La basilique Notre-Dame-de-Bon-Secours de Guingamp se situe au cœur de la cité historique de Guingamp, en Bretagne.
Histoire vignette|gauche|220px|Statue de Notre-Dame de Bon-Secours
En 1093, le comte de Guingamp, hérite du comté de Penthièvre à la mort de son frère aîné, .. Il donne alors de l'envergure à la ville et à ses alentours. À l'intérieur des murs, l'ancienne chapelle du château devient vite une paroisse respectée et influente.
Au , l'église connue aujourd'hui sous le nom de Notre-Dame-de-Bon-Secours porte les vocables successifs de Saint-Pierre et de Saint-Paul avant de porter celui de l'église de la Bienheureuse-Marie de Guingamp, lieu de pèlerinage marial.
Au début du , l'écroulement d'une très grande partie de l'église entraîne la nécessité de grand travaux de reconstruction. Ils durent plus de cinquante ans et s'achèvent vers 1350 sous le règne de Charles de Blois. Le duc participe à l'édification de la sacristie dont il pose lui-même la première pierre et à celle du grand autel. Marquées par la guerre de Succession de Bretagne et par les différents sièges qui se succèdent lors des guerres de la Ligue, l'église et la ville sont malmenées. Il faut attendre le milieu du et plusieurs évènements successifs pour que la célébrité de l'église Notre-Dame et le culte de la Vierge-Marie, jusque là discret, prennent de l'importance.
Le premier événement a lieu en , lorsque le pape Nicolas V accorde « cinq ans d'indulgence et cinq quarantaines à ceux qui visiteront le jour de la nativité de la Sainte-Vierge () l'église Notre-Dame ruinée à cause des guerres. » Le second événement a lieu en 1466, lorsque la confrérie des disciples de Notre-Seigneur-Jésus-Christ, dont on dit que le duc de Bretagne Pierre II de Bretagne, mort en 1457, aurait été membre, prend le nom de Frairie Blanche. Cette assemblée est au début un groupe fraternel de Guingampais des trois ordres : le clergé, la noblesse et le peuple. Le troisième événement a lieu le , lorsqu'une bulle du pape Paul V accorde une indulgence plénière en faveur de la Frairie Blanche. Elle concerne : « tous les confrères qui, vraiment pénitents, confessés et communiés visiteront ladite église de Notre-Dame de Guingamp, au jour et fête de la Visitation de la bienheureuse Vierge Marie, qu'on a coutume de célébrer chaque année le premier dimanche de juillet ». Enfin, le quatrième événement, et le plus important, a lieu en 1650, lorsqu'un grand pèlerinage régional s'organise autour de l'église Notre-Dame et de sa Vierge-Marie. À partir de cette date, l'aura de la basilique prend une grande ampleur.
En 1669, le pèlerinage de Notre-Dame devient « le premier pèlerinage du diocèse » et le , jour de l'Annonciation, le culte de la Vierge du Portail devient dévotion à ITRON VARIA GWIR ZICOUR - Madame Marie du vrai secours, Notre-Dame du Bon Secours. Dans son livre Les riches heures de Guingamp, Hervé Le Goff rapporte d'ailleurs le témoignage d'un notaire de Guingamp, Pierre Hamon : « L'on a bény le don faict par les habitants de Guingamp à la Vierge soubs le nom de Nostre Dame de Bon Secours et ensuite l'on a porté ledict don par la ville en procession généralle. J'ay payé pour ayder à avoir l'image de ce don 15 s. ». Cette ferveur ne se dément pas durant tout le .
Notre-Dame de Bon-Secours a pris très tôt le titre de paroisse ainsi que d'autres églises : Saint-Léonard, Saint-Michel et surtout La Trinité. Mais, après le passage de la Révolution française, avec le pillage et la destruction de nombreux autres édifices religieux, la signature du Concordat du entre Napoléon Bonaparte et Pie VII, laisse Notre-Dame-de-Bon-Secours seule paroisse en activité. Il faut attendre 1857 pour assister au couronnement de la Vierge sous le pontificat de Pie IX et le pour qu'une bulle papale de Léon XIII érige ce sanctuaire en basilique mineure.
On estime que la construction de la basilique débute donc avec le et s'achève avec le . Plusieurs restaurations rendues nécessaires à cause des aléas de l'histoire ou du temps ont lieu durant les siècles qui suivent et transforment profondément le visage de la basilique.
On pourrait ainsi rappeler bon nombre de malheureux événements, mais l'on en rapportera que quelques principaux. En 1535, après un ouragan, une tour collée au portail occidental s'effondre et entraîne avec elle le portail ouest, la nef latérale, une partie de la grande nef et endommage les orgues et quelques maisons avoisinantes. À la Révolution, les républicains vident la basilique de ses coffres et de ses armoires. Des enfeus ainsi que des autels sont détruits. Le porche Notre-Dame vandalisé est méconnaissable. Ce dernier devient un corps de garde, la sacristie une prison, l'église une écurie. On y entasse des bottes de foin, on vend tout ce qui peut se vendre et brûle tout ce qui brûle. Enfin, durant la Seconde Guerre mondiale, à la Libération, le , un obus américain détruit la partie supérieure de la tour du centre ou tour pointue.. Les Américains pensaient, à tort, qu'elle était le refuge de quelques soldats allemands alors qu'il s'agissait de maquisards ayant installé un poste d'observation dans le clocher. La dernière grande restauration date du et fut entreprise sous l'impulsion du curé de l'époque acteur du couronnement de la Vierge, Jean-Marie Robin. Elle concernait aussi bien l'extérieur de la basilique (porches, voûtes…) que l'intérieur (vitraux, autels, statues…).
Ni l'histoire, ni les aléas du temps n'ont épargné la basilique Notre-Dame-de-Bon-Secours. Mais celle-ci se voit depuis tout temps protégée d'un côté par la générosité de milliers de donateurs célèbres ou inconnus et d'un autre côté par le talent de nombreux maîtres d'œuvre.
La basilique est classée au titre des monuments historiques en 1914..
Les différentes étapes de construction vignette|240px|La basilique Notre-Dame-de-Bon-Secours de Guingamp (collatéral sud). vignette|240px|Le labyrinthe de la basilique.
ou : L'époque précise de construction reste indéterminée. Des éléments anciens, romans, sont visibles dans les piliers, les murs et les arcs d'ogives du carré du transept.
Édification de l'oratoire Notre-Dame et de la partie nord de la nef.
Édification du chœur (excepté le chevet), des extrémités du transept et de la partie nord qui suit l'oratoire Notre-Dame dont la sacristie (excepté les adjonctions de la sacristie).
Construction du chevet et du déambulatoire ; Consolidation des piliers de la croisée du transept ; Réfection des vitraux de la partie est.
Réfection du bas-côté sud et du portail occidental ; Construction de la Tour Renaissance et de la partie sud de la nef.
Transformation du mur sud, agrandissement de l'oratoire Notre-Dame et réfection des orgues.
Consolidation du massif nord-ouest.
Restauration quasi complète de la basilique : vitraux, statues, porches, façades, etc. ; Réfection des orgues.
Restauration de la Tour du Centre, parvis sud, vitraux du bas-côté sud.
En détail La tour Pointue Elle se situe au centre de la basilique. Haute de cinquante sept mètres, elle est surmontée d'une flèche octogonale en granit à l'extrémité de laquelle on peut distinguer un coq perché sur sa croix en fer forgée de trois mètres de hauteur et admirant la vue. Quatre clochetons agrémentent cette tour, qui en compta trois pendant longtemps, et chacune des faces du premier étage est flanquée d'une grande baie. Elle a été détruite par les Américains à la Libération.
La tour Renaissance La tour Renaissance se situe du côté sud de la façade occidentale de la basilique. Elle fut érigée au ., ce qui permet aux visiteurs d'admirer le style Renaissance. Ces pans carrés sont en granit poli. Des moulures soulignent ses deux étages. Une tourelle contient l'escalier qui permet d'accéder au premier étage d'où l'on peut admirer les colonnettes du balcon, les grandes baies de la chambre aux cloches et sur la plate-forme ainsi qu'au sommet, des canaux en forme de canons, braqués dans toutes les directions.
La chambre des cloches a été restaurée en 1988 et contient plusieurs cloches. Chacune d'elles porte un ou plusieurs noms : La Grignouse, Marie-Louise-Mathias, Adrienne-Joséphine-Louise-Marie et Erwann-Maurice. La plus grosse pèse deux tonnes et porte une inscription qui donne des informations sur son origine : « Fondeurs Guyomark. L'an 1568 fut feit ceste cloche pour servir Dieu et Notre-Dame de Guingamp, par Gérome Gégou, gouverneur de ce chapelle, le fit faire ».
La plus ancienne fut fondue en 1430 et ne résonne plus. Elle se situe aujourd'hui au niveau de l'absidiole sud et porte l'inscription suivante : « M CCC XXX . B.Michel - O.Pennec – M.A.Brun - Fabrice ».
Une autre cloche, la plus petite, appelée « la Grignouse » date de 1434 et pèse 170 kg. On notera que la cloche la plus grosse et « la Grignouse » sont classées par les Monuments Historiques.
En poursuivant l'observation de cette tour, on remarquera, au niveau du portail occidental, quelques phrases qui nous renseignent sur son origine. On pourrait les résumer ainsi : le , une tour au sud-ouest collée au portail occidental s'effondra entraînant avec elle le portail ouest, la nef latérale et une partie de la grande nef. Elle endommagea aussi les orgues et quelques maisons alentour. La première pierre de cette nouvelle tour fut posée un an après pour remplacer l'ancienne. C'est le style Renaissance qui fut choisi selon les dessins de Jean Le Moal. Enfin, à l'intérieur, la porte de l'escalier de la tour Renaissance donne accès à une salle haute appelée l'Arsenal. Celle-ci servit de dépôt d'arme et de munitions à la Révolution.
Plusieurs maîtres d'œuvre se succédèrent à l'édification de la tour : Jean Le Moal, Gilles Le Nouesec - 1548 à 1554, Jean Le Cozic - 1566 à 1570, Yves Auffret - 1574 et 1580. La charpente fut construite, quant à elle, par Rolland Montfort de Saint-Agathon. Au-dessous de la tour, les deux fenêtres de la chapelle formées de pierres taillées en forme de fleur de lys furent montées en 1581 par Yvon Auffret et la grande vitre aux orgues fut réalisée en 1624 par les maîtres picoteurs Alain Raperou et Jan Lelouet. Enfin, le granit de la tour semble provenir d'après S. Ropartz, de plusieurs endroits : la perrière de Kerempilly (Bourbriac), la carrière de la Dame du Parc (Scouasel) et les perrières de Kerlosquer.
La tour de l'Horloge La Tour de l'Horloge se situe sur le côté nord de la façade occidentale. C’est la partie la plus ancienne de l'église après les substructions romanes. On notera la grâce de cette tour, avec ses arcs d'ogives élancés, surmontés de gables aigus et moulurés. Le toit carré à quatre pans en ardoises, est flanqué d'une tourelle octogonale surmontée d'un balconnet, ancienne tour de guetteur. Cette tourelle renferme une horloge du qui est en 1471 à l'origine d'un conflit entre le promoteur de l'évêque de Tréguier et le procureur des bourgeois. Les timbres qui sonnent les quarts d'heures sont joints à la cloche en 1688. En 1780, la tour est fortifiée par un éperon en granit bleu et en 1980, le clocheton qui surmonte le toit est supprimé. À l'intérieur, se trouve la chapelle du bienheureux Charles de Blois qui contient le tombeau des chanoines Yves-Marie Lemen (curé de Guingamp de 1919 à 1940) et Pierre Le Maigat (curé de Guingamp de 1950 à 1964).
Le portail Notre-Dame vignette|Le portail Notre-Dame.