Ferdinand Verbiest (nom chinois : 南怀仁 Nán Huáirén), né le à Pittem (Belgique) et mort le à Pékin (Chine), est un prêtre jésuite mathématicien et astronome originaire des Pays-Bas espagnols qui, missionnaire et mathématicien à la cour de l'empereur de Chine, y a obtenu les plus grands honneurs comme « président du bureau des mathématiques », une position de grande influence.

Biographie Ferdinand Verbiest, né le à Pittem, est le fils de maître Josse Verbiest, homme érudit, et d'Anne Van Hecke.

Formation Ferdinand Verbiest fait ses humanités aux collèges de Jésuites de Bruges et de Courtrai, et un an de philosophie à Louvain avant d'entrer dans la Compagnie de Jésus en 1641. Après le noviciat, il fait encore deux années de philosophie à Louvain. En 1644, il y est l'élève du fameux mathématicien André Tacquet. En vue de partir en Amérique du Sud, ses études de théologie se font à Séville où il fut ordonné prêtre en 1655. N'obtenant pas des autorités espagnoles l'autorisation de partir pour le Nouveau Monde, il demande, et obtient, la permission du Supérieur Général des Jésuites de se tourner vers la Chine. Il se joint à un groupe dirigé par le Père Martino Martini.

En Chine

Arrivé à Macao en 1658, il est appelé à Pékin en 1660 par le Père Johannes-Adam Schall, dont les forces déclinantes demandaient un collaborateur. La réforme du calendrier chinois à laquelle il s'attèle, à la suite d'Adam Schall, le contraint à dénoncer de graves erreurs de calculs astronomiques chinois, ce qui lui acquiert de nombreux ennemis parmi les mandarins de la cour impériale. Avec d'autres jésuites, Verbiest fait de la prison en 1664-1665, et échappe de peu à l’exécution capitale grâce à une amnistie, suite à un tremblement de terre et le feu qui s'ensuit et détruit une partie du palais impérial. Impressionné, l’empereur Kangxi, encore jeune, l’invite à participer à un débat contradictoire sur les mérites de l’astronomie chinoise et européenne. Le missionnaire gagne haut la main et est nommé « président du bureau des mathématiques » et directeur de l'observatoire en 1671..

Il demande au secrétaire d'État à la Marine qu'une étude scientifique d'une route maritime plus sereine soit établie car de nombreux missionnaires meurent avant d'atteindre la Chine. Louis XIV décide alors de l'envoi d'une ambassade à la cour de SiamPierre-Jacques Charliat, Le temps des grands voiliers, tome III de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, .

La réforme du calendrier chinois, un document officiel qui garantit aux souverains mandchous la légitimité accordée en Chine à une dynastie investie d'un mandat céleste, est difficile à faire accepter, mais Verbiest réagit : . Le prêtre devient ainsi l'ami de l’empereur auquel il apprend la géométrie et pour lequel il traduit Euclide en mandchou. Il équipe d’instruments modernes l’observatoire de Pékin, ce qui lui permet d'établir une charte des éclipses solaires et lunaires.

Esprit ouvert et génial, Verbiest expérimente en mécanique et étudie également l'utilisation de la vapeur. Il semble bien que, longtemps avant Joseph Cugnot, il imagine le premier véhicule propulsé à la vapeur. Son invention est décrite dans l’ouvrage rare Astronomia Europa de 1687, après une première évocation dans un livre chinois de vingt années antérieur.. Pour l'empereur, Verbiest conçoit des canons légers destinés aux champs de bataille.

Avec l’aide de lettrés de ce même pays, il écrit un grand nombre d’ouvrages scientifiques et dessine des cartes géographiques de l’empire du Milieu et du monde, dont la fameuse Kunyu Quantu, basée sur la mappemonde de Matteo Ricci de 1612, en 1672-1674. Fidèle à sa vocation de missionnaire et désireux de faire connaître le Christ, il écrit également (en chinois) des ouvrages religieux dont l’un, Explication ordonnée des rudiments de la foi, est réimprimé en 1935. Sa personnalité comme sa compétence acquiert à la foi chrétienne des membres de la famille impériale, comme des lettrés et hommes de science.

À la suite d'une chute de cheval, Ferdinand Verbiest décède le à Pékin. Il reçoit à Pékin des funérailles d'état et est enterré au cimetière Zhalan de Pékin dans un somptueux mausolée que l'empereur a payé de sa propre cassette.

Hommages

Son nom se trouve sur une liste de cent huit héros nationaux d’un livre populaire chinois. Enterré près de ses prédécesseurs, Matteo Ricci et Adam Schall, Ferdinand Verbiest est toujours vénéré.

En 2013, sa statue en costume de mandarin en bronze, oeuvre de Jacques de Lalaing, est inaugurée sur la place de Pittem. Au centre du visiteur Ferdinand Verbiest sur la place de Pittem, une reconstitution à taille réelle de sa machine à vapeur créée par Ferdinand Verbiest a été disposée.

Dans l'ancien observatoire de Pékin à Jianguomen, on peut encore admirer les bronzes des six instruments mis au point par Jacques Verbiest : un globe terrestre, un sextant et un quadrant, un théodolite azimutal, et deux sphères armillaires. On y trouve également un buste de Ferdinand Verbiest en habits de mandarin civil du premier ordre.

En , a lieu au cimetière Zhalan de Pékin une cérémonie de commémoration pour les 400 ans de la naissance de Ferdinand Verbiest en présence du gouverneur et d'une délégation de Flandre occidentale.

Il y a des rues Ferdinand Verbiest à Pittem, Anvers, Edegem et Lokeren et une école primaire Ferdinand Verbiest à Meulebeke.

L'astéroïde (2545) Verbiest a reçu ce nom en sa mémoire.

Œuvres principales

(en chinois) Yixiang zhi, 1673 (sur les instruments et appareils astronomiques) Kangxi yongnian lifa, 1678 (sur le calendrier de l'empereur Kangxi) Jiaoyao xulun (explication des rudiments de la foi) (en latin) Astronomia Europaea, 1687

Notes et références

Voir aussi Bibliographie R.-A. Blondeau : Mandariin en astronoom aan het hof van de Chinese Keizer, Bruges, 1970. N. Golvers (ed): The Astronomia Europaea of F. Verbiest, S.J. (Dillingen, 1687): Text, Translation, Notes and Commentaries (DILLINGEN, 1687), Nettetal (Steyler Verlag), 1993. N. Golvers (ed): The Christian Mission in China in the Verbiest era, Louvain, 1999. .

J. W. Witek (ed): F.Verbiest, Jesuit Missionary, Scientist, Engineer and Diplomat, Nettetal, 1994.

Articles connexes Approches diplomatiques Jean III Sobieski et l'empereur Kangxi

Liens externes

Ferdinand Verbiest dans la philatélie

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