Le pierre-feuille-ciseaux, chifoumi, pierre-papier-ciseaux ou encore roche-papier-ciseaux est un jeu dans lequel chaque joueur forme simultanément une parmi plusieurs armes symbolisées par la forme de la main et dont les rapports d'efficacité suivent un cycle : la pierre (aussi appelée « caillou » ou « roche ») battant les ciseaux, qui battent la feuille (ou « papier »), qui elle-même bat la pierre. Si les armes choisies sont les mêmes, il y a égalité.

Le jeu possède de nombreux noms alternatifs par changement de l'ordre ou différentes combinaisons de synonymes.

Déroulement du jeu Les deux joueurs choisissent simultanément un des trois coups possibles en le symbolisant de la main :

De façon générale, la pierre bat les ciseaux (en les émoussant), les ciseaux battent la feuille (en la coupant), la feuille bat la pierre (en l'enveloppant). Ainsi chaque coup bat un autre coup, fait match nul contre le deuxième (son homologue) et est battu par le troisième.

Histoire vignette|Mushi-ken no zu (1809).

Le jeu des trois coups fut inventé en Chine. Selon un livre nommé ( ou ) écrit par () vers la fin de la période Ming, les seigneurs de la dynastie Han jouaient à un jeu (dans lequel le perdant est obligé de boire)Fabienne Verdier fait référence à ce jeu à la . de son livre Passagère du silence. appelé (). Celui-ci est considéré comme étant le jeu des trois coups. Le premier usage de la pierre, du papier et des ciseaux comme les trois coups apparaît au cours du au Japon, où il est appelé jan ken pon ou jan kenLinhart, Sepp (1995). . . . ..

Il n'y a aucune trace de pierre-feuille-ciseaux en Occident avant qu'il n'y ait de contacts directs avec l'Asie. Les auteurs occidentaux de la fin du l'ont seulement mentionné comme un jeu asiatique. Les Chinois et les Coréens utilisent le tissu avec la pierre et les ciseaux, alors que les Japonais utilisent la feuille. D'ailleurs l'introduction aux États-Unis était très tardive. même s'il y avait déjà des coolies chinois. Ceci nous permet de supposer que ce jeu est arrivé en Occident au contact du Japon. Par ailleurs, une variante du nom de ce jeu, chifoumi ou shifumi., est sans doute issue du japonais (, les ordinaux , et ). Notons toutefois que le jeu de la mourre, autre jeu de doigts reposant sur l'affrontement réflexe entre deux adversaires, est très anciennement connu en Occident.

Stratégie et hasard

La variante solitaire consistant à jouer contre une machine utilisant la stratégie optimale constitue un jeu de hasard pur. Pierre-feuille-ciseaux ne peut donc pas, à proprement parler, être classé comme jeu de hasard raisonné. Cette catégorie de jeux concernant plutôt les jeux à information non complète, fondés sur les probabilités, où des éléments tangibles permettent de favoriser tel comportement au lieu d'un autre.

Dans la variante à trois choix, la stratégie optimale, au sens de la théorie des jeux, consiste à choisir les coups de façon aléatoire, de manière équiprobable. Cependant, il ne s'agit là que de la stratégie garantissant qu'il n'existe pas de stratégie de l'adversaire lui permettant de gagner avec une probabilité strictement supérieure à . Face à un adversaire pratiquant une stratégie sous-optimale, il est possible de trouver des stratégies gagnantes, basées sur la connaissance de l'adversaire.

De nombreuses expériences suggèrent qu'il est quasi impossible à un humain de générer une séquence aléatoire sans l'aide d'un générateur aléatoire (dé, pièce de monnaie) ou pseudo-aléatoire (programme informatique, liste des décimales de π). Partant de ce constat, des joueurs essaient de comprendre les séquences de leur adversaire humain pour s'y opposer. Cela revient à jouer de manière « psychologique », en tentant d'anticiper les choix de son adversaire si on a cru percevoir une certaine logique dans son jeu, comme au poker par exemple. Mais en choisissant cette façon de jouer, si on est presque certain de s'éloigner des 33,33 % de gains aléatoires, on n'est absolument pas assuré de s'en éloigner dans le bon sens. Car en essayant de contrer la logique d'un adversaire, le joueur en adopte une lui-même, que son adversaire peut mettre à son profit à son tour. La meilleure méthode pour s'opposer à un adversaire qui essaie de comprendre ses séquences consiste à jouer effectivement le plus au hasard possible, puisque c'est la meilleure façon de rester impénétrable pour son adversaire.

Des études comportementales sur le jeu Pierre-Feuille-Ciseaux ont révélé des tendances intéressantes dans le choix des joueurs. Statistiquement, « pierre » est le choix initial le plus fréquent, suivi de « feuille » et enfin de « ciseaux ». En partant de cette observation, il peut être judicieux de commencer par « feuille » pour maximiser vos chances contre un adversaire qui opte spontanément pour « pierre ». Cette stratégie repose sur l'exploitation des probabilités générales des choix humains.

Cependant, les statistiques seules ne garantissent pas la victoire : elles sont réellement efficaces lorsqu'elles sont combinées à une observation attentive de votre adversaire. Les joueurs ont souvent des schémas de comportement prévisibles, notamment après une défaite. Par exemple, une tendance commune consiste à choisir l'option qui aurait battu leur dernier choix perdant. Si votre adversaire a perdu en jouant « ciseaux», il est probable qu'il opte pour « pierre » lors de la prochaine tournée. Dans ce cas, prévoir de jouer « feuille » peut augmenter vos chances de succès.

Les théoriciens du pierre-feuille-ciseaux estiment donc que les meilleurs joueurs sont ceux qui, plutôt que de chercher à percer la logique de leur adversaire, restent suffisamment concentrés pour enlever toute apparence logique à leurs choix et se rapprocher du hasard.

« Triche » robotique Des chercheurs du laboratoire Ishikawa Oku de l'université de Tokyo ont réussi à fabriquer un robot battant systématiquement un joueur humain au jeu pierre-feuille-ciseaux. Il s'agit d'une application des techniques de « reconnaissance d'intention », où le robot « triche » en observant le mouvement de la main de son adversaire et en prenant sa décision très rapidement en fonction de ce mouvement..

Pseudo-fédérations De nombreux sites web affirment organiser des événements imitant les grandes compétitions sportives sans qu'il soit réellement possible d'estimer leur ampleur réelle.

La seule organisation dont l'existence réelle soit établie est la société internationale du RPS () basée à Toronto qui dit compter environ . Elle organise un tournoi onéreux et richement doté, qu'elle intitule « championnat du monde ». En 2003, ce tournoi a réuni plusieurs centaines de participants espérant toucher le gros lot ainsi que quelques spectateurs de l'agglomération torontoise. Le tournoi a attiré l'attention des médias.. Il suffit cependant de consulter le site de cette organisation pour comprendre qu'il s'agit d'une parodie de fédération sportive.

Variantes

Région A B C D E Pierre Ciseaux Emballage Pierre Ciseaux Emballage Puits Ciseaux Papier Roche Puits Ciseaux Papier Pierre Papier Ciseaux Pierre Papier Ciseaux Puits Pierre Papier Ciseaux Baguette Magique Pierre Papier Ciseaux Lézard SpockPierrePapierCiseauxEauTrou Roche Papier CiseauxRochePapierCiseauxMèche Roche Papier Ciseaux Dynamite Roche Papier Ciseaux Cigarette Roche Papier Ciseaux Allumette Roche Papier Ciseaux Allumette Canal Roche Papier Ciseaux Allumette Puits Roche Papier Ciseaux Allumette Bol de toilette Pierre Ciseaux Emballage Marteau Ciseaux Papier Corée Pierre Ciseaux Emballage Pairs (odds) Impairs (evens) Pierre Feuille Ciseaux Pierre Feuille Ciseaux Lézard Serpent Pierre Feuille Ciseaux Lézard Spock Caillou Ciseaux Papier Pierre Feuille Ciseaux Puits Bombe Pierre Feuille Ciseaux Galaxie Acarien Pierre Feuille Ciseaux Puits Pierre Feuille Ciseaux Spock JabbaÉcureuilGlandFusil Feu Eau FeuillePierreFeuilleCiseauxPuitsVolcan Éléphant Être humain Fourmi Pierre Ciseaux Papier Pierre Ciseaux Emballage Serpent Grenouille Limace Guerrier Tigre Mère du guerrier Chef de village Tigre Mère du chef de village Feu Serpent Eau Pistolet Oiseau Eau Puits Ciseaux FeuillePierreCiseauxFeuille Général Fusil Main levée Pierre Ciseaux Papier Pierre Ciseaux Sac Papier Caillou Ciseaux Chocolat Caillou Ciseaux Feuille Puits BougiePierre Ciseaux FeuilleFeuilleCaillouCiseaux Pierre Papier Ciseaux PierrePapierCiseauxPairs (odds) Impairs (evens) Marteau Ciseaux Papier Marteau Ongle Emballage Puits Ciseaux Feuille

Dans certaines de ces variantes, de nouveaux symboles apparaissent : comme le puits bat la pierre ainsi que les ciseaux (en les faisant tomber au fond), mais est battu par la feuille (qui le recouvre). La probabilité de victoire inégale entre les symboles, donnant l'avantage au puits et à la feuille désormais, fait du jeu un exercice plus psychologique. Il s'agit de prévoir la préférence de son adversaire pour le puits ou la feuille, et de choisir le contre symbole au bon moment.

Afin de garder une probabilité de victoire égale entre chaque objet pour conserver le caractère de jeu de pur hasard, un cinquième objet, la bombe a été créée. Elle fait exploser le puits et brûle la feuille, mais les ciseaux coupent la mèche et la pierre ne craint pas l'explosion ; quoique certains préfèrent retenir que la pierre écrase la mèche pour rester cohérent avec l'idée d'une explosion destructrice. Ainsi, chaque objet gagne contre deux et perd contre les respectifs.

La bombe se représente avec le poing fermé et l'index bien tendu pour la mèche; tandis que le puits est exprimé par un cercle formé avec le pouce et l'index ou d'autres doigts, mais il est recommandé d'écarter la moitié des doigts pour dissuader le joueur d'opter pour la pierre ou la bombe au dernier moment.

D'autres variantes sont possibles. L'une des autres variantes est celle des 3-3 : Le jeu se joue par manches. Le gagnant est le premier des joueurs à atteindre . Il y a six actions possibles : les trois basiques (la pierre, les ciseaux ainsi que la feuille), ainsi que trois bonus. Les bonus sont le puits, le super-puits, et la super-pierre. Ceux-ci ne sont utilisables qu'une seule fois par manche et par joueur. Ils fonctionnent ainsi : La super-pierre bat tout (y compris le puits et le super-puits), sauf la feuille, qui l'enveloppe. Le super-puits bat également tout (y compris la feuille et le puits, qui tombent dedans : le super-puits est en effet très grand) sauf la super-pierre. Pour ce qui est du puits, il fonctionne normalement : il ne bat que la pierre et les ciseaux. Le gagnant est le premier à remporter .

Il est aussi possible d'associer perdant et 3-3, en obligeant chaque joueur à utiliser une fois chacun des Bonus. Cette variante se joue en sept duels. Le gagnant est celui qui en a gagné le moins.

Une nouvelle variante a été popularisée par la série américaine y fait référence dans cet article antérieur à la série : ., mais originellement créée par Sam Kass et Karen Bryla.. Il s'agit de Pierre-Papier-Ciseaux-Lézard-Spock. Ici, les règles classiques s'appliquent, mais il faut ajouter que le lézard mange le papier, empoisonne Spock, est écrasé par la pierre et est décapité par les ciseaux. Spock vaporise la pierre, casse les ciseaux, et est discrédité par le papier. Cette variante augmente le nombre de combinaisons de 3 à 10, et est censée réduire le nombre d'égalités entre deux joueurs qui se connaissent (bien qu'entre les personnages de la série, cette variante amène systématiquement à une égalité Spock vs. Spock).

Une autre variante, française, a été popularisée par le jeu Le Tout (inventé par les Tobiffleurs). Il s'agit de Pierre-Feuille-Ciseaux-Galaxie-Acarien. Ici, on reprend les règles classiques en ajoutant la galaxie qui dématérialise la pierre, la feuille et le ciseau, mais implose à cause de l’acarien. L’acarien se fait écraser par la pierre, la feuille et le ciseau.