Jean Rousson, est un prêtre séculier et écrivain français du , mort le à Chantenay.
Biographie Origine et parcours Issu d'une famille notariale d'ArquenayIl était une fois... Jean Rousson, abbé et écrivain critique des mœurs du clergé, il fut emmené en 1581 par Julienne d'Arquenay à son château de Rambouillet pour y prendre soin de l'éducation de Charles d'AngennesÂgé seulement de cinq ans. On le pourvut alors de la chapelle d'Hauteville, et sans doute à l'expiration de son préceptorat en 1587, du prieuré de Thorigné-en-Charnie. Il demeurait à Saint-Denis-d'Orques, peut-être comme vicaire, quand, en 1595, il obtint la cure de Chantenay, toujours par l'influence de Charles d'Angennes, qui était alors seigneur temporel de la paroisse, écrit Ansart.
Le religieux et l'éducation Jean Rousson fut un curé modèle, estimé des grands, aimé de tous. Il fonda une école où se formèrent de nombreux ecclésiastiques qui firent une couronne à sa vieillesse. Lui-même s'est peint dans ses fonctions de magister, ne prenant aucun salaire, acceptant les petits présents qu'on lui offrait, refusant tout autre bénéfice que sa cureIl chérissait tous ses élèves comme des enfans de grandes familles, leur faisait aimer l'école par une infinité d'artifices, plaçant le plus savant ou le plus sage dans une chaire tapissée de fleurs et de feuillages, et le plus asnier et indocile sur un billot au-dessus duquel pendait une queue de veau. Les punitions des paresseux étaient de demander pardon à Dieu à genoux ou de baiser la queue de veau. Ceux qui se destinaient au latin parlaient cette langue dès le début. Jean Rousson dota cette école du lieu de la Minotière, par affection pour sa paroisse et pour demeurer en participation des prières des jeunes enfans néz et à naistre.
Après 22 ans de ministère, il démissionna en faveur de son neveu, se retorant dans une maison qu'il avait fait construire et où il cultiva les lettres et les fleurs pendant 12 ans encore.
Les ouvrages Le premier ouvrage qu'il publia en 1619, mais préparé depuis longtemps sans doute, car l'approbation d'Olivier de Cuilly est datée du et celle de François Masson, prieur des Dominicains de Laval du , porte pour titre : Le jardin d'honneur de la Vierge Marie où se cueillent les fruits de la vie de J.-C. et de la sainte ViergeLa Flèche, in-8° de 799 p., 9 feuillets non chiffrés pour la dédicace à Charles d'Angennes et à la Vierge, et 20 feuillets pour la table, le privilège et les approbations des docteurs. Avant de paraphraser ainsi le rosaire, Rousson en avait implanté la dévotion dans sa paroisse ; il avait fait construire sous ce vocable, dans le cimetière, une chapelle qu'il dotaLe Jardin a trois parterres et chaque parterre cinq allées ; c'est, on le voit, la division du rosaire. La doctrine du livre est certainement fort bonne et solide. L'Abbé Angot imagine qu'un instrument bizarre, composé d'un cercle et de dix clochettes de différents calibres qui faisait partie du mobilier de l'auteur, était destiné à rendre sensible pour ses paroissiens l'exemple du psalmiste..
Jean Rousson fit aussi des vers ; il fut même assez bon poète. On trouve de très bonnes pièces dans le Recueil des chansons spirituelles, avec les airs notés sur chacune d'icellesLa Flèche, 1621, in-16 de 124 p. Jean-Barthélemy Hauréau loue surtout la paraphrase du cantique Super flulina Babylonis.
Dialogue de trois vignerons du Maine Mais quoique de petit format, l'ouvrage du curé de Chantenay le plus marquant, le plus hardi, le plus personnel et qui eut aussi le meilleur succès, fut le Dialogue de trois vignerons du pays du Maine sur les misères de ce temps, les devoirs et la conduite des ecclésiastiques.
C'est une verte satire, où l'un des personnages parle le patois manceau, contre la simonie, l'insouciance et les désordres d'une partie du clergé. Jean Rousson ne la signa que d'un pseudonyme transparent : Jean Sousnor, sieur de la NichilièreImprimé en 1627, le volume eut une seconde édition en 1628 (Le Mans, Gervais Olivier, in-24 et in-12), une troisième corrigée et augmentée de nouveau en 1629 (in-24 de 376 p.), une autre à Rouen, 1636. La huitième, qui est probablement la dernière, parut encore à Rouen en 1734.
Le sieur de la Nichilière exprimait à sa manière le désir universel d'une réforme dans le clergé, déjà commencée d'ailleurs, et que Saint Vincent de Paul, Jean-Jacques Olier et autres procurèrent efficacement.
La fin Le du mois de septembre (1630), deffunct vénérable et discret maistre Jean Rousson, prestre rendit son âme entre les mains divines et le lendemain fut inhumé dans la chapelle du Rosaire, au grand cimetière de Chantenay. René Rousson, son neveu, curé de Beaumont-Pied-de-Bœuf, fonda aussi un collège dans sa paroisse.
Bibliographie Barthélemy BouttierDisciple de Jean Rousson, il dédie une épître A M. Rousson, son maistre, cy devant curé de Chantenay, sur sa façon de vivre du tout religieuse et claustrale, 1633 Revue du Maine, t. XXXIX, p. 70, 126., Essais poétiques, 1623 ; Revue du Maine, t. XXXIX, 70 ; Narcisse Henri François Desportes, Bibliographie du Maine ; Jean-Barthélemy Hauréau, Histoire littéraire du Maine ; Georges Dottin, Un texte patois du dix-septième siècle.
Notes et références
Voir aussi Famille d'Angennes
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