Audenarde, en néerlandais Oudenaarde, est une commune néerlandophone de Belgique, située dans la province de Flandre-Orientale.
Appelée « la perle des Ardennes flamandes », la ville d'Audenarde est particulièrement connue pour ses tapisseries, des « verdures ». Cette activité joua un grand rôle dans l’histoire de la ville.
En 2004, Audenarde a reçu le prix de l'Europe, décerné par le conseil de l'Europe.
Géographie Situation La ville est située sur les rives de l’Escaut, à 20 km au sud-ouest de Gand, 30 km au nord-est de Lille et 40 km à l'ouest de Bruxelles.
Relief et hydrographie Audenarde se trouve dans la plaine flamande, de faible altitude et dépourvue de hauteurs marquées.
En dehors de l'Escaut, le territoire de la commune est arrosé par de nombreux ruisseaux ou canaux caractéristiques des pays de polders.
Un vaste plan d'eau (un carré de 500 m sur 500 m environ), le Donk, se trouve au centre d'un parc (Recratiedomein Donk Oudenaarde), situé à l'ouest du centre-ville.
Urbanisme La population se concentre dans la ville d'Audenarde, qui s'étend plus sur la rive gauche (nord) de l'Escaut que sur la rive droite (sud).
Sur la rive droite, vers le nord, se trouve le faubourg d'Ename (Eenaeme).
Sections de la commune
# Section Superf.(km²). Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Audenarde 2,58 6.972 2.699 45035A0 2 Nederename 2,91 2.671 919 45035A1 3 Ename 2,21 3.135 1.416 45035A2 4 Volkegem 2,76 1.385 502 45035A3 5 Edelare 1,88 1.218 649 45035A4 6 Leupegem 2,84 2.080 733 45035A5 7 Bevere 6,31 3.965 628 45035A6 8 Eine 8,96 5.435 607 45035A7 9 Heurne 3,84 851 222 45035B 10 Welden 6,26 1.266 202 45035C 11 Mater 13,54 2.229 165 45035D 12 Melden 9,53 952 100 45035E 13 Mullem 3,24 698 215 45035F
Voies de communication La commune est traversée par la route N60, qui relie Gand à Péruwelz, par la N46 d'Audenarde à Alost (entre Gand et Bruxelles), et par la N8 qui relie Bruxelles à Courtrai.
L'autoroute A14-E17 de Courtrai à Gand passe à 10 km au nord d'Audenarde.
Histoire vignette|250px|gauche|Le fleuve l'Escaut
Moyen Âge Dans les années 1920, on a mis au jour à Ename les vestiges de fortifications construites sur la rive droite de l’Escaut par l’empereur Otton . De même qu’à Anvers, elles constituaient un rempart face au royaume de France, l'Escaut ayant été définie en 843 (traité de Verdun) comme frontière entre la Francie occidentale et la Lotharingie.
Le comté de Flandre, situé au départ à l'ouest de l'Escaut, relève donc du royaume de France (jusqu'au traité de Madrid de 1525). Ename est rasée en 1054 et son territoire annexée par le comte de Flandre, permettant à Audenarde de se développer sans concurrent proche.
En 1030 le comte Baudouin IV de Flandre, proclame la trêve de Dieu à Audenarde et .
À l’emplacement d’Ename, sous le règne de Baudouin V, est construit un monastère, l'abbaye d'Eename, jouxtant le portus d'AudenardeLes ruines des fortifications, de la ville et du cloître s’avèrent du plus haut intérêt d’après les découvertes faites depuis. D’étonnantes découvertes ont aussi été faites à l’occasion de travaux de restauration de l’église voisine, notamment la loge princière d’où l’empereur assistait à la messe..
Les fortifications de la ville sont démantelées après la défaite du comte de Flandre à la bataille de Bouvines en 1214, face à Philippe Auguste.
La ville est prise par les Gantois en 1383.
L'activité économique à la fin du Moyen Âge
La ville développe l'industrie drapière avec les fameuses tapisseries d'Audenarde.
Des Pays-Bas bourguignons aux Pays-Bas espagnols (1482-1582) À la fin du Moyen Âge, le comté de Flandre fait partie des Pays-Bas bourguignons, qui après la mort de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire et épouse de Maximilien d'Autriche, passent à la maison de Habsbourg : Philippe le Beau, puis Charles Quint, qui est par ailleurs roi de Castille et d'Aragon (1516) et empereur à partir de 1520.
Audenarde est en 1522 le lieu de naissance d'une fille naturelle de Charles Quint, Marguerite, qu'il a de Johanna van der Gheynst, fille d'un tapissier. Élevée comme princesse légitime à Bruxelles, Marguerite devient duchesse de Parme (1545) et est nommé régente des Pays-Bas par son demi-frère Philippe en 1559 (jusqu'à 1567).
En 1582, au cours de l'insurrection des Pays-Bas (1568-1648) contre le roi d'Espagne, Audenarde est reconquise par Alexandre Farnèse, gouverneur général depuis 1578, qui va aussi reprendre Anvers en 1585. Audenarde devient une ville des Pays-Bas espagnols, tandis que les provinces du nord forment la république des Sept Provinces-Unies des Pays-Bas.
Audenarde est alors le siège d'une châtellenie. En 1661, le châtelain d'Audenarde et de Petegem, est Jérôme du Chastel, fait comte de Blangerval en raison des services rendus par sa famille à la maison d'AutricheAmédée le Boucq de Ternas, Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois, Douai, 1884, p. 317-318, lire en ligne..
Période de l'occupation française (1667-1708) La France, qui lutte contre les Habsbourg depuis l'époque de Maximilien d'Autriche, s'empare d'Audenarde en 1658 grâce à Vauban, , puis de nouveau en 1667.
La ville est occupée par l'armée française de 1667 à 1708. Elle est défendue avec succès par Vauban en 1674Barros et alii, . La fontaine devant l’Hôtel de ville, construite en l'honneur de Louis XIV, est un vestige de cette occupation.
Au cours de la guerre de Succession d'Espagne, le , les troupes françaises du duc de Vendôme y sont vaincues par les armées (autrichiennesPar « autrichiennes », on entend les troupes au service des Habsbourg d'Autriche, alors que les Habsbourg d'Espagne, descendants de Philippe II, ont renoncé au trône espagnol. et anglaises) du prince Eugène, du maréchal Henri de Nassau et du duc de Marlborough.
Période des Pays-Bas autrichiens (1714-1794) En 1714, les Pays-Bas espagnols passent aux Habsbourg d'Autriche (« Pays-Bas autrichiens »).
La , au cours de la guerre de Succession d'Autriche, Audenarde est encerclée par 22 bataillons et trois escadrons sous les ordres du comte de Lowendal. Le lendemain, l'artillerie entre en action ; la tranchée est ouverte dans la nuit du 18 au et sept nouvelles batteries (30 canons) sont mises en position. Malgré la résistance acharnée des défenseurs, les Français parvinrent au cours des deux nuits suivantes à atteindre la seconde enceinte et à attaquer les bastions avancés. Au soir du , le général von Makuo, commandant de la place, capitulait. Les assiégeants s'emparèrent de 24 canons et de réserves considérables ; la garnison, forte de , fut capturée..
Au cours de la campagne de Dumouriez aux Pays-Bas Autrichiens (-), Audenarde est bombardée depuis les hauteurs de l’Edelareberg. Le peuple était convaincu qu’on pouvait fuir depuis la place du Grand Marché par le fort Edelare, qui se ramifie en boyaux sous l’Edelareberg, avec plusieurs sorties autour du parc Liedts ; c’était certainement faux,
En 1794, après les victoires de Wattignies et de Fleurus, les armées de la République française occupent les Pays-Bas autrichiens, qui sont annexés en 1795 et transformés en départements français (jusqu'à la chute de Napoléon en 1814).
Héraldique
Démographie
Évolution démographique: Avant la fusion des communes
Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1961 = recensementshttps://bib.kuleuven.be/ebib/project-belgische-historische-tellingen.
Évolution démographique: Commune fusionnée
Graphe de l'évolution de la population de la commune. Les données ci-après intègrent les anciennes communes dans les données avant les fusions de 1965, 1971 et 1977.
Source : DGS - Remarque: 1831 jusqu'à 1981=recensement; depuis 1990=nombre d'habitants chaque janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,51994100,81995101,11996100,81997101,31998101,31999101,72000102,52001103,42002103,62003103,52004103,62005104,42006105,22007106,32008107,22009108,32010109,62011110,62012111,62013112,22014113,12015113,62016114,32017114,32018114,92019115,82020116,62021116,82022117,62023119,92024120,72025121,52026122,1
Politique et administration Liste des bourgmestres Guillaume Lamotte (1629-1638) Edouard Liefmans-Bonné (libéral), Henri Liefmans (libéral) (1844-1850), Victor Liefmans (libéral), Paul Raepsaet (1890-), Robert Doutreligne (parti catholique) (1918-1921), Léon Thienpont, (CVP) (-2000), Marnic De Meulemeester (VLD) (2001-2024), John Adam
Compétences judiciaires Sur le plan judiciaire et carcéral, Audenarde forme une entité autonome ; la ville possède un tribunal et une prison, et le parquet d’Audenarde est .
Jumelages La ville d'Audenarde est jumelée avecOudenaarde en Zustersteden :
.
Patrimoine
vignette|redresse|165px|L’hôtel de ville de style gothique brabançon (1525-1536). vignette|gauche|200px|La collégiale Sainte-Walburge surgissant derrière les pignons flamands de la Grande place. vignette|200px|gauche|La collégiale Sainte-Walburge, de style gothique scaldien (chœur) et brabançon (nef et tour). vignette|170px|L’église Notre-Dame de Pamele, très représentative du gothique scaldien.
La ville, édifiée autour de l’Escaut, est réunie par quatre ponts, dont un pont-levis près du centre-ville, une passerelle pour piétons et cyclistes, et le pont de l’Ohio, construit aux frais de l’État de l’Ohio en remplacement d’un ancien pont détruit au cours de la Première Guerre mondiale. De chaque côté de ce pont se trouve la statue d’un bison. Parmi les autres souvenirs de guerres se trouve un mémorial des soldats d’infanterie américains qui franchirent l’Escaut à hauteur d’Audenarde au cours de la Première Guerre mondiale, ainsi que le monument de Tacámbaro sur la place de même nom, qui commémore la dizaine d’Audenardais qui, pendant la guerre d’indépendance du Mexique, forcèrent un barrage pour aider une infirme à rejoindre Mexico.
, une fontaine du temps de Napoléon Ier a été à nouveau déplacée, après presque trente ans, sur la place Gentiel Antheunis, près du centre culturel.
Les plus grosses attractions d’Audenarde sont l’hôtel de ville et la collégiale Sainte-Walburge, qui sont tous les deux sur la place du marché. Tout près du grand marché s'est tenu de tout temps un petit marché, derrière la Maison de Parme (l’hôtel de Marguerite de Parme resté intact), et le passage béant entre les deux places apparut longtemps comme une aberration aux yeux des habitants. Par dérision ils l’appellent la trouée des marchés, bien qu’elle ait été depuis rétrécie par la construction du musée du cyclisme.
En face de la collégiale Sainte-Walburge se trouve également la bibliothèque municipale, appelée par les habitants la halle aux viandes parce que les bouchers s’y rassemblaient naguère. C’est un bâtiment de style classique qui date du .
Le plus vieux bâtiment d’Audenarde est la halle aux vins qui date du ; il est attenant à l’Hôtel de Parme. Il y a également le château Liedts, l'abbaye de Maagdendale, l'hôpital Notre-Dame près de la collégiale Sainte-Walburge, cité en 1202, construit entre le , l'église Notre-Dame de Pamele et l’ancienne gare d’Audenarde, qui se trouve en fait sur la commune de Bevere, et qui date de la Belle Époque.
Un plan-relief de la ville d'Audenarde et environs a été établi en 1747 sous la direction de l'ingénieur Nicolas de Nézot. Ce plan-relief est conservé et exposé au sous-sol du Musée des Beaux-Arts de la ville de Lille. Il est composé de 12 tables en bois pour un total de 5,4 × à une échelle de 1/600°.
Le béguinage vignette|200px|Béguinage d'Audenarde. À l'origine, les béguines d’Audenarde s'étaient établies à l'arrière de la collégiale Sainte-Walburge. Le béguinage actuel a accueilli ses premières occupantes en 1449.