L’Histoire de Gil Blas de Santillane, le plus souvent abrégé en Gil Blas, est un roman d’inspiration picaresque de l’écrivain français Alain-René Lesage, paru entre 1715 et 1735.
Typologie L’auteur s’inspire du modèle picaresque mais le détourne, dans la mesure où son héros, contrairement au picaro qui échoue toujours dans son ascension, finit par s'élever. Ainsi, Gil Blas part :
Résumé Ce personnage né d’un écuyer et d’une femme de chambre quitte Oviedo à l’âge de dix-sept ans pour se rendre à l’université de Salamanque, après avoir été éduqué par son oncle chanoine Gil Perez.
Aspirant à devenir précepteur, son avenir estudiantin est rapidement bouleversé lorsque, à peine en route vers Salamanque, le hasard fait de Gil Blas le compagnon et le complice — bien malgré lui — de brigands de grand chemin, et l’amène ainsi à faire la connaissance, désagréable, de la justice. Le besoin et les suggestions de son ami Fabrice Nunez le font devenir valet. Les vicissitudes de la vie l’entraînent alors dans tous les degrés de la domesticité, ce qui lui permet d’observer de près toutes les classes de la société, tant dans l’État que dans l’Église. Mêlé à des fripons de toutes catégories, il va pratiquer lui-même la friponnerie, mais ce sera plus par contagion de l’exemple que par nature.
Gil Blas découvre ensuite la vie de différents milieux et professions : celle de médecin auprès du docteur Sangrado, celle des petits-maîtres auprès de Don Mathias de Silva, celle encore des comédiens avec Arsénie ; il approche aussi la société mondaine aux côtés d’une femme tenant salon, la marquise de Chaves. Après quoi, Gil Blas se met au service de l’archevêque de Grenade puis du duc de Lerme en tant que secrétaire. vignette|« Nous eumes le temps de nous donner quelques coups de poing. » Œuvres choisies de Le Sage, Paris, Leblanc, 1810, vol. 2, p. 151. Il gravit alors l’échelle sociale, jusqu’à avoir successivement deux domestiques qui le serviront avec des bonheurs variables… En effet, le premier, Ambroise de Lamela, vole à son maître les qu’il avait reçus de doña Mencia de la Mosquera, mais Scipion, le second, entièrement dévoué, ira jusqu’à se laisser emprisonner avec son maître dans la tour de Ségovie.
Bientôt Gil Blas découvre l’amour. Tout d’abord auprès de la soubrette Laure qu’il rencontre, et qui lui fait découvrir la jalousie lorsqu’elle discute « familièrement » avec des comédiens. Vient ensuite la rencontre d’Antonia, une jeune paysanne dont il tombera amoureux, et qu’il épousera. Elle lui donnera un fils Alphonse. Malheureusement, le fils et l’épouse trépassent. Mais finalement, Gil Blas est séduit par Dorothée une noble désargentée qu’il épousera sans dot et qui lui donnera deux enfants.
Analyse vignette|Gravure de Joseph de Longueil d’après Marillier (1730. , Gil Blas montre un héros à . La localisation de l’action outre-Pyrénées, dans l’Espagne du Siècle d’or, n’ont d’espagnol que les noms et les lieux de la scène, et cette fiction est à la fois très française et très universelle, retrace l’esprit et les mœurs et les ridicules français.. Les différents milieux sociaux avec lesquels Gil entre en contact sont autant d’occasions pour Lesage de peindre des portraits corrosifs. Gil Blas est un , qui offre un , sans être moralisateur. Son héros ne se heurte pas au réel, mais s’y adapte. Gil Blas est un roman satirique et non philosophique. L’absence de règles romanesques, à la différence des autres genres littéraires, permettant d’échapper aux contraintes qui entravaient la création littéraire, un accent de vérité imprègne le roman d’un bout à l’autre. Chaque individu et ses passions particulières sont analysés séparément. Par une stratégie dont est coutumière le récit à la première personne, les personnages de Gil Blas s’approchent au plus près . Quelque invraisemblables que soient ses aventures, Gil Blas les relate, non comme une fiction, mais comme des événements réels, où lui-même endosse plus ou moins implicitement un rôle de narrateur..
Influences De multiples influences de Gil Blas ont été signalées, depuis l’Antiquité, tant dans la formeGil Blas forme douze livres, comme les douze chants de l'Énéide., que sur le fond. La liste est si longue et subjective qu’elle en est futile. Il en va de même pour les textes que Gil Blas pourrait avoir influencé, le processus de création littérature s’accomplissant par imitation, inspiration, influence, etc.
Réception en Espagne Le cadre espagnol de cette œuvre, au caractère pourtant si français, a fait soupçonner l’emprunt du sujet à la littérature de ce pays. L’un des premiers à accuser Lesage de plagiat, Voltaire a signalé la Vie et aventures de l’écuyer Marcos de Obregon de Vicente Martinez-Espinel, mais Lesage n’y a fait, comme à nombre de romanciers espagnols, que des emprunts de détails. Incapables de trouver une source au plagiat allégué, un historien comme l’inquisiteur Juan Antonio Llorente a affirmé que Gil Blas devait être du à Antonio de Solís y Ribadeneyra, parce que, selon lui, seul celui-ci était capable d’écrire un pareil ouvrage. Faute de faits, le Père de Isla, a traduit l’ouvrage en espagnol, pour
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Adaptations Gil Blas de Santillane (1974), feuilleton télévisé français de Guy Kerner, Albert Rieux et Robert Vattier.
Éditions Histoire de Gil Blas de Santillane, 850 gravures de Maurisset d'après Jean Gigoux, Paris, Paulin, 1836. . . . .
Notes et références Notes
Références
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