Le château de Miolans est un ancien château fort situé sur la commune française de Saint-Pierre-d'Albigny dans le département de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Bâti au dans la combe de Savoie aux portes des vallées de la Maurienne et de la Tarentaise, il constitue le centre de la seigneurie puis de la baronnie de Miolans, ainsi que d'une châtellenie savoyarde à partir du . Le château est une prison de 1564 à 1792.
Le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du . et il est, depuis 1997, intégré à un itinéraire thématique de découvertes, Pierres-fortes de Savoie.
Localisation vignette|gauche|redresse=1.2|Le château surplombant la combe de Savoie face à la vallée de la Maurienne. Le château de Miolans est situé en Savoie sur les hauteurs de la commune de Saint-Pierre-d'Albigny, entre Montmélian et Conflans, au hameau de Miolans, à du bourg (commune de Chamousset).
Le château se dresse à d'altitude sur les contreforts de la dent d'Arclusaz (massif des Bauges).., à l'extrémité d'un éperon isolé par un double fossé, d'orientation est-ouest.. À proximité se trouve une source.. Il contrôlait le petit col entre Saint-Pierre-d'Albigny et Fréterive, un passage autrefois important. Cet éperon reste cependant ..
La fortification surplombe, néanmoins, de près le village du Bourget., lui-même installé à une soixantaine de mètres au-dessus de la plaine de l'Isère.
L'architecte des monuments historiques, Jules Formigé (1879-1960), dans un article publié en 1951 dans les Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, relève que depuis cette élévation les seigneurs de Miolans . En face, se trouve en effet le débouché de la vallée de la Maurienne.. Le château commandait surtout les principales routes des Alpes occidentales rejoignant l'Italie par la vallée de la Maurienne, en passant par les bourgs d'Aiguebelle, de Saint-Jean-de-Maurienne, via le col du Mont-Cenis et celle passant par Conflans et la vallée de la Tarentaise, avec Moûtiers, via le col du Petit-Saint-Bernard et menant vers Chambéry, Lyon, Genève et Grenoble.
Il faisait face aux châteaux d'Aiton, de Chamoux, de l'Heuille, de Châteauneuf et de Montmayeur.
Toutefois au niveau régional, son importance stratégique reste mesurée face aux forteresses des comtes de Savoie qu'étaient le château de Montmélian, en combe de Savoie, ou ceux de Maurienne dont Charbonnières..
Historique Origines Le site est très probablement occupé dès l'Antiquité. Des traces d'une occupation romaine (tuiles, poteries) sont retrouvées dans les environs.. L'ancienne voie romaine reliant Aoste (Italie) à Lyon (Gaule), par Vienne, par le Mont-Cenis, passe à proximité. Elle devient un axe majeure de communication au cours du haut Moyen Âge.
Le château est construit sur les vestiges d'un oppidum ou forteresse romaine, datant probablement du ., notamment la partie inférieure de la tour dite de Saint-Pierre. Il semble avoir été édifié par la famille de Miolans, au cours du .
La première mention de Miolans, Miolano-Meiolanum, remonte au (1015, notre style), d'après le cartulaire de l'abbaye de Saint-André-le-Bas de Vienne... Il s'agit d'une donation du roi à sa femme Ermengarde.
En 1081, une charte cite la chapelle castrale, qui servira plus tard d'église paroissiale., jusqu'au . Cette dernière semble avoir été édifiée en dehors de l'enceinte romane..
Forteresse de la famille de Miolans vignette|gauche|redresse=.6|alt=Armes de la famille de Miolans, d'or à la croix de gueules.|Armes des seigneurs de Miolans. La famille de Miolans semble être à l'origine de l'évolution de l'édifice en forteresse à partir du . La famille de Miolans est l'une des plus importantes de la Savoie Propre, après celle des Seyssel..
Les premiers membres de cette famille à être mentionnés sont Guifred et Nantelme, seigneurs de Miolans, dans deux chartes de 1081 et 1083. Un Anthelme de Miolans est qualifié dans une charte de 1090 de « vir illustrissimus ». (cf. vir illustris). Les membres de cette famille sont nombreux dans l'entourage des comtes de Savoie au cours de la période médiévale. Ainsi le baron Geoffroy de Miolans accompagne le comte à la deuxième croisade, en 1146. Le baron de Miolans aurait rapporté de Jérusalem trois épines de la couronne du Christ et les aurait placées dans la chapelle castrale, « in capella arcis Miolani ». Ces reliques seront déposées, en 1381, dans le couvent des frères ermites de Saint-Augustin, que vient de fonder Jean de Miolans.
L'édification du donjon d'habitation quadrangulaire remonterait, pour son socle, au .
En 1263, Anthelme de Miolans reconnaît tenir son fief le château, la terre de Miolans avec haute, moyenne et basse justice, ainsi que d'autres droits, au nouveau comte . En 1360, un autre Anthelme de Miolans est fait châtelain des terres et du château de Miolans par le comte .
À partir de 1380, Jean de Miolans, époux d'Agnès de Roussillon, conseiller du comte , fait remanier le château, met en place un système de fortifications agrémenté d'un deuxième donjon et le fait compléter par une troisième tour, dite de la « Sauvegarde ».
Le , de Miolans est investi du château.
Aux alentours de 1475, la famille de Miolans se lie avec la puissante famille de Montmayeur..
La seigneurie de Miolans est érigée en baronnie en 1497, à la faveur du maréchal Louis de Miolans. L’intérêt stratégique du château n’échappe pas au duc de Savoie car selon un acte de 1513, après s’être opposé à la fortification du château, il aurait exigé en contrepartie que celui-ci entre dans le domaine ducal si un héritier mâle faisait défaut aux Miolans. Il semble que le maréchal de Miolans ait anticipé cette disposition l’année précédente en instituant divers héritiers successifs, avec un premier plan son fils, Jacques (III) de Miolans, puis le fils aîné de sa fille aînée, puis celui de sa seconde fille, voire au second si besoin est. À défaut d’héritiers mâles, il institue sa fille Claudine. En 1523, de Miolans, dernier mâle de la famille, fils du maréchal Louis de MiolansAbbé ., meurt en Italie..
Claudine de Miolans devient la dernière héritière de la famille. Cette dernière est promise à Guillaume de Poitiers, comte de Saint-Vallier, seigneur de Sérignan, frère de Diane de Poitiers. Toutefois, Guillaume de Poitiers étant un étranger à la Savoie, une demande d’autorisation auprès du duc est nécessaire et celui-ci ne souhaite pas la donner, ne souhaitant pas que la forteresse tombe entre les mains d'un seigneur français. Il obtient de la Dame de Miolans une transaction les 21- où cette dernière cède tous ses biens et droits situés entre les mandements de Montmélian et de Tournon, en échange d'un compensation. D'autres prétendants, originaire du duché lui sont présentés. Après plusieurs tractations, devant la volonté de Claudine de Miolans d’épouser Guillaume de Poitiers, le mariage est consenti par le duc, sachant qu'il avait déjà fait saisir l'ensemble des biens de la famille tant en Savoie qu'en Piémont.
Entrée dans le domaine ducal de Savoie vignette|gauche|Le château de Miolans (1691). Le duc de Savoie prend officiellement possession de la seigneurie de Miolans et de son château le . Le duc le fortifie alors et transforme l'antique maison forte en véritable forteresse.
En 1523, Urbain Mallet, nouveau gardien, reçoit les clefs du château. Jean de Vulpillière devient le premier gouverneur de la place forte le . Guillaume de Poitiers, seigneur de Sérignan, est investi seigneur de Miolans, le .. Cette nomination va à l'encontre de la tractation avec la dame de Miolans précédente. L'historien local, le prête Raoul Naz (1889-1977), avance l'hypothèse suivante est appliqué.
En 1536, le roi de France envahi le duché de Savoie et le château est occupé.. Lors de l'occupation française le château servira de logement à une garnison de 1536 jusqu'au . le restitue au duc de Savoie, Emmanuel-Philibert, son oncle, en 1559.. Le gardien du château est Urbain d'Arvillard. Ce dernier fait quelques difficultés à le rendre, obligeant le duc à se pourvoir d'une lettre, en date du . Le château rentre dans le domaine ducal savoyard.
François-Annibal de Seyssel en est en 1599 le gouverneur..
Le château n'a pas été entretenu durant la période d'occupation. Son usage comme forteresse n'est plus possible, on envisage alors une nouvelle fonction.
Transformation en prison ducale Le duc Emmanuel-Philibert de Savoie transforme le château en prison d'État en 1564. Ce n'est qu'en 1792 que cette fonction prend fin. On lui donna parfois le nom de « Bastille savoyarde ».. La connaissance de son fonctionnement provient notamment des rapports et des comptes qui nous sont parvenus.
La prison est placée entre les mains d'un capitaine-concierge, devenu gouverneur.. Vingt-huit, dont deux seuls ne furent pas d'origine savoyarde, se succèdent jusqu'à la fin de la prison en 1792. Le premier d'entre-eux est Antoine Bergier, en 1575, il porte le titre de capitaine et de concierge. Les auteurs de l'ouvrage Miolans, prison d'État (1879) ont donné le capitaine Jean de Vulpillère en 1529..
1563-1570 : noble Jean Albert, seigneur de la Fontaine, capitaine et concierge ; 1570-1575 : noble Jean-Philibert Roget, capitaine ; 1575 : noble Antoine Bergier, capitaine et concierge ; 1579-1584 : seigneur Maffrey de la Charnée, capitaine ; 1585 : Laurent Gastaldo de Grolias, capitaine ; 1586-1600 : noble Jacques de Cérisier, écuyer et seigneur d'Argis en Bugey, capitaine ; 1601-1609 : Jean-François Seissel, capitaine d'infanterie, commandant du fort et préside de Miolan ; 1609-1618 : seigneur Jérôme Malabajla, colonel, gouverneur du château et préside de Miolan, sous l'autorité du gouverneur de Montmélian ; 1619-1625 : seigneur Jean-Baptiste Monizza, de Savillan, capitaine entretenu de Montmélian, commandant ; 1624-1639 : noble François de Guidebois, capitaine entretenu à Montmélian, capitaine commandant, puis gouverneur ; 1639-1642 : noble Pierre de Lornay, seigneur de la Grimottière, capitaine entretenu à Montmélian ; 1642-1650 : noble André-Maurice de Puencet, gouverneur ; 1650-1666 : noble Louis de Quintal, gouverneur ; 1667-1686 : noble Claude-Henri de Fauges, gouverneur ; 1686-1689 : noble Pierre Corbeau-Labauche, gouverneur ; 1696-1697 : Pierre-Hyacinthe de Bellergard, commandant le préside de Miolan ; 1697-1703 : comte Pierre-François-Marie Torzano, gouverneur ; 1713-1734 : le chevalier Pierre Le Blanc, de La Rochette, colonel d'infanterie, gouverneur. Ce dernier possède une , il semble qu'. Il meurt en fonction ; 1734-1735 : Michel Antoine Bos, gouverneur provisoire ; 1734-1742 : chevalier Étienne Leblanc, de La Rochette, gouverneur, frère du précédent. ; 1748-1756 : chevalier Étienne Leblanc, de La Rochette, gouverneur 1757-1773 : Louis de Launay ou Delaunay, commandant ; 1773-1780 : chevalier Joseph-François de la Balme, commandant ; 1780-1781 : de Buttet, major de cavalerie au fort de Miola, chargé du commandement ; 1780-1783 : noble Marc-Claude de la Pesse, commandant ; 1783-1787 : Jean-François Pittit, major, commandant ; 1787-1788 : vassal Charles_julien Gavand, lieutenant-colonel d'infanterie, commandant ; 1788-1792 : François Antonioz, lieutenant-colonel d'infanterie, commandant.
La forteresse aurait accueilli plus de 200 prisonniersConférence Pierre Le Blanc de Cernex, « Un gouverneur de Miolans au . 1715-1734 », séance du de l'Académie florimontane., principalement des . Elles le sont généralement sans avoir eu affaire à la justice, par lettres de cachet, soit sans limite ou à perpétuité. Parfois ces derniers sont tenus au secret et ne sont désignés que par le nom de la cellule où ils sont enfermés. Toutefois, des criminels de droits communs se trouvent également enfermés dans la place et la place a pu servir de maison de correction pour quelques jeunes aristocrates.