Le château de Meux est situé en Charente-Maritime sur la commune de Meux. Il jouxte l'église romane.
Historique La terre et seigneurie de Meux, en Saintonge, relevait sous l'ancien régime du château et comté de Jonzac et jouissait du droit de haute, moyenne et basse justice.
Les premiers seigneurs de Meux remontent au , quand on trouve mention, en 1250, de Geoffroy de Meux puis de son fils Thomas qui laisse une fille, Marchande de Meux, mariée avec Simon de Montlieu. La fille de cette dernière, Agnès de Montlieu, meurt sans postérité si bien que la terre de Meux échoit, vers 1400, à Jeanne du Fresnay, femme d'Aymard de La Laigne. Puis, c'est à nouveau par les femmes que la terre Meux change de mains, quand Blanche de La Laigne, fille de ces derniers, l'apporte en dot à Louis Chesnel. C'est à celui-ci, fils d'un gouverneur du château de Saint-Aubin-du-Cormier (en Ille-et-Vilaine) que l'on attribue parfois, à tort, la construction du château que nous connaissons.
C'est grâce à ce mariage puis à celui de son fils Jacques, qui épouse Béatrice de Sainte-Maure, la fille de son suzerainActe du 6 février 1454 (ancien style), médiathèque de Poitiers, fonds dom Fonteneau, tome LVI, p. 212, que la famille Chesnel fait souche en Saintonge, avant de former différentes branches qui posséderont, notamment, les châteaux de Château Chesnel (à Cherves-Richemont, en Charente) et d'Écoyeux (en Charente-Maritime).
Sous les règnes de Louis XIII et de Louis XIV, la famille Chesnel, attirée par la vie de cour, se désintéresse de ses possessions saintongeaises au profit de terres situées en Beauvaisis et dans les environs de Compiègne, dont elle est devenue propriétaire, à la suite de différents mariages.
Finalement, au bout de neuf générations, c'est Charles-Maurice Colbert, marquis de Villacerf, abbé de Neauphle, agissant au nom d'Angélique-Élisabeth Chesnel, qui vend le château de Meux, en 1712, à Pierre Dudon, avocat du roi au parlement de BordeauxActe passé par devant Bedout, notaire à Bordeaux, Archives départementales de la Gironde, 3E 944. Par cette action, l'acquéreur investit la dot de sa femme, Brigitte de Laage, qui meurt prématurément, en , un an après son mariage. Pour cette raison, il doit céder dès 1714 sa terre de Meux à son beau-père, Jacques de Laage, maître d'hôtel du duc de Berry, futur baron de Bellefaye, conseiller secrétaire du roi en la grande chancellerie, dont le portrait peint par Largillière est conservé dans les collections du musée du Louvre.
Dès 1719, ce dernier vend le château de Meux à Antoine Bonnet, seigneur comte de Nègrepelisse (Tarn-et-Garonne), vicomte de Castillon, conseiller secrétaire du roi maison couronne de France à MontaubanContrat du 15 septembre 1719, Archives nationales, MC/ET/LXVIII/332, qui se voit contraint de le rétrocéder en 1721 à Hélie de Laage (1676-1729), frère de Jacques et receveur des tailles de l'élection de SaintesActe reçu Bouan, notaire à Bordeaux, Archives nationales, 3E 13114.
La terre de Meux reste entre les mains de la famille de Laage, qui ajoute à son nom celui de Meux, jusqu'en 1853Contrat du 25 septembre 1853, reçu Brassaud, notaire à Jonzac, Archives départementales de la Charente-Maritime, TR Jonzac, 4Q1/159, acte n° 4. Contrairement à ce qui a pu être écrit par ailleurs, ce n'est pas Hippolyte de Laage (1811-1883) qui se sépare alors du château, mais Jérôme de Laage (1777-1856), lieutenant-colonel du Génie, ancien député de Charente Inférieure (1824-1827). Dès lors et jusqu'au début des années 1970,le château devient le siège d'une exploitation agricole, quand il est acquis en 1972 par Monique Guilbaud, qui le sauve de la ruine après 17 ans de restauration pour l'ensemble des bâtiments,
Les façades et toitures du château et des communs, l'escalier à vis contenu dans la tour hexagonale et les cheminées intérieures du XVe siècle font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du .
Architecture L'entrée se fait par un porche qui donne sur le jardin bordé sur trois côtés de dépendances basses à toits de tuiles. En face, le logis, construit au durant la période de reconstruction après le départ des Anglais, est de style flamboyant, avec une tour polygonale à toit à pans coupés percé d'une fenêtre ornée de broderies de pierre.
Deux tours ont disparu, que l'on connait par des gravures.
Jardin C'est un jardin à la française reconstitué à partir de 1972, avec huit ifs taillés en cône marquant l'intersection des allées et des quatre carrés de pelouse. Il est travaillé dans les verts de la pelouse, des ifs et des fusains et le rouge des lignes de petits rosiers. Une roseraie complète ce jardin.
Une haie taillée sépare du parc planté d'essences choisies pour leurs couleurs. Le potager et le verger traditionnels complètent cet ensemble de jardins.
Visites ouverture uniquement aux journées du patrimoine.
Voir aussi
Articles connexes Meux Liste des monuments historiques de la Charente-Maritime Famille de Laage Jérôme de Laage de Meux Charles-Maurice Colbert, abbé de Villacerf Château d'Écoyeux Château Chesnel
Liens externes
Bibliographie Châteaux manoirs logis, la Charente-Maritime, Association Promotion Patrimoine (coordination Frédéric Chasseboeuf), éditions Patrimoines et Médias 1993, p. 329 & 511 Florence Puaud, Belles demeures de la Charente-Maritime, éditions Patrimoines et Médias, Niort, 1996, p. 66-68 Christian Gensbeitel, Châteaux de Charente-Maritime, Nouvelles éditions Latines, Paris, 1992, p. 6-7
Frédéric Chasseboeuf, Châteaux, manoirs et logis - La Charente-Maritime, éditions Patrimoines et Médias, Prahecq, 2008, volume 1, p. 196-197 Jean Glénisson "Le château de Meux (Charente-Maritime)", in Vieilles Maisons Françaises, n° 72, , p. 38-39 Pierre-Damien Rainguet, Études historiques, littéraires et scientifiques sur l'arrondissement de Jonzac (Charente-Inférieure), Jonzac-Saint-Fort-sur-Gironde, 1864, p. 211-212 Guide des parcs et jardins de Charente-Maritime, Philippe Prévôt, éditions Sud-Ouest 2003,
Notes et références
Catégorie:Monument historique inscrit en 1975 Catégorie:Route historique des trésors de Saintonge Meux