vignette|Observation des baleines au large de la côte de Péninsule Valdés (Argentine). En 1999, la presqu'île de Valdés a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. vignette|Observation des baleines au large de la côte de Bar Harbor dans le Maine aux États-Unis.

Lobservation des baleines ( en anglaisE. C. M. Parsons, Fortuna, C. M. Fortuna et al. (2006), “Glossary of whalewatching terms” ; Journal of Cetacean Research and Management, vol. 8, supplement, pp. 249–251), est une forme de tourisme qui a pour but d'observer les cétacés dans leur milieu naturelInternational Whaling Commission (1994), “Chairman’s report of the forty-fifth annual meeting. Appendix 9. IWC resolution on whalewatching” ; Reports of the International Whaling Commission, vol. 44, pp. 33–34. Cette activité est plus rarement dénommée « tourisme baleinier ».

Selon une étude de 2012, cette activité en pleine expansion depuis les années 1990 contribuerait maintenant (directement ou indirectement) au secteur du tourisme pour plus de 2 milliards de dollars au niveau mondial, ce qui en fait la première activité économique dépendante des cétacés ; même dans les pays pratiquant encore la chasse à la baleine, c'est une activité qui semble être devenue plus lucrative que cette chasseE. C. M. Parsons, C. A. Warburton, A. Woods-Ballard, A. Hughes, and P. Johnston (2003), “The value of conserving whales : the impacts of cetacean-related tourism on the economy of rural West Scotland”, Aquatic Conservation, vol. 13, no. 5, pp. 397–415J. E. S. Higham and D. Lusseau (2008), “ Slaughtering the goose that lays the golden egg : are whaling and whale-watching mutually exclusive? ” Current Issues in Tourism, vol. 11, no. 1, pp. 63–74.

Évolution D'une activité réservée à quelques scientifiques et quelques passionnés, l'observation des cétacés est devenu un loisir temporaire puis une activité touristique qui a pris une importance telle qu'on parle aujourd'hui parfois d'industrie du whale watching.

Une partie des zones de forte croissance de cette activité sont dans des pays en développement ou émergents (Chine, Cambodge, Laos, Nicaragua, Panama).

Activités En 2009, il a été estimé que 13 millions de touristes ont fait des voyages visant notamment à observer des baleines, dauphins et/ou marsouins dans leur habitat naturel. Cette « industrie » aurait généré cette même année (2009) 2,1 milliards de dollars (soit 1,7 milliard d'euros) en contribuant à faire vivre personnes dans 119 paysS. O. O’Connor, R. Campbell, H. Cortez et T. Knowles (2009), Whale Watching Worldwide: Tourism Numbers, Expenditures and Expanding Economic Benefits. Rapport spécial de l'International Fund for Animal Welfare, IFAW and Economists at Large, Yarmouth, Mass, USAA. M. Cisneros-Montemayor, U. R. Sumaila, K. Kaschner et D. Pauly (2010), “The global potential for whale watching”, Marine Policy, vol. 34, no. 6, pp. 1273–1278, 2010 (résumé).

Selon une étude de Cisneros & al. (2010), cette activité a encore un potentiel important de développement ; plusieurs pays n'ont pas développé cette activité bien que des populations sauvages de cétacés vivent encore dans leurs eaux territoriales ; s'ils permettaient ou développaient cette activité, elle pourrait apporter 400 millions de dollars supplémentaires (et 5700 emplois de plus), au risque cependant d'affecter la dynamique de certaines populations.

Risques et dangers vignette|« Plongée de contact » avec des raies sauvages. Il a été montré que ce type d'activité pouvait significativement affecter l'environnement de la raie, et sa santé (des changements physiologiques sont mesurés chez ces raies) Selon une revue de la littérature scientifique publiéeECM Parsons (2012), The Negative Impacts of Whale-Watching ; Journal of Marine Biology Volume 2012 (2012), Article ID 807294, 9 pages https://dx.doi.org/10.1155/2012/807294 (Revue de la littérature) in ECM Parsons (2012), The Negative Impacts of Whale-Watching ; Journal of Marine Biology Volume 2012 (2012), Article ID 807294, 9 pages https://dx.doi.org/10.1155/2012/807294 (Revue de la littérature) en 2012, le risque le plus souvent évoqué et étudié est le dérangement d'animaux en train de migrer, de se nourrir ou de se reproduire ; les cétacés observés présentent des changements comportementaux, qui sont principalement des changements dans les comportements de nage et d'émergence, dans les vocalisations, la forme ou la taille des groupes, les changements de directions et la coordination dans le groupetableau 1 : Examples of behavioral changes observed in cetacean species in response to whale-watching traffic.xxxxxxxxxxxx. les cétacés ont un sens de l'ouïe développé, y compris dans des fréquences différentes des nôtres ; ils en dépendent pour la communication, la navigation, la détection des prédateurs et des proies potentielles (Würsig & Richardson, 2002). La perception du bruit sous-marin des moteurs de naviresErbe, C. (2002). Underwater noise of whale‐watching boats and potential effects on killer whales (Orcinus orca), based on an acoustic impact model. Marine mammal science, 18(2), 394-418., avions ou hélicoptères induit chez eux des changements de comportement, y compris en réponse à la circulation des bateaux d'observation de cétacés. La présence de bateaux inhibe des comportements biologiquement importants (dont l'alimentation et le repos selon de nombreuses études, avec pour plusieurs espèces des d'effets populationnels dont une réduction de la fitness, c'est-à-dire une diminution du taux effectif de reproduction).À moyenne ou basse altitude, les avions ou hélicoptères peuvent aussi être source de dérangement ou de perturbation des animauxJ. Luksenburg and E. C. M. Parsons (2009), “Effects of aircraft on cetaceans: implications for aerial whalewatching” in Proceedings of the 61st Meeting of the International Whaling Commission, Madeira, Portugal, May 2009.. , le niveau de pression de l'onde sonore produite par un avion (même petit) peut être J A Luksenburg, E C M Parsons(2009), The effects of aircraft on cetaceans: implications for aerial whalewatching ; International Whaling Commission ; 01/2009 et est pour cette raison susceptible d'une pénétration profonde quand elle arrive perpendiculairement à la surface de l'eau2007 Richardson et al. 1995 Nowacek et al cité par J A Luksenburg, E C M Parsons (2009). L'ombre portée se déplaçant sur l'eau pourrait aussi poser problème (Richardson et al. 1995 Richardson & Würsig 1997). Enfin, le bruit d'engins aériens peut aussi introduire des biais dans les comptages aériens ; on sait que le bruit des avions induit souvent une réponse qui est la plongée, mais on ignore ce que les cétacés perçoivent de ce type de son hors de l'eau ou sous l'eau, le rôle de la vision ou d'éventuels effets sur les vocalisation) ; Des cas de blessure ou mortalité par collision entre des navires de whale-watching et les animaux sont documentés. Les changements de comportements induits par la présence humaine ont un « coût énergétique » pour l'animalR. Williams, D. Lusseau, and PS Hammond (2006), “Estimating relative energetic costs of human disturbance to killer whales (Orcinus orca)” ; Biological Conservation, vol. 133, no. 3, pp. 301–311 ; particulièrement pour les activités de "nage avec les cétacés" Des risques sanitaires existent pour les cétacés, sensibles à plusieurs zoonoses (maladies transmissibles entre l'animal et l'Homme). Approcher trop les animaux et les stresser augmente le risque de transmission de microbes d'une espèce à une autreM. Orams (2004), “Why dolphins may get ulcers : considering the impacts of cetacean-based tourism in New Zealand” Tourism in Marine Environments, vol. 1, no. 1, pp. 17–28, 2004. Ceci est particulièrement vrai dans les activités touristiques dites de "nage avec les cétacés" et quand, pour ce faire, les opérateurs font de la plongée sous-marineSusanna Curtin, Brian Garrod (2008), Chapter 5 - Vulnerability of Marine Mammals to Diving Tourism Activities New Frontiers in Marine Tourism, 2008, Pages 93-113 (résumé), ou "poursuivent" des cétacés ou les attirent avec de la nourriture ("provisioning", comme à Monkey Mia en Australie), souvent illégalementR. Donaldson, H. Finn, and M. Calver (2010), “Illegal feeding increases risk of boat-strike and entanglement in Bottlenose Dolphins in Perth, Western Australia” Pacific Conservation Biology, vol. 16, no. 3, pp. 157–161. Ces sujets préoccupent la Commission baleinière internationaleInternational Whaling Commission (2003), “Report of the sub-committee on whale watching” ; Journal of Cetacean Research and Management, vol. 3, supplement, pp. S297–SS307 et les scientifiquesJ. Mann, R. C. Connor, L. M. Barre, and M. R. Heithaus (2000), “Female reproductive success in bottlenose dolphins (Tursiops sp.): life history, habitat, provisioning, and group-size effects” ; Behavioral Ecology, vol. 11, no. 2, pp. 210–219M. B. Orams (2002), “Feeding wildlife as a tourism attraction : a review of issues and impacts” ; Tourism Management, vol. 23, no. 3, pp. 281–293 (résumé)J. Mann and C. Kemps (2003), “The effects of provisioning on maternal care in wild bottlenose dolphins, Shark Bay, Australia” ; in Marine Mammals: Fisheries, Tourism and Management Issues, N. Gales, M. Hindell, and R. Kirkwood, Eds., pp. 304–317, CSIRO, Collingwood, AustraliaD. T. Neil and B. J. Holmes (2008), “Survival of bottlenose dolphin (Tursiops sp.) calves at a wild dolphin provisioning program, Tangalooma, Australia” ; Anthrozoos, vol. 21, no. 1, pp. 57–69 y compris parce que les humains eux-mêmes peuvent être blessés par des animaux devenus trop entreprenants, quémandeurs ou agressifs M. B. Orams, G. J. E. Hill et A. J. Baglioni (1996), “‘Pushy’ behavior in a wild dolphin feeding program at Tangalooma, Australia” Marine Mammal Science, vol. 12, no. 1, pp. 107–117H. Smith, A. Samuels et S. Bradley (2008), “Reducing risky interactions between tourists and free-ranging dolphins (Tursiops sp.) in an artificial feeding program at Monkey Mia, Western Australia” Tourism Management, vol. 29, no. 5, pp. 994–1001 (résumé).Il ne semble pas y avoir d'études sur les différences de compositions sanguines entre cétacés sauvages en fréquents contacts avec l'homme et leurs homologues, mais chez les raies (Dasyatis americana) qui font l'objet d'un tourisme de ce type (plongées visant à caresser des raies), on a constaté de tels changementsChristina A.D. Semeniuk, Sophie Bourgeon, Sylvia L. Smith, Kristina D. Rothley (2009), Hematological differences between stingrays at tourist and non-visited sites suggest physiological costs of wildlife tourism ; Biological Conservation, Volume 142, Issue 8, August 2009, Pages 1818-1829 (résumé), avec des marqueurs de stress et de dépression immunitaire non retrouvés chez les animaux sans contacts avec l'Homme. Les animaux blessés étaient également plus nombreux.

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