Joseph-Dominique d'Inguimbert, en religion dom Malachie, né à Carpentras le et mort à Carpentras le ., prélat et bibliothécaire, fut évêque de Carpentras de 1735 à 1754, et recteur du Comtat Venaissin en 1745.
Biographie Premières années thumb|left|Dom Malachie d'Inguimbert Ses parents sont Esprit-Joseph d'Inguimbert et Anne de la Plane. L'impécuniosité des d'Inguimbert pousse le père avocat à faire entrer en religion sa progéniture. Une tante, ursuline à Pernes-les-Fontaines, veille sur les premières années de l'éducation de Joseph-Dominique. Revenu à Carpentras, il fait ses humanités au collège des jésuites, puis entre chez les dominicains en 1698. Ses supérieurs l'envoient parfaire ses connaissances théologiques et philosophiques à Aix-en-Provence en 1700. L'appui du comte de Simiane lui permet en 1702 de terminer ses études à Paris, au collège Saint-Jacques. D'Inguimbert y est la cible d'accusations d'hérésie, si fréquentes en ce siècle où s'affrontent gallicans jansénistes et ultramontins molinistes. C'est sans doute cela qui l'incite à rejoindre La Rochelle pour y attendre un embarquement pour l'Amérique, projet empêché par sa santé qui fut toujours médiocre. Ayant reçu ses lettres de prêtrise à Paris en 1707, il revient à Carpentras. Mais un procès entre sa famille maternelle et des cousins lui donne l'occasion de partir pour Rome en 1709.
La période romaine Le chemin de d'Inguimbert est ponctué de crises ; il semble osciller entre la fuite des séductions de ce monde et la poursuite des plaisirs de la mondanité. En 1710, il se réfugie une première fois à la Trappe de Buonsollazo en Toscane, avant de rejoindre son ordre au couvent de Saint-Marc à Florence. Il est ensuite nommé à la chaire de théologie scolastique de l'université de Pise en 1713, mais retourne à Buonsollazo prendre l'habit en 1714 et prononcer ses vœux un an plus tard, prenant pour nom religieux dom Malachie. À l'abbaye de Casamari, il rédige plusieurs ouvrages de théologie. En surveillant leur impression à Rome, il fréquente les salons. Plusieurs cardinaux infléchissent sa carrière, d'abord le cardinal Albani, qui l'engage pour rédiger la biographie de son oncle le pape Clément XI, puis le cardinal Laurent Corsini, dont d'Inguimbert devient le confesseur, chargé de son secrétariat personnel et de sa bibliothèque.
En 1730, le cardinal Corsini devint le pape Clément XII et d'Inguimbert est pourvu de titres et de revenus importants : nommé archevêque in partibus de , il reçoit le pallium. Mais à la suite de ce qui semble être une cabale, dom Malachie d'Inguimbert est éloigné de Rome, nommé évêque au siège de Carpentras en 1735.
Évêque de Carpentras De 1735 à 1757, il accomplit quatre-vingts visites pastorales et tient un synode diocésain en 1756. Il fut recteur du Comtat Venaissin pendant l'année 1745.
En fin bibliophile, et sans doute sur le modèle des prélats romains, il laisse selon les termes de son testament « non seulement à [s]es concitoyens, mais aussi aux étrangers de quelque païs [sic] qu'ils puissent être, [s]a bibliothèque, [s]es manuscrits, [s]on médailler, [s]es antiques et [s]es estampes » et dote ainsi Carpentras d'une riche bibliothèque-musée Consulter en ligne la page consacrée à la bibliothèque Inguimbertine sur le site de la ville de Carpentras. Consulter l'article Wikipédia consacré à la bibliothèque Inguimbertine. (aujourd'hui Bibliothèque Inguimbertine). Carpentras lui doit aussi, entre autres, l'édification d'un vaste hôtel-DieuConsulter en ligne la page consacrée à l'Hôtel-Dieu sur le site de l'Office de Tourisme de Carpentras..
Fonds Joseph-Dominique d'Inguimbert thumb|Inauguration de sa statue, le 16 mai 1858 Selon ses dernières volontés, la bibliothèque Inguimbertine conserve sa bibliothèque, ses manuscrits, son médailler, ses antiques, ses tableaux et ses estampes. Cependant Robert Caillet mentionne dans l'ouvrage précité des documents conservés en Italie (voyez l'affaire Libri).
Une partie de sa collection a été scénographiée au musée Comtadin-Duplessis de Carpentras jusqu'en . Le fond a été par la suite déplacé à la Bibliothèque Inguimbertine, installé dans l'Hôtel-Dieu de Carpentras.
Publications
Iconographie
Emile Aldebert, Monseigneur d'Inguimbert, buste en marbre, 1888, Carpentras, Bibliothèque Inguimbertine. Denis Bonnet, Monseigneur d'Inguimbert en médaillon, pastel sur papier, XIXe siècle, Carpentras, Bibliothèque Inguimbertine.
Notes et références
Annexes
Bibliographie Robert Caillet, Un prélat bibliophile et philanthrope : Monseigneur d'Inguimbert, Audin : Lyon, 1952. Robert Caillet, « Les vrais bibliophiles : monseigneur d'Inguimbert », Les trésors des bibliothèques de France, Paris : G. Van Oest, 1933, p. 187-195. Jean-François Delmas, « Adapter à Carpentras le modèle intellectuel romain : le grand dessein de dom Malachie d’Inguimbert », L’Inguimbertine à l’hôtel-Dieu, Paris : Beaux-Arts Éditions, 2024, pages 20–25. Jean-François Delmas, Des collections de dom Malachie d’Inguimbert à l’Inguimbertine : transferts et héritages culturels dans le Comtat Venaissin (). Thèse de doctorat d’histoire soutenue le à l’École nationale des chartes dans le cadre de l’École pratique des hautes études (École doctorale 472).
Maxime de Seguin de Pazzis, Eloge en forme de notice historique de Malachie d'Inguimbert, J.-A. Proyet, Carpentras, 1804 Charles Cottier, Notes historiques concernant les Recteurs du ci-devant Comté Venaissin, Carpentras, 1808. Hyacinthe-Ignace-Joseph-Martin d'Olivier-Vitalis, Notice historique sur la vie de Malachie d'Inguimbert, évêque de Carpentras, Devillario-Quenin, Carpentras, 1812 Fabre de Saint-Véran Joseph Dominique, Barjavel Casimir François Henri, Cottier Charles, Mémoire historique sur la vie et les écrits de Dom M. d'Inguimbert, évêque de Carpentras, par l'abbé J. D. Fabre de Saint Véran, publié aujourd'hui pour la première fois par C. F. H. Barjavel, et à la fin avec de nombreuses notes de ce dernier, accompagnées de quelques autres de l'abbé de Saint-Véran et de Charles Cottier, Devillario, Carpentras, 1859 Ricard, Histoire de Monseigneur d'Inguimbert, évêque de Carpentras, suivie d'une notice sur ses ouvrages, Grivot-Proyet, Cavaillon, 1867 Claude Sibertin-Blanc, « Un curieux protégé de d'Inguimbert : l'ex-jésuite François-Etienne Labelonie, dit Falconnet de la Bellonie (1720-1750) », dans Provence historique, 1954, tome 4, fascicule 17, , 1955, tome 5, fascicule 19,
Textes pour comprendre le contexte
Articles connexes Liste des recteurs du Comtat Venaissin Étienne Dantoine Hôtel d'Inguimbert de Valréas Bibliothèque Inguimbertine (Carpentras) Musée Comtadin-Duplessis (Carpentras)
Liens externes
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