Le d'infanterie () est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française, à double héritage, créé sous la Révolution à partir du régiment de Berwick, un régiment d'infanterie irlandais au service du royaume de France, et du d'infanterie légère créé à partir d'une grande partie de la garde nationale soldée de Paris. L’unité a combattu lors de la Première Guerre mondiale.
Création et différentes dénominations Le d’infanterie a la particularité, comme tous les régiments d’infanterie portant un numéro entre le et le , d’être l’héritier des traditions de deux régiments : le d'infanterie de ligne et le d'infanterie légère.
1791 : tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d’ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment de Berwick devient le d'infanterie de ligne ci-devant Berwick. 1794 : lors du premier amalgame, la de première formation, n'est pas formée ; le reste disponible. : amalgamé, il prend le nom de de première formation. : reformé en tant que d'infanterie de ligne. 1820 : lors de la réorganisation des corps d'infanterie français en 1820, le d'infanterie de ligne n'est pas créé et le disparaît jusqu'en 1854. En 1854, l'infanterie légère est transformée, et ses régiments sont convertis en unités d'infanterie de ligne, prenant les numéros de 76 à 100. Le prend le nom de d'infanterie de ligne. 1882 : devient le d'infanterie. 1914 : à la mobilisation, le donne naissance au d’infanterie. 1924 : dissolution.
Chefs de corps
: Olivier Harty 1797 : chef de brigade Pierre Louis François Silly (*) ; 1803 : colonel Jean Baptiste Pierre Magnier ; 1804 : colonel Philibert Jean-Baptiste Curial ; 1806-1807 : colonel Michel Veilande ; 1811 : colonel François-Joseph Alexandre Letourneur (*) ; .... - : colonel Henri Jean Courty, nommé général, remplacé par : Demange, lieutenant-colonelLe Combat d'Alexandre Percin, 2016, 314 pages., mortellement blessé à Beaumont, remplacé par : - : Jean Louis Escarfail, chef de bataillon puis major. -?? : Charles-Germain Marty, capitaine d'infanterieJournal Officiel de la République Française du 13 mai 1872, page 3194.. .... ?- : colonel Jean Marie Auguste Maheas Jean Marie Auguste Maheas sur Mémoire des Hommes (†) .... -?? : lieutenant colonel Négrié
Historique des garnisons, combats et batailles du Ancien Régime
d'infanterie de ligne (1791-1794) Guerres de la Révolution et de l'Empire
En vertu d'une ordonnance du , les régiments qui existaient alors durent quitter leurs noms de provinces, pour n'être plus désignés que par le numéro du rang qu'ils occupaient entre eux.
Chaque régiment n'eut plus qu'un drapeau aux couleurs rouge, blanc et bleu, ayant d'un côté cette inscription : Obéissance à la Loi et de l'autre le numéro du régiment et les noms des actions éclatantes où il s'était trouvé.
C'est ainsi que le régiment de Berwick reçut, d'après le numéro d'ancienneté qu'il occupait dans la ligne, la nouvelle dénomination de d'infanterie de ligne.
En 1791, et surtout après la fuite du roi et son arrestation à Varennes, le régiment est vivement sollicité d’émigrer ; en 1792, le comte de Provence, frère du roi, remet aux représentants des régiments de Berwick, Walsh et Dillon un drapeau d’adieu portant la devise « 1692 - 1792 - Semper et Ubique FidelisFidèle, toujours et en tout lieu. ». vignette|upright=0.7|Drapeau d’adieu remis par le comte de Provence aux régiments irlandais. En juillet, le colonel de Fitz-James parvient à débaucher une partie des officiers ainsi que 300 hommes de son régiment et s’échappe avec eux de Landau au milieu de la nuit pour Coblentz. Le les Princes décident que le régiment, toujours commandé par le colonel O'Mahony, aura la même formation, la même solde, les mêmes masses, la même administration qu'en France, et sera porté au complet du guerre de 1 500 hommesLes corps de troupe de l'émigration française, par le vicomte Grouvel. Les recrutements s'opèrent et lors de la revue passée par le général vicomte de La Tour du Pin, le au château de Fredericktein, Berwick compte 607 hommes. De son côté, le reste du corps, resté en France, dont l’effectif est encore de plus de 900 hommes, arrive à Nancy le , et fait son entrée dans cette ville avec ses drapeaux et sa caisse. Alors que de nouvelles invitations à déserter sont journellement adressées au corps, des soldats livrent à la municipalité de Nancy des exemplaires de lettres écrites par de hauts personnages.
Le régiment quitte Nancy le . Le part pour Versailles et le pour Orléans. En novembre, le remplace le , celui-ci allant s’embarquer à Lorient pour Saint-Domingue, dans le cadre de la révolution haïtienne, d’où il n’est pas revenu.
Le , envoyé à Besançon en , fournit sa compagnie de grenadiers à l’armée du Rhin ; les autres compagnies sont appelées à cette armée en 1793. Il a fait les campagnes de 1792 et 1793 à l’armée du Rhin et combat le 26 décembre 1793 à Wissembourg ; celle de 1794 à l’armée de Rhin-et-Moselle. La compagnie de grenadiers est à l'Armée de Mayence, au siège de Mayence et participe à la guerre de Vendée Conformément aux lois du , du et au décret de la Convention du 17 nivôse an II (), on s'occupait de l'embrigadement des troupes de ligne avec les bataillons de volontaires. Le du d'infanterie, est amalgamé le 19 messidor an II (), à Niederhöchstadt Également écrit Nieder-Oschstadt et Niederoschstadt , avec le de volontaires du Jura et le de volontaires de la Côte-d'Or pour former la de première formation. Le du d'infanterie, qui devait former le noyau de la de première formation n'a pas été amalgamé car il était aux colonies. Il est fondu dans les régiments coloniaux et ne sera amalgamé ni en 1794, ni en 1796, et disparaîtra à la reddition de l'île. Ainsi disparaît pour toujours le d'infanterie ci-devant Berwick, partageant le sort de tous les régiments qui depuis deux siècles avaient défendu si intrépidement la patrie contre toutes les coalitions.
de première formation (1794-1796) Guerres de la Révolution et de l'Empire Conformément aux lois du , du et au décret de la Convention du 17 nivôse an II (), on s'occupait de l'embrigadement des troupes de ligne avec les bataillons de volontaires. La de première formation n'a pas été formée. Le du d'infanterie (ci-devant Orléans) qui devait former le noyau de cette demi-brigade n'a pas été amalgamé. Le numéro 88 reste vacant.
de deuxième formation (1796-1803) Guerres de la Révolution et de l'Empire La nouvelle est formée, le an IV (), et se composa de l'amalgame des anciennes : de première formation ( du d'infanterie (ci-devant Bourbon), de volontaires du Doubs et de volontaires des Deux-Sèvres également appelé des réserves) de la de première formation ( du d'infanterie (ci-devant Nassau), de volontaires de la Moselle et de volontaires des Vosges)
1798 : Armée d'Orient (campagne d'Égypte) : Bataille des Pyramides : Bataille de Samanouth
d'infanterie de ligne (1803-1815) Guerres de la Révolution et de l'Empire Par décret du an XII (), une nouvelle réorganisation de l'armée française est prescrite. La devient le d'infanterie.
1805 : campagne d'Autriche. : bataille d'Austerlitz et son ordre de bataille. 1806 : campagne de Prusse et de Pologne. : bataille de Saalfeld. : bataille d'Iéna et son ordre de bataille. 1807 : bataille d'Eylau et son ordre de bataille.
Après l'exil de à l'île d'Elbe une ordonnance de en date du réorganise les corps de l'armée française. Ainsi 90 régiments d'infanterie sont renumérotés, et le prend le . À son retour de l'île d'Elbe, le , prend, le , un décret qui rend aux anciens régiments d'infanterie de ligne les numéros qu'ils avaient perdus.
Après la seconde abdication de l'Empereur, Louis XVIII réorganise de l'armée de manière à rompre avec l'héritage politico-militaire du Premier Empire.A cet effet une ordonnance du licencie l'ensemble des unités militaires françaises. Son numéro reste vacant jusqu'en 1854.
d'infanterie de ligne (1854-1882) Second Empire Le décret du 24 octobre 1854 réorganise les régiments d'infanterie légère les corps de l'armée française. A cet effet le 13e régiment d'infanterie légère prend le numéro 88 et devient le 88e régiment d'infanterie de ligne.
1861 : le régiment est cantonné à Rochefort (Charente-Maritime). 1862 : le régiment est cantonné à Bordeaux (Gironde). 1865 : le régiment est cantonné à Navarrenx (Pyrénées-Atlantiques).
Guerre de 1870-1871 Au , le d'infanterie de ligne fait partie de l'Armée de Châlons. Avec le d'infanterie du colonel Kampf, le la aux ordres du général de Maussion. Cette Brigade avec la Brigade du général Lapasset, une batterie de 4 et une de mitrailleuses, une compagnie du génie constituent la Division d'Infanterie commandée par le général de division de l'Abadie d'Aydren. Cette division d'infanterie évolue au sein du Corps d'Armée ayant pour commandant en chef le général de division de Failly. Siège de Bitche Bataille de Beaumont
Le dépôt du , situé à Cahors, forme à partir d' de nombreux bataillons et compagnies, affectés à divers régiments de marche. Le 24 novembre 1870, 3 compagnies du d'infanterie de ligne qui composaient le régiment de marche furent engagés dans les combats de Chilleurs, Ladon, Boiscommun, Neuville-aux-Bois et Maizières dans le Loiret. Le , ces compagnies furent engagés dans la bataille de Villersexel.
Le d'infanterie de marche, connu pour avoir mis crosse en l'air et fraternisé avec les insurgés au déclenchement de la Commune de Paris, a un historique distinct du de ligne. Le est dissous le sans fusionner avec le .
Le 27 mars 1871, des éléments du régiment rentrant de captivité sont amalgamés avec d'autres éléments de diverses unités pour former le Charles Tanera : Historique du 101e régiment d'infanterie de ligne, page 30 et suivantes.
1872 à 1914
d'infanterie Première Guerre mondiale Affectations : en 1914 casernement Auch, Mirande, d'infanterie, division d'infanterie, d'armée. À la mobilisation, il donne naissance au d’infanterie
À la division d'infanterie d' à .
1914 13 à ; bataille d'Arrêt devant les Hurlus avec le , le 20 et avec les pièces d'artillerie du 22 à : engagé avec d'autres régiments à la bataille de Bertrix.
1915 Le RI participa à la bataille de Roclincourt, le , qui fut particulièrement sanglante. Un odonyme local (« ») rappelle cet événement.
Après la bataille des Ardennes, après la Marne et Perthes, le 88e d’infanterie arrive en Artois. Il débarque à Anvin le . Et voici ce brillant régiment à Roclincourt, où il va jouer un rôle dramatique et sanglant. Le régiment va participer à la grande offensive de l’armée d’Urbal qui a pour but de dégager Arras et de libérer le bassin houiller du Pas-de-Calais. C’est dans le cadre de cette vaste opération d’envergure que le dans la nuit du 8 au va prendre position en avant du village de Roclincourt face à de très puissants ouvrages allemands établis au bas des pentes du village de Thélus.
Date mémorable entre toutes pour les poilus du . C’est en effet à Roclincourt a pu dire plus tard le colonel Schneider, qui commandait le régiment en second, en cette circonstance, que le 88e a écrit la plus belle page de son historique, on sait au prix de quel sacrifice et de quelles pertes : le colonel, 32 officiers et tués ou hors de combat. Le régiment avait reçu l’ordre d’attaquer au sud-est de Thélus. Cette attaque devait se heurter à des défenses infranchissables. La position ennemie à capturer était défendue par deux régiments d'infanterie de réserve bavarois (kb RIR 2 et kb RIR 1). Le glacis d'environ 300 m de large, impossible à franchir, et les positions ennemies stables à Chantecler (Maison Blanche) furent le sort du brave régiment.
Le colonel Mahéas tué à la tête de son régiment.