuel du gabier et la pratique des feux de camp. En 1954, collégien, il ramasse des fossiles : les traces indéfectibles du temps l'attirent.

De 1956 à 1960, il étudie à l’école des beaux-arts de Bourges ; il s’intéresse aux déchets industriels et aux traces par empreintes.

De 1964 à 1975, il est graveur chromiste dans une imprimerie typographique, ce qui l’incite à explorer des processus d’imprégnation liés à la confection d’outils spécifiques, nœuds & ligatures par exemple. Entre 1968 et 1973, il étudie le rapport toile/outil et oblitère des Toiles ficelées, des Toiles contrepliées, des Toiles calcinées.

Jaccard perturbe très vite l’acte classique ou traditionnel de la peinture. Libre de tout châssis, la toile, posée au sol, est imprimée à l’aide de ce qu'il nomme des « outils » : objets naturels (plantes et insectes), papier, ruban. Son travail le situe dans des préoccupations proches de celles du groupe Supports/Surfaces (dont il n'a pas fait partie). Néanmoins, des expositions consacrées au groupe ont parfois associé Christian Jaccard.

À partir de 1971, Jaccard utilise des « outils » comme la corde, la ficelle, et surtout les nœuds. Ceux-ci remplacent le pinceau pour laisser leurs empreintes sur la toile, quand ils ne sont pas érigés en statuts (nœuds). Il brûle également des outils de mèche lente qui par leur combustion dessinent leurs traces sur des toiles libres et autres supports.

De 1977 à 1983, l’outil fait la peinture et la pratique des combustions génère de nouveaux ensembles : Anonymes calcinées, Trophées, Toiles brûlées… Cela lui ouvre une nouvelle voie : il soumet à la chaleur destructrice des toiles anonymes (des , , et siècles). L'aspect initial – portraits, scènes religieuses - s'en trouve métamorphosé. Il reproduira ce procédé avec des calicots publicitaires de cinéma. La combustion attaque certaines parties de l’image pour en laisser d’autres plus visibles. Elle « redessine » et cristallise l'œuvre.

En 1984, lors d'un séjour en Italie naît « le rouge émis ». Son Chemin de cendres rejoint le land-art, brouillant encore une fois les pistes pour échapper à toute classification. En 1989, il développe les « brûlis », puis, durant les années 1990, le « concept supranodal ».

Jaccard réside au Japon en 1994, à la villa Kujoyama.

Dans les années 2000, avec ses travaux à l’extérieur dans des lieux en déshérence (friches industrielles), la problématique du tableau s’émancipe sans renier ses origines. Son atelier devient un laboratoire nomade et éphémère à chaque escale.

Œuvre

Le travail de Christian Jaccard pose la question de la définition du dessin. Son trait provient de la trace laissée par la combustion de la mèche lente : c'est le suintement incandescent du goudron qui imprime la toile blanche. Ou bien les flammes elles-mêmes, qui illuminent les murs, comme des « dessins-installations ». Parfois, la boucle de cordon inflammable se transforme en une sorte de couronne d’épines.

L’œuvre de Jaccard s’organise autour de deux axes en spécifiant ses recherches sur les traces, les empreintes (qu’elles soient dues à l’estampage, à la combustion, au pliage, à la calcination ou au tressage). Dans les deux cas, il utilise une méthode bien définie où chacun de ses gestes est produit avec rigueur, d'une façon conceptualisée et contrôlée.

Une des spécificités de l'artiste est également d’allier les mots à l’hymne du feu, de jouer sur les lettres, le vocabulaire. Ainsi, en 1997, il réalise des reportages photographiés sur des inscriptions en papier, placées sur l’herbe et brûlées. Ici, Maintenant, Rêve, Autrement est une suite de quatre photographies en noir et blanc sur papier baryté, dans laquelle les écritures sont brûlées, les mots devenant des lambeaux, des cendres…

En 2003, Les Dormeurs, composé de photographies couleurs, présente deux figures, sculptées par des nœuds, qui sont enflammées. Les photographies deviennent des souvenirs d’abord présents, puis brûlés et enfin des cendres, dont Pierre Restany dit :

Expositions et collections Expositions personnelles 2015 : Énergies dissipées, Galerie Valérie Bach, Bruxelles, au Centre d’art contemporain, Château du Tremblay, Fontenoy 2013 : Le Concept supranodal, Triennale de Wroclaw, septembre - octobre Le Concept supranodal, Musée-Château, Annecy, au Œuvres sur papiers, Artothèque/Bibliothèque de Bonlieu, Annecy, au À Hemero-Phaestos tableau éphémère, diffusion du Filmtableau à Arcueil, au cinéma Jean Vilar le 2012 : Agrégations, exposition monographique au centre d'art contemporain de Meymac (abbaye Saint-André), du au Contre Nature ou les fictions d'un promeneur solitaire d'aujourd'hui, musée du département de l'Oise de Beauvais, du au Dessin phénoménal, avec Bernard Moninot et Bernard Pagès, au Au pied du mur II, Arsenal Ouest - musée de Soissons, à l'automne 2013 Energies dissipées, Espace d’art contemporain André Malraux, /, Colmar 2011 : Incandescence, La Cohue – Musée des beaux-arts, Vannes, - Énergies dissipées, Villa Tamaris, La Seyne-sur-Mer, exposition du au La Coopérative, Montolieu Les dessins du Concept supranodal, Galerie Marie Cini, Paris Tondos, Galerie du Tableau, Marseille 2010 : Extinction du récif, chapelle Sainte-Marie - Annonay ; exposition du au 2009 : À l'épreuve du feu..., galerie Guillaume - Paris ; exposition du au 2008 : Lithocombustions et papiers choisis, invité d'honneur de la de L'art dans les Chapelles, Galerie Pierre Tal-Coat, 56700 Hennebont ; exposition du au de L'art dans les Chapelles, Pays de Pontivy - Morbihan - Bretagne ; Chapelle de La Trinité, Castennec, Bieuzy-les-Eaux, en partenariat avec la Galerie Pierre Tal-Coat d’Hennebont ; exposition du au Combustions, galerie de l’Ancien Collège, 86100 Châtellerault ; exposition du au Correspondances - Breitner / Jaccard ; exposition au musée d’Orsay, juillet-août (+200 000 visiteurs) 2007 : L'eau et le feu ici et là : fiction déambulatoire réalisée sur le site de la friche industrielle de Ligugé. La coréalisation du film signée Christian Jaccard/Jean-Louis Le Tacon a été terminée pour une première présentation aux Rencontres des Arts de Thevet-Saint-Julien. 2003 * Le Maître des ombres, FRAC Auvergne, espace Boris-Vian, Montluçon 20 ans, FRAC Basse-Normandie, Caen La réponse est dans le ciel, station de métro Saint-Germain-des-Prés, Paris As White Dream, chapelle de la Vieille Charité, Marseille 2002 : Eclipse, œuvres sur papier, Aldébaran, Baillargues Autour de supports/surfaces, dessins et objets, collection du musée d’Art moderne, Saint-Étienne ; musée de Valence, Valence Questions de peinture, centre international d’Art contemporain, Carros The 12th Space International Print Biennal, Sungkok Art Museum, Séoul 1992-2002, 10 ans d’art, galerie municipale Julio González, Arcueil Les Années 1970, l’art en cause, CAPC, Bordeaux Confrontation, La Piscine, musée d’Art et d’Industrie, Roubaix En noir et blanc, 1993-2000, musée des Beaux-Arts, La Chaux de Fonds 2001 : Grands papiers du FRAC Picardie, abbaye Saint-Jean-des-Vignes, Soissons 2000 : La Couleur à l’épreuve du feu, céramiques d’artistes de 1885 à 2000, musée de la faïence, Marseille Mémoires provisoires, FRAC Auvergne, Vichy 1999 : Litho-brûlages, MMG Galerie, Tokyo, Japon 1998-1999 : Empreintes, dessins et objets, 1972-1995, exposition itinérante : National Museum of Art, Osaka, the Museum of Art, Ehime, Galerie Artium, Fukuoka, Japon 1998 : Combustions et brûlis, 1988-1992, galerie municipale Julio-Gonzales, Arcueil Anonymes calcinés et autres avatars, 1980-1997, Écuries de Chazerat, FRAC Auvergne, Clermont-Ferrand 1997 : Dessins et objets,1975-1995, Le 19, Centre régional d’Art contemporain, Musée château des ducs de Wurtemberg, Montbéliard Toiles brûlées, 1982-1983, et litho-brulage, 1983-1995, Arthothèque Antonin-Artaud, Marseille Brûlis, 1991-1992, galerie Cottard-Olsson, Stockholm, Suède 1996 : Dessins et objets, 1975-1995, exposition itinérante : musée d’Art moderne, Saint-Étienne 1994 : Combustions et brûlis, 1979-1989, exposition itinérante : Musée des Collections nationales, Bucarest, Institut français, Slovaquie Polyptyques combustions, Tada Galerie, Osaka, Japon Kyoto brûlis polyptyques, Itsutsuji Galerie, Tokyo, Japon 1992 : Reliefs objets et papiers calcinés, galerie Louis Carré, Paris 1991 : Brûlis, 1989-1990, galerie Louis Carré & , Paris Combustions, Denise Cadé, Art Prospect Inc, New York, États-Unis 1990 : Les Blancs et les Rouges, 1983-1989, musée Cantini, Marseille Ignitions et objets, 1980-1990, galerie municipale, Vitry-sur-Seine Combustions et objets, galerie Krief, Francfort, Allemagne Rouge et Blanc, galerie Agora, Marseille 1989 : Combustions, galerie Vincent, Saint Pierre, Île de la Réunion 1988 : Ignitions, 1982-1983, Denise Cadé, Art Prospect Inc., New York 1987 : L'Écriture du feu, œuvres calcinées, Centre Culturel français, Rome, Italie Mille et un objets, 1971-1986, Maison de la culture du Centre Ouest, La Rochelle Œuvres récentes, galerie Athanor, Marseille Quelques anonymes calcinés et toiles biffées, château de Castanet, Villefort Le Rouge émis, 1986-1987, galerie Gilbert Brownstone et , Paris 1986 : Combustions et Outils, galerie Gilbert Brownstone et , Paris et Chicago, États-Unis 1985 : Toiles rouges et papiers calcinés sur le site de Bellona, exposition itinérante : Pinacothèque, Foggia, Museo Campano, Capoue, Italie Papier calcinés, 1974-1984, CAC Pablo-Neruda, Corbeil-Essonnes Couple Outil/Papier et Toiles calcinées, galerie Sapone, Nice Christian Jaccard, galerie P-J Meurisse, Toulouse 1984 : Lithographies, 1968-1984 : Empreintes d’outils et litho brûlages, Artothèque, Montpellier Outils estampés, galerie Bornand, Marseille Un choix d’Anonymes calcinés, galerie Athanor, Marseille Papiers calcinés, L’Autre Musée, Bruxelles, Belgique Litho brûlages, 1983-1984, atelier Bordas, Paris Pièces-Blanches-Brûlées, galerie Gilbert Brownstone et , Paris Le Feu glorieux, galerie Massimo-Riposati, Rome 1983 : Anonymes calcinés des s, 1980-1981, galerie des Ponchettes, direction des Musées, Nice 1982 Jaccard Kermarrec Charvolen . Musée Cantini, Marseille, 1982 Quelques combustions récentes sur cuirs et papiers, 1976-1980, Musée Cantini, Marseille Anonymes calcinés des XVIIe, XVIIIe, XIXe siècles, galerie Jan Six, Paris 1981 : Empreintes/Calcinations, 1969-1979, Centre culturel, Brétigny Trophées (cuirs calcinés), Le Café des Arts, Rio de Janeiro 1980 : Outils et dessins, galerie Bornand, Genève Combustions récentes, galerie Athanor, Marseille 1979 : Suites calcinées, 1976-1978, exposition itinérante : ARC, Musée d’Art moderne de la ville de Paris, Paris ; SoniaHenie/Niels Onstad Foundation, Oslo-Hovikodden, Norvège Œuvres récentes, galerie Sapone, Nice 1978 : Couple Outil/papier, galerie La Hune, Paris Trophées (cuirs calcinés), galerie Gérard-Piltzer, Paris Les Outils (lithographies), galerie Madoura, Vallauris Toiles calcinées, galerie Arta, Genève, Suisse 1977 : Toiles calcinées, galerie Arta, Genève, Suisse 1976 : Couples toile/échelle et toiles calcinées, 1973-75, exposition itinérante : Musée d’Art et d’industrie, Saint-Étienne ; Institut français, Stockholm, Suède Toiles calcinées, galerie Athanor, Marseille Toiles calcinées, galerie Gérard Piltzer, Paris Couples Toile/Outil, galerie Beaubourg, Paris Outils estampés/empreintes sur papier, galerie B., Paris 1975 : 12 couples, toile/outil 1973-1974 et Empreintes récentes, exposition itinérante : Musée de l’abbaye Sainte-Croix, Les Sables-d'Olonne ; CNCA Georges Pompidou, Paris ; Musée des Arts décoratifs, Nantes ; Musée d’Art moderne, Céret