Hermine David, de son vrai nom Hermine-Lionette Cartan-David, est une artiste peintre et graveuse française née le Selon les archives Hermine David de Mad et Jean-Claude Benoit, boulevard des Batignolles et selon acte de naissance, fille de Ferdinand Cartan et Marcelle David, époux, 23 avenue des Ternes, Paris . dans le de Paris, morte le Le Dictionnaire Bénézit, dans son édition de 1976, donnait 1971 comme date de décès d'Hermine David. L'édition de 1999 se range bien à la date de 1970 aujourd'hui communément admise. à Bry-sur-MarneArchives de Paris , acte de naissance , année 1886 (vue 12/31) (avec mentions marginale de décès)..
Biographie Comme sa mère le lui rappela souvent, Hermine David pensa toute sa vie être le fruit de la relation d'une nuit de celle-ci avec un prince de Habsbourg.
Membre de l'École de Paris de la première moitié du , elle entre à l'académie Julian où elle intègre l'atelier de Jean-Paul Laurens de 1902 à 1905Mad Benoit, Hermine David (1886-1970), peintre-graveur de l'Ecole de Paris..
En 1901, un accident, une baleine de corset reçue dans l'œil, la défigure, la dotant à vie d'yeux exorbités et globuleux.
C'est en 1907 chez le marchand de tableaux Henri Bing qu'elle rencontre Jules Pascin, venu de Berlin, qui devient son mentor. Il traîne une réputation sulfureuse et ils vivront une relation tumultueuse du fait d'une seconde relation sentimentale que Pascin vit simultanément et sans dissimulation avec Lucy KrohgAndré Bay, Adieu Lucy. Le roman de Pascin, éditions Albin Michel, 1984.. Pascin et Hermine David mènent alors jusqu'en 1914 une vie de bohème, entourés d'amis : Georges Braque, Tsugouharu Foujita, Juan Gris, Moïse Kisling, et ceux du Bateau-Lavoir : Max Jacob, Suzanne Valadon, Maurice de Vlaminck.
La nationalité bulgare de Pascin (la Bulgarie est l'ennemie de la France dans la Première Guerre mondiale) le contraint à gagner les États-Unis en 1914. Six mois après son départ, Hermine le rejoint par le paquebot Lusitania et emménage avec lui à Brooklyn Alain Jouffroy, La Vie réinventée. L'explosion des années 20 à Paris , voir p. 125 à 132.. Le regard puritain de l'Amérique sur le concubinage les fait se marier le Voir Pascin dans : Nadine Nieszawer, Marie Boyé et Paul Vogel, Peintres juifs à Paris (1905-1939) École de Paris, éditions Denoël, 2000.. Le marché de l'art leur fait néanmoins bon accueil et ils resteront à New York jusqu'en 1920. Ils voyagent alors en Floride, en Louisiane, en Caroline du Sud, au Texas, jusqu'au Mexique.
À Cuba, les frasques de Pascin les obligent en à rentrer en France où le couple vit un temps au 15, rue Hégésippe-Moreau (la Villa des Arts), puis au 73, rue CaulaincourtJean-Jacques Lévêque, Les Années folles, 1918-1939. Le triomphe de l'art moderne., avant de se séparerVoir « David, Hermine » dans : David Karef, Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord.À cette dernière adresse vécurent également Auguste Renoir et Théophile Alexandre Steinlen..
Paysagiste, qualifiée de post-impressionniste, Hermine David est aussi portraitiste. On lui doit, entre autres, le portrait de Kiki de MontparnasseLe portrait de Kiki de Montparnasse par Hermine David est reproduit avec ceux qui furent peints par Tsugouharu Foujita, Per Krohg et Moïse Kisling dans le livre qu'a publié Kiki de Montparnasse, Souvenirs de Kiki, Henri Broca éditeur, Paris, 1929.Signé .Alain Jouffroy publie dans les pages hors-texte de La Vie réinventée. L'explosion des années 20 à Paris une photo-document montrant les deux femmes attablées ensemble dans un restaurant de Montparnasse..
David est une illustratrice très sollicitée par le monde de l'édition de 1926 à 1929Elle entretient ainsi une abondante correspondance avec ses éditeurs, et on peut toujours voir ces écrits épistolaires apparaître dans des catalogues de ventes d'autographes et de manuscrits.. Une suractivité dans ce domaine qui la passionne (voir rubrique Livres illustrés ci-dessous) l'oblige au repos. Elle effectue, en 1929, une cure à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), avant de poursuivre dans les Pyrénées, à Barcelone et dans l'île de Majorque, périple dont elle rapporte de nombreux dessins et aquarelles.
En 1930Année qui est significativement celle d'un seul titre dans la rubrique Livres illustrés, Pascin se suicide, laissant un testament où il lègue tout en partage entre sa femme légitime, Hermine, et sa maîtresse Lucy KrohgJean-Paul Crespelle, Montparnasse vivant, Hachette, 1962.Crespelle précise que le testament (manuscrit original) de Pascin ainsi que des œuvres d'Hermine étaient présentées dans le musée de l'ancien atelier de l'académie de Montparnasse (10 rue de l'Arrivée), fermé aujourd'hui. Sur Hermine David, voir pages 185, 190, 204, 205, 210, 211.. Les deux femmes se réconcilient alors, Hermine se rapprochant de Lucy Krohg chez qui (10 bis Place Saint-Augustin) elle exposera jusque dans les années 1960. Après la mort de Pascin, Hermine David fait aussi plusieurs séjours de ressourcement spirituel en l'abbaye d'En-Calcat et y fait don de deux toiles Madone à l'enfant.
Elle participe de 1932 à 1936 aux expositions de la Société des femmes artistes modernes (FAM), créée en 1931 par Marie-Anne Camax-Zoegger.
Elle est l'auteur en 1939 de plusieurs cartons pour des tapisseries tissées par l'atelier Tabard
À partir des années 1940, elle crée également des émaux de Limoges sur cuivre, œuvre dans l'art sacréLivre collectif, L'Art sacré au en France. et dans le décor des vases de Sèvres.
Elle participe en 1951, avec d'autres artistes, à la journée des femmes pour le désarmementCe soir du 4 mars 1951 sur Gallica..
En 1966, Hermine David se retire à la Maison nationale des artistes de Nogent-sur-Marne.
Distinction
Livres illustrés (sélection) Max Jacob, Adès, Editions Chroniques du Jour, Paris, 1923 (frontispice par Hermine David). Léon Moussinac, Dernière heure, poème, Librairie de France, Paris, 1923 (bois gravé en frontispice par Hermine David). André Maurois, Ariel ou la vie de Shelley, Editions Emile-Paul frères, Paris, 1924 (frontispice et vignettes par Hermine David). Jean Guignebert, Dix vieilles chansons, S.l.n.d., Paris, 1925 (illustrations par Hermine David). François Mauriac, Fabien, Editions Au Sans Pareil, Paris, 1926 (6 pointes-sèches par Hermine David). Jean Giraudoux, Elpénor, Editions Emile-Paul frères, Paris, 1926 (14 pointes-sèches d'Hermine David). Jean Giraudoux, Siegfried et le Limousin, Les Arts et les Livres, Paris, 1926 (en frontispice eau-forte d'Hermine David) Jean Giraudoux, Simon le Pathétique, Henri Jonquières, Paris, 1927 (pointes-sèches par Hermine David). Hugues Rebell, Les Nuits chaudes du Cap Français, Jonquières, Paris, 1927 (20 pointes-sèches par Hermine David). Tristan Derème, Le Zodiaque ou les étoiles de Paris, Editions Emile-Paul frères, 1927 (14 pointes-sèches d'Hermine David). Tristan Derème, Toulouse, Editions Emile-Paul frères, 1927 (frontispice par Hermine David). Paul Valéry, Francis Carco, Jean Giraudoux, Tristan Derème, Jean Cocteau, Max Jacob, André Suarès, André Warnod, Edmond Jaloux, Valery Larbaud, Paul Morand, Pierre Mac Orlan, André Salmon et Charles Vildrac, Tableaux de Paris, 225 exemplaires numérotés, imprimerie Duchâtel / Editions Emile-Paul frères, Paris, 1927 (14 eaux-fortes et six lithographies originales par Pierre Bonnard, Edmond Ceria, Jean-Gabriel Daragnès, Hermine David, Maurice de Vlaminck, Henry de Waroquier, André Dunoyer de Segonzac, Pierre Falké, Tsugouharu Foujita, Chas Laborde, Marie Laurencin, Albert Marquet, Charles Martin, Henri Matisse, Luc-Albert Moreau, Jean Oberlé, Jules Pascin, Georges Rouault, Maurice Utrillo, Kees van Dongen). Jules Barbey d'Aurevilly, Le beau Brummel, ou du dandysme (édition anglaise), Peter Davies, Londres, 1928 (8 pointes-sèches par Hermine David). Jean Giraudoux, Bella, Editions Emile-Paul frères, 1928 (18 pointes-sèches par Hermine David). Tristan Derème, L'Enfant perdu, Editions Emile-Paul frères, 1928 (frontispice par Hermine David). Tristan Derème, Dédicaces, Georges Andrieux, Paris, 1928 (pointe-sèche par Hermine David). André Billy, Banlieue sentimentale, Editions Crès, Paris, 1928 (eaux-fortes par Hermine David). Paul-Jean Toulet, La Jeune Fille verte, Editions Emile-Paul frères, Paris, 1928 (gravures par Hermine David). Paul-Jean Toulet, Les Trois Impostures, Editions Emile-Paul frères, 1929 (gravures sur cuivre par Hermine David). Paul Valery, Henri Massis, Jean Cocteau, Tristan Klingsor, Henri Béraud, De la musique avant toute chose, Edition du Tambourinaire, 1929 (5 bois originaux gravés par Hermine David). Kiki de Montparnasse (Alice Ernestine Prin, dite), Souvenirs de Kiki, Henri Broca éditeur, 1929, l'une des illustrations (portraits) par Hermine David. Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, Editions Emile-Paul Frères, 1930. Maurice Barrès, Un jardin sur l'Oronte, Librairie de la Revue Française, Alexis Redier éditeur, 1931 (6 pointes-sèches d'Hermine David). André Maurois, Byron (2 volumes), Editions Emile-Paul frères, 1931 (2 frontispices et vignettes par Hermine David). Eugène Fromentin, Dominique, Editions de Cluny, Paris, 1931 (en frontispice, burin par Hermine David). Jean Giono, Églogues, Éditions P.Q.G., Coutances, 1931 (4 pointes-sèches par Hermine David). Jean Giraudoux, Adorable Clio, Editions du Nord, Bruxelles, 1931 (illustrations d'Hermine David). Ouvrage collectif: Les colonies françaises, 21 illustrations par 21 artistes dont Hermine David, Jean Dufy, André Dignimont, Édouard Goerg, Pierre Hodé, André Lhote, tirage 921 exemplaires, Éditions de la Girage, 1931 (édité dans le cadre de l'Exposition coloniale de 1931). Gabriel Pierné, Giration, divertissement chorégraphique, Edition du Tambourinaire, Paris, 1934 (pointe-sèche par Hermine David). Colette, Abel Hermant, Abel Bonnard, Paul Morand, Affaires de cœur, Editions Laboratoire Nativelle, Paris, 1934 (illustrations par Hermine David, André Dignimont, Deluermoz et Jean Berque). Paul Verlaine, Romances sans paroles, Editions Pour les Bibliophiles du Palais, Paris, 1934 (3& pointes-sèches par Hermine David). Paul Verlaine, La Bonne Chanson, Creuzevault, 1936 (Pointes-sèches d'Hermine David). Paris, 1937, ouvrage collectif, 62 lithographies par 62 artistes, dont : Paul Claudel, Les églises de Paris, lithographies de Georges Desvallières et Hermine David, 500 exemplaires numérotés, Imprimerie Daragnès pour la ville de Paris, Exposition universelle de 1937. Théophile Gautier, Charles d'Orléans, Vio da Ilray, Francis Jammes, Pierre de Ronsard, Paul-Jean Toulet, Jean-Antoine de Baïf, Paul Verlaine, Guillaume Apollinaire, Gérard de Nerval, Poèmes des quatre saisons - Le printemps, Editions Odé, Paris, 1942 ((11 lithographies et 10 pointes-sèches par Hermine David). Lucien Chopard, Léon Bertin, Jacques Berlioz, Docteur P. Laurent, Les migrations animales, collection L'avenir de la science, Gallimard, 1942 (eau-forte par Hermine David). Charles d'Orléans, La Fleur des rondeaux, Editions Henri Jonquières, Paris, 1942 (6 pointes-sèches par Hermine David). Pearl Buck, La Mère, Editions Emile-Paul frères, 1942 (4 eaux-fortes par Hermine David). Rainer Maria Rilke, Les cahiers de Malte Laurids Bridge, Editions Emile-Paul frères, 1942 (25 pointes-sèches par Hermine David). Paul Verlaine, Sagesse, Creuzevault, Paris, 1943 (48 illustrations gravées sur cuivre par Hermine David). Madame de Lafayette, La Princesse de Clèves (édition anglaise), The Nonesuch Press, Londres, 1943 (10 illustrations par Hermine David). Gabriel-Joseph Gros, Le bouquet de la mariée, Marcel Saultier, Paris, 1945 (30 lithographies, pointes sèches ou eaux-fortes par Maurice Asselin, Michel Ciry, Jean-Joseph Crotti, Hermine David, René Demeurisse, André Derain, Othon Friesz, Édouard Goerg, Edmond Heuzé, Marie Laurencin, Robert Lotiron, André Marchand, Kostia Terechkovitch, Louis Touchagues, Louis Valtat).