Mortagne-sur-Gironde est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine). Ses habitants sont appelés les Mortagnais et les Mortagnaises..
Bordant les rives de l'estuaire de la Gironde, cette petite cité du Royannais fut pendant plusieurs siècles une principauté, titre qu'elle acquit au lendemain de la guerre de Cent Ans, mais finit par perdre par déshérence. Importante place forte militaire, elle devint également un port de premier ordre au , classé troisième port de Gironde (après Bordeaux et Blaye) au milieu du , avant de décliner peu à peu. Elle vit aujourd'hui principalement du tourisme, restant malgré tout un port de pêche relativement actif.
La cité est divisée en deux entités distinctes : la ville ancienne, campée sur une falaise, s'organise autour de son église et de quelques rues commerçantes, tandis que le port, en contrebas, est bordé d'ancienne minoteries. Une partie des maisons ont été reconverties en bars, restaurants et commerces, faisant de cette partie de la cité un pôle économique actif en période estivale. Non loin de là, se dresse un ermitage monolithe remontant aux premiers siècles de l'ère chrétienne.
Mortagne-sur-Gironde appartient à la communauté d'agglomération Royan Atlantique, structure intercommunale regroupant (2014).
La commune appartient également depuis 2011 au réseau « Villages de pierres et d'eau », label initié par le conseil général afin de promouvoir des sites exceptionnels présentant la particularité d'être situés au bord d'une étendue d'eau (mer, rivière, étang…)Treize villages unis pour le meilleur et pour le pire, article de Thomas Brosset paru dans Sud Ouest, 10 février 2011.
Géographie
Localisation
La commune de Mortagne-sur-Gironde est située dans la partie sud-ouest du département de la Charente-Maritime, sur la rive droite de l'estuaire de la Gironde, à mi-chemin entre les villes de Blaye, au sud (dans le département de la Gironde) et de Royan, au nord. Appartenant au midi de la France — on parle plus précisément de « midi atlantique »Louis Papy, Le midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984, elle peut être rattachée à deux grands ensembles géographiques, le Grand Ouest français et le Grand Sud-Ouest français. vignette|gauche|La Petite Camargue s'étend de Saint-Seurin-d'Uzet à Blaye. Elle est rattachée administrativement au canton de Saintonge Estuaire et à l'arrondissement de Saintes et se trouve à de Royan., de Saintes., de Blaye., de Bordeaux. et de La Rochelle., préfecture du département.
La petite cité se divise en deux entités, qui tirent chacune partie des caractéristiques géographiques du site : une « ville haute », campée sur de puissantes falaises, constituant l'une des extrémités du plateau crétacé de Saintonge, répondant à une « ville basse » (également appelée « la Rive ») établie en contrebas, autour du port de plaisance, dans une zone marécageuse constituée d'alluvions récentes. Le bassin de plaisance, creusé dans les terres, est relié à l'estuaire par un chenal, dit chenal de Mortagne. L'estuaire de la Gironde, que l'on peut contempler depuis une table d'orientation située sur les hauteurs (place Bel-Air; la vue porte jusqu'à Pauillac et Le Verdon-sur-Mer), est large de douze kilomètres. vignette|redresse|Vue aérienne du chenal reliant le port à l'estuaire de la Gironde. Les falaises de Mortagne, qui forment un véritable mur de plus de trente mètres de haut, sont dites mortes, c'est-à-dire qu'elles ne sont plus baignées par les flots de l'estuaire, mais se dressent en retrait, au milieu des terres. Elles sont constituées de roches calcaires, issues de l'accumulation des sédiments marin il y a environ d'années. Ces roches, datées du Crétacé, et plus exactement de l'étage stratigraphique du Campanien, sont riches en spongiaires et bryozoaires. Certaines falaises ont été rabotées au moment des glaciations : des formes en « U » caractéristiques sont encore visibles. Elles témoignent de la présence de vallées glaciaires au Quaternaire.
Le territoire communal est constitué en grande partie de champagnes calcaires et de croupes plus ou moins accentuées (hauteurs de La Roche Tendron, de Vil Mortagne, de Peu-Renoux…) où sont cultivés maïs, blé, avoine, tournesols, luzerne, ainsi que la vigne qui sert à produire des eaux-de-vie réputées, cognac et pineau des Charentes.
Des combes (vallées sèches) entaillent le plateau en divers endroits : on note ainsi la combe à Rambaud, près du hameau l'Échailler, la combe de Font-Pâques, plus profonde, la combe de Jau, qui vient s'y greffer, la combe d'Armel, dans la partie sud-est, près du lieu-dit la Richarde, mais aussi, tout au nord, la combe de la Bataille. vignette|gauche|Les Falaises Mortes étaient autrefois battues par les flots. Une source jaillit dans la partie sud-est de la commune, donnant naissance à un modeste cours d'eau, la rivière de Fontdevine. Long de , il est tributaire de la Gironde..
Au pied des falaises, se sont constituées de vastes zones marécageuses, issues de la présence dans les eaux de l'estuaire de nombreuses alluvions argileuses, qui se sont accumulées progressivement. Ces vastes étendues humides, appelées Petite Camargue ou Camargue saintongeaise, s'étendent de Saint-Seurin-d'Uzet à Blaye. Ponctuées de roselières et sillonnées de canaux, elles accueillent une riche végétation palustre. Elles se prolongent par une partie immergée, le banc de Saint-Seurin.
Les forêts constituent près de 17 % du territoire communal., et se concentrent surtout dans sa partie septentrionale (forêt de Valleret). Elles sont constituées essentiellement de chênes pédonculés, de chênes tauzins, de chênes pubescents ou de frênes.
La commune est une des étapes d'un sentier de grande randonnée balisé, le GR 360.
Voies de communication et transports Voies routières La commune, un peu en marge des grands axes de communication, est accessible par plusieurs routes secondaires. La principale est la D 145 ou « route verte », itinéraire touristique reliant Bordeaux à Royan, qui longe la rive droite de l'estuaire de la Gironde. En entrant à Mortagne depuis Saint-Seurin-d'Uzet, la route devient sinueuse et parfois pentue (côte de 14 % au lieu-dit « Tire-Cul ».), en raison des « falaises mortes » qui modifient le relief : elle offre des points de vue spectaculaires sur l'estuaire et les marais de la « Petite Camargue ».
L'extrémité nord du territoire communal est traversée par une route importante, seule véritable « artère » du canton de Cozes : la D 730, qui appartient au réseau des routes départementales de première catégorieLa Charente-Maritime : schéma routier départemental, 2010-2030 (fréquentation importante : plus de par jour). Cet axe majeur, dit « route de Bordeaux », irrigue toute la partie méridionale du département, jusqu'à La Roche-Chalais, en Dordogne. C'est également la principale voie de communication (hors autoroute) pour rejoindre Mirambeau, Blaye et Bordeaux. La D 6, qui vient se greffer sur la D 730, relie directement le hameau de Touvent (commune de Boutenac-Touvent) au centre-bourg, ménageant des vues panoramiques sur l'estuaire de la Gironde et les côtes médocaines.
Dans la partie occidentale de la commune, la D 245 et la D 245 e permettent de desservir les hameaux de Beauchêne, Font-Pâques, Chez Bouyer ou Font-Remy.
La commune ne dispose pas de gare de chemins de fer. Les gares SNCF les plus proches sont situées à Royan, Saintes et Pons.
Transports urbains La commune est desservie par le réseau de transports départementaux « Les Mouettes ». Des correspondances existent avec les gares de Saintes et Royan.
Communes limitrophes
Les communes de Jau-Dignac-et-Loirac et Valeyrac sont sur la rive gauche de l'estuaire de la Gironde.
Environnement L’estuaire de la Gironde est une zone humide formée à la lisière de la terre et de la mer. Cet entrecroisement des frontières écologiques, en font un écosystème complexe et varié. Les rives de la Gironde présentent une multitude de milieux naturels tels que : les roselières, les prés salés atlantiques du schorre, les mares de chasse, les falaises et coteaux calcaires en bordure d’estuaire.
L’apport, l’accumulation et le recyclage de sédiments et de substances nutritives en continu placent les estuaires en tête des écosystèmes les plus productifs de la planète. Leur intérêt n’est plus à démontrer pour de nombreuses espèces de poissons qui y trouvent zones de reproduction et de nourricerie où par exemple de jeunes bars, mulets, maigres, gobies, flets, soles viennent se nourrir sur les vases immergés de l’ancien polder.
Les falaises et coteaux qui eux bordent l’estuaire sont reconnus pour leur richesse botanique. On y retrouve des espèces comme le chou marin (Crambe maritima), adaptées aux conditions extrêmes de ces falaises soumises aux embruns et à la sécheresse.
De par ses ressources trophiques importantes, l’estuaire de la Gironde constitue une escale migratoire pour la conservation de nombreuses espèces d’oiseaux d’Europe du Nord : (passereaux paludicoles) phragmite aquatique, gorgebleue à miroir, rémiz penduline ou limicoles.
Une grande partie du territoire communal est intégrée à une zone protégée en raison de la richesse de son écosystème (prés salés atlantiques, mares temporaires méditerranéennes, pelouses sèches, falaises, estuaire de la Gironde et marais associés). Les marais du Pampin, fréquentés par de nombreuses espèces d'oiseaux, sont le cadre de visites guidées régulières.
vignette|Le faucon pèlerin est présent sur les coteaux de Gironde
La préservation de la biodiversité a conduit à intégrer 1 % de la surface communale dans une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de classe I (petits espaces homogènes) — soit respectivement la marais du Pampin, la combe d'Armel, les falaises de Saint-Seurin et le banc de Saint-Seurin-les-Conches — et 40 % dans une zone de classe II (grands espaces naturels riches), comprenant l'estuaire de la Gironde, ses marais et ses coteaux. Cet ensemble, qui couvre plusieurs communes, bénéficie d'une protection spéciale dans le cadre du réseau de protection des espaces naturels de grande valeur patrimoniale Natura 2000 (classement en « site d'importance communautaire »). Les différents sites sont fréquentés par de nombreux mammifères (loutre, vison, grand et petit rhinolophe, barbastelle…), par des amphibiens (cistude d'Europe, espèce protégée). et par de nombreuses espèces d'oiseaux, pour qui les rives de la Gironde sont une étape migratoire, un lieu de reproduction ou d'hivernage (busard cendré, busard des roseaux, échasse blanche, faucon hobereau, faucon pèlerin, tadorne de Belon, phragmite aquatique, gorge bleue à miroir…). L'estuaire de la Gironde est quant à lui une importante étape migratoire pour le saumon atlantique, l'esturgeon, l'alose et la lamproie..
8 % du territoire communal est concerné par la directive oiseaux (protection des oiseaux sauvages et de leur biotope) et 35 % par la directive habitats-faune-flore.