Arthur Currie (1875-1933) est un militaire canadien, le premier commandant national du corps expéditionnaire canadien au cours de la Première Guerre mondiale. Sous ses ordres, les soldats canadiens remportent nombre de batailles importantes notamment la bataille de Vimy et la bataille d'Amiens.
Biographie Enfance Arthur Currie (son nom de naissance est « Curry ») est né le dans le hameau de Napperton, en Ontario, juste à l'ouest de Strathroy, il est le fils de William Garner Curry et de Jane Patterson. Il effectue une partie de ses études à l'Institut Strathroy District Collegiate et fréquente brièvement l'université de Toronto avant de partir en Colombie-Britannique en 1894.
Début de carrière Pendant cinq ans, il est enseignant dans des écoles publiques à Sidney et à Victoria. Durant cette période, il change l'orthographe de son nom de Curry en « Currie ». Le , il rejoint le canadien d'Artillerie de forteresse comme mitrailleur. En 1900, il atteint le grade de caporal. Il lui est proposé un brevet d'officier, lui permettant d'élever son statut social. Cette promotion est à double tranchant, il doit en effet prendre à sa charge le coût de son uniforme et doit faire don d'une partie de son salaire au mess des officiers. Avec son faible salaire d'enseignant et son futur mariage avec Lucy Chaworth-Musters et les coûts de sa promotion, il décide de changer de métier en travaillant dans la finance, après plusieurs années il devient directeur provincial de la Société d'assurance-vie nationale. Currie prend à cœur ses fonctions au sein de la milice, il s'intéresse particulièrement à l'artillerie et au tir de précision. Il est promu au grade de capitaine en 1902, puis au grade de major en 1906. Durant cette période, il forme avec R. A. Power la société Currie & Power. Ils investissent massivement dans l'immobilier lors du boom de la spéculation foncière. En , il devient lieutenant-colonel, commandant le canadien d'Artillerie de forteresse.
En 1913, alors que Currie participe à la création d'un nouveau régiment de milice, la bulle immobilière spéculative s'effondre et laisse Currie avec des biens sans valeurs et avec des dettes importantes. Il est proposé pour commander le (Gordon Highlanders of Canada) régiment comme lieutenant-colonel. Le coût des nouveaux uniformes et des bons pour le mess des officiers s'ajoutent à ses difficultés financières. Devant le risque d'une faillite personnelle et d'une disgrâce dans la milice, Currie détourne $ de fonds gouvernementaux destinés aux uniformes du régiment dans ses comptes personnels pour payer ses dettes. Il compte sur la promesse du colonel honoraire Coy William de verser $ au régiment. Mais cette promesse est restée sans suite mettant au jour les malversations de Currie. Ce dernier suit des cours au sein de l'état major de la milice qui sont validés en .
Première Guerre mondiale Garnet Hughes, le fils de Sam Hughes, le ministre canadien de la Milice du gouvernement de Robert Borden est troisième de la hiérarchie des "Gay Gordons". Observant Garnet Hughes lors d'exercices de milice, Currie constate que Hughes bien qu'élève-officier brillant au Collège militaire royal du Canada, est incompétent pour diriger des hommes et dans l'incapacité d'avoir un commandement militaire.
Au début de la Première Guerre mondiale, Sam Hughes distribue des postes de commandement à des amis et à des connaissances au sein de la de la Force expéditionnaire du Canada. Il propose à Currie, le commandant de son fils, le commandement de la . Cependant, Currie décline l'offre et préfère rester à Victoria pour résoudre ses problèmes financiers. Il change d'avis à la demande de Garnet Hughes. Sam et Garnet Hughes sont ainsi responsables de l'envoi à l'étranger de Currie et de sa réussite, avant qu'ils deviennent des ennemis implacables de Currie à partir de la bataille de la Somme jusqu'à la fin de la guerre. La promotion de Currie au grade de brigadier-général est confirmée le . Le premier ministre Borden est mis au courant des malversations financières de Currie quand la atteint l'Angleterre. Il décide de temporiser et de ne pas rapatrier Currie au Canada.
Seconde bataille d'Ypres
La d'infanterie canadienne passe l'hiver 1914-1915 à s'entraîner en Angleterre, elle est envoyée en France en . Après une nouvelle période de formation pour préparer les troupes aux réalités du combats dans les tranchées, la est affectée dans le saillant d'Ypres le . Cinq jours plus tard, les Allemands utilisent pour la première fois sur le front de l'ouest des gaz de chlore sur les troupes territoriales et coloniales françaises. Ces troupes se retirent ou meurent laissant un trou de dans les lignes alliées. Avec cette situation délicate, Currie prouve sa valeur comme officier de combat. Malgré le gazage et la destruction de son quartier général de brigade, il continue à diriger ses troupes au plus près et s'adapte à la situation nouvelle, il met en place une défense fluide et agressive qui permet d'éviter la percée. Currie retourne à l'arrière du front et réquisitionne deux régiments britanniques de renforts. Après plusieurs jours de combats acharnés, les contre-attaques alliées rétablissent une ligne défensive stable, empêchant la percée allemande.
Bataille de la Somme
Les troupes canadiennes ne prennent pas part aux combats de juillet de la bataille de la Somme. Elles sont en revanche impliquées dans les combats d'automne. Contrairement à la plupart des officiers supérieurs, Currie n'a aucune illusion sur les effets d'un assaut frontal. Il devient spécialiste des attaques locales à objectifs limitées et dans la conservation du terrain conquis face aux contre-attaques allemandes. Il tente de limiter au maximum les pertes humaines. À la fin du mois de novembre, les Canadiens prennent tous les objectifs attribués, mais au prix de pertes. Currie perd les faveurs de Sam et de Garnet Hughes. Sam Hughes, le ministre canadien de la milice, souhaite voir son fils Garnet Hughes à la tête d'une division. Mais Currie, après avoir vu le comportement de Garnet Hughes lors de la seconde bataille d'Ypres et l'ayant jugé incompétent, refuse. Devant l'influence grandissante de Currie, Sam Hughes n'a pas les moyens de le contraindre à cette nomination. Il décide de se venger en utilisant son siège à la Chambre des Communes pour attaquer Currie et ses actions, prudent il ne répète aucun des propos tenus à la Chambre à l'extérieur. Cette vendetta dure jusqu'à la mort de Sam Hughes.
Bataille de la crête de Vimy
À la fin de 1916, quatre divisions canadiennes sont présentes sur le front de l'Ouest. Elles sont regroupées au sein du Corps canadien sous le commandement de Sir Julian Byng. Le Haut Commandement britannique informe Byng que son corps d'armée aura un rôle central dans la future offensive de printemps dans la région d'Arras. Près des villages de Vimy et de Petit-Vimy se trouve une crête de calcaire qui domine la région de Douai. En 1914, les Allemands prennent possession de la crête et l'organisent défensivement. Plusieurs tentatives françaises puis anglaises de reprises de cette crête ont été entreprises sans succès. Dans le cadre de l'attaque prévue autour d'Arras au printemps 1917, les troupes canadiennes sont chargées de la prise de cette crête en 8 heures.
Byng demande à Currie d'étudier le déroulement et la conception de la bataille de la Somme ainsi que la bataille de Verdun en allant interroger aussi bien des officiers supérieurs que des officiers subalternes qui ont participé physiquement aux combats. Currie note les écarts entre les croyances des officiers supérieurs et les réalités du terrain décrites par les officiers subalternes. Le , Currie commence une série de réunions avec les différents officiers supérieurs canadiens pour présenter les points clés de la bataille à venir : l'artillerie doit écraser les tranchées adverses et détruire les défenses accessoires comme les barbelés ; le barrage roulant censé accompagner et protéger l'infanterie doit être perfectionné pour être réellement efficace ; la contre-batterie chargée de réduire au silence l'artillerie adverse doit être développée ; chaque soldat doit connaître les objectifs qui lui sont assignés pour pouvoir agir en cas de pertes des sous-officiers ; les troupes d'attaque doivent s'approcher au plus près des lignes adverses avant le début du combat.
Les troupes canadiennes commencent alors l'entraînement. Chaque soldat connaît les objectifs de son unité, il dispose d'une carte miniature du champ de bataille. Tous les hommes s’entraînent sur un champ de bataille reconstitué à l'arrière pour régler la marche de l'infanterie et le barrage roulant. Les troupes du génie construisent de nombreux tunnels, routes et voies ferrées en vue de la bataille. Dans le même temps, les actions de contre-batteries sont réalisées sous le commandement d'Andy McNaughton et utilisent de nouvelles techniques de détection fondées sur le son et la lumière émis par le canon lors de son utilisation. Ces techniques permettent la destruction de 83 % des pièces allemandes avant le début de l'attaque. À du matin, le , un impressionnant barrage d'artillerie commence. Trente mille soldats canadiens sortent des tranchées et des tunnels au milieu d'une tempête de neige et marchent lentement derrière un rideau d'obus détruisant tout sur son passage. Les soldats allemands sont capturés directement dans leurs abris. Les trois lignes de tranchées sont rapidement prises. À , les soldats canadiens ont atteint la crête de Vimy. À la fin du , la crête est complètement aux mains des troupes canadiennes, pour un coût de , dont . La bataille d'Arras ne permet pas la percée du front, malgré le succès des Canadiens. Currie est reconnu comme le principal responsable de ce succès. Il est fait Chevalier Commandeur de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges à l'occasion de l'anniversaire du roi George V du . À la mi-1917, Byng devient le commandant de la britannique, Currie est nommé lieutenant-général à titre temporaire le et reçoit le commandement de l'ensemble du Corps canadien. Quand Currie devient commandant du corps canadien, le gouvernement canadien apprend les malversations financières de Currie. Pour résoudre cette affaire, ce dernier emprunte à deux subordonnés et Victor Odlum de l'argent pour rembourser les sommes détournées au .
Bataille de la cote 70
Le Haut commandement britannique souhaite une diversion pour pouvoir déclencher la bataille de Passchendaele. Il ordonne à Currie de prendre la ville de Lens avec le corps canadien. Cette ville est un nœud ferroviaire stratégique pour les Allemands. Après avoir analysé le terrain, Currie décide d'attaquer plutôt le point dominant de la zone appelée colline 70 que la ville de Lens elle-même. Il considère également que les Allemands seront dans l'obligation de reprendre la colline s'ils veulent conserver la ville de Lens. Haigh valide le changement d'objectif proposé par Currie mais craint que l'attaque soit particulièrement meurtrière en raison des casemates et des nombreuses tranchées présentes. Currie souhaite le même niveau de préparation que pour la bataille de la crête de Vimy. Une nouvelle fois, les troupes étudient les cartes et s'entraînent à synchroniser leur déplacement avec le barrage roulant. Après plusieurs heures de bombardement des lignes allemandes, l'assaut est déclenché à . La canadienne en réserve, les , et canadiennes prennent la colline en 20 minutes. Les Canadiens commencent à fortifier la colline, les Allemands lancent la première contre-attaque à . Durant les 3 jours suivants, les Canadiens subissent 21 contre-attaques parfois accompagnées de bombardements aux gaz et d'attaque aux lance-flammes. Le , les réserves en nourriture, boisson et munitions sont très faibles mais les Allemands renoncent à reprendre la colline et ne peuvent plus utiliser Lens comme nœud ferroviaire.
Bataille de Passchendaele