La Sierra Leone, en forme longue la république de Sierra Leone (en et en langue krio : Salone), est un État d'Afrique de l'Ouest, d'une superficie de , peuplé d'environ 8,46 millions d'habitants en 2023. Il est situé entre la Guinée (du nord-ouest jusqu'à l'est), le Liberia (au sud-est) et l'océan Atlantique (de l'ouest jusqu'au sud-ouest).
En 1808, le Royaume-Uni commence à coloniser le territoire. Le pays accède à l'indépendance en tant que royaume du Commonwealth en 1961 comme le dominion de Sierra Leone. En 1971, le premier ministre Siaka Stevens devient président en transformant le pays en république présidentielle avant de déclarer le Congrès de tout le peuple (APC) parti unique en 1978. En 1985, Joseph Saidu Momoh lui succède et introduit le multipartisme en 1991. Une guerre civile brutale éclate cette année-là, entre le gouvernement et les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF). Au cours de la guerre (1991-2002), le pays a connu trois coups d'État et deux périodes de régime militaire. La guerre se termine en 2002 après une intervention militaire britannique menant à la défaite définitive du RUF. Depuis, le pays demeure relativement stable, gouverné par un régime civil depuis 1998. Les deux partis politiques principaux sont l'APC et le Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP).
La Sierra Leone fait partie de la CEDEAO. Ce pays est l'un des plus pauvres de la planète. Avec un indice de développement humain (IDH) de 0,458 en 2022, il est le sur 193 au niveau mondial.
L'anglais est la langue officielle et le krio, un créole basé sur l'anglais, sert comme langue véhiculaire entre les différents groupes ethniques du pays. Les deux principales religions pratiquées sont l'islam (78 %) et le christianisme (21 %).
Histoire
Sierra Leone au temps de l'empire du Mali L'historien nommé Massing Andreas a apporté une nouvelle lecture des sources portugaises montrant une implantation provinciale de l'Empire du Mali dans l'actuelle Sierra Leone. Les peuples de cette côte furent répartis en quatre royaumes, eux mêmes subdivisés en chefferies ou principautés : le royaume de Bulom (des îles de Los au cap Tagrin), le royaume de Loko (autour de Port-Loko), le royaume de Bouré (du chenal de Sierra Leone à l’île Sherbro) et le royaume de Sherbro.
Freetown, sanctuaire des Noirs affranchis d'Amérique Plusieurs dizaines de milliers d'esclaves noirs ont été affranchis par les Anglais en Caroline du Sud, mais aussi en Géorgie ou encore dans le Maryland, pendant la guerre d'indépendance américaine, en échange de leur affranchissement collectif, notamment dans le sillage de la (1775) et la (1779), au tout début de ce conflit, à l'issue duquel ces loyalistes noirs seront évacués au Canada, resté une des possessions anglaises importantes puis participeront à la création de la Sierra Leone.
Les Britanniques qui fondent Freetown en 1787 y installent des esclaves affranchis.
L'indépendance en 1961 Le , le pays obtient son indépendance comme le dominion de Sierra Leone, un royaume du Commonwealth. Initialement, l'indépendance était prévue pour , mais à cause de luttes entre ethnies, le pays connaît une grande instabilité politique. En 1964, Albert Margai remplace son frère Milton Margaï comme Premier ministre.
En , Siaka Stevens, chef du parti Congrès de tout le peuple (APC), remporte les élections, mais son accession au pouvoir en tant que Premier ministre est retardée jusqu'en par une série de coups d'État militaires.
Le , Siaka Stevens instaure un régime présidentiel puis déclare l'APC parti unique en 1978. Il commence alors à tenter d'assainir la vie politique, en luttant contre la corruption par exemple. Mais il abandonne vite cette voie pour exploiter les mines de diamants au nord du pays.
Le , avec quatorze autres pays, la Sierra Leone fonde la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest.
Siaka Stevens laisse sa place au commandant en chef des armées, Joseph Saidu Momoh, en , et il est officiellement élu président en .
En , Joseph Saidu Momoh décrète « l'état d'urgence économique ». Des mesures draconiennes d'austérité sont prises. Mais l'exploitation des mines de diamants continue toujours de rapporter beaucoup d'argent aux principaux chefs du régime.
En dépit de la transition démocratique engagée en 1991 par Saidu Momoh, il est renversé par un coup d'État du jeune capitaine Valentine Strasser. Celui-ci doit faire face à une rébellion ; il est déposé à son tour par le brigadier Julius Maada Bio.
La guerre civile
La guerre civile de Sierra Leone se déroula de au . Cette guerre avait pour principal but le contrôle des zones diamantifères.
Elle causa la mort de , et le déplacement de plus de deux millions (ce qui représente le tiers de la population de l'époque). En outre, de nombreuses mutilations eurent lieu, ainsi que l'emploi massif d'enfants soldats.
Le conglomérat sud-africain De Beers y eut un rôle très controversé, puisqu'il fut le premier acheteur de ces diamants, vendus clandestinement au Liberia voisin. L'Afrique du Sud garde aussi une autre influence, celle du déploiement de ses forces armées privées sur le territoire sierraléonais, afin de sécuriser les régions diamantifères.
L'après guerre civile
Le , le président sortant Ahmad Tejan Kabbah est réélu avec 70,6 % des voix.
Depuis 2002, le pays est en paix. Les différentes mesures prises par l'ONU sont progressivement réduites, voire supprimées, comme la levée de l'embargo sur l'exportation des diamants de conflits. Une diminution des effectifs des forces des casques bleus (Mission des Nations unies en Sierra Leone) est également engagée. Après un pic de en , les effectifs sont descendus à en et à en . La mission s'est achevée en 2005. Au total, selon un dossier de la Documentation française, près de de différentes factions ont été démobilisésLa Documentation française, Les forces en présence dans la guerre civile en Sierra Leone, dossier « Sierra Leone 2002 : un espoir de paix pour l'Afrique ». http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/d000126-sierra-leone-2002-un-espoir-de-paix-en-afrique-de-l-ouest/les-forces-en-presence-dans-la-guerre-civile-en-sierra-leone..
Cependant, pour des raisons économiques, de nombreux enfants travaillent toujours dans les mines de diamants, qui sont très dangereuses. La propagation du sida est très importante ; de moins de sont séropositifs.
En 2007, selon l'indice de développement humain (IDH) qui était 0,365, la Sierra Leone figurait parmi les 3 pays les moins développés au monde, avec le plus faible PIB/habitant (330 dollars par an et par habitant). En 2011, son IDH est encore plus faible (il s'établit désormais à 0,336), mais le nombre de pays recensés par le Programme des Nations unies pour le développement ayant augmenté, le pays se classe désormais sur 187, cette remontée dans le classement ne traduisant pas une amélioration de la situation sanitaire et sociale dans le pays, car si l'on tient compte des inégalités, la Sierra Leone continue à occuper en 2011 la troisième place parmi les pays dont l'IDH (ajusté aux inégalités) est le plus faible au monde.
La Sierra Leone abolit la peine de mort en 2021 (le parlement vote la mesure en juillet. et le président signe le texte en octobre.).
Près de 30 kilomètres carrés du littoral sierra-léonais sont menacées de disparaître sous les eaux d’ici à 2050, alerte un plan national d’adaptation au changement climatique publié en 2021. Cette élévation du niveau marin en Sierra Leone, estimée à 26 centimètres par les scientifiques, affecte notamment Freetown, et ses bidonvilles.
Politique
La Sierra Leone est une république multipartite à régime présidentiel, où le président est à la fois chef de l’État et chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que le pouvoir législatif est partagé entre le gouvernement et la Chambre des représentants. Le pouvoir judiciaire est indépendant de l’exécutif et du législatif. Le président actuel est Julius Maada Bio qui succéda à Ernest Koroma en avec 51,81% des voix, contre 48,19% pour Samura Kamara, candidat du parti du Président sortant (Congrès de tout le peuple).. Ernest Koroma s'est mis à l'écart de la course à la présidentielle conformément à la constitution de la Sierra Leone après avoir passé au pouvoir. Élu en , il a été réélu en 2012..
Provinces
La Sierra Leone est divisée en cinq provinces : province de l'Est ; province du Nord ; province du Nord-Ouest (créée en 2017) ; province du Sud ; zone de l'Ouest, incluant la capitale Freetown.
Géographie
vignette|En 2019, la Sierra Leone avait un score moyen de l'indice d'intégrité du paysage forestier de 2,76.|220x220px
Une grande partie de la côte sont des marécages de palétuviers, à l'exception de la péninsule où se trouve la capitale Freetown. Le reste du pays est principalement un plateau couvert de forêts, se trouvant à environ au-dessus du niveau de la mer. Des montagnes se situent à l'est, Loma Mansa, la plus élevée, culminant à .
Le climat est de type tropical, la saison des pluies s'étalant de mai à décembre puis s'ensuit la saison sèche de décembre à avril.
Les principales villes sont Freetown, Koidu (Sefadu), Bo, Kenema et Makeni.
Population et société Démographie vignette|Évolution de la démographie entre 1961 et 2002 (chiffre de la FAO, 2004). Population en millions d'habitants.
Langues
La langue officielle est l'anglais mais il n'est parlé que par 15 % de la population. Le krio, un créole de base anglaise, parlé par 90 % de la population (mais seulement 11 % en tant que langue maternelle), sert de langue véhiculaire entre les différentes ethnies du pays. L'inter-compréhension est assez difficile entre un locuteur du Krio et de l'Anglais, et cette situation ressemble par exemple à l'inter-compréhension entre un locuteur du créole haïtien et du français, dont la situation est similaire.
En , en hommage à la contribution de la force bangladaise de maintien de la paix à la mission des Nations unies en Sierra Leone, pendant la guerre civile, le gouvernement d'Ahmad Tejan Kabbah a déclaré le bengali langue officielle, à titre honorifique......
Religions
Les principales religions en Sierra Leone sont l'islam (77 %) et le christianisme (22 %). Autrefois très important, l'animisme, qui concernait encore 30 % de la population en 1980, est en diminution.
Éducation vignette|Vue aérienne de Freetown, la capitale.|220x220px L'enseignement en Sierra Leone est légalement requis pour tous les enfants, durant six ans au niveau primaire (classes P1-P6) et trois ans dans l'enseignement secondaire inférieur, mais la pénurie d'écoles et d'enseignants a rendu l'application de cette règle impossible. Les deux tiers de la population adulte du pays sont analphabètes.
La guerre civile de Sierra Leone a entraîné la destruction de primaires et, en 2001, 67 % de tous les enfants d'âge scolaire n'étaient plus scolarisés. La situation s'est considérablement améliorée depuis, avec le doublement des inscriptions dans les écoles primaires entre 2001 et 2005, et la reconstruction de nombreuses écoles depuis la fin de la guerre. Les élèves des écoles primaires ont généralement entre , et dans les écoles secondaires de . vignette|220x220px|Siege de la Cour suprême à Freetown Le pays compte trois universités : l'Université de Fourah Bay, fondée en 1827 (la plus ancienne université d'Afrique de l'Ouest), l'université de Makeni (ou UNIMAK, établie initialement en sous le nom de Fatima Institute), et l'université de Njala, principalement situé dans le district de Bo. L'université de Njala a été établie en 1910 comme Station expérimentale agricole de Njala, elle est devenue une université en 2005. Les écoles de formation des enseignants et les séminaires religieux se trouvent dans de nombreuses régions du pays. Israël accorde des bourses d'études aux étudiants de Sierra Leone, dans le cadre de son programme de coopération internationale au développement.
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