thumb|Roald Amundsen et son équipe au pôle Sud en 1911.
L'âge héroïque de l'exploration en Antarctique (1895-1922) est une période qui s'étend de la fin du au début des années 1920, au cours de laquelle des hommes explorent la terra incognita qu'est alors l'Antarctique.
En accomplissant leurs voyages, ces explorateurs recherchent à la fois honneur et gloire, mais visent aussi à faire progresser la science par leurs découvertes.
Effort international non dénué d'esprit de compétition, seize expéditions majeures sont lancées par huit pays différents (Barczewski mentionne un chiffre de 14 expéditions).
Cet âge commence réellement avec le sixième congrès international de géographie de 1895, qui lance alors un appel solennel à tous les cercles scientifiques du monde pour accélérer l'exploration de l'Antarctique avant la fin, proche, du . À ce moment-là, ce continent est considéré comme sur le site coolantarctica.com.
Cet âge est caractérisé par la , que l'on a comparée dans les années 1960 à la et à l'atterrissage sur la Lune pour sa capacité à captiver l'attention du public. Peu après que Roald Amundsen atteint le pôle en 1911, la Première Guerre mondiale éclate, et comme elle apparaît vite comme la guerre la plus dévastatrice que l'humanité ait jamais connue, l'héroïsme des soldats sur le champ de bataille éclipse celui des aventures en Antarctique aux yeux du publicThe Endurance: Shackleton's Legendary Antarctic Expedition (2000), documentaire.. Très peu d'expéditions sont lancées dans les années qui suivent immédiatement la fin de la guerre, marquant ainsi la fin de cet âge héroïque. Plus précisément, certains auteurs la placent à la mort de l'explorateur britannique Ernest Shackleton, en 1922.
Quand l'exploration reprend de plus belle des décennies plus tard, sa physionomie a changé. Avant la guerre, les communications radio ne sont pas possibles depuis ce continent bien trop éloigné du monde civilisé, et le transport mécanisé, bien que déjà utilisé quelquefois, n'est que rarement de mise. Les expéditions reposaient alors sur les forces mentales et physiques des équipes, ce qui fut reconnu par l'ajout postérieur de l'adjectif pour désigner la périodeLe terme est repris dans de nombreux ouvrages, dont .. Les expéditions finissent par maîtriser ces technologies, réduisant très largement les risques pris par ceux qui continuent à s'aventurer sur le continent Antarctique.
Origines thumb|upright|Sir John Murray.
L'impulsion de l'âge héroïque fut une conférence donnée à la Royal Geographical Society à Londres, en 1893, par le professeur John Murray, membre de l'expédition océanographique du Challenger, qui avait navigué en eaux antarctiques entre 1872 et 1876. Il propose d'organiser une nouvelle expédition en Antarctique . En , à Londres, le sixième congrès géographique international vote une résolution générale invitant les sociétés scientifiques du monde à promouvoir la cause de l'exploration antarctique de la manière qu'elles jugeraient la plus appropriée . Murray précise qu'un tel travail . Le Norvégien Carsten Borchgrevink, qui revenait d'une expédition baleinière durant laquelle il devint le premier homme à marcher sur le continent antarctique, fait une allocution devant le congrès et annonce son projet de préparer une expédition antarctique à grande échelle devant être basée au cap Adare .
L'âge héroïque entre dans le vif du sujet avec l'expédition scientifique lancée par Adrien de Gerlache de Gomery et la société géographique belge en 1897, qui va passer quinze mois en Antarctique dont tout un hiver austral. Parmi ses membres se trouvent Frederick Cook et Roald Amundsen, explorateurs qui revendiqueront, respectivement, la conquête du pôle Nord et la conquête du pôle Sud et du passage du Nord-Ouest. Borchgrevink lance son expédition, financée par des fonds privés, l'année suivanteQuelques historiens considèrent l'expédition Discovery, partie en 1901, comme la première véritable expédition de l'âge héroïque. Voir . La désignation est forgée plus tard ; elle n'est pas utilisée dans les comptes-rendus et mémoires des premières expéditions, ni dans les biographies des grandes figures de l'exploration polaire des années 1920 et 1930. Le terme fut utilisé en par l'explorateur britannique Duncan Carse dans un article qu'il signa pour le Times. Décrivant la première traversée de la Géorgie du Sud en 1916, il écrivit : Duncan Carse, cité par M. et J. Fisher, 389.
Expéditions Notes Les résumés de ce tableau n'incluent pas le travail scientifique mené à bien par ces expéditions, qui rapportèrent des résultats et des spécimens à travers une large gamme de disciplines. Le tableau n'inclut pas les nombreux voyages de pêche à la baleine qui eurent lieu au cours de cette période et les expéditions secondaires du type de Carl Chun entre 1898 et 1899, qui n'a pas franchi le cercle Antarctique. L'expédition Cope entre 1920 et 1922, avortée faute de financement, est également exclue, bien que deux hommes débarquent d'un baleinier norvégien et passent un an dans la péninsule Antarctique. † signifie que le commandant de l'expédition est mort lors de celle-ci.
Années PaysLes pays précisés sont ceux sous lesquels les expéditions ont été menées. Cette précision est particulièrement importante pour l'expédition Southern Cross, norvégienne à la base mais à financement britannique. Nom de l'expédition Navire(s) Commandant Résumé de l'expédition