Panavision est une entreprise américaine spécialisée dans la conception et la fabrication de caméras et d'objectifs principalement utilisés dans le milieu cinématographique. Fondée officieusement en 1953, son siège est situé à Woodland Hills (Californie).
Au départ, l'entreprise fournit des pièces pour le CinemaScope. C'est en 1954 qu'elle présente des objectifs destinés aux projecteurs anamorphiques, profitant de la multiplication des écrans larges pendant les années 1950. Ces objectifs lui permettent de s'établir comme un chef de file en matériel cinématographique. En 1972, Panavision modifie profondément les pratiques de tournage en commercialisant la caméra légère Panaflex 35 mm. En 1999, elle crée la caméra Millennium XL, alors qu'en 2004, c'est l'appareil vidéo numérique Genesis.
Au contraire de ses compétiteurs, Panavision détient tous les appareils qu'elle loue, exclusivement. Elle seule décide des efforts de recherche et de développement à réaliser, ce qui lui permet d'intégrer des pièces de haute qualité dans ses produits, sans se soucier de leur prix. Gérant son inventaire, elle est en position de renouveler celui-ci au complet, tout comme d'en faire la maintenance.
Histoire Les débuts lance Panavision en 1953 avec Richard Moore, Meredith Nicholson, Harry Eller, Walter Wallin et William Mann David W. Samuelson, Panaflex Users' Manual, Focal Press, 1990. . Elle est formellement incorporée en 1954. L'entreprise vise le marché des objectifs de projecteurs anamorphiques, en expansion à la suite des demandes des salles de cinéma projetant des films en CinemaScope James Roudebush, Filmed in Panavision: The Ultimate Wide Screen Experience, Secrets of Home Theater and High Fidelity, vol. 2, no. 1 (HomeTheaterHiFi.com), janvier 1995, consulté le 19 janvier 2007.
À l'origine du CinemaScope se trouve la Grande Guerre de 1914-1918, qui amène l'idée de mettre au point un périscope à champ de vision panoramique pour la conduite des chars de guerre à Henri Chrétien, alors détaché à la Section technique de l'aéronautique dirigée par Émile Dorand. En 1926 il adapte son invention pour le cinéma et invente un objectif anamorphoseur baptisé « Hypergonar » qui sera repris par la 20th Century Fox.
Au moment de la fondation de Panavision, Gottschalk possède une boutique de caméras à Westwood Village, fréquentée par plusieurs cinéastes David W. Samuelson, Golden Years, American Cinematographer, septembre 2003, . Quelques années auparavant, lui et Moore, qui travaille dans sa boutique, avaient expérimenté la photographie sous-marine, ce qui a amené Gottschalk à s'intéresser à la technologie des objectifs anamorphiques, car ils permettent d'avoir un plus grand angle de vue sous l'eau Scott Henderson, The Panavision Story, American Cinematographer, avril 1977.
La technologie des objectifs anamorphiques apparaît pendant la Première Guerre mondiale dans les périscopes de chars d'assaut, car elle favorise un plus grand angle de vue : l'image était « compressée » horizontalement par la lentille à l'entrée du périscope, puis « décompressée » à la sortie par une lentille anamorphique complémentaire. La largeur horizontale du champ visuel était doublée avec très peu de perte optique.
Gottschalk et Moore achètent quelques objectifs de C. P. Goerz, une firme new-yorkaise spécialisée dans le matériel optique, pour les intégrer dans leur matériel de photographie sous-marine. Lorsque les écrans larges sont devenus populaires, Gottschalk a décidé de fournir des objectifs anamorphiques à l'industrie cinématographique : au départ pour les projecteurs, puis pour les caméras. À la même époque, Nicholson, un ami de Moore, commence à tester la photographie anamorphique en tant que cadreur Adriaan Bijl, The Importance of Panavision, The 70mm Newsletter, no. 67 (in70mm.com), mars 2002, consulté le 19 janvier 2007.
Dans les années 1950, l'industrie du cinéma est menacée par la venue de la télévision, qui incite les gens à rester à la maison, plutôt qu'aller dans les salles de cinéma. Les studios de cinéma cherchent désespérément des moyens de ramener du public dans les salles. Parmi les propositions mises à l'essai, on retrouve la renaissance du film en couleurs, la venue du film en 3D, le son stéréophonique et les films large écran. À l'époque, le cinérama est l'un des procédés explorés Martin Hart, A Little Pre-history, WidescreenMuseum.com, accédé le 19 janvier 2007. Dans sa première mouture, ce système difficile à mettre en œuvre exigeait trois caméras lors du tournage et trois projecteurs synchronisés fonctionnant côte à côte pour projeter l'image sur un seul, mais très large, écran courbe. En plus de coûter cher et d'exiger une logistique importante, le procédé faisait apparaître des bandes verticales sur l'écran Thomas M. Pryor, Cine-Miracle Joins Big Screen's Big Parade, The New York Times, 1955-07-13, accédé le 19 janvier 2007.
Soucieuse de trouver un procédé moins encombrant, moins coûteux et plus efficace, 20th Century-Fox acquiert les droits sur un procédé qu'elle a appelé par la suite CinemaScope : les images sont captées par des objectifs anamorphiques, qui les « compressent » Peter Gray, CinemaScope, A Concise History , accédé le 19 janvier 2007. Elles sont par la suite projetées avec un objectif anamorphique complémentaire, qui les « décompresse », créant ainsi un rapport largeur/hauteur double de l'aire de l'image sur la pellicule du film. Au moment de l'annonce de la production du premier film en CinemaScope, The Robe (1953), Gottschalk, Moore et Nicholson ont en main une bobine de film qui démontre ce qu'ils ont réalisé avec les caméras sous-marines équipées d’objectifs anamorphiques.
Gottschalk apprend, par l'un de ses fournisseurs, que Bausch & Lomb, qui alimente Fox en objectifs pour le procédé CinemaScope, a des difficultés à remplir sa part de contrat en ce qui concerne les objectifs destinés aux salles de cinéma. Il s'allie alors avec William Mann, qui possède des installations de fabrication de pièces optiques, et Walter Wallin, une connaissance de Mann qui a une formation en optique. Sur les conseils de Wallin, ils se décident à fabriquer des objectifs anamorphiques prismatiques plutôt que cylindriques (types retenus par Bausch & Lomb). Cette décision permet aux projectionnistes d'ajuster manuellement le facteur d'extension des objectifs anamorphiques (qui détermine de combien l'image est « décompressée » horizontalement), ce qui leur est utile puisqu'ils doivent régulièrement projeter des bandes-annonces, des bobines de films non anamorphiques (« plates » ou « sphériques »), et des longs métrages, anamorphiques.
Domination du marché des objectifs anamorphiques Le premier produit de Panavision, l'objectif de projection Super Panatar, est lancé en . Vendu au prix de USD, il s'impose et Panavision s'empare du marché Histoire officielle de Panavison, Panavision.com, accédé le 19 janvier 2007. Il s'agit d'une boîte rectangulaire qui se superpose aux objectifs de projection existantes à l'aide d'attaches spéciales Super Panatar Instruction Manual, Panavision, 1954. Transcription HTML par WidescreenMuseum.com, accédé le 19 janvier 2007. Son système prismatique variable permet de projeter des films aux différents formats à partir d'un même projecteur sur simple ajustement des objectifs. Vient ensuite le Ultra Panatar, un objectif cylindrique plus léger, qui se visse directement sur le devant de la l'objectif de projection Ultra Panatar Instruction Manual, Panavision, 1955. Transcription HTML par WidescreenMuseum.com, accédé le 19 janvier 2007. Les objectifs Panavision ont graduellement remplacé le CinemaScope en tant que systèmes anamorphiques de projection dans les salles de cinéma David A. Cook, A History of Narrative Film. Norton & Company, 1990. .
En , l'entreprise crée un objectif pour les laboratoires de développement de films : le Micro Panatar. Lorsqu'ajusté à une tireuse optique, il permet de créer des épreuves « plates » (non anamorphiques) à partir de négatifs anamorphiques. Ces films « plats » sont destinés aux salles de cinéma qui ne possèdent pas de système de projection anamorphique. Avant la venue du Micro Panatar, les scènes étaient souvent filmées à la fois avec une caméra anamorphique et une caméra « sphérique ». Les réductions de coût obtenues par l'application de cette technologie, qui élimine une deuxième caméra et permet de faire une copie « plate » en post-production, sont énormes.
Une autre innovation permet à Panavision de maintenir et d'assurer sa position de chef de file : les objectifs de caméra Auto Panatar pour les productions anamorphiques . Les premières caméras CinemaScope étaient problématiques lors des gros plans, car une aberration optique, surnommé the mumps, agrandissait la figure des personnes à la suite d'une perte anamorphique lorsqu'elles approchaient des objectifs. Puisque le CinemaScope était nouveau, les scénarios obligeaient à ne pas filmer des séquences trop rapides. Mais, au fur et à mesure que le CinemaScope devenait de plus en plus populaire, cette limitation devenait problématique. Panavision trouve une solution : ajouter un mécanisme de rotation des lentilles qui agit en synchronisme avec le cylindre du foyer. Ce procédé mécanique permet d'éliminer la distorsion et, du même coup, les plans anamorphiques rapprochés sont possibles. LAuto Panatar, vendu à partir de 1958, est rapidement adopté à travers l'industrie, rendant obsolètes les objectifs CinemaScope. Cette invention a permis à Panavision de gagner son premier Oscar pour réalisations techniques.
Depuis 1954, Panavision travaille sur une nouvelle technologie pour écrans larges pour le compte de MGM Martin Hart, Solving The Mysteries of MGM Camera 65 and Ultra Panavision 70, WidescreenMuseum.com, septembre 2002, accédé le 19 janvier 2007</ref>. Le système utilise des caméras de 65 mm en conjonction avec l'objectif APO, un objectif anamorphique intégré (au contraire d'une lentille prismatique montée avec un appareil anamorphique). On obtient ainsi un facteur de compression anamorphique de 1,25x Martin Hart, MGM Camera 65 Circa 1959 Anamorphic 70mm Print, WidescreenMuseum.com, accédé le 2007-01-19. Les films y ayant recours ont un surprenant rapport largeur/hauteur de 2.76:1 lorsque projetés avec des films anamorphiques imprimés sur pellicules de . Introduit sous le nom de MGM Camera 65, le système n'a été utilisé que pour quelques films, le premier étant L'Arbre de vie (1956). Cependant, il est seulement diffusé sur support anamorphique de , car les salles de cinéma avec projecteurs de sont réservées pour Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1956), lequel a été filmé avec le procédé Todd-AO, non anamorphique. Le premier film présenté en anamorphique, Ben-Hur, est distribué par MGM en 1959. Panavision a aussi développé un procédé non anamorphique pour écrans larges : le Super Panavision 70, très proche du procédé Todd-AO. Un film tourné avec Super Panavision 70 apparaît pour la première fois en 1959 avec The Big Fisherman distribué par Buena Vista.
Entrée dans le marché des caméras