Jean-Baptiste Eyraud, dit « Babar » (né à Paris en 1954), est un militant associatif français. Il est essentiellement connu pour son action pour les « mal-logés » en tant que porte-parole et fondateur de l'association Droit au logement en 1990 à la suite des incendies criminels du arrondissement de Paris en 1986.

Biographie

Jeunesse et formation Né dans le quartier Saint-Germain-des-Prés et issu d'un milieu artistique, son père, Marc Eyraud, était comédien (inspecteur Ménardeau notamment), sa mère Marianne Astruc, sœur du cinéaste Alexandre, est peintre. Confié à ses grands-parents à l'âge de 5 ans, il est envoyé dans un internat à Briançon où il passe son baccalauréat.

Il se politise à travers les enseignants de son lycée et mène au sein de l'établissement une pour lutter contre le froid. Ancien sympathisant maoïste ayant fait partie de la Gauche prolétarienne, il a quitté cette organisation pour défendre une approche syndicale. Après avoir enchainé des emplois saisonniers, il obtient un CAP de charpentier. Il participe à l'occupation du Larzac, à des manifestations antinucléaires et lutte contre la construction d'autoroutes dans la vallée du Briançonnais.

Engagement pour les mal-logés Au début des années 1980, il a vécu dans des squats associatifs du XX arrondissement de Paris. Son engagement associatif date de 1986, lors d'incendies criminels qui tuent 23 personnes à Paris. Il s'installe à la suite des incendies avec des familles sinistrées au 67 rue des Vignoles dans le , rejoignant trois ans après sa création le Comité des mal-logés dont le slogan est « Un logement décent pour tous » (ce qui est défini dans la charte du comité, comme un logement proche du lieu de travail, aux normes de confort moderne et dont le loyer n'excède pas 20 % des revenus du ménage). Opposant à Jacques Chirac, alors maire de Paris, il critique l'abrogation de la loi de 1948 encadrant les loyers privés et dénonce les rénovations urbaines de l'Est parisien visant selon lui à .

En 1990, il participe à l'occupation du square de la Réunion avec 48 familles du comité des mal-logés expulsées de leurs logements. Au bout de six mois les familles finissent par être relogées.

Fondation de Droit au logement Au même moment, sur fond de désaccords avec des membres autonomes d'extrême gauche qui s'opposent à sa démarche syndicale, il finit par quitter le Comité des mal-logés pour participer à la fondation de l'association Droit Au Logement (DAL) dont il devient le porte-parole.

Jean Claude Amara, artiste de variété, François Breteau, avocat et conseiller parisien "les Verts", Alain Krivine, responsable de la LCR et Henri Malberg, conseiller parisien PCF, Jean Christophe Cambadelis, conseiller parisien PS, et de nombreux autres rejoindront à sa création la nouvelle association, concurrente du CML, et en deviendront ses soutiens.

Proche de l'abbé Pierre et du catholicisme social, il lutte contre les expulsions et porte la revendication de la réquisition des logements vacants.

Activité militante depuis les années 2000 Jean-Baptiste Eyraud demeure le principal porte-parole du DAL, qu'il présente comme un « syndicat des mal-logés, des sans-logis et des locataires ». Sous son impulsion, l'association poursuit des actions de terrain (occupations, campements, réquisitions symboliques, accompagnement des ménages menacés d'expulsion) tout en intervenant régulièrement dans le débat public sur les politiques du logement.

Le , il est avec Noël Mamère et Olivier Besancenot à l'initiative de l'Appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence »...

Au cours des années 2018-2024, il intervient régulièrement dans les médias pour dénoncer l'aggravation de la crise du logement, la diminution de la construction de logements sociaux, l'augmentation des expulsions locatives, la progression du sans-abrisme ainsi que l'insuffisance de l'application du droit au logement opposable (DALO). Il plaide notamment pour le développement du logement social, l'encadrement des loyers, la réquisition des logements vacants et une augmentation des moyens publics consacrés au logement.

En avril 2022, lors d'une manifestation organisée devant le ministère chargé du Logement en faveur des « oubliés du DALO », il est interpellé et placé en garde à vue pour rébellion avant d'être remis en liberté quelques heures plus tard. Cette interpellation suscite des réactions d'associations et de responsables politiques ainsi qu'une vive controverse sur les conditions de maintien de l'ordre lors de cette mobilisation.

En 2024, il demeure porte-parole du DAL et continue d'alerter sur ce qu'il qualifie de « crise historique du logement », appelant à une relance de la construction de logements sociaux, à la protection des locataires et à une politique de lutte contre la spéculation immobilière.

Bibliographie

Altergouvernement, ouvrage collectif réunissant Paul Ariès, Geneviève Azam, Marc Dufumier, Marie Duru-Bellat, Claude Egullion, Susan George, Jean-Marie Harribey, Franck Lepage, Philippe Leymarie, Laurent Mucchielli, Aline Pailler, Nathalie Péré-Marzano, Fabien Piasecki, Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot, Clarisse Taron, et Jacques Testart, éditions Le Muscadier, 2012

Filmographie

Richard Puech, Jean-Baptiste Eyraud, le porte-voix des mal-logés, CAPA-TV.

Notes et références

Voir aussi Jean-Claude Amara

Liens externes

brochure du comité des mal logés 1991

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