(ou Super Fly) est le du musicien de musique soul américain Curtis Mayfield, sorti le chez Curtom Records.. Il sert de bande originale au film de blaxploitation Super Fly. Il est considéré comme un classique de la musique soul des années 1970... Rencontrant un succès quasi immédiat, Superfly est l'une des rares bandes originales à dépasser le succès du film qu'elle accompagne.. Elle est célébrée par les critiques, reçoit différentes distinctions et se trouve classée dans plusieurs listes de « meilleurs albums de tous les temps »...
Avec What's Going On de Marvin Gaye, Superfly est un pionnier parmi les albums-concept dans la musique soul, avec ses paroles, alors uniques et engagées. Curtis Mayfield y dénonce les dealers qui sont les nouveaux esclavagistes de la jeune société métissée américaine. Le film et sa bande originale peuvent être perçus comme discordants, le film proposant une vision ambiguë des trafiquants de drogue, tandis que la position de Curtis Mayfield est bien plus critique..
En tant que musique de film, Superfly se situe dans la lignée de Shaft d'Isaac Hayes (B.O.F. Les Nuits rouges de Harlem).
Genèse et production Curtis Mayfield a déjà contribué à deux chansons de Krakatoa à l'est de Java ; le film est un échec critique et commercial, mais marque sa première incursion dans la musique de film. Sa contribution à Superfly débute lorsque Gordon Parks Jr., le réalisateur, demande à Mayfield et son groupe de faire une apparition en arrière-plan dans une scène située une boîte de nuit. Parks souhaite une chanson complète pour cette scène..
La séance d'enregistrement de Pusherman a lieu aux studios Bell Sound à New York, suivie d'une pause de plusieurs mois (au cours de laquelle Mayfield écrit The Times Have Changed pour son ancien groupe The Impressions et élabore son prochain album solo, Back to the World). Les parties instrumentales des chansons restantes sont produites lors d'une session de trois jours aux Curtom Studios, avec un groupe de pas moins de 40 musiciens. L'album est principalement composé par Mayfield dans un appartement en sous-sol à Chicago, alors qu'il est en pleine séparation d'avec sa femme et ses enfants.
L'album Superfly sort à l'origine en 1972 chez Curtom Records aux formats LP et cartouche audio 8 pistes.. Il est également distribué dans plusieurs pays en dehors des États-Unis, notamment en Italie, en Allemagne, en France, au Canada et au Royaume-Uni.
Le , Rhino Records publie une édition Deluxe de l'album pour le de sa sortie avec un disque bonus contenant des versions démos, des spots radio et une interview. En 1999, Rhino réédite l'album avec deux titres bonus. En 2001, le label britannique Charly Records réédite l'album avec plusieurs titres bonus.
Contenu Même si la plupart des morceaux de l'album n'apparaît dans le long métrage que dans un arrangement instrumental, Curtis Mayfield s'inspire des thèmes du film pour écrire des paroles qui traitent de la vie des afro-américains dans les ghettos tout en dénonçant les dangers de la drogue et la corruption orchestrée par les dealers..
Little Child Runnin' Wild est une composition de « soul sensuelle matinée de funk » qui démarre sur une longue intro marquée par les congas de « Master » Henry Gibson et un orgue à la manière de Gregg Rolie de Santana.. Mayfield a commencé à écrire cette chanson trois ans plus tôt sans parvenir à la terminer, jusqu'à ce qu'il se mette à travailler sur la musique du film et que tout se mette en place comme par magie.. Pusherman, funk lascif, décrit malicieusement la personnalité du dealer. Le groovy Freddie's Dead, seul morceau sur lequel on peut entendre cette basse puissante caractéristique des premières productions de Mayfield, appuyé par des guitares wah-wah et une orchestration de cordes mélancolique, balance un « funk cool et classieux que n’aurait pas renié Parliament ».. Ce thème est présent dans la scène d'ouverture et à plusieurs autres moment du film. Junkie Chase, un instrumental funky jazz au rythme soutenu pour illustrer une scène de poursuite, avec des arrangements remarquables de Johnny Pate., est digne des meilleures séries américaines des années 1970.
Le rythme ralentit avec la balade sentimentale Give Me Your Love (Love Song), écrite pour la seule scène d'amour du film, dans un registre que Mayfield maîtrise à la perfection. La construction musicale de Eddie You Should Know Better s'appuie sur la caisse claire et la basse électrique tandis que la voix du chanteur se mêle à la guitare wah-wah et que les cordes et les cuivres brodent une parure harmonique chargée « B.O. de Superfly (Curtis Mayfield), soul symphonique et funk psychédélique? » Music XXL, (consulté le 29 septembre 2025).. Sur No Thing on Me (Cocaine Song), Curtis exhorte le junkie à décrocher.. Think, deuxième piste instrumentale, est un folk rêveur, avec un beau chorus de saxophone, qui agrémente une autre scène muette du film. L'album se termine sur la chanson titre, qui accompagne le générique de fin. Les paroles dépeignent subtilement la vantardise, plutôt que l'habileté, du personnage principal..
Réception et héritage Les critiques musicaux encensent Superfly. L'album est certifié disque d'or par la RIAA trois mois après sa sortie.. Bob Donat, de Rolling Stone, salue les thèmes antidrogue et d'auto-libération de Mayfield, et qualifie Superfly de « bande-son supérieure et imaginative, mais aussi de bonne musique funky et du meilleur des quatre albums de Curtis Mayfield depuis son départ des Impressions ».. Le critique rock Robert Christgau, du Village Voice, attribue la note de A− à l'album et complimente l'écriture de Mayfield. Robin Katz de Disc célèbre l'album, déclarant qu'il ne faut pas le prendre pour un « gros LP instrumental tonitruant. Curtis Mayfield y associe un message musical subtil à une voix douce et des paroles puissantes ». Il ajoute : « Les neuf titres de l'album m'étonnent toujours, et ce qui m'impressionne le plus, c'est la façon dont Mayfield équilibre son travail instrumental et ses paroles sans en faire trop. C'est une situation délicate, mais Mayfield la gère avec brio. ».. L'album lui-même, ainsi que les chansons Freddie's Dead et Junkie Chase, sont nominés aux . Le Grammy Award de la meilleure bande originale de film en 1973 est remporté par la musique du Parrain de Nino Rota..
Dans une critique de l'album en 2004, Rolling Stone attribue 5 étoiles sur 5 à Superfly, qualifiant l'album de « percée créative » de Mayfield. Charles Taylor du Boston Phoenix, dans un article sur Mayfield, estime que Superfly, Pusherman et Freddie's Dead « demeurent ses plus grandes réussites, aussi dures et impitoyables que n'importe quelle musique ayant jamais atteint les charts ».. John Bush d'AllMusic loue la substance lyrique et la sonorité de l'album, le qualifiant de « mélange de grooves profonds et sombres, de guitare wah-wah emblématique et de cuivres perçants ». Concernant son importance, Bush conclut en déclarant :
Dans une critique rétrospective pour Pitchfork, Mychal Smith souligne la pertinence politique des messages de Superfly pour la politique américaine du début des années 1970, en particulier les problèmes rencontrés par la population noire :
Dans la Virgin Encyclopedia of Popular Music (2002), Colin Larkin donne une note de cinq étoiles à l'album. Celui-ci est classé dans le All Time Top 1000 Albums de Larkin (, 2000).. En 2003, la chaîne VH1 nomme Superfly « meilleur album de tous les temps ». En 2003, l'album est classé sur la liste des « 500 plus grands albums de tous les temps » du magazine Rolling Stone., dans une liste révisée de 2012., et dans une liste révisée de 2020. En 1998, il est récompensé d'un Grammy Hall of Fame Award.. En 2007, le Rock and Roll Hall of Fame et la National Association of Recording Merchandisers (NARM) classent Superfly dans leur liste commune The Definitive 200, listant « 200 albums qui devraient figurer dans chaque collection ».. Le Rock and Roll Hall of Fame, en 1997, sélectionne aussi le titre éponyme comme l'une des « 500 chansons qui ont façonné le rock and roll ».. En 2019, l'album est sélectionné par la Bibliothèque du Congrès pour être conservé au « Registre national des enregistrements musicaux », pour son importance culturelle, historique ou esthétique..
Superfly marque le développement des genres hip-hop et rap. Il est cité comme une influence et samplé par des artistes comme Beastie Boys, The Notorious B.I.G., Erykah Badu, Snoop Dogg, Eminem, Chance the Rapper et Beyoncé. Le chanteur Bilal le cite parmi ses 25 albums préférés, expliquant : .. Mychal Smith note l'impact que Superfly a eu sur le genre des bandes originales de blaxploitation en particulier, notant que Mayfield avait « inspiré des imitations » telles que Trouble Man de Marvin Gaye, Across 110th Street de Bobby Womack, Black Caesar de James Brown et The Mack de Willie Hutch.
Liste des morceaux Toutes les chansons sont écrites par Curtis Mayfield.
Personnel Curtis Mayfield – chant, guitare, production Phil Upchurch – guitare Craig McMullen – guitare (tous les titres) Joseph « Lucky» Scott – basse (tous les titres) Master Henry Gibson – percussions (tous les titres) Tyrone McCullen – batterie (Pusherman) Morris Jennings – batterie (tous les titres sauf Pusherman) Harry "Slip" Lepp – trombone Roger Anfinsen – ingénieur du son Johnny Pate – orchestrations, arrangements Glen Christensen – direction artistique Milton Sincoff – packaging
Classements hebdomadaires Classement (1972-1973)Meilleure place (Canadian Albums Chart).38 (Billboard 200).1 (R&B Albums).1
Certifications PaysCertificationUnités certifiées (RIAA) Gold & Platinum, sur riaa.com.
Utilisations ultérieures De nombreux artistes reprennent les chansons de l'album Superfly, en particulier les titres Freddie's Dead, Superfly, Pusherman et Give Me Your Love. Dès 1973, plusieurs formations produisent des versions instrumentales de ces morceaux, comme Percy Faith, Funk, Inc., The Cecil Holmes Soulful Sounds ou The Superdudes. Le duo Young-Holt Unlimited enregistre ces quatre titres en version soul jazz sur un album intitulé Plays Super Fly. La pochette du disque s'inspire du film et utilise la même la typographie.. Plus tard, MFSB, Fishbone, The Blow Monkeys ou Sheila E. enregistrent chacun une de ces chansons. Lucky Peterson interprète Think en 2010.
Les chansons de l'album font également l'objet de nombreux samples par des formations de hip-hop, dont les Beastie Boys, Big Daddy Kane, Ice-T, The Notorious B.I.G., MC Hammer, OutKast, Master P, Mary J. Blige, Eminem et Snoop Dog.. Curtis Mayfield lui-même sample la chanson originale dans Superfly 1990, un duo enregistré avec le rappeur Ice-T.
Ces chansons sont parfois réutilisées dans d'autres films, comme Crooklyn de Spike Lee (1994), Madea Goes to Jail de Tyler Perry (2009), Dark Shadows de Tim Burton (2012), La Malédiction de la dame blanche de Michael Chaves (2019) et Copshop de Joe Carnahan (2021).
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des albums musicaux numéro un au Billboard 200 en 1972
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