vignette|Machine à voter à Issy-les-Moulineaux, en France.

Le vote électronique est un système de vote dématérialisé, à comptage automatisé, notamment des scrutins, à l'aide de systèmes informatiques. Ce terme générique relève en vérité de plusieurs situations concrètes : le vote sur machine à voter (boîtiers de vote interactifs) en bureau de vote ou le vote à distance.

À partir du milieu des années 1990, les modalités de votes bénéficient des possibilités offertes par l'informatique et la télématique. Dès lors, sont promues deux tendances qui proposent une informatisation différentes des modes de scrutin :

le vote électronique signifie l'intégration via l'« urne électronique » (aussi appelée « machine à voter » dans le droit français) de procédés informatique permettant l'automatisation du comptage. Ce sont des entreprises privées qui commercialisent ces systèmes de vote. L'argument commercial principal utilisé pour promouvoir ces produits repose sur l'idée d'accélérer le processus de traitement des suffrages exprimés.

le vote à distance. C’est-à-dire de voter de chez soi, ou de n'importe où dans le monde, et ainsi éviter de se déplacer dans des bureaux de vote. Les garanties sont moindres pour authentifier l’individu qui vote et s'assurer de l'absence de contrainte sur son choix car il n'y a pas d'isoloir.

Le vote électronique pose des problèmes de vérification des votes individuels. C'est pour cette raison que les Pays-Bas ont envisagé de revenir au vote papier traditionnel Red pencils to return to polling stations Sur le site dutchnews.nl - consulté le 6 mai 2012 avant d'abandonner totalement le vote électronique en .

En France, les élections professionnelles s'effectuent en partie par vote électronique, ce qui suscite des débats dans le monde de l'entreprise, en particulier dans les plus petites entreprises« Le vote électronique à l'essai dans les entreprises », zdnet.fr, 8 décembre 2006..

Le vote électronique séduit par la vitesse et la simplicité de son caractère informel, pour les scrutins où le bulletin secret n'est pas requis, comme pour certains votes de parlementaires. Par exemple, lorsque le système transmet le vote de chaque parlementaire sur un écran récapitulatif de l'ensemble des votes, ceux-ci sont alors considérés comme confirmés. Selon ce scénario d'utilisation, le risque de détournement dans les entrailles du programmeHistorique: le vote électronique a été introduit au Parlement jurassien. Sur le site lqj.ch est négligé.

Enfin, aux États-Unis, des technologies permettent de concilier l'impression d'un bulletin papier, matérialisant une trace du vote avec un comptage automatisé des bulletins papier par lecture optiqueEditorial How to Trust Electronic Voting Published: June 21, 2009 New York Times.

Description L'urne électronique, désignée par le terme machine à voter en droit français, est un ordinateur permettant de voter. Ainsi, on trouve également l'appellation

D'après l'importateur France-élections de la marque Nedap, la plupart des machines à voter fonctionnent sur une architecture PC, c'est-à-dire qu'elles contiennent les mêmes composants que des PC, par exemple un disque dur et un système d'exploitation de type Microsoft Windows ou Linux. Toujours d'après Nedap, ceci pose des problèmes de sécurité et de fiabilité. Pour cette raison, les machines à voter de marque Nedap seraient des « automates industriels », et non des micro-ordinateurs qui « sont des machines complexes et fragiles ».. Cependant, le processeur utilisé dans ces appareils est un Motorola 68000., le microprocesseur qui était utilisé en 1984 sur l'Apple Macintosh, un véritable ordinateur multitâche avec une interface graphique.

Il existe des machines à voter à vérification indépendante. Celles-ci produisent plusieurs (au moins deux) enregistrements indépendants auditables des votes.

Dans le cas du vote par correspondance électronique, c'est désormais le vote par internet qui est utilisé. C'est le cas pour certains scrutins pour les Français de l'étranger, codifié en droit français à l’article L330-13 du code électoral.

Fraude Un article publié en 2006 sur un site web néerlandais nommé « Wij vertrouwen stemcomputers niet » Site Wij vertrouwen stemcomputers niet (traduction : Nous ne faisons pas confiance aux machines à voter ») détaille une série de failles que des chercheurs en e-voting déclarent avoir trouvées sur une machine, l'ES3B, utilisée aux Pays-Bas, en Allemagne, et en France. L'équipe de chercheurs, conduite par Rop Gonggrijp et Willem-Jan Hengeveld, a passé un mois à étudier le fonctionnement de la machine et a conclu : Nedap/Groenendaal ES3B voting computer : a security analysis - Wij vertrouwen stemcomputers niet, octobre 2006 . Cette machine, l'ES3B, développée par N.V. Nederlandsche Apparatenfabriek (Nedap) avec le développeur de logiciels Groenendaal, a été récemment utilisée dans environ 90 % des votes néerlandais. Nedap prévient que mais que ..

, de l'université de Princeton, écrit sur son blogue Freedom to Tinker que les failles apparentes sont similaires à celles ayant affecté les machines à voter à écran tactile Diebold Inc.'s utilisées aux États-Unis. Les problèmes sont aussi simples : des faiblesses facilement évitables, telles que l'utilisation de clefs identiques largement disponibles et des mots de passe/identifiants personnels faibles. D'après l'analyse des machines utilisées à Issy-les-Moulineaux aux quatre journées de vote de 2007, 29,8 % des bureaux de vote ont présenté des anomalies entre l'émargement et le nombre de votes contre seulement 5,3 % des bureaux avec un matériel classique. Cette différence serait plus due au manque de pratique qu'à une fraude véritable, mais peut fausser le scrutin comme ce fut le cas lors des élections cantonales du 9 et à Boulogne-Billancourt où Sébastien Scognamiglio, un candidat présenté par les Verts, n'a pu se maintenir au second tour pour moins d'une voix alors que des écarts significatifs figuraient entre le nombre d'émargements et le nombre de voix enregistré par les machines.

Des chercheurs de l’EPFL ont mis au point et testé sur le terrain en 2024 une technologie novatrice visant à protéger le vote électronique à distance contre la coercition des électeurs et l’achat de votes. Le vote en personne avec des bulletins papiers reste la méthode prédominante et offre une résistance supérieure à la coercition grâce à l’utilisation d’isoloirs privés et à la présence d’observateurs indépendants. En revanche, le vote à distance via des systèmes en ligne est attractif par sa commodité et son potentiel à accroître la participation électorale, bien qu’il soit plus vulnérable à la coercition et à l’achat de votes. Pour résoudre ce problème, la stratégie proposée repose sur l’utilisation de fausses informations d’identification numériques officiellement validées. En effet, comme l’étude de l’EPFL le propose et aussi bizarre que cela puisse paraître, la stratégie proposée consiste en une falsification numérique officiellement autorisée.

Histoire L'ancêtre de l'urne électronique a été inventé en 1910 par Eugenio Boggiano. Cette urne automatique-mécanique consistait en un système d’isoloir qui avait pour objectif principal de faire l’économie de bulletins de vote. L’électeur exprime son choix en appuyant sur le bouton correspondant au candidat de son choix. Quant à Russo, précurseur du vote électronique, il inventa des cabines de vote fondées sur le même principe que celui de Boggiano et qui sont actuellement en service dans de nombreux États américains, où le grand nombre des postes à pourvoir rendrait difficile un dépouillement manuel des bulletins de vote.

Par pays Allemagne En Allemagne, urnes électroniques ont été utilisées lors des élections législatives de 2005Le vote électronique et la Constitution allemande, Deutsche Welle, 3 mars 2009.. Cependant, dans une décision du , le Tribunal constitutionnel fédéral a déclaré inconstitutionnel le décret mettant en place ces ordinateurs de vote, au motif qu'ils ne permettent pas aux citoyens de vérifier le processus de dépouillement sans nécessiter une compétence techniqueTexte de la décision : 2 BvC 3/07 und 2 BvC 4/07 ; communiqué de presse Verwendung von Wahlcomputern bei der Bundestagswahl 2005 verfassungswidrig.

Belgique thumb|Vote électronique en Belgique. Le vote électronique a été expérimenté pour la première fois en Belgique en 1991 dans deux cantons électoraux avec deux systèmes différents. Le premier système, datant de 1991, consistait en un tableau électronique muni de nombreux boutons, un en face de chaque candidat. C'est le genre de système utilisé actuellement aux Pays-Bas, mais qui n'a pas été retenu en raison de la difficulté d'utilisation en cas d'élections simultanées, ce qui est presque toujours le cas en Belgique. Le deuxième système de 1991 se base sur une carte magnétique qui remplace le bulletin de vote papier. L'isoloir est un ordinateur muni d'un lecteur de carte magnétique, d'un écran monochrome et d'un crayon optique. L'urne électronique est un lecteur de carte doté d'un récipient pour conserver les cartes magnétiques après lecture. En 1994, une loi définissait le cadre d'utilisation du vote automatisé en Belgique, et ce sont plus de 20 % des électeurs qui ont voté au moyen de carte magnétique. En 1999, 44 % des électeurs ont voté électroniquement. Mais en même temps que cette augmentation du nombre d'électeurs, il a été décidé d'expérimenter le comptage des votes par lecture optique. Le comptage par lecture optique consiste pour l'électeur à voter sur papier mais permet d'assister les assesseurs dans le comptage des bulletins. Ce système permet un contrôle démocratique du fonctionnement des machines à voter tout en laissant l'électeur utiliser un système traditionnel. Un collège d'experts a également été mis en place pour enfin surveiller les élections d'un point de vue technique. Les deux plus déterminés des opposants au vote électronique tel qu'il est pratiqué en Belgique (Paul Bienbon, un citoyen actif et l'association Pour Eva) continuent à proposer des solutions alternatives pour améliorer la fiabilité de celui-ci, ou alors pour revenir au vote papier. Ils mènent une campagne de sensibilisation intensive dans les médiasJournal des Tribunaux, 1992, ; Le Soir, 7 juillet 1998 ; La Libre Belgique, 10 juillet 1998. Ils sont reçus par la commission du Sénat pour faire valoir leurs arguments. À la suite de cela, depuis 1999, malgré la volonté du ministère de l'Intérieur, aucune nouvelle augmentation du nombre d'électeurs votant électroniquement n'a eu lieu. De plus le principe d'une expérimentation d'un ticket de confirmation est décidé. Les opposants réclament aussi moins d'opacité dans la communication des frais réels du vote électronique (appelé en Belgique vote automatisé).