Joachin (ou Jéchonias), en hébreu , né vers 616 av. J.-C.Joachin avait 18 ans (2 Rois 24,8 et 2 Chroniques 36,9) quand il devint roi en 598 av. J.-C., est un roi de Juda de décembre 598 av. J.-C. au 597 av. J.-C.. Il est le fils du roi Joiaqim et de Nehoushta la fille d'Elnathan de Jérusalem, et un contemporain du prophète Jérémie. Au , après la défaite du royaume de Juda face à Nabuchodonosor II, il est exilé à Babylone et libéré par Amel-Marduk vers 562 av. J.-C. après trente-sept ans de captivité..

Vie et règne En décembre 598 av. J.-C., tandis que Nabuchodonosor II marche sur le royaume de Juda, Joiaqim meurt, peut-être assassiné et est remplacé par son jeune fils Joachin qui ne règne que trois mois et dix jours.Joachin ne règne que trois mois dans ..

Tandis que les Édomites s'emparent du Néguev, Nabuchodonosor prend Jérusalem révoltée le 597 av. J.-C.. Le roi Joachin, sa mère Nehoushta, ses femmes, les fonctionnaires de sa cour et les principaux personnages du pays sont déportés à Babylone. ainsi que les hommes vaillants (), les artisans et les bâtisseurs de remparts () et les hommes de guerre.. Au total sont déportées et il ne reste plus que les petites gens du peuple.. Nabuchodonosor pille les trésors du Temple de Salomon et du palais royal. et institue comme roi un oncle de Joachin, Mattaniah fils de Josias, qui prend le nom de Sédécias.. Ce dernier se révèle un roi faible, manipulé par les officiers qui l’entourent.

Plusieurs documents administratifs découverts près de la porte d'Ishtar à Babylone par l'archéologue allemand Robert Koldewey et traduits par l'assyriologue allemand Ernst Friedrich Weidner datent du règne de Nabuchodonosor II et mentionnent Joachin. Ces documents recensent des de nourriture attribuées au roi et à cinq de ses fils et se trouvent au musée de Pergame sur l'île aux Musées à Berlin .

Selon le livre des Rois, Amel-Marduk, qui succède à Nabuchodonosor, libère Joachin après trente sept ans de captivité, en 562 av. J.-C..

Lors des fouilles de Tell Beit Mirsim dans la Shéphélah en 1928-1930, W. F. Albright a découvert deux fragments d'anses de jarres portant l'inscription hébraïque l˒lyqm n˓r ywkn qui signifie « à Eliakim serviteur de Yokin »William Foxwell Albright, The Fourth Joint Campaign of Excavation at Tell Beit Mirsim, Bulletin of the American Schools of Oriental Research, numéro 47, pages 3 à 17, octobre 1932.. Une inscription identique a été retrouvée à la même période à Bet Shemesh, puis une autre en 1961 à Ramat Rachel lors des fouilles de Yohanan Aharoni. Le nom Yokin a longtemps été interprété comme une forme courte du nom (Yeho)yakin, c'est-dire désignant le roi Joachin. Eliakim aurait donc été un fonctionnaire royal au service du royaume de Juda. Cependant, on considère aujourd'hui que ces inscriptions sont très antérieures au règne de Joachin. Elles sont plutôt datées du et ne se rapportent donc pas à lui.

Descendance Les fils de Joaquin sont Shealtiel, Melchiram, Phadaïa, Sermeser, Jérémie, Sama et Nadabia1 Chroniques 3,17-18Dans le Premier Livre des Chroniques (1Ch 3,17-18) il est mentionné sept fils de Joachin et dans les documents administratifs découverts à Babylone il n'est plus mentionné que cinq fils.. La traduction Segond de la Bible donne comme fils Assir à la place de Chealtiêl car comme dans la Septante, elle traduit le verset 17 par fils de Jéconias : Assir, dont le fils fut Schealthiel, là où la Bible du Rabbinat ou la Traduction œcuménique de la Bible traduisent par fils de Yekhonia captif : Chealtiêl, son fils (en hébreu assir signifie « captif »).

L’aîné de ses fils, Chealtiel, est le père de Zorobabel qui deviendra gouverneur de la province perse de Judée.

Joseph époux de Marie est un descendant de Joachin..

Malédiction et interprétations Dans la Bible, Dieu maudit JoachinJérémie, 22:30. : « Ainsi parle l'Eternel: Inscrivez cet homme comme privé d'enfants, Comme un homme dont les jours ne seront pas prospères; Car nul de ses descendants ne réussira A s'asseoir sur le trône de David Et à régner sur Juda. » Cette malédiction pose des difficultés concernant le fait que le Messie est ou non un descendant de ce roi. Dans le christianisme, Jésus est présenté comme un descendant, au moins légalement, du roi Joachin dans la généalogie donnée par l'évangéliste MatthieuMatthieu 1:11-12.. De fait, il est prophétisé par le prophète Isaïe comme par l'évangéliste Luc que le Messie règnera sur le trône de DavidIsaïe 9, 7.Luc 1, 32..

Interprétation juive Des indices bibliques et des traditions rabbiniques indiquent que Jéchonias s'est repenti pendant son exil à Babylone, menant à une restauration divine et à la fin de la malédiction. Les Juifs n'excluent donc pas que le Messie soit un descendant de ce roi, la malédiction s'applique seulement pendant sa vie ou aux descendants immédiats, pas à toute la lignée. Le verset utilisé est Aggée 2:23, où Zorobabel, petit-fils de Jéchonias est décrit comme un « anneau sigillaire » choisi par Dieu, inversant l'image de Jéchonias comme un « anneau arrachéJérémie 22:24. ». Cela suggère une levée de la malédiction, au moins partielle, car Zorobabel devint gouverneur de JudaAggée 1:1.1 Chroniques 3:17-19.. Le Talmud de BabyloneSanhedrin 37b-38a. et le MidrashLévitique Rabbah 19:6.Peskita de-Rab Kahana 24:11 affirment que Jéchonias s'est repenti, et que Dieu a pardonné, levant la malédiction. L'Encyclopédie juiveEdition 1906, article "Jehoiachin". note : « Les tristes expériences de Jehoiachin ont entièrement changé sa nature, et comme il s'est repenti des péchés commis en tant que roi, il a été pardonné par Dieu, qui a révoqué le décret selon lequel aucun de ses descendants ne deviendrait roi. »

Interprétation chrétienne La malédiction est souvent interprétée comme limitée dans sa portée, non éternelle, et compatible avec la providence divine. Les Pères et Docteurs de l'Église ont abordé la malédiction de Jéchonias, principalement dans le cadre de l'harmonisation des généalogies de Jésus en Matthieu 1 (incluant Jéchonias) et Luc 3 (l'évitant via Nathan). Ils ne la voient pas comme un obstacle insurmontable à la messianité du Christ, mais comme réconciliable via des distinctions entre règne terrestre et spirituel, ou par des explications généalogiques (lignée légale versus biologique). Ainsi, par exemple : Jean de Damas, au VIII siècle, souligne dans De Fide OrthodoxaLivre 4, Chapitre 14 que Luc trace la lignée de Marie via Nathan, évitant Jéchonias : "Luc trace la généalogie ascendante à travers Nathan, fils de David, pour montrer la lignée naturelle." Cela résout implicitement la malédiction en limitant son impact à la branche légale salomonienne donnée par Matthieu, tandis que la lignée biologique du Christ via Marie supposément donnée par Luc évite la branche maudite. Thomas d'Aquin discute explicitement de la malédiction dans la Somme théologiqueSomme théologique, Troisième Partie, Question 31 ("De la matière dont le corps du Sauveur a été conçu"), Articles 2 et 3. Il s'appuie sur Ambroise de Milan pour réconcilier la malédiction avec la descendance davidique du Christ, en distinguant un règne "mondain" (terrestre, visé par la malédiction) d'un règne spirituel, celui du ChristJean 18:36. Thomas ne la considère pas comme absolue ou éternelle, mais comme non applicable au Messie.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Liste des personnages de la Bible

Articles connexes Liste des rois de Juda Liste des rois d'Israël Monarchie unifiée d'Israël et Juda Royaume de Juda Royaume d'Israël

Liens externes

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