Guillaume Le Métayer est né le jour de la Saint Nicolas au Ribay, mort fusillé le à Tours, personnalité de la Révolution française. Il fut un célèbre chef chouan, commandant de l'arrondissement de Mayenne sous le nom de Rochambeau.

Famille et Actes d'État Civil Il est le fils d'un laboureur / fermier René Le Métayer (né le à La Chapelle-au-Riboul, marié le au Ribay, décédé le à La Chapelle-au-Riboul) et de Renée Jeanne Baroche (née le au Ribay, décédée le à La Chapelle-au-Riboul). Avant la naissance de Guillaume, ils avaient déjà deux enfants, René, né le et Pierre, né le de l'année suivante. Renée Baroche était la sœur d'Étienne Baroche, percepteur des impositions du Ribay.

400px|thumb|Acte de Baptême de Guillaume Le Métayer, le 6 décembre 1763 : B. Guillaume Le Métayer. Le sixième jour de décembre mil sept cent soixante trois a été baptisé par nous vicaire soussigné Guillaume fils légitime de René Le Métayer et de Renée Baroche ses père et mère et avec pour parrain Pierre Le Saule, cousin de l'enfant, et pour marraine Anne Luron, cousine de l'enfant, qui ont tous déclarés ne savoir signer. SJ vicaireQuelque temps après la naissance de Guillaume Le Métayer, ses parents quittèrent le Ribay pour aller habiter dans la paroisse de la Chapelle-au-Riboul, le village de la Ménagerie. C'est dans ce village que sont nés les autres frères et sœurs de Rochambeau.400px|thumb|Acte de décès de Guillaume Le Métayer, le 10 thermidor an VI (28 juillet 1798): 10 thermidor. Guillaume Le Métayer dit Rochambeau. 33 ans. ex-abbé. Aujourd'hui dix thermidor de l'an six de la République française se sont présentés devant nous Joseph Franchenel(?) Villeneuve, officier public soussigné, les citoyens Pierre Léonard principal(?) commissaire adjoint de la Maison de Justice de cette commune demeurant Section de Chardonnet et Jean Gabrot, laboureur affreteur(?) de cette Municipalité y demeurant Section de La Riche. Lesquels ont déclaré que Guillaume Le Métayer dit Rochambeau, ex-abbé, né en la commune du Ribay, canton du Horps, département de la Mayenne, domicilié de la commune d'Hardange, âgé de trente trois ans, fils des défunts René Le Métayer de son vivant laboureur et de Renée Baroche, son épouse, est décédé d'avant hier sur la place de justice de cette commune à l'heure de midi, par jugement en date du cinq de ce mois, du premier conseil de Guerre permanent de la vingt deuxième division militaire établie en cette commune, confirmée par le conseil de révision de la dite division en date du sept du même mois, dont copies sont déposées au bureau des actes civils de cette municipalité. Et ont lesdits Léonard et Gabrot signé avec moi. Léonard. Gabrot. Villeneuve. off.

250px|right|thumb|Signature de Guillaume Le Métayer à 12 ans à l'inhumation de sa sœur, Jeanne Le Métayer, le 8 août 1776.

250px|right|thumb|Signature de Guillaume Le Métayer à 16 ans à l'inhumation de sa mère, Jeanne Renée Baroche, le 23 mars 1780.

250px|right|thumb|Signature de Guillaume Le Métayer à 16 ans à l'inhumation de sa sœur, Renée Le Métayer, le 9 octobre 1780.

250px|right|thumb|Signature de Guillaume Le Métayer à 18 ans au mariage de son frère René Le Métayer avec Marguerite Renard, le 22 janvier 1782.

Carrière Guillaume Lemétayer commandait la division de La Chapelle-au-Riboul et s'était donné pour mission de couper aux bleus la route de Mayenne à Alençon et d'y attaquer les diligences. Sa division située, à l'est de Mayenne, faisait partie, au moins nominalement, de l'armée de Scépeaux, mais elle combattait habituellement avec les Normands de Frotté, ceux d'Ernée et de Landivy. Rochambeau lutta quelquefois avec avantage contre les troupes républicaines envoyées contre lui. Bien qu'il ne portât jamais d'armes et se contentât d'assister aux combats pour les diriger, sans y prendre personnellement part, il a été l'un des chefs les plus habiles et actifs.

Enfance L'enfant élevé par des parents religieux et de mœurs patriarcales fut destiné à la carrière ecclésiastique. Les premières leçons de français et de latin lui furent données au presbytères paroissial par les prêtres de la Chapelle-au-Riboul ; ils le mirent en état d'entrer au collège de Domfront où il termina ses humanités.

Déclenchement de la révolution et enrôlement dans l'armée royaliste grâce à Mademoiselle La Plante Quand éclata la tourmente révolutionnaire, Guillaume Le Métayer, séminariste (à Domfront . puis au Mans), avait été tonsuré au séminaire de cette dernière ville en 1788 et allait être ordonné prêtre; il était donc quelque peu lettré. Obligé de quitter le grand séminaire, il vint du Mans à Évron où il rencontra par hasard Mademoiselle Agathe Edard La Plante. Cette femme jouissait d'une certaine fortune qu'elle dépensait en bonnes œuvres ; aussi s'était-elle conciliée l'estime et l'affection de tous. Mademoiselle La Plante, ennemie acharnée des idées nouvelles, engagea Guillaume Lemetayer à rejoindre l'armée royaliste en mettant sa bourse à disposition. Guillaume Lemetayer réfléchit peu : d'une nature vive et impressionnable, doué d'une grande énergie et d'une intelligence remarquable, abandonna ses projets de retraite dans sa famille à la Chapelle-au-Riboul, et saisit avec empressement l'occasion qui lui était offerte de marquer sa place dans le mouvement qui s'accentuait, et de payer de sa personne pour la défense de la monarchie et de la religion.

Guillaume Lemétayer conserva pieusement jusqu'à sa mort, le souvenir de Mademoiselle La Plante comme on le voit par les dernières lettres écrites à sa famille. Mademoiselle La Plante habita longtemps Evron. Elle ne quitta cette ville que pour aller finir ses jours chez les religieuses du Sacré-Cœur du Mans.

Les événements précurseurs de la pétition d'Évron Les directoires des départements mettaient à exécution les décrets contre le clergé catholique de l'Assemblée législative malgré le veto royal. Dans certaines parties du département de la Mayenne, et notamment dans les districts de Craon et d'Évron, les paysans n'osaient plus aller à la messe que le fusil sur l'épaule pour protéger le prêtre contre ses ennemis.

Dès le , le directoire du district d'Évron réclama en vain aux administrateurs du département qu'un détachement de gardes nationaux volontaires en garnison à Fougères soit envoyé en renfort.

L'arrêté du du directoire du département de la Mayenne intima à tous les curés et vicaires non assermentés l'ordre de se rendre à Laval immédiatement.

Une circonstance, en apparence fortuite, fut l'étincelle qui mit le feu aux poudres. Durant le cours de la semaine de la Passion, la paroisse de Chammes se réunit pour nommer un maire ; l'assemblée des habitants désigna aussitôt Michel-François Barrabé, son curé comme Président et Georges-Gabriel Davoust, son vicaire comme secrétaire, qui n'avaient prêté serment qu'avec des restrictions formellement catholiques. Les commissaires du directoire du district d'Évron les sommèrent de prêter le serment civique. Ils refusèrent. La population applaudit. Les commissaires eurent peur et prirent la fuite protégés par la gendarmerie.

Le , un huissier d'Évron, nommé Delelée, vient à Chammes, sur l'ordre du District, afin de publier, à l'issue de la grand'messe, le malencontreux arrêté du . Il est reçu par 300 hommes armés qui le reconduisirent hors de la commune sans même lui laisser le temps de commencer la lecture et après avoir déchiré l'arrêté et l'avoir foulé aux pieds. Ils tirent derrière lui des coups de fusil pour précipiter sa fuite, sans pour autant faire aucun mal à l'officier public. Quelques heures plus tard, dans l'après-midi, la nouvelle arrive qu'un rassemblement se prépare pour le lendemain à Châtres, et que toutes les paroisses voisines y sont convoquées. Le but était, disait-on, de se réunir en armes et en grand nombre, afin de porter au district d'Évron une pétition en faveur du libre exercice du culte et du maintien des anciens prêtres. Les organisateurs de la manifestation sont Guillaume Le Métayer, jeune homme originaire du Ribay, dont la Révolution a interrompu les études ecclésiastiques et qui deviendra bientôt un chef Chouan sous le nom de Rochambeau ; Julien Ripault, curé de Gennes près de Montsûrs et titulaire de la chapellenie de Montécler, Michel Barrabé et Georges-Gabriel Davoust, respectivement, curé et vicaire de Chammes, Etienne et René Trouillard, père et fils, de Châtres, et plusieurs autres notables du pays. Les hommes de Chammes se décident aussitôt à se présenter au rendez-vous.

La pétition d'Évron Voici une reproduction de la pétition d'Évron :

« Pétition présentée au district d'Évron et y déposée au nom des communes de Chammes, Vaiges, Saint-Léger, Châtres, Nuillé, Saint-Jean, Sainte-Janimes, etc. (vingt paroisses avaient donné leur assentiment, cinquante étaient à la veille de l'envoyer)

« Messieurs, — Nous venons vous faire part de nos intentions qui sont pacifiques, si on ne nous réduit pas au désespoir. Nous ne pouvons plus nous dissimuler qu'on veut nous enlever notre foi, nous séparer de l'Église catholique, apostolique et romaine : la preuve en est claire, d'après la motion anticatholique du sieur François Neufchâteau, approuvée et applaudie dans l'Assemblée nationale ; d'après les inventions journalières, les calomnies, les persécutions exercées contre les prêtres catholiques non assermentés, fidèles, ainsi que nous, à la religion romaine.

« Il n'est plus temps de dissimuler, Messieurs : nous serons fidèles aux lois, mais inviolablement attachés à notre religion, à nos vrais et légitimes pasteurs, à nos évêques et au Pape, auquel nous sommes soumis, comme au chef de l'Église, qui a droit de nous gouverner. Nous vous déclarons que nous ne reconnaîtrons jamais la religion constitutionnelle, ni les évêques et les prêtres jureurs et intrus.

« La loi de l'État nous autorise dans notre croyance et notre culte; nous en demandons le libre exercice; nous vous prions, nous vous conjurons, et même nous exigeons de vous, en vertu de la Constitution, que vous avez juré de maintenir, de nous laisser la liberté de conscience, et de ne plus troubler les paroisses de ce district, de défendre et arrêter des persécutions intentées contre les prêtres et les catholiques; nous demandons que justice soit rendue à nos ministres, qu'ils soient payés de ce qui leur est dû, qu'ils aient la liberté d'aller et venir, ainsi que nous, sans être exposés aux insultes, aux outrages et aux mauvais traitements.

« Nos ministres sont calomniés d'une manière odieuse par l'arrêté du département; nous défions qui que ce soit de citer, de prouver un seul fait, un seul délit contre les lois, contre l'autorité ; partout ils ont prêché, exigé la paix et la soumission, bien différents de ces prêtres intrus, de ces prétendus patriotes, qui ameutent et soulèvent tous les esprits. Nous pouvons citer, et même vous dénoncer ces prêtres intrus et jureurs, ces patriotes perfides qui ameutent et soudoient les mauvais sujets pour égorger les aristocrates, ou les catholiques.

« Nous vous dénonçons, sur la rumeur publique, comme perturbateurs du repos public, un sieur Lonchamp, juge de paix, qui envoie ses domestiques à la tête de ceux qui massacrent les aristocrates ; un prêtre, Goupil, intrus de Saint-Pierre-la-Cour qui a donné de l'argent pour assommer les catholiques de son voisinage ; un Chailloux, un Livet de Saint-Georges, qui ameutent la populace; un moine Gandon qui, à Sillé, mercredi dernier, excitait les prétendus patriotes à massacrer les aristocrates.