La maison de Miolans est un lignage noble, mentionné dès la fin du , originaire de la Combe de Savoie. Son berceau est le château et le fief de Miolans, dans l'actuelle commune de Saint-Pierre-d'Albigny. La branche aînée s'est éteinte au début du .

Le chanoine Jean-Louis Grillet, dans son inventaire exhaustif du patrimoine de Savoie paru en 1807, signale cette famille comme l' (lire en ligne)..

Les Miolans comptent deux évêques, deux maréchaux de Savoie, des officiers et hommes de guerre au service des comtes puis ducs de Savoie.

Histoire Origines vignette|gauche|Le château de Miolans à Saint-Pierre-d'Albigny. La famille de Miolans émerge vers la fin du avec l'affirmation de son pouvoir à partir du château de Miolans. Cette position permet le contrôle de pratiquement tout le territoire de la combe de Savoie menant sur la Savoie Propre et le Dauphiné, et notamment les voies d'accès au Petit-Saint-Bernard via la Tarentaise, et au Mont-Cenis, via la Maurienne.. Cette famille semble s'être, selon l'historien Bernard Demotz, proclamée vicomte d'Aiguebelle. Sa puissance s'appuie non seulement sur son château, mais aussi celui des Urtières/Hurtières, près d'Aiguebelle permettant un droit de regard sur les mines des environs, depuis le (lire en ligne)..

Les Miolans pourraient appartenir au lignage (groupe parental) des Guiffred de Miolans-Charbonnières, selon l'historien local, l'abbé Félix Bernard (1883-1972), dits originaires du Viennois, tout comme l'autre grande famille de la région, les La Chambre... Bernard (1950), sans pouvoir affirmer le degré de parenté, affirme. que ces deux familles sont issues des Guiffred et que l'on trouve le nom d'Amblard et de Richard chez chacune.

Dans un autre ouvrage de paru en 1967, l'abbé Bernard précise son analyse en indiquant que . De la viendrait le dicton, relevé par Ménestrier (Recherches du blason, , ), ..

Ces principaux membres semblent ainsi détenir des droits en Maurienne, puisqu'ils se proclament vicomte d'Aiguebelle. Michelland (1967) considère, à la suite de Bernard, qu'ils doivent posséder la vicomté de Maurienne, depuis 1081. Les premières mentions de membres de cette famille remonte à la fin du , avec Guifred (ou Guiffred/Wuiffred, Witfredus) accompagné de son fils Nantelme (), entre 1073-1084.. Domnus Witfredus de Miolano est mentionné vers 1080 (?), dans une confirmation de donation en tant que suzerain. Son fils, Nantelme, fait une donation d'une partie de l'église de Saint-Pierre-d'Albigny à l'abbaye de Saint-André-le-Bas de Vienne, à la même période. Les deux donnent leur approbation lors d'une donation de l'évêque de Maurienne Arthaud, vers 1075-1080..

Dans les documents médiévaux et les travaux qui en sont issus, le personnage de Nantleme, peut être également traduit par les formes Antelme, Anthelme. Il est dit aussi Nantelin de Charbonnières.

Un Nantelme fait une donation au prieuré de Bellevaux, dans le massif des Bauges, pour le repos de son père Guiffrey (vers 1080 ?).... L'acte mentionne ses parents (indication des variations selon les auteurs) : son frère, Amblard, son neveu, Guiffrey, et sa sœur Emène (Naz, 1965) ; (Michelland, 1967) ; , pour Lovie (1979)..

Les comtes de Savoie n'ont pu les obliger à leur rendre hommage, selon Grillet, qu'à titre de vicaires du Saint-Empire romain germanique..

Une puissante famille seigneuriale () La famille apportent des libéralités au clergé. Deux membres de la famille font des donations à la Chartreuse d'Aillon (Bauges). Au siècle suivant, un autre Nantelme fait la donation (1251) de la montagne de l'Arclusaz (Bauges) à l'abbaye du Betton.

Un Nanthelme de Miolans est proche du comte de Savoie Thomas , il est désigné comme tuteur du jeune Aymon de Faucigny.. Il reste suffisamment longtemps au service de la maison de Faucigny pour être cité comme son témoin à deux reprises en 1226 et 1229..

Guiffred de Miolans prête hommage en pour le château de Saint-Cassin et les terres associées, et il reçoit les deux tiers de la montagne de La Thuyle. (Bauges).

Dans un acte publié le , Nanthelme de Miolans rend hommage pour son château de Miolans au comte de Savoie, ainsi que pour la moitié de Puigros, le château de La Chambre, apparaissant comme le maître de la vicomté d'Aiguebelle.... L'acte est renouvelé en 1273, en présence de l'évêque de Belley.

L'influence de la famille sur la région permet d'obtenir la désignation de deux évêques de Maurienne, Aimon (1273/76-1301), puis Aimon II, dit d'Urtières (1308-1334).. Plusieurs membres sont chanoines de Saint-Jean-de-Maurienne, entre le et le ..

Un acte du , nous indique que Nantelme [I] († 1281) dit seigneur de Miolans et de Morestel, en Dauphiné, lègue à ses fils, Guiffred et Antelme/Nantelme, ses biens de Morestel et qu'ils en sont désormais les seigneurs. La date de possession de Morestel par les Miolans reste inconnue, toutefois selon une charte estimée entre 1110 et 1130, font une donation l'église Saint-André de Vienne et à Saint-Genis. L'abbé Bernard (1969), tout comme Gustave de Rivoire de La Bâtie (1867)., considère que la famille de Morestel, notamment après l'analyse de l'usage des prénoms, .

En 1280, Pierre de Saint-Cassin vent ses derniers droits sur son château à Nantelme [II] de Miolans, par un acte signé à Clarafond, sous les auspices de l'évêque de Maurienne, Aimon , de Miolans, son frère. Un acte subséquent est signé au château des Hurtières quelques mois plus tard. En , Nantelme [II], seigneur de Miolans et de Saint-Cassin, confirme une donation faite par son père à la Grande Chartreuse. En , Antelme, seigneur de Miolans et de Morestel donne en fief ses biens possédés dans la paroisse de Saint-Sorlin. Dans plusieurs actes de la fin de ce , Nantelme et son frère Guiffred semblent obtenir .

Lors du conflit delphino-savoyard, Humbert de La Tour, dauphin de Viennois, s'empare du château de Morestel (1299/1301) arguant que celui-ci relève des seigneurs de La Tour. Lors du traité de Villard-Benoît, en 1314, Morestel est reconnu comme relevant implicitement de la suzeraineté delphinale plaçant les Miolans, qui relève de la Savoie, dans une position difficile.

Les Miolans-Urtières Selon les auteurs du , le généalogiste Amédée de Foras et Camille Foray, auteur d'une monographie sur la seigneurie des Urtières, la famille d'Urtières est un rameau des Miolans.. L'abbé Bernard partage cette hypothèse en faisant des Miolans les seigneurs d'Urtières..

Foras indique que la seigneurie d'Urtières est séparée de celle de Miolans à la fin du . L'historien local, Georges Chapier (1946), souligne que .. Cependant Adolphe Gros (1948) fait remarquer que si cette famille était ..

Cette famille possède le château des Urtières/Hurtières (de Urteriis), situé à Saint-Alban-d'Hurtières, près d'Aiguebelle, en Maurienne. Selon Foras, la seigneurie d'Urtières est séparée de celle de Miolans à la fin du . La seigneurie comprend les villages de Saint-Georges, Saint-Alban et de Saint-Pierre-de-Belleville., mais surtout des mines de fer (lire en ligne).. Cette ressource stratégique sera à l'origine de plusieurs tensions avec les évêques de Maurienne et surtout les comtes de Savoie.

Le premier seigneur d'Urtières à être mentionné est Antelme/Nantelme (de Miolans ?), dans un contrat du où ce dernier revendique ses droits sur la seigneurie face aux prétentions du comte de Savoie. Le désaccord voit le seigneur Antelme/Nantelme obtenir gain de cause face au comte, ce dernier n'obtenant que la suzeraineté sur le château. Cependant, Antelme/Nantelme n'abuse pas de ce conflit et préserve la paix avec le puissant seigneur.

Vers 1299, les fils d'Antelme/Nantelme, Jean et Aymon, futur évêque, sont mentionnés comme héritiers d'Urtières.

Puissance féodale aux et La puissance de la famille s'accroit au cours des siècles suivants notamment par l'obtention d'offices et de charges auprès des princes de Savoie. Plusieurs reconnaissances féodales permettent de connaître l'étendue de son pouvoir féodal..

Jean d'Urtières, fils de Nantelem/Antelme, dit Jean de Miolans d'Urtières, effectue une carrière de châtelain depuis au moins l'an 1299. Après l'obtention de l'office de bailli en Bugey, vers 1311, il devient vidomne de Genève et châtelain de l'Île (1317-1318).. Son fils, Nantelme/Antelme d'Urtières, épouse en 1354 Alix/Alice (1368), fille du prince Philippe de Savoie-Achaïe, appartenant à une branche parente du comte Amédée VI.

En 1324, Anthelme de Miolans rend hommage et reconnaissance pour son château auprès du comte Édouard de Savoie. En 1330, c'est au tour de son fils, Rodolphe de Miolans de faire hommage au nouveau comte, Aymon. Deux ans plus tard, Rodolphe de Miolans . Le document précise que le seigneur de Miolans, selon Bernard (1956), .. L'année précédente (), Rodolphe, rend hommage pour son château de Bonvillard.

Le , Pierre d'Urtières, fils d'Antelme/Nantelme, reçoit l'investiture pour son fief par le comte Aymon. Il est châtelain des Bauges de 1341 à 1344. Des tensions opposent les deux hommes à propos de la possession des droits sur les mines de fer situées dans la seigneurie d'Urtières (lire en ligne).. Dans une transaction du , les deux seigneurs obtiennent chacun la moitié des droits sur les mines ou celles à découvrir... Les évêques de Maurienne ont tenté de rappeler que la seigneurie d'Urtières relevait du pouvoir épiscopal et donc d'avoir certaines prétentions sur les mines. Pierre d'Hurtières fait partie des conseillers administrant les États de Savoie, pendant la minorité du comte Amédée VI..

Le neveu du seigneur Rodolphe de Miolans, Anthelme de Bonvillard, hérite des biens et des titres et reçoit l'investiture du comte Aymon, le . Le , Anthelme est investi pour sa terre par le nouveau comte, Amédée VI.

Antelme/Nantelme, frère de Pierre d'Urtières, hérite des droits de ce dernier à sa mort, et reçoit l'investiture du comte Amédée VI, le . Antelme/Nantelme a deux fils, Amédée et Aymar. Amédée VI, aliène en 1361 la baronnie de Prangins, en Pays de Vaud à Aymar de Miolans d'Urtières, fils de Nantelme/Antelme de Miolans d'Urtières, qui est issu d'un premier lit. Antoine de Miolans d'Urtières, unique fils d'Aymar, se voit inféodé la seigneurie d'Yvoire, en 1366, par le comte, dont il est l'un des conseillers.. Antoine de Miolans d'Urtières meurt en 1403 sans héritier, donnant lieu (Galbreath). Ainsi le , les droits des seigneurs d'Urtières, ainsi que ceux des Miolans, passent au comte Louis de La Chambre (lire en ligne)..

Jean de Miolans († ), fils d'Anthelme, reçoit l'investiture pour Miolans du comte Amédée VI, le .. Jean de Miolans est chevalier, également seigneur d'Albeterre et des UrtièresArticle (?), Mémoires et documents, Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, 1961, ., ainsi que conseiller du jeune comte Amédée VIII de Savoie. Il fonde, en , un couvent d'ermites de Saint-Augustin, à Saint-Pierre-d'Albigny. Au cours de cette période, de 1380 à 1416, il fait en partie reconstruire le château de Miolans. Il épouse, vers 1380, Agnès de Roussillon, fille d'Aymar, seigneur d'Anjou (Dauphiné) et de Marguerite de Miribel, héritière des terres de Faramans et d'Ornacieu.. Ils ont deux fils, Louis et Jacques [I].