Irmgard Sigg est une sculptrice française née en 1934 en Allemagne (en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, alors dans l'État libre de Prusse) et morte à Paris en 2021.

Biographie

Enfance et jeunesse Margarete Irmgard Knorsch est née le à Bielefeld en Allemagne. Elle est issue d'une fratrie de sept enfants. Irmgard est la quatrième, précédée d'un seul garçon.

Son père, Kuno Knorsch, est socialiste, ancien combattant de 1914, professeur de lettres au Gymnasium. Sa mère est très catholique. En 1942, la famille se réfugie à la campagne, à Belinghausen. La fille ainée reste à Bielefeld pour travailler dans l’usine qui produit les V1. Son père sera nommé à la commission de dénazification, et sera bien considéré en zone britannique. Une de ses filles épousera un officier anglais. Il meurt d'une chute à vélo en 1950https://irmsigg.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/02/apercubookirmgardsigg-quatro-1.pdf page 51.

Entre 1940 et 1955, Irmgard étudie la musique et la danse classique. Elle danse à l'opéra de Bielefeld comme petit sujet.

Installation à Paris Elle vient à Paris à partir de 1955, où elle est jeune fille au pair.

Elle rencontre l’artiste-peintre Jean Berthet qui lui donne des leçons de français. Ils se marient en 1957, elle acquiert la nationalité française. Il l’encourage à reprendre son violon. Elle entre au Conservatoire national supérieur de musique (1956-1958). Elle enchaîne les petits « boulots » : standardiste, femme de service pour le nettoyage de bureaux. Une danseuse , Elvira R., qu'elle a connue au ballet de l’opéra de Bielefeld, lui propose d'entrer aux Folies Bergère, comme figurante, puis danseuse, comme le montre une photo d'époquehttps://irmsigg.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/02/apercubookirmgardsigg-quatro-1.pdf page 52.

Formation Elle fait régulièrement du dessin à l’académie de la Grande Chaumière puis  se fait conseiller par le sculpteur Constantin Andréou. En 1962, son amie, Jeanne Grange, (Johanna Feghin), une architecte d’origine russe, philosophe et poète, la pousse à se présenter à un professeur de sculpture de l’École nationale supérieure des beaux-arts, René Collamarini (1904-1983). Il l’accepte dans son atelier de sculpture en taille directe, en tant qu’élève libre en 1963, à vingt-neuf ans. L''après-midi, elle travaille à mi-temps comme secrétaire trilingue. Le soir, elle s’exerce au cours de la Ville de Paris, place des Vosges. Elle reste chez Collamarini jusqu'en 1968.

De 1967 à 1980, elle participe au Salon de la jeune sculpture, où elle rencontre des sculpteurs Daniel Pontoreau, Léonardo Delfino, Charles Semser, Danielle Gibrat. Au Salon de mai, elle rencontre des peintres comme Hugh Weiss et Yvon Taillandier.

Elle expose au Salon d’automne, au Salon des réalités nouvelles ou au salon Grands et jeunes d’aujourd’hui. Elle est représentée à partir de 1981 par la galerie Darthea Speyer, à Paris, jusqu’à la fermeture de la galerie en 2010.

Sculptures dans l'espace public À partir des années 1970, elle crée pour l’espace public, dans le cadre de la construction de villes nouvelles, à Bobigny (Lieu du pouvoir, 1977 ; Arc de mémoire, monument à la Résistance, 1990), à Saint-Quentin-en-Yvelines (Château de non-lieu, 1981, détruit), à Champigny-sur-Marne (Île d’Isis, 1986), à Vitry-sur-Seine (L’Oracle de Delphes, 1988).

En 1979, son installation « château de non-lieu » est une aventure. En 1982, elle remporte le symposium de Caen mais la population est hostile à son projet. En 1984, elle participe au symposium des usines Renault avec Cragg, Woodrow, Bartoli, Skoda, Briggs. En 1985, elle concourt pour l'aménagement de l'espace des tours des Minguettes à Venissieux ; le concours sera annulé. En 1990, Irmgard remporte le concours pour un monument à Bobigny dédié à la Résistance française : Arc de mémoire.

Peinture À partir de 2005, elle se consacre à la peinture et expose des œuvres inspirées par l'Islande et par les animaux.

Vie privée

Elle se marie avec Jean Berthet, artiste peintre en 1957. Leur divorce aura lieu bien après leur rupture, ils resteront très proches toute leur vie.

En 1970, elle épouse Thierry Sigg, artiste-peintre. Passionnés par les voyages, ils vont parcourir ensemble dans le monde entierhttps://irmsigg.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/02/apercubookirmgardsigg-quatro-1.pdf page 53.

Une cancer de la peau l'oblige à subir plusieurs opérations. Affaiblie par le traitement contre le cancer, elle meurt durant l'épidémie de Covid, à l'hôpital Saint-Louis de Paris, le , à 87 anshttps://irmsigg.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/02/apercubookirmgardsigg-quinto-eng-1.pdf page 62.

Expositions personnelles 1973 - Galerie Charley Chevalier, Paris 1981 - Galerie Darthea Speyer, Paris 1983 - Centre culturel de Villeparisis 1984 - Galerie Darthea Speyer, Paris 1988 - Galerie Darthea Speyer 1990 - Galerie Darthea Speyer 1994 - Galerie Darthea SpeyerJ. Rollin. Réprouvés et idoles captives. L'Humanité, 28 décembre 1994. Lire en ligne 1995 - Centre d'art d'Ivry Galerie Fernand Léger 1999 - Le Fanal, Saint-Nazaire 2001 - Salle Gustave Kuntz, Seloncourt 2001 - Musée Beurnier-Rossel, Montbeliard 2001 - Musée des ducs de Wurtemberg, MontbéliardExposition Irmgard Sigg. L'Express, 24 janvier 2002, p. 28. 2002, 2005, 2009 - Galerie Darthea Speyer 2014 - L'embarcadère, Montceau-les-MinesJean-Marc Vuillamy. Les fêlures de la terre d’Irmgard Sigg à l’Embarcadère. Le Journal de Saône-et-Loire, 21 janvier 2014. Lire en ligne

Réalisations monumentales vignette|Arc de mémoire, Bobigny 1977 - Lieu du pouvoir - École du chemin vert, Bobigny 1981 - Château de non-lieu - Parc de la plaine de Neauphle, Saint-Quentin en Yvelines (détruit sans autorisation en 1990) 1984 - Le Gaucher - Institut de mathématique d'OrsayLa sculpture Le Gaucher inaugurée à l'Institut de mathématiques d'Orsay, 10 février 2023. 1986 - Île d'Isis - Fontaine Parc du plateau, Champigny-sur-Marne 1988 - l'Oracle de Delphes - Groupe scolaire Danielle Casanova, Vitry-sur-Seine 1989 - Apollon et Daphné - Maison d'hôtes, Ivry-sur-Seine (démontée lors de la restructuration du lieu) 1990 - Arc de mémoire - Monument à la Résistance, Esplanade de la préfecture, Bobigny

Collections Dessin - Ville de Vitry-sur-Seine - 1994 Sculpture - Ville de Caen- 1982 Dessin - The William & Uytendale Scott Memorial Study Collection, Bryn Mawr College, Pennsylvanie, USA Sculpture - La nuit des chasseurs - Fonds national d'art contemporain, La Défense, Paris - 1973 Sculpture - Lieu d'incertitude - Fonds national d'art contemporain, La Défense, Paris - 1980 Dessins - Fonds régional d'art contemporain, Rhône-Alpes - 1985 Sculpture - Fonds régional d'art contemporain, Ile de la Réunion - 1990 Sculpture - Façade - Fonds départemental d'art contemporain du Val-de-Marne (MAC/VAL) Maquettes - Fonds départemental d'art contemporain de Seine-Saint-Denis - 1990 Sculpture - Télémire - Fondation Camille, musée Sainte-Croix, Poitiers - 1984Patrimoine : des travaux à l'hypogée des dunes. Centre Presse, 16 février 2011, p.12. Dessins - Collection Peter Stuyvesant, Amsterdam Maquette - Métro de Toulouse, Toulouse - 1995 Sculpture - Est-elle apprivoisée ? - Hôtel Park Hyatt Paris-Vendôme, Paris - 1999

Expositions collectives (sélection) 1977 - Travaux sur papier - Objets, Centre culturel de Villeparisis 1977 - Prix de la Jeune Sculpture, Paris 1978 - Groupe Espasme, Centre culturel Pablo Neruda, Corbeil-Essonnes 1979 - Groupe Espasme, Galerie Art Shop, Bâle, Suisse 1979 - Groupe Espasme, Centre culturel Pablo Neruda, Corbeil-Essonnes 1979 - Fondation nationale des Arts graphiques et plastiques, rue Berryer, Paris 1979 - Sculptures d'elles, fleurs et au-delà, Ivry-sur-Seine 1981 - Lieux de l'imaginaire, Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine 1982 - Prix de sculpture, Salon de Montrouge 1982 - Sculptures dans la ville, symposium de Caen 1984 - Sculptures dans l'usine, symposium Usines Renault de Sandouville et Musée du Havre 1987 - Fonds départemental d'art contemporain du Val-de-Marne, (acquisitions 1986) 1987 - Fondation Camille, Musée Sainte-Croix de Poitiers 1990 - Stand FIAC Galerie Darthea Speyer 1991 - Stand FIAC Galerie Darthea Speyer 2005 - Vénus en Périgord, BergeracLes Vénus enflamment. Sud Ouest, 15 juillet 2005, p. 12. 2012 - Pas si bêtes, Galerie Villa des Tourelles, Nanterre

Bibliographie

Essai

Georges Raillard: Räume in Schwingungen versetzen – Gedanken zu Skulpturen von Irmgard Sigg. In: Bildende Kunst, Berlin, 4/1982, S. 193-195

Textes de catalogue Georges Raillard : Les temples d’Irmgard Sigg, 1981 Renaud Camus : Péril du saut, 1986 Anne Dagbert : Le voyage d’Atalante, 1988 Françoise Bataillon : A propos des doubles, 1990 Yves Michaud : Contorsionnistes, mutants et acéphales, 1994 Yvon Taillandier : Le partage des épreuves, 1995 Alin Avila : Lettre à Irmgard, 1999 Philippe Cyroulnik : Un moment d’égarement, 2001

Livres 50 sculpteurs choisissent le bois, Dominique Dalemont, éditions Somogy, 1998, Fabien Simode. Soixante-six métallurgistes en « or ». L'Œil, 1er octobre 2006. Lire en ligne Ateliers au féminin, Yves Michaud et Catherine Panchout, éditions « Au même titre », 1999,

Notes et références

Liens externes * Irmgard Sigg sur l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain. Irmgard Sigg sur le site Archives of Women Artists Research & Exhibitions.

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