Marcelo Bielsa (surnommé El Loco, « le fou »), né le à Rosario (Argentine), est un footballeur argentin reconverti en entraîneur.

Il commence sa carrière professionnelle au Newell's Old Boys en 1976 et met fin à sa carrière en 1980 à l'Argentino de Rosario. Il intègre les Newell's Old Boys, où il se charge de la formation. Il accède à l'équipe première en 1990, avec laquelle il remporte le championnat dès sa première saison, et le tournoi de clôture l'année suivante. À l'échelle continentale, Bielsa est finaliste de la Copa Libertadores en 1992. Il remporte le Tournoi de clôture en 1998 avec le Club Atlético Vélez Sarsfield.

Il prend les rênes des sélections nationales d’Argentine (1998-2004) et du Chili (2007-2011). Avec l'Argentine, il remporte la médaille d'or de football aux Jeux Olympiques de 2004 et est finaliste de la Copa América en 2004.

Après avoir dirigé des sélections nationales, il s'expatrie en Europe où il dirige notamment l'Athletic Bilbao (2011-2013) avec lequel il est finaliste en 2012 de la Coupe d'Espagne et de la Ligue Europa, l’Olympique de Marseille (2014-2015), le LOSC Lille (2017) puis Leeds United, qu’il ramène en Premier League après 16 ans d'absence.

Biographie Origine familiale Né le , Marcelo Alberto Bielsa Caldera est issu d'une famille aisée de Rosario, ville importante d'Argentine située à 300 kilomètres de Buenos Aires, la capitale.. Fils d'un avocat réputé et d'une professeure, il a pour grand-père le juriste Rafael Bielsa, célèbre pour avoir été l'un des fondateurs du système juridique argentin.. Marcelo a un frère aîné, Rafael, militant péroniste devenu par la suite avocat et ministre des Relations extérieures de 2003 à 2005, ainsi qu'une sœur cadette, María Eugenia, politicienne ayant été vice-gouverneur de la province de Santa Fe... Très tôt attirés par le football, son frère et lui sont depuis l'enfance des partisans du Newell's Old Boys tandis que leur père encourageait les rivaux de Rosario Central... Alors que ses parents rêvent qu'il fasse carrière dans le droit, il choisit de se plonger dans le football, passionné par le jeu et la tactique...

Le joueur Il devient professionnel au Newell's Old Boys, et évolue en tant que défenseur. Néanmoins, des problèmes physiques et un faible niveau vont mettre court à sa carrière, qui s'arrête en 1980, à l'âge de 25 ans, avec le club d'Argentino, après un court passage à l'Instituto de Córdoba.

L'entraîneur Newell's Old Boys : les glorieux débuts Conscient de ses limites, Bielsa entame, parallèlement à sa carrière de joueur, des études afin de devenir professeur d'EPS. Il se décide ensuite à faire carrière en tant qu'entraîneur, d'abord avec une équipe universitaire de Buenos Aires, puis naturellement à Newell's, où il s'occupe des catégories de jeunes, où il voit notamment passer sous ses ordres les futurs internationaux argentins Abel Balbo, Roberto Sensini et Gabriel Batistuta.

L'équipe première lui est ensuite confiée en 1990. Pour sa première saison, il remporte le tournoi d'ouverture du championnat d'Argentine. La performance est d'autant plus remarquable qu'il y parvient avec une équipe très jeune, symbolisée notamment par la charnière centrale, composée de Mauricio Pochettino et Fernando Gamboa, respectivement âgés de 18 et 20 ans« "Avec Marcelo Bielsa, c'était 72 centres par séance !" », So Foot, 9 mai 2012.. Après une seconde partie de saison quelconque, il est opposé en finale nationale à Boca Juniors, vainqueur du tournoi de clôture. Le match aller, qui se déroule à domicile, au Coloso del Parque, est remporté 1 à 0 par , grâce à un but d'Eduardo Berizzo. Au retour, les hommes de Bielsa sont défaits sur le même score à la Bombonera. Ils finissent toutefois par triompher aux tirs au but, et sont ainsi champions d'Argentine 1991.

En revanche, la saison d'après est plus difficile. En effet, Newell's termine (sur 20) du tournoi d'ouverture du championnat d'Argentine 1991. Néanmoins, l'équipe se reprend et remporte le tournoi de clôture. Après Boca, c'est River qui se dresse sur la route de Newell's en finale. Celle-ci se déroule en trois matchs : le premier, à domicile, se termine sur un 0-0, puis les deux suivants, tous à l'extérieur, sont perdus (1-0, 3-2). En guise de consolation, ils se qualifient pour la Copa Libertadores 1993 après une victoire en match de barrage face au Vélez Sársfield.

Qualifiés pour l'édition 1992 de la Copa Libertadores, Newell's termine premier de son groupe, malgré une humiliation 0-6 face à San Lorenzo au Coloso del Parque. Le club brille en phase finale, éliminant tour à tour les uruguayens du Defensor SC (1-1, 1-0), leurs compatriotes de San Lorenzo (4-0, 1-1), puis les Colombiens de l'América Cali (1-1, 1-1, 11-10 t.a.b). Opposés à l'équipe brésilienne de São Paulo en finale, chacune l'emporta à domicile sur le même score de 1-0. Aux tirs au but, c'est l'équipe de Telê Santana qui triomphe par 3 pénalties à 2.

Au terme de la saison 1991-1992, Bielsa choisit de quitter ses fonctions, après avoir remporté trois titres et atteint une finale continentale. Bien que relativement bref (2 ans), son passage marqua profondément Newell's, et c'est pourquoi, en 2009, le club lui rend l'ultime hommage en renommant le Coloso Del Parque en Estadio Marcelo Bielsa.

L'aventure mexicaine À l'été 1992, il rejoint le club mexicain du CF Atlas, où il prend la charge du centre de formation. Bielsa ne se contente pas de former les joueurs : il forme aussi leurs formateurs. Il s'entoure également d'une équipe de recruteurs chargés de sillonner tout le pays afin de faire signer les plus grands espoirs mexicains. Néanmoins, le limogeage de son compatriote Mario Zanabria le propulse sur le banc de touche du club. L'association prend subitement fin en 1994, après une altercation avec un préparateur physique. Malgré l'absence de résultats, l'Atlas reconnut que la restructuration du club opérée par Marcelo Bielsa lui fut grandement bénéfique.

Après une année sabbatique, il retourne au Mexique en rejoignant le Club América, club phare du pays. Malgré un excellent début (le club est champion d'automne), il est limogé après trois défaites de rang, bien que l'América soit déjà qualifié pour la Liguilla, les playoffs du championnat mexicain.

Sportivement, ces deux passages peuvent être considérés comme des échecs (surtout au Club América). Il ne fit d'ailleurs jamais une saison complète dans les deux clubs.

Vélez Sarsfield, le retour triomphant

Après un nouveau retrait d'un an, Bielsa reprend du service en 1997, avec les Argentins du Vélez Sarsfield. Il y retrouve le succès en remportant le tournoi de clôture du championnat d'Argentine 1998, et finissant premier au classement cumulé.

Passage éclair à l'Espanyol

Fort de ce nouveau succès, il traverse l'Atlantique en signant au RCD Espanyol de Barcelone en 1998. Mais il quitte le club catalan au bout de seulement douze matches afin de réaliser son rêve : prendre la direction de l'équipe nationale d'Argentine« Marcelo Bielsa soutenu malgré tout », lejpb.com, 29 septembre 2011..

La sélection argentine et l'or olympique En , il signe donc pour quatre ans avec la fédération argentine afin d'assurer la succession de Daniel Passarella, à la suite de l'élimination de l'Argentine en quarts de finale de la Coupe du monde.

Sa première échéance est la Copa América, en 1999. L'Argentine n'y brille pas, sans pour autant être mauvaise : elle est éliminée en quarts de finale, par le Brésil (1-2). Elle ne participe pas à l'édition 2001, en Colombie, à la suite de menaces terroristes qu'auraient reçues certains joueurs argentins.

L'équipe se qualifie aisément pour le Mondial 2002 (13 victoires en 18 rencontres, 43 points et 42 buts inscrits)« Bilbao, l'effet Bielsa », lapausecigare, 2 février 2012., et s'impose comme l'une des meilleures équipes du monde, tant qualitativement que quantitativement, avec moult joueurs de grande classe (Gabriel Batistuta, Hernán Crespo, Juan Sebastián Verón, Ariel Ortega, etc.), et un jeu flamboyant. Bielsa remporta même le titre de meilleur sélectionneur national du monde en 2001. L'Argentine est ainsi l'une des grandes favorites de la compétition, et ce malgré une poule relevée (Angleterre, Nigéria, Suède). Mais elle tomba de (très) haut en échouant dès le premier tour (victoire 1-0 face au Nigéria, défaite 0-1 devant l'Angleterre, et match nul 1-1 contre la Suède).

Au regard des grands espoirs fondés par cette équipe, cette élimination prématurée fut un véritable traumatisme, et Bielsa subit une avalanche de critiques. Pourtant, il fut tout de même reconduit dans ses fonctions, et en profita pour obtenir deux résultats majeurs : une finale de Copa América, perdue contre le Brésil (2-2, 2-4 t.a.b) ; une médaille d'or aux Jeux olympiques d'Athènes, succès inédit pour le football argentin. C'est finalement à la surprise générale qu'El Loco démissionne de son poste à la rentrée 2004, après un succès 3-1 au Pérou en qualifications pour la Coupe du monde 2006.

La sélection chilienne et un brillant retour aux affaires

thumb|left|215x215px|Marcelo Bielsa en 2009. Le , il reprend en main l'équipe du Chili, remplaçant Nelson Acosta. Il réorganise l'ensemble des sélections nationales et la formation des jeunes et instaure un schéma osé en 3-4-3 avec l'idée d'aligner « un défenseur de plus qu'il n'y a d'attaquants adverses ». Il qualifie ainsi la sélection pour la coupe du monde 2010. Dans le groupe H, le Chili se retrouve avec la Suisse, le Honduras et surtout l'Espagne, alors championne d'Europe en titre. Le Chili est éliminé en de finale face au Brésil. À la suite du changement de président à la fédération chilienne, dû à une fronde des clubs chiliens les plus riches contre la sélection, il décide de démissionner le malgré le soutien du public.

Arrivée à l'Athletic Bilbao

Le , il est désigné nouvel entraineur de l'Athletic Bilbao, à la suite de la victoire de Josu Urrutia, lors des élections présidentielles organisées par le club basque, et ce malgré les bons résultats de son prédécesseur Joaquín Caparrós qui avait atteint la finale de la coupe d'Espagne et la de la Liga. Il a pour principale mission de changer la philosophie de jeu basque, en effet le club a été fondé par des Anglais et pratique donc traditionnellement un jeu direct proche du kick and rush britannique« Bielsa le fou de foot de l'Athletic », fifa.com, 28 septembre 2011« À la cathédrale pour confirmer », fcbarcelonaclan.com, 5 novembre 2011.. Mais son goût pour le football offensif peine à prendre du côté de San Mamés, ses débuts en championnat sont en effet très compliqués et il ne décroche que deux points durant les cinq premières journées. Il est tout de même soutenu, notamment par son prédécesseur :

Bielsa reconnaît les difficultés de son équipe mais croit tout de même en l'avenir :

En difficulté en championnat, Bilbao demeure toutefois intraitable en Ligue Europa, comme le démontre sa victoire deux à zéro face à un Paris Saint-Germain pourtant dominateur en Ligue 1« La victoire sur le PSG impressionne De Marcos », uefa.fr, 29 septembre 2011..