Frédéric Plessis (Brest - Paris ) est un poète, romancier, journaliste et professeur de lettres français.

Biographie

Origine familiale La famille Plessis est originaire des Côtes d'Armor. Son père, Édouard-Henri-Joseph Plessis, est né à Saint-Brieuc. Sa mère Marie-Louise Brunot naît à Guingamp. Le couple se marie à Guingamp en .

Édouard Plessis est médecin de marine. C'est dans le cadre de son travail qu'il vint habiter à Brest, rue de la Mairie (actuelle rue de Lyon). En 1839, Édouard Plessis soutient une thèse à la Faculté de médecine de Montpellier intitulée Des caractères anatomiques, des symptômes et de la marche des varices. Des voiries sous le point de vue de l'hygiène publique. Des ganglions nerveux : tout renflement nerveux est-il un ganglion ? Vibrations des membranes, leurs lois, applications à la membrane du tambour. Édouard Plessis meurt en 1882.

Marie-Louise Plessis, née Brunot, est la fille d'un sous-préfet de Guingamp. Très cultivée, elle a eu une grande influence littéraire sur son fils Frédéric. Elle a laissé de nombreux poèmes, composés entre 1868 et 1890, réunis dans un recueil intitulé Clartés du soir, poésies, resté inédit jusqu'à ce soir. Elle meurt à Paris en 1899.

Frédéric Plessis a une sœur aînée, Julie.

Enfance Frédéric-Édouard Plessis naît à Brest, « rue de la Mairie » (désormais rue de Lyon), le . Il habite la Cité du Ponant jusqu’à l’âge de treize ans. Élève brillant et sérieux, scolarisé au collège Saint-Louis, il a de bonnes dispositions, notamment en latin : il l’apprend « un peu comme Montaigne, « sans grammaire ou précepte », en entendant son père réciter des vers de Virgile ». En 1864, la famille Plessis déménage et s’installe à Paris. Frédéric est élève au lycée Louis-le-Grand ; il obtient son baccalauréat deux ans plus tard.

Études Après son baccalauréat, Frédéric Plessis commence des études à la Faculté de médecine de Paris, comme le souhaite son père. Une année lui suffit pour comprendre que ce n'est pas sa voie. Il s'inscrit ensuite à la Faculté de droit de Rennes : le , il y soutient un mémoire de licence intitulé Jus romanum. De rebus auctoritate judicis possidentis seu vendendis. De la Déclaration de faillite et de ses principaux effets. Il revient alors à Paris afin d'y poursuivre ses études jusqu'au doctorat. En 1876, il soutient une thèse de droit intitulée Du mandat en droit romain. Du mandat et de la gestion d’affaires en droit français. Mais les études de droit ne lui suffisent pas : il décide de faire des études de lettres. « Ni la magistrature ni le barreau ne lui offrent d'attraits capables de le fixer définitivement et [...] il opte pour l'enseignement supérieur des Lettres ».

En 1878, il est licencié ès lettres de l'université de Clermont-Ferrand, où il se lie d'amitié avec Emmanuel des Essarts et Pierre de Nolhac. Il suit les cours d'Eugène Benoist à l'Étude des Lettres Latines et ceux du linguiste Michel Bréal à l'École des Hautes Études. En 1881, il fut chargé de mission à Wolfenbüttel en Allemagne, afin d'y étudier les manuscrits de la Bibliothèque municipale. En 1884, il soutint une thèse de doctorat ès lettres, intitulée Études critiques sur Properce et ses élégies. Sa thèse complémentaire, en latin, est une édition de texte : Italici Ilias Latina. Edidit, praefatus est, apparatu critico et indice locuplete instruxit Fridericus Plessis (1885).

Carrière universitaire En 1880, Frédéric Plessis commence sa carrière dans l'enseignement supérieur. Il enseigne le latin et la littérature latine dans différentes universités françaises : Poitiers, de 1880 à 1884 ; Caen, de 1884 à 1887 ; Bordeaux, de 1887 à 1891 ; et Lyon, de 1891 à 1892. Il est nommé maître de conférences à l'École Normale Supérieure, où il donne des cours de 1894 à 1907 . En 1905, il obtient la chaire de poésie latine à la Sorbonne, qu'il occupe jusqu'à sa retraite, en 1922. Il siège aux soutenances de thèses pendant une vingtaine d'années et, « jamais agrégé quoique deux fois docteur, il fait partie du jury d'agrégation ». Il produit de nombreuses traductions et éditions latines (Térence, Properce, Cicéron, Virgile, Horace) en traitant principalement la poésie latine.

Mort Mort à son domicile parisien de la rue de Staël, il est inhumé au cimetière de Vaugirard.

Vie privée Frédéric Plessis se marie avec Berthe Le Carpentier à Caen en 1883. Ils auront cinq enfants : Ludovic, né à Caen le . À l'âge de vingt ans, il obtient son Diplôme d'Études Supérieures pour un mémoire sur Eugène Fromentin. Ludovic meurt pour la France en 1916. Marguerite. Elle publie les poèmes de Marceline Desbordes-Valmore et ceux d'Auguste Brizeux. Elle meurt en . Édouard, né à Bordeaux le . Il est officier de marine. Michel, né à Lyon le . Il embrasse une carrière ecclésiastique. Charlotte, née à Paris le . À la fin de sa vie, elle se retire au couvent de Pontchâteau, en Loire-Atlantique, où elle meurt en 1977.

Opinions politiques Proche des milieux nationalistes de l'Action française, ami de Maurice Barrès et de Charles Maurras, Frédéric Plessis soutient la candidature de Léon Daudet, à la troisième circonscription du département de la Seine sur la "Liste de Réconciliation et d'Action Nationale"Récépissés - Déclaration de candidature aux élections législatives du 11 mai 1924 dans le Fonds Plessis à Brest lors des élections législatives du . Plusieurs personnalités sont inscrites sur cette liste : Léon Daudet, député sortant et membre de l'Action française ; Maurice Pujo, rédacteur en chef de L'Action française ; et Lucien Lacour, secrétaire général de la Ligue d'Action française. Des écrivains comme Charles Le Goffic, ou des intellectuels comme Joseph Récamier, docteur en médecine, et Théodoric Legrand, directeur de l'Institut de France, figuraient aussi sur cette liste. À l'issue des élections législatives de 1924, Léon Daudet n'est pas élu.

Activités littéraires et culturelles

Frédéric Plessis, poète du Parnasse « En 1866, un ami lui fait découvrir le recueil fondateur de l'école parnassienne : Le Parnasse contemporain ». C’est une révélation pour Frédéric Plessis. Il se rapproche de ce mouvement ; plusieurs de ses poèmes paraissent dans le deuxième et le troisième Parnasse contemporain. Frédéric Plessis ne cesse plus d'écrire des poèmes. « Son nom figure aux côtés de ceux de Leconte de Lisle, Théodore de Banville et François Coppée ». Il fait la connaissance de José-Maria de Heredia, qui le conseille dans l'art des vers, et devient l'ami intime d'Anatole France. Il fréquente Leconte de Lisle et Hérédia qu'il rencontre souvent au cours de séjours de vacances à Douarnenez.

En 1889, Frédéric Plessis collabore au Parnasse breton contemporain. Le but de cette publication est de réunir en un volume quelques œuvres des poètes bretons contemporains. C'est ainsi que Louis Tiercelin, ami et disciple de Leconte de Lisle et de Heredia, décide de publier à Rennes et à Paris Le Parnasse breton contemporain avec l'aide de Jean-Guy Ropartz. Frédéric Plessis y contribue par cinq poèmes : « Au poète de L'Aurore (Maurice Bouchor) », « Mon Jardin (Bordeaux) », « À la Bretagne », « Sine Nomine » et « Gloire latine ». Au même moment est lancée la revue L'Hermine, publiée à Vannes, puis à Rennes, de 1889 à 1911, dont le but est, « pendant vingt-deux ans, d'entretenir chez les écrivains de Bretagne, non seulement une conscience régionale, mais aussi une flamme bretonne ».

Poèmes et recueils Outre la publication de ses poèmes dans Le Parnasse contemporain, Frédéric Plessis en confie à d'autres revues : La Revue des deux mondes Minerva Le Mois L'Hermine La Revue hebdomadaire La Renaissance Le Monde poétique Le Correspondant La Quinzaine Le Carnet Les Poètes du Clocher Frédéric Plessis publie de son vivant quatre recueils de poèmes : La Lampe d'Argile, chez Alphonse Lemerre en 1886 Vesper, chez le même éditeur en 1897 Poésies complètes, contenant : La Lampe d'Argile, Vesper et Gallica, chez Albert Fontemoing en 1904 La Couronne de lierre, d'abord chez Jouve en 1921, puis avec de nouveaux poèmes aux Éditions de la Revue des poètes en 1937. Quelques poèmes de Frédéric Plessis rappellent son enfance à Brest et en Bretagne. « De " Brest ", poème inséré dans La Couronne de lierre, [ressortirent] quelques images fortes d'une enfance passée dans '' les ruelles assombries '' d'une ville rude, '' militaire et marine '' ». D'autres poèmes relatifs à la Bretagne furent publiés dans divers recueils de poèmes. Même si Frédéric Plessis ne revient à Brest qu'épisodiquement dans les années 1870 et 1880, il garde de très bons souvenirs de sa ville natale et « n'a jamais manqué de reconnaître sa dette affective envers la ville de son enfance ».

Ouvrages d'érudition latine Il est l'auteur de plus d'une dizaine d'ouvrages et d'éditions scientifiques, traitant de la civilisation antique (plus particulièrement de la littérature latine). Son plus important ouvrage est La Poésie latine : de Livius Andronicus à Rutilius Namatianus, publié chez Klincksieck en 1909. Ce livre est la somme de tout son enseignement. Cet important traité évoquait six siècles de poésie latine. « Son enseignement allie un très rigoureux savoir philologique et une approche sensible et vivante des textes anciens ».

Frédéric Plessis écrit aussi de nombreux articles dans des revues de philologie : La Revue critique La Revue de philologie Bulletin critique La Revue de l'enseignement secondaire et supérieur Bulletins ou Annales des Facultés

Romans Frédéric Plessis est l'auteur d'une dizaine de romans qu'il avait publiés en pré-original dans les revues suivantes : La Revue des deux mondes Le Mois La Revue universelle Frédéric Plessis aurait servi de modèle à Anatole France pour le personnage de Lucien Bergeret, dans la tétralogie romanesque L'Histoire contemporaine, parue entre 1897 et 1901. Il y représente l'archétype de l'intellectuel français de la fin du , sorte d'éternel Socrate. Critique littéraire Frédéric Plessis écrit des articles sur la littérature contemporaine dans les revues suivantes : Le Monde poétique L'Hermine L'Art et la Vie Minerva, en 1902-1903 Le Correspondant La Revue des poètes Le Mois La Presse, en 1880 La Muse française, dans les années 1920 Frédéric Plessis a aussi tenu une rubrique de critique littéraire dans : La Presse en 1880 Minerva en 1902-1903 Il a été l'un des collaborateurs de la Revue critique des idées et des livres fondée en 1908 par Jean Rivain et Eugène Marsan. De 1907 à 1909, il est l'un des directeurs du Bulletin critique.

Publications Note : l'année indiquée est la date de la première parution

Poésie : La Lampe d'argile, poésies, 1873-1886, Alphonse Lemerre : Vesper, poésies (1886-1896), Alphonse LemerreTexte en ligne sur Gallica : Poésies complètes : 1873-1903, contenant : La Lampe d'Argile, Vesper et Gallica, Alphonse Lemerre : La Couronne de lierre, poésies, 1904-1920, Jouve : La Couronne de lierre, poésies, 1904-1934. Nouvelle édition revue et augmentée

Publications savantes : Térence, Les Adelphes ou P. Terenti. Afri Adelphoe, Texte latin, publié, avec un commentaire explicatif et critique, par Frédéric Plessis, C. Klincksieck : Études critiques sur Properce et ses élégies (thèse française), Hachette : Italici Ilias Latina. Edidit, praefatus est, apparatu critico et indice locuplete instruxit Fridericus Plessis (thèse latine - édition critique en latin), Hachette : Un chapitre de métrique latine : le pentamètre dactylique, Extrait du Bulletin mensuel de la Faculté des lettres de Caen, imprimerie de F. Le Blanc-Hardel : Essai sur Calvus, imprimerie de F. Le Blanc-Hardel : Propertiana, E. Leroux. Extrait du Bulletin de la Société des lettres de Poitiers, publié en 1885 : Histoire abrégée de la littérature romaine, par Hermann Bender, traduite de l'allemand par Jules Vessereau, avec une introduction et des notes par Frédéric Plessis, C. Klincksieck : Traité de métrique grecque et latine, C. Klincksieck