En droit français, le courtier est le professionnel effectuant l'activité de courtage. Son action consiste à servir d'intermédiaire dans une transaction entre un vendeur et un acheteur, dont il est à tout moment indépendant. La transaction peut porter sur toute opération d'achat ou de vente de marchandise ou de prestation de service. Un métier émergent avec le Web2.0 est celui de courtier en données, lié au marché de la publicité en ligne et du big data.

Les courtiers facilitent l’achat et la vente d’actifs financiers ou commerciaux pour le compte de clients. Certains courtiers, appelés courtiers à escompte, facturent des commissions plus faibles, parfois en échange de services plus limités que les sociétés de courtage à service complet. Un broker-dealer est un courtier qui effectue également des transactions pour son propre compte, en plus de faciliter des opérations pour des clients.

Les sociétés de courtage sont généralement soumises à des réglementations en fonction du type de courtage et des juridictions dans lesquelles elles opèrent. Parmi les organismes de régulation des sociétés de courtage figurent la Securities and Exchange Commission des États-Unis et la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA), qui régulent les courtiers aux États-Unis. Les courtiers peuvent également fournir des services sur mesure à des clients institutionnels, tels que des gestionnaires de comptes dédiés, un service d’assistance et un accès direct au marché.

Le métier de courtier existe dans de nombreux autres pays, et y est différemment réglementé, notamment afin de protéger les intervenants sur le marché concerné.

Par extension, courtier désignait avant 1945 toute personne ayant un sens aigu du rôle diplomatiqueM. Churchill se tenait lui-même comme le courtier désigné entre les prétentions du président Roosevelt et les refus du général de Gaulle (De Gaulle, Mémoires de guerre, 1956, ).Ce que l'Allemagne voulait, c'était éviter un conflit. Son rôle serait, entre des intérêts contraires, celui de « l'honnête courtier » (André Maurois, Disraëli, 1927, ). ; dans ce sens, le mot de médiateur est préférable.

Étymologie et histoire Le mot Courtier est emprunté à la langue occitane: corratièr, mot composé du radical córrer (verbe courir - le courtier servant d'intermédiaire entre l'acheteur et le vendeur) et du suffixe -atier, très fréquent en occitan.. Celui-ci ayant pour racine latine le verbe currere, forme intransitive : courir, accourir, s'empresser, se hâter, forme transitive : parcourir, traverser.

Une des premières documentations françaises écrites de son utilisation remonte à 1248 : le Cartulaire de Ponthieu.., nommé aussi Terrier du comté de Ponthieu évoque les activités de « courratage » auxquelles les corporations d'artisans doivent recourir du fait de leur manque de connaissances. C'est à partir de 1358 que le mot devient également « couratage », « courtage »., les formes du mot déclinées en coul-, coultage étant d'origine flamande.. L'histoire du droit, celle du commerce et celle de la navigation font souvent références aux courtiers en vin., en huiles, en blé, en chevaux, en soies, etc.

L'activité de courtier est reconnue par l'Académie française dès 1694.

Le mot « broker » vient du vieil anglais ou ancien français broceur signifiant « petit commerçant », d’origine incertaine — possiblement lié à l’ancien français brocheor désignant un marchand de vin, issu du verbe brochier, « entamer un tonneau ».

Description générale

Accès au métier

Statut juridique

Le courtier est un intermédiaire commerçant, chargé de mettre en rapport un fournisseur (qualifié de donneur d'ordres) et un client susceptible d'acquérir ses produits. Le courtier peut être indépendant, ou salarié d'une entreprise de courtage.

Activités communes (cœur de métier)

Analyse du marché

Recenser les demandes des acheteurs et des vendeurs. Développer une activité de veille produits (intérieur, européen ou mondial). S'informer et suivre les cours pratiqués, à l'achat, à la vente, sur les différents marchés.

Prospection

Prospecter des clients, acheteurs ou vendeurs potentiels. Recenser les ordres d'achats et les offres de ventes. Recueillir les demandes des clients.

Conseil

Conseiller les clients en fonction de sa connaissance « experte » du marché. Favoriser la mise en relation entre vendeur et acheteur.

Intermédiaire

Suivre les conditions générales et particulières (prix, volume, mode de paiement…) Constater l'accord parfait des parties et la formaliser.

Notaire Met en forme la procédure de la confirmation de l'accord dont il a été témoin.

Médiateur

Effectuer la gestion du contrat : vérifier que les clauses sont respectées, les délais de livraison, etc. Assurer une gestion des litiges (médiateur agréé).

Activités spécifiques

Les experts en bois, agricoles, viticoles, etc. peuvent avoir une fonction de conseil technique auprès d'un vendeur ou auprès d'un acheteur.

Évolution des modes opératoires, informatisation, et prospective Dans les marchés financiers le courtage était autrefois une activité fondamentale, qui tend cependant à constamment régresser au profit de simples prestations de services informatiques même si, grâce aux taux de croissance annuels à deux chiffres des volumes traités sur les marchés, le secteur n'est pas exactement sinistré.

Dans un marché organisé le courtier a généralement été transformé en simple opérateur de saisie : il entre les ordres de ses clients dans le système informatique de la Bourse. Sur les marchés de gré à gré, il met en relation deux de ses clients. Dans les deux cas, il est rémunéré en fonction du volume ou de la valeur nominale de la transaction. Il doit donc avoir une vue précise de son marché et savoir à qui s'adresser pour conclure une affaire. Il ne précise généralement pas l'identité de son client avant l'accord final sur l'opération, et encore, uniquement si le courtier n'est pas ducroire. Les contreparties bénéficient d'une certaine discrétion.

L'avènement des technologies de communication électronique (Internet et réseaux propriétaires) a bouleversé le courtage et en particulier le métier de trader ; les courtiers n'ont souvent plus de contact direct : la plupart des opérations liées au courtage sont automatisées ou automatisables. Cependant, lorsqu'un marché nécessite un véritable travail de recherche d'intérêts et de négociations, l'activité de courtage s'effectue encore par téléphone.

Un courtage en brevets et/ou technologies (technology brokingMorgan E.J & Crawford N (1996). Technology broking activities in Europe-a survey. International Journal of Technology Management, 12(3), 360-367.) est né de la multiplication des technologies, des spécialisations techniques et scientifiques de plus en plus pointues, ainsi que de la pléthore de brevets ; il pourrait évoluer dans le cadre de la société de la connaissance et du big data, par exemple vers un « courtage de la connaissance » (knowledge brokageCarnabuci, G., & Bruggeman, J. (2009). Knowledge specialization, knowledge brokerage and the uneven growth of technology domains. Social forces, 88(2), 607-641.) et de la donnée, voire d'objets et d'environnements virtuelsVerona G. Prandelli E & Sawhney M (2006) Innovation and virtual environments: Towards virtual knowledge brokers. Organization Studies, 27(6), 765-788., au service notamment d'une demande de « savoir recombinant » (recombinant knowledge). En effet dans un monde de plus en plus complexe, même face à l'open data, le rôle des intermédiaires pourrait être amené à se développer, Schultze, U., & Orlikowski, W. J. (2004). A practice perspective on technology-mediated network relations: The use of Internet-based self-serve technologies. Information Systems Research, 15(1), 87-106..

Un cas particulier: le courtier assermenté thumb|right|150px|Jean-Louis Morlot (1952-2020), président d’honneur des Courtiers de Marchandises Assermemtés thumb|right|150px|Vade-Mecum du Courtier de Marchandises Assermenté. En France, la loi du vient modifier ce métier (le courtier n'est plus officier public mais seulement assermenté auprès d'une cour d’appel, il n'a plus le monopole des ventes de marchandises en gros, il peut exercer dans une société commerciale, il sera doté à l’avenir d’une nouvelle instance représentative, le Conseil national des courtiers de marchandises assermentés).

Dans certaines branches, le courtier est à la fois un commerçant et un officier public, auxiliaire de justice. Pour cette raison, il doit être assermenté par le droit français.

En tant que courtier, il met en relation des vendeurs avec des acheteurs de marchandises, joue les intermédiaires dans les conditions de l'affaire et la conclut entre eux, puis veille à sa bonne exécution.

En tant qu'officier public, le courtier assermenté est habilité par les textes légaux (décret du ) à remplir certaines missions d'intérêt public en raison de sa compétence et de son honorabilité et notamment : effectuer les ventes aux enchères publiques, volontaires et judiciaires de marchandises, conformément aux textes régissant ces opérations ; constater officiellement le cours des marchandises ; procéder à l'estimation des marchandises dans les magasins généraux ; intervenir dans le cadre d'expertises amiables ou judiciaires.

En effet, le courtier assermenté connaît bien le cours et la valeur des marchandises. En rapport permanent avec les commerçants, négociants et coopératives de producteurs, industriels de l'agroalimentaire ou de la filière forêt-bois, confident de leurs tractations et de leurs besoins, il a une parfaite connaissance des marchés nationaux, communautaires et internationaux. L'activité des courtiers assermentés, au niveau individuel ou au sein des compagnies régionales et de l'assemblée permanente nationale à Paris, s'effectue en étroite liaison avec divers organismes, notamment les cours d'appel, les tribunaux de grande instance, les tribunaux de commerce, les diverses chambres arbitrales, les chambres de commerce et d'industrie, les bourses de commerce, les offices nationaux tels que l'ONIC ou l'ONIVIT et la Commission de conciliation et d'expertise douanière. Ils sont reconnus comme étant les agents économiques le mieux au fait des exigences et des conséquences du développement des transactions commerciales puisqu'ils y contribuent largement.

Le courtier assermenté intervient dans toutes les missions auxquelles sa compétence le destine. Les cours d'appel, les tribunaux de grande instance, les tribunaux de commerce reconnaissent les courtiers assermentés près de leur juridiction comme étant les spécialistes susceptibles de mieux connaître les éléments nécessaires à une bonne justice et les nomment en qualité d'experts dans le cadre de litiges où la juridiction concernée a besoin d'un technicien de haute qualification pour éclairer les magistrats avant de prononcer le jugement, avec pour mission : de constater l'état de la marchandise incriminée ; d'évaluer les dommages et pertes en cas d'avarie survenue notamment au cours du transport maritime ou terrestre ; de rechercher l'origine et les causes des dommages constatés ; de fournir aux tribunaux toutes indications utiles leur permettant de déterminer les responsabilités ; enfin de réaliser la vente des marchandises faisant l'objet de litige.

Ils sont souvent appelés pour des expertises amiables entre expéditeurs et destinataires de toutes marchandises en cas de contestations diverses. Ils établissent alors un rapport pour valoir ce que de droit. Enfin, les courtiers assermentés sont compétents pour effectuer les « inventaires » dans le cadre de procédures collectives selon l'article 27 du décret du et 51 du décret du .