Albert Bitran est un peintre, graveur et sculpteur français, né le à Istanbul, Turquie, et mort le à ParisCarnet du Monde du vendredi 16 novembre 2018, page 18..
Biographie Né à Istanbul, Albert Bitran fait ses études au collège Saint-Michel d'Istanbul où il passe les bacs turcs et français. À 17 ans, il vient à Paris pour faire des études d’architecture qu’il abandonne rapidement pour se consacrer à la peinture.
Lors de la première exposition personnelle de ses œuvres géométriques, en 1951 à la galerie Arnaud, lieu de rencontre de l’avant-garde de Saint-Germain-des-Prés, il n’a que 20 ans, et il participe à de nombreuses manifestations dont la première exposition d’art abstrait de Caracas et « Divergences » à Paris au théâtre de Babylone. En 1954, il expose à la galerie Denise René ; Henri-Pierre Roché rédige la préface du catalogue — il lui ouvre sa prestigieuse collection et lui loue une chambre boulevard Arago où il peint.
Mais, quittant l’abstraction géométrique, Bitran s’oriente vers la peinture de recherche qu’il poursuivra toute sa vie. Il fait de longs séjours dans le Midi et ses premières études portent sur le thème du paysage, thème qu’il développera jusqu’à Naissance d’un paysage., grand collage de 1956 qui participera à l'exposition « L’Envolée lyrique. » au musée du Luxembourg en 2006.
En 1958, Albert Bitran se marie, obtient la nationalité française, s’installe rue des Plantes et dans l’Aube à Rigny-le-Ferron où il a un atelier de céramique. Il fait aussi de longs séjours en Italie où il travaille et expose. À Paris, c’est surtout Jean Pollack qui montre son travail dans de nombreuses expositions à la galerie Ariel.. Dans les années 1960, Bitran développe avec les dessins, les papiers marouflés et les huiles, les thèmes de « L’Atelier » puis « Intérieur-Extérieur ». Il travaille aussi depuis 1962 la gravure et la lithographie, chez Mourlot d’abord, puis chez Bellini et Leblanc. En 1961, dans sa galerie de Copenhague, Borge Birch fait la première exposition personnelle de Bitran en Scandinavie. Les pays du Nord où il se rendra souvent manifesteront désormais un grand intérêt pour son travail, tout comme les Pays-Bas où il exposera régulièrement, d’abord à Nova Spectra à La Haye, puis, à partir de 1971, à Amsterdam dans la galerie de Martin de Boer.
En 1968, il emménage rue Notre-Dame-des-Champs, à Montparnasse, où il travaillera et habitera jusqu’en 2000. À partir de 1970, il crée les « Doubles », interrogation analytique de sa peinture. écrit Jean-Louis Baudry en 1973 dans sa préface de l'exposition galerie Ariel. écrit le philosophe Claude Lefort dans Bitran, ou la question de l'œil en 1975, texte repris dans Sur une colonne absente. chez Gallimard. Comme eux, d'autres amis écrivains suivront le travail de Bitran et écriront sur sa peinture : entre autres Charles Estienne, Jean Paris, Pierre Daix, Albert Memmi, Jean-Dominique Rey, Dora Vallier, Manès Sperber, Georges Borgeaud, Jean-Luc Chalumeau, Gérard-Georges Lemaire.
En 1973, il crée « Sextuor », suite de six tableaux en cycle clos, exposés selon un plan de Ricardo Porro, dans les musées en Norvège, au Danemark, aux Pays-Bas, en France, en Autriche, et qui se trouve à Toulouse, acquis par le Frac Midi-Pyrénées. Les thèmes suivants sont « Obliques », « Linéaires » et « Latéraux ».
En 1979 et en 1980, Bitran dirige le séminaire de la SommerAkademie de Salzbourg et Manès Sperber préface son exposition à la Traklhauss.
Au début des années 1980, Bitran installe son atelier dans le Lot où il travaille de longs mois, expérimentant des techniques d’huiles sur papier et sur carton. Il crée les « Grandes Formes » que Patrick Bongers choisira pour sa première exposition de peintures à la galerie Louis Carré en 1987. D’autres expositions personnelles suivront : en Suisse, en 1986, galerie Numaga, Auvernier, au Danemark, en 1988, galerie Brix, Copenhague, en Allemagne en 1990, galerie Boissérée, Cologne, au Japon en 1990, Art Point, Tokyo ; aux États-Unis en 1992 galerie Louis Stern, Los Angeles.
Une rétrospective lui est consacrée au musée de Campredon, à l'Isle-sur-la-Sorgue, en 1991. À cette occasion, il a un entretien filmé avec Jean Paris, publié dans Coloquio, revue de la fondation Calouste-Gulbenkian de Lisbonne. La Maison des arts Georges-Pompidou de Cajarc présente « Albert Bitran, peintures et dessins 1980-1992 », œuvres dans lesquelles se retrouvent la lumière et les falaises du Lot, avec des préfaces de Dora Vallier et de Claire Stoullig.
Inspirées de ses souvenirs d’enfance à Istanbul, et de ses nombreux voyages en Turquie, les « Arcades » — peintures et sculptures — sont exposées d’abord à Istanbul à Aksanat et, en 1997, à la galerie Nev à Ankara, puis en France à l’Espace Écureuil de Toulouse (avec une préface de Pierre Daix).
Après la série « Les Noirs », huiles sur papier, exposées à Mexico en 2008, puis dans divers centres culturels en France, Bitran poursuit cette recherche sur de grandes toiles qu'il exposera à la galerie Grosvenor à Londres en 2010 (« Obliques ») et 2011, à la galerie des Tuiliers à Lyon en 2012 (« L'Erosion des Noirs »), au centre culturel de Mont-de-Marsan en 2013 (« Méandres »).
En 2013, le Centre Pompidou présente dans l'exposition « Modernités plurielles. » un tableau de ses collections., Un soleil neuf. de 1960, qui sera par la suite montré à la Fondation Clément. en Martinique dans l'exposition « Le Geste et la Matière ».
En 2000, Bitran quitte Montparnasse pour Montrouge où il a construit sa maison et son atelier.
Décoration
Collections publiques France Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou. Musée d'art moderne de la ville de Paris Fonds national d'art contemporain, Paris Musée des beaux-arts de Lyon, donation Jacqueline Delubac Musée de Nantes, donation Gildas Fardel Fonds régional d'art contemporain Midi-Pyrénées, Toulouse Les Abattoirs., musées de Toulouse Musée municipal de Saint-Dié Musée Hyacinthe-Rigaud, Perpignan Musée des beaux-arts de Brest
Étranger
Expositions personnelles
Principales participations
Travaux pour l'architecture Dix vitraux, église de Schoeneck (Moselle), E. Genuis, architecte, 1957 Sculpture polychrome en céramique et ciment, C.E.S. Evariste-Galois, Sarcelles. Gilbert Guillemaut, architecte, 1970 Deux panneaux de céramique, St Peter's Kirk, Randers, 1970 Exposition « Art et architecture, bilan du 1% », Paris, 1970 Mosaïque, maison particulière à Reggio de Calabre, Italie, 1972 Deux peintures murales (10 x ), Vitry, 1973. Reproduit sur la couverture de L'Œil, et dans L'Art dans la ville, 1988. Double relief polychrome, immeuble 15-17 rue de Sèvres, Boulogne-Billancourt, Daniel Montaut, architecte, 1973 Mosaïque et de maison-sculpture pour la ville de Korčula, Riccardo Porro, architecte, 1973 (non réalisé). Maquettes exposition au Musée d'Art Moderne, Paris. Jardin de sculptures, Alain Farel, architecte, 1999 (projet non réalisé)
Publications Catalogues d'expositions Bitran, Henri-Pierre Roché, galerie Denise René, 1954 Albert Bitran, Charles Estienne, galerie Ariel, 1957 Bitran, Michel Courtois, galerie Ariel, 1961, et galerie Birch, Copenhague, 1961 Bitran, Karl E. Ringtröm, galerie Ariel, 1963 Compact, Maurice Roche, galerie Ariel, 1966 Esquisse pour un portrait de Bitran, Hélène Parmelin, galerie Ariel, Paris, 1969 Bitran ou la chaleur des gris, Charles Estienne, galerie Ariel, 1972 Bitran, Raoul-Jean Moulin, Galleria Seno, Milan, 1974 Les Doubles, Jean-Louis Baudry, galerie Ariel, 1975 Fragments pour les dessins d'Albert Bitran, Maurice Roche, La Petite Galerie, Lyon, 1978 Préface, Manès Sperber, Traklhaus, Salzbourg, 1979 Repères pour un tracé, Raoul-Jean Moulin, Saint-Etienne-du-Rouvray, 1980 Albert Bitran, V. Villadsen, Randers Kunstmuseum, 1983 Bitran, Jean-Dominique Rey, galerie Louis Carré, Paris, 1987 La Traversée de la peinture, Jean-Luc Chalumeau, Campredon Art et Culture, 1991 Sans titre, Dora Vallier, Maison des arts Georges-Pompidou, Cajarc, 1993 Kemerin kuramsal bütünlüğünün parçalanisi, Necmi Sönmez, Aksanat, Istanbul, 1997 Le passage d'Albert Bitran aux « Arcades », Pierre Daix, Espace Ecureuil, Toulouse, 1998 Albert Bitran ou le triomphe du gris, Gérard-Georges Lemaire, Grosvenor Gallery Londres 2010 Albert Bitran ou l'efficacité ambiguë des noirs, Gérard-Georges Lemaire, galerie des Tuiliers, Lyon, 2012 Albert Bitran : de ses ambiguïtés et des beautés qui en résultent, Gérard-Georges Lemaire, centre d'art contemporain Raymond Farbos, Mont-de-Marsan, 2013 Albert Bitran ou le funambulisme pictural., Gérard-Georges Lemaire, galerie Convergences, Paris 2015 Albert Bitran. Affinités en noir majeur. Retrouver Degas, Véronique Koehler, galeries Convergences et Gratadou-Intuiti, Paris, 2017
Livres L'Atelier, Georges Boudaille, 1964 Epreuves, texte de Jean-Louis Baudry, Bruxelles, La Balance, 1966 Dessins, 1955-1975, texte d’Alain Bosquet, SMI, Paris, 1976 Le Mirliton du Ciel, poèmes d'Albert Memmi, 1985 Fleuve, poèmes de Jean-Dominique Rey, 1986 Nano Poèmes, Albert Bitran, Jean-Dominique Rey, 2001 Albert Bitran, La Lumière de l'image, texte de Pierre Daix, Paris, La Main Parle, 2003 Albert Bitran, textes de Jean-Luc Chalumeau (« La traversée de la peinture ») et de Claude Lefort (« Bitran, ou la question de l'œil »), Paris, Liénart, 2019
Voir aussi Documents Dictionnaire de la peinture abstraite, Michel Seuphor, Paris, 1957 Bitran ou la question de l’œil par Claude Lefort, Édition SMI, 1975 Les Années 50, Gérard Xuriguera, Paris, Arted, 1984 « Entretien avec Albert Bitran » par Jean Paris, Coloquio Artes, Lisbonne, 1992 Albert Bitran. L'Œuvre 1949-1992, par Georges Borgeaud, Neuchâtel, Ides & Calendes, 1993 L'École de Paris, 1945-1965. Dictionnaire des peintres, Lydia Harambourg, Neuchâtel, Ides & Calendes, 1993 Istanbul-Montparnasse. Les Peintres Turcs de l'École de Paris, Clotilde Scordia, Paris, éd. Déclinaison, 2021
Articles « Albert Bitran », par Henri-Pierre Roché, La Parisienne, 1955 Prisme des Arts, , Edouard Roditi, Les Lettres Nouvelles, , par Hubert Damisch, « Bitran, ou l’élaboration d’un nouveau sentiment de la nature » par Denys Chevalier, revue , 1963 « Albert Bitran », Edouard Roditi, L'Arche, « Sept jours avec la peinture », Jean Bouret, Les Lettres françaises, « Albert Bitran », Les Lettres Françaises, Georges Boudaille, « Témoin non pas contestataire », Édouard Roditi, L'Arche, « Bitran ne peint pas des pommes », Pierre Cabanne, Combat, « Bitran », Jean-Louis Pradel, Opus international, « Dossier Albert Bitran » par Jean-Luc Chalumeau, Verso, 1997 « Bitran: où règne l’Arcade magistrale » par Lionelle Courbet-Viron, Area, 2003 « Albert Bitran, récit d'une vie » par Gérard-Georges Lemaire, Vernissages, « Peindre la peinture » par Fréderique le Graverend, Area, , printemps 2010 « Albert Bitran. Un peintre de l'École de Paris découvre la céramique », Gérard-Georges Lemaire, Revue de la Société des Amis du musée national de la Céramique, mars- « Albert Bitran. L'impossibilité est beauté », par Christian Noorbergen, AZART , septembre- « Les huiles sur papier d'Albert Bitran. », Jean-Luc Chalumeau, Verso, 2015
Liens externes
"Albert Bitran" sur l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain Banque d’images de l’ADAGP (nombreuses reproductions des peintures d'Albert Bitran)
Notes et références
Catégorie:Peintre français du XXIe siècle Catégorie:Naissance en décembre 1931 Catégorie:Naissance à Istanbul au XXe siècle Catégorie:Décès en novembre 2018 Catégorie:Décès dans le 14e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 86 ans Catégorie:Officier des Arts et des Lettres