( littéralement « Le goût de la lumière du soleil ») est un film coproduit par la Hongrie, l'Autriche, l'Allemagne et le Canada, réalisé par István Szabó et sorti en 1999. Le scénario du film est écrit par le réalisateur, en collaboration avec Israel Horovitz.

Le film met en scène l’histoire de quatre générations d’une famille juive hongroise, les Sonnenschein. Un prologue montre le jeune Emmanuel Sonnenschein quittant son village pour s’installer dans la capitale hongroise. En effet, la distillerie de son père a été détruite par une explosion et celui-ci est décédé à la suite de cet accident. Emmanuel emporte à Budapest le précieux carnet noir comportant les recettes secrètes de son père. Nous sommes vers la fin du . Lorsque le film débute vraiment, les Sonnenschein se sont enrichis grâce à une boisson baptisée en hongrois « Goût de la lumière du soleil ». Le film se divise en trois périodes historiques : de 1890 à 1914, de 1914 à 1944 et de 1945 à 1989, couvrant donc la fin de la double monarchie austro-hongroise, les deux guerres mondiales et le régime communiste. La fin du film mentionne la fin de ce régime.

La distribution du film est internationale. On y remarque particulièrement Ralph Fiennes, qui joue les rôles de trois membres de générations successives d’une famille.

L’accueil du film a été très mitigé, de critiques totalement positives à d’autres totalement négatives, surtout en Hongrie, où il a également suscité des polémiques idéologiques. La critique a été plus favorable en Occident, ce qui se reflète dans plusieurs prix remportés.

Synopsis Le film est conçu comme une narration lue après avoir été écrite vers la fin du Section d'après le contenu d'image et textuel du film.. Le narrateur est Iván, l'ultime descendant de la famille. Le film est composé de parties où les personnages dialoguent et d'autres qui illustrent la narration lue. Parmi celles-ci il y a également des fragments de documents cinématographiques sur des événements historiques importants des plus de 100 années couvertes par le film.

L'époque ensoleillée (1890-1914) Vers la fin du Les sous-titres du résumé sont pris dans (), suggérés par la métaphore météorologique constituée par le titre du film., l'arrière-grand-père d'Iván, Emmanuel « Manó » Sonnenschein, part à pied d'un village de l'Empire austro-hongrois pour chercher du travail. Il doit faire vivre sa mère et son frère cadet après que son père, Aron Sonnenschein, propriétaire du bistrot du village, a perdu la vie lors de l'explosion de l'alambic où il distillait de l'eau de vie. C'était un homme apprécié. Il faisait une boisson avec des plantes médicinales qui avait fait du bien a beaucoup de gens. Le cahier où était écrite la recette secrète de la boisson a été retrouvée dans les ruines par sa femme. Manó a aussi trouvé la montre de gousset de son père. Le cahier, la montre et une canne sont son seul héritage.

Arrivé à Budapest, Manó se fait embaucher dans une usine d'alcool. À 25 ans, il a sa propre maison et sa fabrique de liqueurs. Il fait, selon la recette de son père, une boisson qu'il nomme « vin de soleil ». Il épouse, sans être amoureux, Róza Deutsch, avec qui il a deux enfants, l'un Gusztáv, l'autre Ignác, le futur grand-père d'Iván, le narrateur. Sa liqueur a beaucoup de succès et la famille s'enrichit. Après la mort prématurée de son frère, Manó adopte sa fillette, Valéria « Vali », la future grand-mère d'Iván.

Gusztáv, Ignác et Vali grandissent ensemble. Devenus de jeunes adultes, Vali se passionne pour la photographie, Ignác fait des études de droit à Vienne et Gusztáv – des études de médecine. Aucun ne s'intéresse à la profession de Manó, ce qui ne dérange pas celui-ci, fier des ambitions des jeunes.

Ignác et Vali s'aiment en secret, mais Gusztáv s'en aperçoit et le dit aux parents. Le père prend Ignác à partie, en lui disant qu'il doit renoncer à Vali, parce qu'elle est sa cousine germaine. Ignác se soumet à la volonté de son père, malgré Vali. Il continue à l'aimer mais ne répond pas à ses lettres. Un jour, Vali lui rend visite à Vienne sans s'être annoncée, et leur relation devient sexuelle.

Après ses études, Ignác retourne à Budapest et commence une carrière de succès en tant que juge. Son père est très fier de lui. Il lui donne la montre dont il a hérité et lui conseille de ne jamais oublier son origine. La relation entre cousins continue en secret.

Ignác est apprécié par son supérieur, qui lui dit qu'il mérite d'être promu, mais pour cela il serait souhaitable qu'il change son nom en un autre, hongrois. Ignác suit son conseil et devient Sors (« destin » en hongrois). Gusztáv et Vali suivent son exemple.

Vali tombe enceinte et Ignác la demande en mariage en présence de la famille. Sa mère est révoltée, mais son père ne s'y oppose plus. Il se rappelle qu'il a voulu lui aussi épouser une cousine qu'il aimait, mais sa famille le lui a interdit, il s'est soumis et ainsi il n'a pas connu le bonheur d'un mariage d'amour.

La presse dévoile un cas de corruption parmi des politiciens haut placés du pouvoir. Les supérieurs d'Ignác veulent le charger du jugement de l'affaire de telle sorte, que les suspects s'en tirent. En leur répliquant que le procès pourrait finir par la condamnation des suspects, il propose que le dossier soit renvoyé au procureur pour une recherche minutieuse, qui pourrait durer longtemps, le cas pouvant ainsi être oublié. Sa proposition est acceptée. Ignác fait ainsi une compromission : il obtient que le cas soit étouffé sans sa participation, au prix que justice ne soit pas faite, sa carrière restant en même temps hors de danger. Vali l'accuse de lâcheté, sachant que l'empire est miné par la corruption, mais Ignác pense que celui-ci, dont il est l'adepte, ne doit pas être affaibli. Il énumère avec colère les aspects entre lesquels il est déchiré : ce que lui demande Vali, l'esprit de famille, l'esprit religieux, le dévouement à l'empereur, l'esprit libéral, le droit romain, le gouvernement, l'opposition, son propre sens de la justice, l'esprit révolutionnaire de son frère, le conservatisme de son père.

Ignác et Vali ont leur premier enfant, István. Ignác est reçu dans des cercles haut placés. Il participe pour la première fois à une chasse, tue un cerf et est troublé par la mort de celui-ci.

On propose à Ignác de participer aux élections sur la liste du parti gouvernemental. Il est tenté et ses parents en sont fiers. Sa mère est enthousiasmée mais son père dit que les gens comme eux ne doivent pas viser trop haut. En revanche, Gusztáv, connaissant en tant que médecin la misère des ouvriers et ayant des idées socialistes, y est totalement opposé. Vali non plus ne veut pas que son mari participe à un pouvoir corrompu.

Les jeunes époux ont un deuxième enfant, Ádám, le futur père d'Iván.

Ignác annonce à son supérieur qu'il ne participera pas aux élections, et celui-ci a également quelque chose à lui faire savoir : Gusztáv est poursuivi en tant que membre d'une organisation socialiste qui milite pour le renversement de la monarchie. Les deux frères se disputent, Ignác voulant s'assimiler à la société et étant reconnaissant que le pouvoir le lui permette. Gusztáv lui réplique que les Juifs ne seront jamais totalement acceptés par cette société-là, et que ce ne sera possible que dans une société juste, pour laquelle il faut lutter, même au prix d'une révolution sanglante. Vali se situe entre les deux : elle ne veut rejoindre ni les puissants ni les opprimés, mais seulement être fière de sa langue maternelle, le hongrois, et voir par la fenêtre le paysage qu'elle connaît et qu'elle aime.

L'époque des tempêtes (1914-1944) La Première Guerre mondiale éclate. Gusztáv est mobilisé comme médecin militaire et Ignác devient major juge de cour martiale. Il est très fier et ému d'être reçu par l'empereur, qui veut le connaître. Pendant les quatre années que dure la guerre, il rend des verdicts sévères et ne voit pas sa famille. Il apprend le même jour la mort de l'empereur et celle de son père. Peu de temps après, la guerre finit par la défaite de l'empire, ce que Ignác ressent comme la fin d'un monde auquel il doit beaucoup.

Lorsqu'il revient chez lui, ses fils sont déjà des jeunes hommes. Vali lui annonce qu'elle se sépare de lui, parce qu'il ne l'aime plus depuis qu'il aimait l'empereur, et qu'elle l'aime seulement comme une sœur. Vers la fin du film elle avouera qu'en fait elle avait un amant. En Hongrie, devenue indépendante, c'est la Révolution des Asters, d'orientation social-démocrate qui éclate, puis les communistes instaurent la République des conseils. Gusztáv est membre de son gouvernement. Il essaye de convaincre Ignác de collaborer avec eux, en l'avertissant qu'il risque d'être lui aussi l'objet de la « juste » vengeance du peuple en tant qu'homme du pouvoir antérieur. Ignác refuse et il est assigné à résidence. Apprenant cela, Vali revient chez lui.

Après la chute du pouvoir communiste, Gusztáv émigre en France et Ignác refuse de redevenir juge, étant mis à la retraite. Sa santé se détériore rapidement. L'atmosphère de la maison est tendue. Ignác a des accès de colère et sa mère ne cesse de manifester sa haine envers Vali. Ignác meurt et, peu de temps après, sa mère aussi. Vali devient la cheffe de famille.

En Hongrie, l'antisémitisme se manifeste de plus en plus. Ádám est humilié en tant que Juif par ses camarades de faculté. István, son frère aîné, pratique l'escrime et conseille à Ádám de la pratiquer lui aussi, pour pouvoir se défendre. Les deux s'entraînent dans un club d'escrime civil. Ádám fait des études de droit, obtient son doctorat mais ne pratique pas sa profession, s'occupant seulement d'escrime et devenant toujours meilleur dans ce sport. Vali devient une photographe de succès.

Anselmi, l'entraîneur d'Ádám, est d'avis que celui-ci devrait passer au club des officiers et en parle au chef de celui-ci, le général Jákófalvy, mais on n'y reçoit pas de Juifs, c'est pourquoi l'entraîneur conseille à Ádám de se convertir. Vali et István ne s'y opposent pas, sans vouloir se convertir eux aussi. Ádám suit des cours de catéchisme.

Ádám tombe amoureux de Hanna, une Juive qu'il rencontre au catéchisme et qui devient catholique en même temps que lui, parce qu'elle a un fiancé fils d'un propriétaire terrien catholique. Ádám lui déclare son amour d'une façon très insistante, en sentant que la jeune fille n'est pas amoureuse de son fiancé mais séduite par Ádám.

Ádám est reçu dans le club d'escrime des officiers. Son entraîneur, le baron Margittay, remarque qu'il est gaucher, bien qu'il combatte avec la droite, et il l'entraîne à combattre avec la gauche. Ádám gagne le championnat de Hongrie en luttant contre un officier.

Ádám épouse Hanna. Un an après, ils ont un fils, Iván.

Ádám devient pour la deuxième fois champion national. Le président du club d'escrime civil, un juif, lui offre beaucoup d'argent pour qu'il revenir dans son club, mais il refuse, en s'affirmant hostile à l'esprit mercantile qu'il attribue aux Juifs. Le détachement de ses origines est allé jusqu'à le rapprocher de l'antisémitisme.

En 1936, le chef du club des officiers demande à Ádám de proposer les membres de l'équipe olympique. Il en fait partie mais aussi un officier qui lui est hostile. En fait, il continue d'être dans une situation d'infériorité, n'étant pas officier.

Ádám devient champion olympique aux Jeux olympiques d'été de 1936, de Berlin. Il y est contacté par un dirigeant de club d'escrime américain, émigré de Hongrie, qui lui propose de partir pour les États-Unis, mais il refuse par patriotisme. L'Américain l'accuse de complicité avec le régime dictatorial de Hongrie et l'avertit du danger de l'alliance du pays avec l'Allemagne, en lui conseillant de se sauver avant qu'il soit trop tard. À Budapest, il est accueilli en héros national, décoré et nommé officier.