August Wilhelm Antonius, comte Neidhardt von Gneisenau (né le à Schildau, près de Torgau – mort du choléra le à Posen) est un Generalfeldmarschall prussien qui combattit les armées de Napoléon et de ses alliés.

Biographie Avant 1806 August von Gneisenau est issu d'une ancienne famille catholique de la noblesse autrichienne, les Neidhardt, dont le château était à , au nord du Danube. Son père était lieutenant d'artillerie engagé dans l'armée de l'électeur de Saxe. Il est instruit par les Jésuites à Wurzbourg, puis suit les cours de l'université d'Erfurt. Il devient cadet en 1778 dans un , sous le commandement de Dagobert Sigmund von Wurmser et s'engage en 1780 dans l'armée du margrave Charles-Frédéric d'Anspach-Bayreuth. Il est nommé Leutnant en 1782 sous le nom de Gneisenau et participe ensuite à une expédition en Amérique du Nord, le margrave ayant décidé de louer de ses soldats aux Anglais contre les colons américains se soulevant pour leur indépendance.

Il s'engage dans l'armée prussienne en 1786, sous le grade de premier-lieutenant. Un édit royal du l'autorise à se nommer Neidhardt von Gneisenau. Il entre dans un bataillon de fusiliers cantonné à Löwenberg et devient capitaine d'état-major en 1790. Il commande un bataillon en Pologne à partir de l'automne 1793. Deux ans plus tard, il est commandant. Gneisenau est l'auteur aussi à cette époque d'un certain nombre de documents topographiques et de travaux théoriques sur la topographie militaire.

De 1806 à 1813

Lorsque la Grande Armée de Napoléon et de ses alliés s'engage en Europe en 1806 contre la Prusse et l'Autriche, Gneisenau commande un bataillon qui combat courageusement aux batailles de Saalfeld et d'Iéna, qui se soldent toutes deux par des défaites prussiennes. Il est promu major en .

Il est ensuite nommé commandant de la forteresse de Kolberg (ou selon l'orthographe française de l'époque Colberg), au bord de la mer Baltique, en . Cette position est importante pour la Prusse, car elle commande la côte baltique et la route de l'Est. Objet de convoitise des pays voisinsKolberg a été possession suédoise de 1637 à 1721. Auparavant, la ville peuplée d'Allemands faisait partie de la Ligue Hanséatique et était vassale de la Pologne., elle était redevenue prussienne (après une période russe d'un an), par le traité de Saint-Pétersbourg du () 1762 entre Frédéric le Grand et l'empereur Pierre III de Russie, germanophone et prussophile. Gneisenau tient la forteresse pendant le siège qui a lieu du au et empêche celle-ci de tomber aux mains des Français et de leurs alliés du Rhin. Ce n'est qu'à la signature du traité de Tilsit que les soldats en sont évacués. En récompense de ses services, Gneisenau est nommé Oberstleutnant.

vignette|Le général Gneisenau à cheval.

Il décide alors de prendre une part importante à la rénovation de l'armée prussienne. Celle-ci, selon les termes du traité, était limitée à , qui pouvaient servir d'appui à l'armée de Napoléon, et la Prusse devait payer à la France d'énormes indemnités. Parallèlement, un courant romantique de réveil allemand se crée. L'écroulement de 1806 provoque dans tous les pays, principautés et souverainetés de l'ancien Empire romain germanique (supprimé en août par l'empereur François II, sous la pression de la nouvelle Europe napoléonienne) un besoin d'unité, tandis qu'une frange de l'opinion, notamment en Rhénanie, et certains milieux de Berlin s'affichent comme partisans de l'empereur des Français. C'est en Prusse, qui devient petit à petit le fer de lance de l'idée de l'unité allemande, que le besoin de réforme et de modernisation (pour combler son retard) se fait le plus pressant. En attendant, la Prusse est à genoux, des fonctionnaires français tiennent les rouages administratifs de la partie occupée du pays et la cour s'est retirée à Königsberg en province de Prusse-Orientale.

En 1808, à la demande du général Gerhard von Scharnhorst, Gneisenau intègre une commission chargée de la réorganisation de l'armée prussienne.. Le baron de Stein s'attelle aux réformes et provoque la méfiance de Frédéric-Guillaume III et la colère de Napoléon qui le déclare traître à son pays et « ennemi de la France » (). Gneisenau est lui aussi démis de ses fonctions, à l'été 1809, et doit quitter le royaume de Prusse. Il en profite pour voyager en Angleterre, en Suède et en Russie. La Prusse est devenue un satellite de la France.

Après 1813

Il se trouve à Breslau en Silésie, lorsqu'il est nommé Generalmajor en 1813. Entre-temps, la Grande Armée a subi la retraite de Russie et la chance semble tourner pour Napoléon. Gneisenau s'engage sous le commandement de l'armée silésienne du général Gebhard von Blücher. Après la mort de Gerhard von Scharnhorst (blessé à la bataille de Lützen), Gneisenau est nommé chef de l'état-major de Blücher, en . Désormais, avec une armée modernisée et un ennemi fatigué, les Prussiens et leurs alliés s'engagent dans des batailles de plus en plus difficiles, dont certaines sont victorieuses et finalement provoquent la déroute des restes de la Grande Armée (bataille de Katzbach en , bataille des Nations autour de Leipzig en ). Gneisenau est nommé Generalleutnant après cette dernière bataille. Pendant l'absence de Blücher après la bataille de Laon, Gneisenau, se trouve de fait le chef de l'armée prussienne, pendant une quinzaine de jours.

Il reçoit l'Ordre Pour le Mérite avec feuilles de chêne, le . Le roi de Prusse Frédéric-Guillaume et le tsar Alexandre font leur entrée dans Paris et Gneisenau est fait comte. La France, épuisée, est partiellement occupée pendant trois ans (avec l'intermède des Cent-Jours).

Gneisenau est nommé commandant de la VIII. Armee ( armée) du royaume de Prusse après la guerre. En 1818, il devient gouverneur de Berlin et membre du cabinet chargé des Affaires militaires et étrangères.

Le , il est nommé Generalfeldmarschall à Waterloo aux célébrations marquant le de la bataille.

Il reprend du service, en , lorsque Varsovie se soulève. Il meurt du choléra dans son quartier-général de PosenD'après ., quelque temps plus tard.

Descendance

vignette|Monument en mémoire de Gneisenau à Schildau, sa ville natale.

Issu de son mariage Juliane Karoline Friederike, née baronne (1772-1832), ses fils, August, Hugo et Bruno, embrassent une carrière militaire. Sa fille Agnès (1800-1822) est mariée à Wilhelm von Scharnhorst, sa fille Hedwig (1805-1890) au comte , sa fille Emilie au comte Karl von Hohenthal au . Sa fille Ottilie est restée célibataire.

Notes et références

Filmographie 1943/45 : Kolberg

Voir aussi Pièce de théâtre de : Neidhardt von Gneisenau (1922) Le Gneisenau, navire de la Kriegsmarine

Bibliographie

Hans Otto: Gneisenau: Preußens unbequemer Patriot. Keil, Bonn 1983, . Georg Heinrich Pertz: Das Leben des Feldmarschalls Grafen Neitharth von Gneisenau. 3 Bde., Berlin 1864–1869, Bde. 4 und 5 fortgeführt von Hans Delbrück, 1879, 1880. [Große Biographie mit vielen Dokumenten]. Kurt von Priesdorff: Soldatisches Führertum. Band 4, Hanseatische Verlagsanstalt Hamburg, o. O. [Hamburg], o. J. , , S. 33–65, Nr. 1236.

Gerhard Thiele, Gneisenau, Leben und Werk des königlich-preußisches Generalfeldmarschalls, Berlin, Verlag Berlin Brandenburg, 2007 Constantin de Grunwald, Stein, ennemi de Napoléon, Paris, Grasset, 1936

Liens externes

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