Lefter Küçükandonyadis (grec : Λευτέρης Αντωνιάδης, Lefteris Antoniadis), né le à Istanbul et mort le https://www.hurriyetdailynews.com/opinion/ariana-ferentinou/farewell-to-lefter--11526, est un footballeur turc.

Biographie Origine, jeunesse et formation Lefter Küçükandonyadis naît le dans la rue Hamam à Büyükada. Selon les sources courantes, son père, Hristo, était pêcheur et sa mère, Argiro, tous deux issus d’une famille grecque ayant émigré d’Albanie vers Büyükada au début du siècle. Né Eleftherios, il est le deuxième enfant de la famille après son frère aîné Panani.

Selon l’auteur et chercheur local Ahmet Tanrıverdi, originaire comme Lefter de Büyükada et spécialiste de l’histoire des communautés grecques des îles des Princes, la famille Küçükandonyadis n'aurait pas uniquement des origines grecques. Tanrıverdi affirme que le père du joueur, était un Albanais orthodoxe, tandis que sa mère était une Grecque orthodoxe. Il indique également que Lefter se définissait lui-même comme Albanais plutôt que Grec.

Toujours selon Tanrıverdi, le père de Lefter n’était pas pêcheur, contrairement à une croyance répandue, mais agriculteur. La confusion proviendrait du fait que le beau-père du joueur exerçait le métier de pêcheur. Tanrıverdi, qui affirme avoir connu intimement Lefter et sa famille et avoir joué avec lui lors de rencontres traditionnelles entre Kınalıada et Büyükada, précise aussi que le frère aîné du footballeur, Panani, fut lui-même un joueur de bon niveau, notamment au sein des clubs de Taksim et Beyoğlu.

Lefter Küçükandonyadis commence à jouer au football à Büyükada, son île natale. Il rejoint ensuite le club de Taksim, dans la partie européenne d’Istanbul. En 1941, les dirigeants du club font légalement augmenter son âge afin de lui obtenir une licence, ce qui lui permet de débuter officiellement. Il évolue deux ans avec Taksim avant d’être appelé sous les drapeaux en 1943. Après quatre années de service militaire passées à Diyarbakır, il retourne à Istanbul en 1947 et signe à Fenerbahçe.

Carrière professionnelle (Fenerbahçe, Fiorentina, OGC Nice…) thumb|Lefter Küçükandonyadis sous les couleurs de Fenerbahçe en 1948.|650x650pxÀ Fenerbahçe, il connaît un succès immédiat : il remporte le championnat de Turquie en 1950 et termine meilleur buteur turc de la compétition. Le , il devient l’un des premiers footballeurs turcs à être transférés à l’étranger contre une indemnité de transfert, rejoignant la Fiorentina pour . Il joue ensuite une saison à l’OGC Nice avant de revenir à Fenerbahçe pour la saison 1953-1954, au cours de laquelle il termine de nouveau meilleur buteur du championnat d'Istanbul.

Retour à Fenerbahçe Après une saison en France, il venait de rentrer en Turquie lorsque les événements des 6 et 7 septembre 1955 ont éclaté. Dans de nombreuses régions de Turquie, certaines minorités étaient prises pour cible. Lefter a également été touché par ces incidents. Sa maison à Büyükada a été vandalisée. Lefter, qui a attendu avec un fusil à la main jusqu'au matin, a été aidé par un groupe de supporters de Fenerbahçe qui s'étaient rendus de Kartal à Büyükada à moto.

Le retour de Lefter à Fenerbahçe avait suscité une immense émotion à l'époque. Lorsqu'il a foulé la pelouse, les tribunes entières ont scandé son nom à l'unisson.

Il contribua fortement aux performances de Fenerbahçe, remportant deux titres de champion d’Istanbul, puis, après la création de la Süper Lig, trois titres de champion de Turquie (1959, 1961 et 1964). Au total, il inscrit en sous le maillot jaune et bleu, un record resté inégalé pendant . Sa maîtrise technique, ses dribbles et son sens du but lui valent plusieurs surnoms, dont « Ordinaryus », ainsi que le slogan populaire : « Fais la passe à Lefter, c'est lui notre buteur ! ».

Fin de carrière À l’étranger, il joue une dernière saison professionnelle en 1964-1965 à l’AEK Athènes, à . Lors d’une victoire 7-1 face à l’Apollon Smyrnis, il inscrit un doublé qui fait de lui le joueur le plus âgé à marquer dans l’histoire du club et, à cette époque, le buteur le plus âgé du championnat grec. Une blessure contre l’Iraklis Thessalonique met un terme à sa carrière, qu’il clôture après cinq matchs disputés sous les couleurs athéniennes.

Décès vignette|205x205px|Lefter Küçükandonyadis en 2009. Il décède le d’une insuffisance cardiaque, alors qu’il se trouvait à l’hôpital américain du quartier Nişantaşı de Şişli à Istanbul, après y avoir été hospitalisé quatre jours auparavant, il n’a pas pu être réanimé.

Ses obsèques ont été célébrées au stade Şükrü Saracoğlu, en présence de milliers de personnes et de hauts responsables.

Son corps a ensuite été transporté sur son île natale de Büyükada en bateau pour être enterré au cimetière orthodoxe grec.

Carrière en équipe nationale Lefter a porté le maillot de l’équipe nationale turque à 50 reprises (46 sélections A, 1 avec l’équipe B et 3 avec les moins de ), bien que seuls soient officiellement reconnus. Ses quatre matchs non officiels incluent notamment ses deux premières rencontres lors des Jeux Olympiques de Londres de 1948 où il jouera les deux seuls matchs de l’équipe olympique de Turquie : le huitième de finale ou il marqua le quatrième but de son équipe contre la Chine (4-0), avant de perdre le quart de finale contre la Yougoslavie (1-3).

Il participa à la Coupe du Monde 1954, où il marque deux buts en première phase finale. Son but contre la sélection sud-coréenne devient le de l’histoire de la Coupe du Monde. Il est également le premier footballeur turc à recevoir la médaille d’or pour sa sélection. Avec 21 réalisations, il demeure le meilleur buteur de l’histoire de la sélection turque pendant , période durant laquelle il assume également à neuf reprises le rôle de capitaine.

Honneurs et hommages Statue érigée en 2009 à proximité du stade Şükrü Saracoğlu à Kadıköy, réalisée par le sculpteur Ferdi Evren. L'inscription célèbre « Ver Leftere, yaz deftere » figure sur le monument. La saison 2018‑2019 de Süper Lig a été nommée "Lefter Küçükandonyadis Season" par la Fédération turque de football. Une pièce commémorative à son effigie a été émise en 2024 par la Monnaie turque, limitée à . Distinction officielle par la Fédération turque de football et hommages présidentiels, y compris par Recep Tayyip Erdoğan en 2019. Cérémonies organisées par des supporters, notamment par l'association “1907 ÜNİFEB” à Büyükada, lors du 13ᵉ anniversaire de sa mort, ayant eu lieu au cimetière de Büyükada (son île natale) auprès de sa tombe.

Notes et références

Source Marc Barreaud, Dictionnaire des footballeurs étrangers du championnat professionnel français (1932-1997), l'Harmattan, 1997, page 243

Autres sources

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