Léon Daum, né à Nancy le , paragraphe 12 et mort à Paris le , est un ingénieur au corps des mines, entrepreneur et homme d'État français. Il a été membre de la Haute Autorité de la Communauté européenne du charbon et de l'acier de 1952 à 1959 et a également dirigé et administré de nombreuses sociétés métallurgiques, ainsi que la cristallerie Daum fondée par son grand-père.

Biographie Famille Le grand-père de Léon Daum, Jean Daum (1825-1885), est notaire à Bitche, puis s'établit à Nancy en 1871. Jean Daum devient maître verrier en 1876 et rachète la cristallerie de Nancy en 1878. Les parents de Léon Daum sont Auguste Daum (1853-1909) et Jeanne Constantin (1858-1921).

Léon Daum épouse en 1913 Jeanne Poincaré (1887-1974), fille du mathématicien Henri Poincaré, le cousin du président. Ils n'ont pas d'enfants. Il est également le cousin de Marcel FroissartPetit-fils d'Antonin Daum. Le frère aîné de Léon, Jean Daum, meurt à Verdun en 1916. Après son père Auguste et son oncle Antonin, ses deux autres frères Paul et Henri, ainsi que son neveu Jacques et son cousin Michel ont tous quatre dirigé la cristallerie familiale. Il a lui-même été président du conseil de surveillanceÉquivalent du conseil d’administration dans une société en commandite. des verreries Daum de 1925 à 1966. Sa sœur Louise a épousé Louis Sencert.

Jeunesse Léon Daum naît le à Nancy. Il étudie au Lycée de Nancy., puis à l'École polytechnique de 1905 à 1907, où il est major d'entrée et de sortie de sa promotion qui comptait 168 élèves, et à l'École des mines de Paris, pour sa formation d'ingénieur-élève du Corps des mines. Dans ce cadre, il est envoyé en mission pour un voyage d'études aux États-Unis et au Canada de juillet à . Ayant terminé sa formation, il est affecté, cette même année, à la direction du services des mines de l'arrondissement de Douai. À la suite de la catastrophe de la Clarence qui a lieu le , Léon Daum est cité à l'ordre du Corps des mines pour son courage, sa dévotion et sa sagacité technique dans l'assistance qu'il a apportée aux victimes.

Administrateur industriel De à , Léon Daum dirige le service des mines de Rabat au Maroc. Pendant la Première Guerre mondiale, il est capitaine d'artillerie dans le cinquième régiment d'artillerie lourde et officier observateur dans l'aviation de 1914 à 1917, sans toutefois prendre part directement aux combats. Il retourne ensuite au Maroc de à . En , il est nommé chef du département de contrôle des mines de la Sarre, alors sous occupation française. En , il devient directeur du personnel des mines de la Sarre, puis, en , ingénieur en chef. En 1923, il participe à la Mission inter-alliée de contrôle des usines et des mines (MICUM) pendant l'occupation de la Ruhr.

Entre-temps, il avait été nommé ingénieur en chef de la Compagnie des forges et aciéries de la marine et d'Homécourt en , paragraphe 13. Il en devient le directeur général adjoint en , puis le directeur général en 1927. En , il est mis en congé du Corps des mines. Entre 1930 et 1939, Marine-Homécourt souffre de la récession économique, des grèves et de l'inondation de la mine d'Homécourt. Lorsqu'il est en poste à Homécourt, Daum est également directeur des hauts-fourneaux de Givors, des Aciéries de Dilling et du Crédit national.

Léon Daum est l'un des leaders du Comité des forges, l'association des aciéristes français. Sous le régime de Vichy, le Comité des forges est dissout par décret le . Il est remplacé par le Comité d'organisation de la sidérurgie (CORSID). Léon Daum est le seul membre du Comité des forges à avoir également siégé au CORSID. Il y a représenté l'industrie du fer et de l'acier du Centre-Midi. Il fait partie du CORSID de 1940 à 1945. Il est désigné en 1941 membre du Conseil nationalMauve Carbonell, Des hommes à l'origine de l’Europe: Biographies des membres de la Haute Autorité de la CECA, Presses universitaires de Provence, 2017, . Il n'a pas été inquiété à la Libération.

Après-guerre

Après la Libération de la France, Léon Daum est nommé président de l'entreprise Rombas. Il est également l'un des fondateurs, en 1945, de l'Association des cadres dirigeants de l'industrie (ACADI). En 1948, il est l'un des membres de la délégation française au comité de l'acier de l'Organisation pour la coopération économique. Il dirige ensuite ce comité. En 1948, il promeut la création de la Sollac, paragraphe 14, facilite la création de Sidelor et prépare la fusion de Marine-Homécourt avec les Aciéries de Saint-Étienne. En 1949, il est nommé vice-président et vice-directeur général de Marine-Homécourt. Il démissionne lorsque Théodore Laurent, alors âgé de 90 ans et à qui il devait succéder, est réélu pour un nouveau mandat de six ans à la tête de Marine-Homécourt.

À la demande de Robert Schuman, Léon Daum accepte d'être membre de la Haute Autorité de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) dès la création de cette dernière en 1952. Il reste à ce poste jusqu'en 1959. On s'attendait à ce qu'il soit un représentant efficace des intérêts industriels français, mais il s'en est rapidement détaché pour adopter une vision à long terme et s'est attiré les plaintes des associations d'aciéries.

Du au , sous la présidence de Jean Monnet, il dirige le groupe de la CECA dédié aux finances, aux investissements et à la production. Il est également membre du groupe de politique à long terme, du groupe des marchés, accords et transports et du groupe presse et informations. Du au , sous la présidence de René Mayer, il dirige le groupe sur les problèmes industriels et les finances et est membre du groupe objectifs généraux et à la politique à long terme, du groupe marchés, accords et transports et au groupe presse et informations. Du au , sous la présidence de Paul Finet, il dirige le groupe consacré à la production et aux investissements et est membre des groupes des relations extérieures, du charbon et des contrats et de l'acier, des transports et des fusions.

Retraite et fin de vie

Léon Daum promeut l'usage de l'espéranto et cela devient l'une de ses principales activités après sa retraite en 1959. Il meurt à Paris le et est enterré à Nancy près de son épouse Jeanne Poincaré.

Prix et distinctions Léon Daum a été élevé en 1952 à la dignité de Commandeur de la Légion d'honneur.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Liens externes

Notice de Léon Daum dans les annales de l'École des Mines Léon Daum aux Archives historiques de l'Union européenne

Catégorie:Ingénieur du corps des mines Catégorie:Élève de l'École polytechnique Catégorie:Élève du lycée Henri-Poincaré Catégorie:Membre de la Haute Autorité de la Communauté européenne du charbon et de l'acier Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1952 Catégorie:Famille Poincaré Catégorie:Naissance en mars 1887 Catégorie:Naissance à Nancy Catégorie:Décès en mai 1966 Catégorie:Décès dans le 15e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 79 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Sud (Nancy) Catégorie:Personnalité liée au Comité des forges