Gérard Élisabeth Alfred de Vergnette de Lamotte, né le à Beaune (Côte-d'Or) - où il est mort le , est un agronome, œnologue et homme politique français.

Alfred de Vergnette de Lamotte est surtout connu par ses travaux sur le vin. En reprenant la découverte de Nicolas Appert, il propose le chauffage du vin pour éviter une perte de qualité.

Louis Pasteur le rencontre et prend connaissance de ses travaux ; il minimisera ensuite l'apport de ses recherches et son expérience. Quand il publie ses travaux sur les moyens de conservation du vin, Pasteur s’attribue l’antériorité de la découverte du chauffage du vin, avant de rendre justice à Nicolas Appert.

Biographie

Gérard Élisabeth Alfred de Vergnette de Lamotte L. de Montille, Vicomte A. de Vergnette de Lamotte, Notice biographique lue à la séance du 5 mai 1887, Mémoire de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Beaune, 1886, pp. 166-194 Article sur Alfred de Vergnette de Lamotte sur le site de la ville de Beaune (il avait été maire de la ville) Sonia Dollinger, Vergnette de la Motte, un savant au service du vin, Bulletin trimestriel du Centre d'histoire de la vigne et du vin, n° 4, septembre 2001, p. 4. http://www.chvv.org/prixvergnette.html Vergnette de Lamotte : un savant au service du vin, Sonia Dollinger, directrice des archives municipales de Beaune.Jean Salat, Alfred Vergnette de Lamotte à l’Ecole Royale Polytechnique 1826-1828, Recueil des travaux du Centre beaunois d’études historiques, 2004, tome 22, pp. 109-122 Marc Sorlot, Présentation et analyse d’Alfred de Vergnette de Lamotte in Vignes et vignification en Côte d’Or, éd. Lacour, 2006, pp. 8-16 . naît le à Beaune. Il est le fils d’Hubert de Vergnette de Lamotte et d’Élisabeth Bizouard de Montille.

Alfred de Vergnette de Lamotte fait ses études au collège Monge de Beaune, puis à Paris, au collège Charlemagne et à l'institution Massin, à partir de 1822.

En novembre 1826, il entre à l’École Polytechnique, premier de sa promotion. Il y reçoit l’enseignement de professeurs prestigieux : François Arago comme professeur d’analyse appliquée à la géométrie, de géodésie et d’arithmétique sociale, Augustin Louis Cauchy comme professeur d’analyse et de mécanique ainsi que Louis Joseph Gay-Lussac comme professeur de chimie.

Pendant son séjour à Paris, de 1826 à 1832, il fréquente les salons de la comtesse de Narbonne et celui du baron de Ballainvilliers L. de Montille, Vicomte A. de Vergnette de Lamotte, Notice biographique (lue à la séance du 5 mai 1887), Mémoire de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Beaune, 1886, p. 171. Il sort de l’Ecole des Mines avec le diplôme d’ingénieur.

En 1828, il est déclaré admissible dans les services publics et il choisit le service des Mines.

En 1832, il est nommé ingénieur ordinaire. Il renonce au service d’Etat en 1834 pour se consacrer à l’agronomie L. de Montille, Vicomte A. de Vergnette de Lamotte, Notice biographique (lue à la séance du 5 mai 1887), Mémoire de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Beaune, 1886, p. 172. Il quitte Paris pour rejoindre sa Bourgogne. Il y épouse Henriette Nodot, riche héritière. Elle lui apporte en dot un domaine à Savigny lès Beaune. Il se retrouve à la tête d’un important domaine viticole à Pommard, en étant propriétaire de 36 ha de vignes de première classe, mais aussi à Meursault, Volnay et Beaune dont il possède le « Clos des mouches ». Ses caves de Pommard ont servi de modèle à bien des caves de la Côte.

En 1847, il entre au conseil municipal de Beaune et se déclare sans étiquette politique.

En 1851, il devient maire de Beaune, il démissionne après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, en 1852.

En 1855, avec le concours de l’ingénieur Ritter, il introduit le drainage dans l’arrondissement de Beaune et préconise l’emploi du sulfatage des échalas L. de Montille, Vicomte A. de Vergnette de Lamotte, Notice biographique (lue à la séance du 5 mai 1887), Mémoire de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Beaune, 1886, p. 173. L’établissement de fontaines dans sa ville natale de Beaune et dans les communes voisines (Meursault, Savigny, Pommard), dont il capte les sources et dirige les travaux, contribue à établir sa réputation L. de Montille, Vicomte A. de Vergnette de Lamotte, Notice biographique lue à la séance du 5 mai 1887, Mémoire de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Beaune, 1886, p. 183.

Propriétaire viticole, passionné d’agronomie, de viticulture et d’œnologie, il mène des études sur le terroir des vignobles bourguignons et leurs différents cépages.

Il publie des ouvrages consacrés à la géologie, la topographie et la climatologie dans la région beaunoise, à l’application des observations météorologiques à l’étude de la viticulture. Il s’intéresse également à la vendange, aux maladies de la vigne, à l’emploi du tanin dans le collage des vins, à la congélation du vin, au chauffage du vin.

Son apport le plus important concerne la technique du chauffage du vin (voir plus loin les travaux).

Le baron Thénard fait un résumé de ses travaux à l’Académie, qui le nommera membre correspondant de l’Institut en 1865.

En 1866, Vergnette publie son ouvrage célèbre « Le Vin », qui connaît un grand succès. L’année suivante, il publie une deuxième édition du livre.

Il fait de nombreuses communications à l’Académie des Sciences (voir notes en références).

Vergnette prend une part active dans la révision L. de Montille, Vicomte A. de Vergnette de Lamotte, Notice biographique lue à la séance du 5 mai 1887, Mémoire de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Beaune, 1886, pp. 186-187 du traité de commerce conclu en 1860 avec l’Angleterre, en ce qui concerne le degré alcoolique des vins pouvant entrer sans surtaxe dans ce pays Le 23 janvier 1860, la France et l'Angleterre signent un traité de libre-échange destiné à abolir les taxes douanières sur les matières premières et la majorité des produits alimentaires. Une taxe de 30 % est fixée pour les produits manufacturés. L'accord est négocié par les Français Rouher et Michel Chevalier et le Britannique Richard Gobden. Ce rapprochement franco-britannique voulu par la reine Victoria et par Napoléon III, confirme la volonté d'alliance et de coopération entre les pays..

Il encourage, par l’intermédiaire de l’Association Vinicole Commerciale, la création de la Chambre de Commerce de Beaune.

Vergnette se consacre aussi au Comité d’Agriculture et de Viticulture de Beaune, dont il est un temps président.

De 1874 à 1886, il est président de la Société d’Archéologie, d’Histoire et de Littérature de Beaune.

Le 1886, il décède à Beaune, à l’âge de 80 ans. À son décès, il était domicilié à Vignolles et époux de Henriette Naudot.

Depuis 2001, il existe un prix Alfred de Vergnette de Lamotte qui récompense des travaux récents relatifs à l'histoire de la vigne et du vin et des vignerons en Bourgogne.

Titres et distinctions Titres et distinctions L. de Montille, Vicomte A. de Vergnette de Lamotte, Notice biographique lue à la séance du 5 mai 1887, Mémoire de la Société d’histoire et d’archéologie de Beaune, 1886,

Maire de Beaune (1851-1852) Président du Comité d’Agriculture et de Viticulture de Beaune Président de la Commission départementale d’étude et de vigilance contre le phylloxéra Vice-président du Conseil d’hygiène de l’arrondissement de Beaune Président de la Société d’Archéologie, d’histoire et de littérature de Beaune (1874-1886) Correspondant de l’Académie des sciences (section économie rurale) ( ) Correspondant de l’Institut de France Liste des membres, des associés et des correspondants de l’Institut Correspondant de la Société centrale d’agriculture Correspondant de l’Académie de Dijon (section des sciences) Correspondant des Sociétés d’agriculture de Lyon, Turin, Lisbonne, Dijon, Chalon-sur-Saône, Angers Rapport pour l’arrondissement de Beaune de la commission administrative de l’Enquête agricole de 1866 Comte romain de la création de Pie IX Lauréat de la prime d’honneur de la Côte d’Or Lauréat de la prime d’honneur au Concours régional de Dijon (mai 1870) Membre du jury de l’Exposition universelle de Paris de 1878 (voir Expositions universelles de Paris) Membre du jury des Primes d’honneur et des concours régionaux Membre de la Commission administrative des hospices de Beaune Membre du comité de surveillance de l’Ecole de viticulture de Beaune Membre honoraire de l’association vinicole commerciale de l’arrondissement de Beaune Membre de la Société Eduenne Chevalier de l'ordre du Christ (Portugal) (1865) Médaille d’or pour ses travaux relatifs à la conservation des vins par la chaleur lors de l’exposition de Porto (1865)

L’apport et l’œuvre d'Alfred de Vergnette de Lamotte L’apport le plus important d'Alfred de Vergnette de Lamotte est sa contribution sur le vin et ses procédés de conservation (chauffage et congélation).

La technique du chauffage du vin était connue depuis l’Antiquité : Columelle en parle déjà dans son traité de viticulture, le « De re rustica » (vers 42 avant Jésus-Christ).

D’après Alfred de Vergnette Alfred de Vergnette de Lamotte, Le vin, 1865, pp. 248-249, les Romains chauffaient leur vin, non pas dans le but de le conserver, mais pour concentrer et augmenter la richesse en saccharine des moûts.

En 1827, A. Gervais publie une brochure sur l’application de la chaleur à la conservation des vins : « Mémoire sur les effets de l’appareil épurateur pour l’amélioration et la conservation des vins »Alfred de Vergnette de Lamotte, Le vin, 1865, p. 251 ; il met sa méthode sous le patronage du gouvernement et des ministres de l’intérieur et du commerce qui acceptent la dédicace de son ouvrage. Sa méthode consiste en un transvasement du vin d’un tonneau à un autre en passant dans un appareil chauffé au bain-marie. Par ce procédé, le vin a une plus longue conservation et est propre au transport Alfred de Vergnette de Lamotte, Le vin, 1865, p. 253.

Alfred de Vergnette rapporte que, dans le mémoire de Gervais Gervais, Mémoire sur les effets de l’appareil épurateur pour l’amélioration et la conservation des vins, page 8, in Alfred de Vergnette de Lamotte, Le vin, 1865, p. 253 « le ferment était la cause des maladies dont les vins sont susceptibles ».

Nicolas Appert met au point en 1795 le procédé de conservation des aliments par le chauffage Nicolas Appert, Le livre de tous les ménages, ou l’art de conserver, pendant plusieurs années, les substances animales et végétales, Paris, 1810 L'Art de conserver pendant plusieurs années, toutes les substances animales et végétales sur Gallica. Il reçut du gouvernement de l'Empire une récompense de 12000 francs, avec obligation de publier sa découverte. Nicolas Appert accepte en 1810, de laisser sa méthode tomber dans le domaine public en publiant « L’art de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales ou végétales ». En 1841, il meurt pauvre et ruiné.

1846

Vergnette de Lamotte développe la technique de conservation du vin par chauffage et congélation.

Connaissant les travaux de Nicolas Appert et de Jean-Antoine Gervais, dès 1840, il reprend les expériences d’Appert de Vergnette, Conservation des vins par l’emploi de la chaleur, Comptes-rendus de l’Académie des sciences, 1866, tome 62, pp. 596-602 de Vergnette, Le vin, 1865, p. 254.

Dans son mémoire sur le chauffage du vin, Vergnette fait une importante remarqueL. de Montille, Vicomte A. de Vergnette de Lamotte, Notice biographique (lue à la séance du 5 mai 1887), Mémoire de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Beaune, 1886, p. 177 : en 1846, il chauffe un vin de 1840 et constate qu’il est merveilleusement conservé, tandis que le même vin non chauffé s’est altéré Alfred de Vergnette de Lamotte, Le vin, 1865, p. 254..