Le Collège de Bois-de-Boulogne est un collège d'enseignement général et professionnel situé à Montréal, au Québec. Il comporte quatre pavillons: le pavillon Ignace-Bourget, le pavillon Saint-Paul, situés sur l'avenue Bois-de-Boulogne et un nouveau pavillon situé au 575 av Henri-Bourassa dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville. Le pavillon Agora Numérique est dans l'arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension et aux portes du Mile-Ex.
L'établissement est le résultat de la fusion du Collège classique Saint-Paul (1957-1968), de l'École normale Ignace-Bourget (1952-1968), de l’École des infirmières de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal (1950-1968) et du secteur collégial du Collège André-Grasset.thumb|300px|Pavillon Saint-Paul thumb|300px|Pavillon Ignace-Bourget thumb|Ancien logo du Collège jusqu'en 2019.
Historique
Le Collège classique Saint-Paul (1957-1968) Fondé en 1957 par le cardinal Paul-Émile Léger, le Collège classique Saint-Paul visait essentiellement la formation intellectuelle et spirituelle d'une jeune élite canadienne-française destinée à servir la société et l'Église comme laïcs ou clercs diocésainsMgr Jude ST-ANTOINE, Les origines: le Séminaire Marie-Médiatrice et le Collège Saint-Paul, Archives du Collège de Bois-de-Boulogne, 1986, pages 1 et 8, tiré de Marco MACHABÉE. Les 50 ans du Collège de Bois-de-Boulogne : une histoire riche et originale, Collège de Bois-de-Boulogne, Montréal, 2021, p.20-22. C'est en 1959 que s'amorçait officiellement la construction de l'institution d'enseignement sur un vaste terrain concédé par la Ville de Montréal, à l'angle de l'avenue Bois-de-Boulogne et du boulevard Henri-Bourassa. Le Collège Saint-Paul se fusionna par la suite avec le Séminaire Marie-Médiatrice (1944-1960), une autre institution diocésaine dont la mission visait la réinsertion d'étudiants plus âgés de réintégrer les classes de philosophie du cours classique.
En 1962, le Collège Saint-Paul devenait le tout premier collège classique à accueillir une administration laïque, composée majoritairement de parents, d'enseignants et de corps intermédiaires. Cette décision relevait du "Bill 95" formulé par l'Assemblée législative de la province de Québec le , qui visait essentiellement à créer une nouvelle structure administrative qui servira finalement de modèle pour la composition des futurs conseils d'administration responsables de la mise sur pied des cégeps, cinq ans plus tard. Cette importante mutation sera également marquée par l'embauche de plusieurs enseignants laïques et même l'admission d'étudiantes en 1967, avant de finalement devenir un cégep en 1968.
L'École normale Ignace-Bourget (1952-1968) En 1952, l’École normale Ignace-Bourget était la deuxième à s’installer à Montréal. Le rôle de cette école, dirigée par la communauté des Sœurs de Sainte-Croix, consistait à former les futures institutrices des écoles primaires. En effet, après l’adoption de la loi sur l’obligation scolaire en 1943, la forte demande des écoles nécessitait que l’on forme rapidement plus d'enseignantes. Pour les préparer au marché du travail, les religieuses leur enseignent «outre les matières traditionnelles: pédagogie, psychologie, langues, méthodologies, sciences et mathématiques», comme l’a affirmé sœur Claire Lanthier. D'ailleurs, on retrouve encore aujourd'hui plusieurs de ces matières dans les formations universitaires menant au brevet d'enseignement.
Cette école se trouvait initialement à l'emplacement de l'actuelle maison de la culture du Plateau Mont-Royal, mais à cause du manque d’espace et des mauvaises conditions à l’intérieur du bâtiment, les membres de l’école déménagèrent pour s’installer sur l’avenue Bois-de-Boulogne en 1964, en face du collège classique Saint-Paul (voir photo ci-dessous). Avec la Révolution tranquille et le rapport Parent, le Québec se lance, dès 1967, dans la création des cégeps. En 1968, on fusionne ainsi le collège classique Saint-Paul et l'École normale Ignace-Bourget pour créer le Collège de Bois-de-Boulogne.
La chapelle Saint-Paul, aujourd'hui l'Espace Hubert-Reeves L’architecture permet de comprendre l’histoire du collège et, par le fait même, reflète les habitudes des étudiantes et des étudiants au fil des années. Elle met en lumière le patrimoine structural qui est toujours présent sur les sites de l’établissement. Au cœur du pavillon Saint-Paul, la chapelle Saint-Paul constitue une grande partie de l’héritage culturel du Collège. Cette dernière, autrefois un lieu de culte où la population étudiante se rendait pour assister à la messe et aux diverses célébrations religieuses des années 1959 à 1968, sera transformée en bibliothèque réservée aux étudiantes et aux étudiants du programme des sciences pures des années 1971 à 1980 (voir image ci-dessous). Par la suite, l’espace sera converti en studio de télévision et de service audiovisuel jusqu’en 2007. Le témoignage d’Eduardo Brito, responsable du service de l’audiovisuel, nous illustre l’utilité de cet espace à l’époque : « C’est dans ce studio et cette salle de montage que sont nées diverses productions de nos professeurs en théâtre, en biologie, en psychologie, en éducation physique ou autres ». Désirant un lieu de rassemblement au sein du collège après la conversion du gymnase Saint-Paul en bibliothèque et la fermeture de l’auditorium vétuste, Jean Bertrand, le gestionnaire des bâtiments, amènera l’idée d’un réaménagement de l’espace occupé par le studio de télévision. La salle Hubert-Reeves, que nous pouvons observer dans l’image ci-dessous, fera donc son apparition en 2008. Cette salle est maintenant un lieu où les étudiantes et les étudiants assistent à des conférences, des spectacles, des pièces de théâtre et plusieurs autres événements culturels. Bien que sa vocation ait changé au cours des années, sa structure extérieure demeurera la même depuis sa construction. Nous pouvons constater, encore aujourd’hui, la présence des vitraux originels de la chapelle Saint-Paul sur l’établissement qui nous remémore les débuts religieux du Collège. alt=Bibliothèque du Pavillon Saint-Paul, Années 1970, Archives du Collège de Bois-de-Boulogne.|vignette|275x275px|Bibliothèque du Pavillon Saint-Paul, Années 1970, Archives du Collège de Bois-de-Boulogne.|centré alt=Journée carrière en Sciences humaines à l'Espace Hubert-Reeves (Archives du Collège de Bois-de-Boulogne).|centré|vignette|Journée carrière en Sciences humaines à l'Espace Hubert-Reeves (Archives du Collège de Bois-de-Boulogne).
L'identité «boulonnaise» Le Collège de Bois-de-Boulogne possède une identité qui lui est propre. S'installant au 4e rang du classement des CÉGEP de 2021 pour son programme de sciences humaines, le Collège se démarque par la réussite de ses étudiantes et de ses étudiants. L'identité boulonnaise se définit comme étant ce qui permet au collège de se différencier des autres établissements collégiaux. D’ailleurs, en 1982, on apprenait que 84,4% des étudiantes et des étudiants considéraient la réputation du collège comme étant un facteur important dans leurs choix d’établissement.
Le Collège de Bois-de-Boulogne est aussi très attaché au français et s'engage à la protection de sa langue courante en offrant des services adaptés aux étudiantes et aux étudiants en difficulté, et ce, depuis plusieurs décennies. En effet, en 1985, des enseignantes et des enseignants de français ont remarqué un déclin de la langue française, autant à l’écrit qu’à l’oral et ont produit une étude «dont les réflexions mèneront à plusieurs initiatives, telles que l’imposition d’un cours de français correctif pour les étudiants qui n’atteignent pas le seuil requis lors du test de classement», puis à la création du SALF en 1986 (service d'aide en langue française), lequel existe toujours aujourd'hui.
Dans l'optique de rester fidèle à la modernité et d’améliorer l’accès à des services sportifs destinés aux étudiantes et aux étudiants, mais aussi aux personnes habitant le quartier, le Collège a effectué plusieurs rénovations du pavillon Ignace-Bourget au sein du centre sportif (autrefois appelé le Centre d’activité physique (C.A.P.)), ainsi que sur la façade de l'édifice. Ci-dessous, la photographie de la construction du C.A.P. datant de témoigne de la construction de la nouvelle infrastructure. Il est important de mentionner que la création du centre sportif a permis de faire naître une communauté sportive rassembleuse au collège. alt=Point de vue sur la construction du C.A.P., qui compte une piscine semi-olympique, deux gymnases dont un double avec estrades, une salle d'entraînement, deux saunas ainsi qu'une salle de musculation, 1977-1978 (Archives du Collège de Bois-de-Boulogne.|centré|vignette|Point de vue sur la construction du C.A.P., qui compte une piscine semi-olympique, deux gymnases dont un double avec estrades, une salle d'entraînement, deux saunas ainsi qu'une salle de musculation, 1977-1978 (Archives du Collège de Bois-de-Boulogne.
Les Cavaliers Depuis sa création en 1968, le collège Bois-de-Boulogne accueille des équipes sportives diverses. Dans ces débuts, le Collège possédait une équipe d’escrime, de hockey et même de football (voir photo ci-dessous), mais ces sports ne font plus partie de la vie sportive du collège. Aujourd’hui, on y retrouve plutôt plusieurs équipes de volleyball, de basketball et de soccer, une de badminton, une de natation, une de «ultimate-frisbee» et une de flag football. Au total, on compte 11 équipes, allant du niveau régional jusqu’au niveau national. Ces équipes portent toutes fièrement le nom des Cavaliers de Bois-de-Boulogne. Contrairement à ce que la majorité des personnes peuvent croire, le nom des Cavaliers ne représente pas les armures et les chevaux comme nous les connaissons. Il vient plutôt du nom d’un ancien étudiant, Denis Lecavalier, qui faisait partie de l’équipe de football américain. Ce joueur était «considéré comme l’une des meilleures recrues à la défense […]». Malheureusement, en 1978, il perd la vie en se noyant à l’âge de 18 ans. Pour lui rendre hommage, l’équipe de football prit le nom des Cavaliers, et c’est en que toutes les équipes sportives du collège décidèrent de changer leur nom à leur tour. Avec l’apparition du nom de la communauté sportive, il y a eu la création du premier logo sportif (que l'on peut apercevoir à gauche sur l'image ci-dessous). Philippe Ducas, le réalisateur de celui-ci, était le «premier président de l’Association sportive étudiante et membre de l’équipe de football» dans les années 1980. C’est en que ce sigle sera inscrit sur une murale au collège. En date d’aujourd’hui, ce logo ne cesse de changer et d’évoluer à travers les années toute en gardant le même nom et la même signification. alt=Un match de football au Collège durant l'année scolaire 1975-1976 (Archives du Collège de Bois-de-Boulogne).|centré|vignette|Un match de football au Collège durant l'année scolaire 1975-1976 (Archives du Collège de Bois-de-Boulogne). alt=Cavaliers, saison 84-85 (Archives du Collège de Bois-de-Boulogne).|centré|vignette|Cavaliers, saison 84-85 (Archives du Collège de Bois-de-Boulogne).
La vie étudiante