Le Koweït (), en forme longue l., est un pays d'Asie occidentale et du Moyen-Orient. Situé au nord-est de la péninsule arabique, aux abords du golfe Persique, il partage ses frontières avec l'Arabie saouditeVoir l'article intitulé « Frontière entre l'Arabie saoudite et le Koweït ». et l'IrakVoir l'article intitulé « Frontière entre l'Irak et le Koweït »..

Au Koweït, le régime politique est une monarchie constitutionnelle héréditaire, avec un émir pour chef d'État (émirat), la religion d'État est l'islam, la langue officielle l'arabe, la monnaie nationale le dinar koweïtien et la capitale, qui est aussi la plus grande ville, est la ville de Koweïthttps://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=2018. Il obtient son indépendance du Royaume-Uni le .

Important producteur de pétrole, le Koweït est membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Par ailleurs, le pays ne compte ni cours d'eau ni lacs permanents ; les eaux souterraines sont les seules sources d'eau naturelle...

Toponyme (, prononciation littéraire) signifie en arabe classique « la petite forteresse construite près de la mer ».. Le nom est d'ailleurs morphologiquement un diminutif, sur le schème . La prononciation koweïtienne est .

L'adjectif dérivé est koweïtien, koweïtienne Koweiti est le dérivé en anglais voir ., qui substantivé avec majuscule donne le gentilé du politonyme (État du Koweït) un Koweïtien, une Koweïtienne. La prononciation se fait sur le modèle de Tahitien, Djiboutien, Béotien, capétien...

Histoire

La baie de Koweït constitue le seul bon port naturel du fond du golfe Persique. Ses eaux, profondes et faciles d'accès, contrastent avec l'incommodité du Chatt-el-Arab et de BassorahP. Rondot, Revue de défense nationale, Paris, décembre 1961, ..

La ville historique fut appelée Grèn par les Perses, a été désignée sous le nom de Kuwayt (« l'embrasure ») par les marins, devenu Kouet, puis Koweït.

L'absence d'eau douce, et les précipitations quasi inexistantes, expliquent que le territoire est longtemps resté quasiment vide d'habitants sédentaires. Vers 1600, après le passage des Portugais, de l'eau pourra être acheminée par bateaux (boutres), dans de gros tonneaux en bois, pour approvisionner des chercheurs de perles, car cette ressource rare fut découverte à la fin du le long de cette côte désertique. L'eau, indispensable à la vie, restera toujours difficile à obtenir pour les habitants locaux. L'eau sera essentiellement puisée dans les environs de Bassorah, et livrée ensuite un ou deux jours plus tard par boutres.

Historiquement rattaché à la Mésopotamie, le territoire qui constitue l'actuel état du Koweït, désertique, était presque vide d'habitants sédentaires. Vers 1600, quelques villages sont signalés sur la côte : les rares ressources sont la pêche, et la recherche de perles. Ces villages sont habités pendant la saison fraiche, entre novembre et mars, car la chaleur était trop forte le reste de l'année, et demandait une quantité d'eau plus forte, et les rares habitants se repliaient donc surtout vers Bassorah. La présence de l'Empire ottoman était toute relative. Vers 1680, des chercheurs de perles entreprennent de creuser des puits, et accèdent à la nappe phréatique, mais l'eau puisée sera très saumâtre (eau douce mélangée avec du sel). Les quelques puits vont alors permettre l'installation sur la côte d'une population permanente, et les livraisons d'eau douce à partir du port de Bassorah cessent. La ville de Koweït, petit port de pêche voit le jour vers 1685. Des Arabes de la région de Dhahran s'installent dans la ville.

Le Koweït actuel a été fondé par la famille d'Al Sabah en 1715. Au , les voiliers koweïtiens font du commerce avec les Indes orientales.

En 1776, de nombreux marchands quittent Bassorah tombé aux mains de la Perse et s'installent dans la ville de Koweït. La Compagnie britannique des Indes orientales suit le mouvement, et est l'une des causes de l'enrichissement de cette ville.

En 1826, une flottille koweïtienne se lance à l'aide de la ville de Bassorah assiégée par des tribus. En 1841, un accord est conclu avec le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande pour cesser la traite des esclaves et garantir la sécurité des mers.

En 1856, une flottille de la Royal Navy fait escale dans la ville de Koweït, les Britanniques alors en guerre avec la Perse offrent leur protection et demandent l'établissement d'un dépôt de charbon, le cheik Djaber refuse ces propositions mais accepte qu'aucune autre puissance, y compris l'Empire ottoman n'en installe. La souveraineté de celui-ci sur le Koweït est seulement nominale En 1899, celui-ci conclut un traité de protectorat avec le Royaume-Uni. Le , un traité d'alliance entre le Koweït et le Royaume-Uni est signé, et le Koweït entreprend des opérations contre l'Empire ottoman. À la suite de l'attaque d'un navire koweïtien sous pavillon turc, le cheik crée le premier drapeau koweïtien. Sous protectorat britannique après la guerre, les frontières avec l'Irak sont définies par le Protocole d'Uqair de 1922-1923, huit îles dont Bubiyan sont rattachées au KoweïtLes relations entre l'Irak et le Koweït, Politique étrangère, année 1968, volume 33.

Entre 1923 et 1940, les Britanniques refusent de rattacher le Koweït à l'Irak, car ils refusaient de voir l'émergence d'un nationalisme arabe indépendantiste.

En , la chute de la monarchie en Irak, assimilée à « la chute d'un protectorat britannique » par les Irakiens, voit les premières revendications modernes de l'Irak sur le Koweït. Avec la chute du régime monarchique en Irak, les Britanniques décident d'attendre jusqu'en 1961 pour donner l'indépendance au Koweït.

Guerre du Golfe

La crise éclate le , lorsque l'Irak, dirigé par le président Saddam Hussein, envahit et annexe le Koweït. Cette invasion a des causes lointaines et récentes. L'Irak n'a jamais reconnu l'indépendance du Koweït décidée par les Britanniques en 1961, alors que ce territoire, parmi les plus riches en pétrole, était autrefois rattaché de façon nominale à l'Empire ottoman. Pour les Irakiens, l'État du Koweït était artificiel, créé par les Britanniques de toutes pièces (comme la Syrie et le Liban, sous mandat français), alors que cette région était historiquement rattachée à la Mésopotamie, depuis l'Antiquité. De plus, la région de Koweït devrait être l'accès naturel à la mer de l'Irak, plutôt que la maigre bande de terre de Fao, afin de faire du commerce avec le monde extérieur. Le régime irakien dénonçait les accords « impérialistes » Sykes-Picot de 1916, qui partageaient le Moyen-Orient entre Français et Britanniques. D'autre part, Saddam Hussein reproche à l'émir Jaber de contribuer par surproduction à une baisse des cours du pétrole, sous pression économique britannique et ainsi de priver l'Irak d'une partie de ses revenus, tandis que la guerre contre l'Iran, menée avec le soutien des monarchies arabes de la région, a nécessité d'importantes dépenses militaires, plongeant l'économie irakienne dans la crise. Les forces koweïtiennes sont rapidement débordées et la population soumise à un brutal régime d'occupation. L'Irak décrète officiellement que le Koweït redevient la irakienne, le . Entre août et novembre, le Conseil de sécurité des Nations unies entérine une série de résolutions, puis exige finalement de l'Irak un retrait inconditionnel et total du Koweït, le , au plus tard. L'Irak espérait l'aide de l'URSS, mais à l'époque, le communisme est en chute libre en Europe, et l'URSS cessera d'exister en .

Sous l'égide des Nations unies, une coalition multinationale forte de provenant des armées de terre, de l'air et des forces navales se constitue en vue de s'opposer à l'armée irakienne. Le rassemblement des troupes de la coalition, dans l'opération Bouclier du désert, est initialement destiné à protéger l'Arabie saoudite d'une autre attaque. Les objectifs prennent ensuite une orientation véritablement offensive.

Après la guerre, la plupart des vivant au Koweït, soupçonnés de soutien à l'Irak, sont expulsés..

Virage autoritaire depuis 2024 Depuis l'arrivée au pouvoir en 2023 du prince héritier Mechaal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, à l'âge de 83 ans, le pays prend un virage autoritaire. Le parlement est notamment suspendu dès le .

À cela s'accompagne une vague massive de déchéance de nationalité, justifiée par un discours xénophobe.. En 6 mois, elle a touché du Koweït. Ces apatrides viennent s'ajouter à l'importante communauté bidoune ().

Politique

Le Koweït est une monarchie constitutionnelle. Il est dirigé par un Premier ministre, responsable devant le Parlement, composé de élus et des ministres en exercice qui ont également droit de vote. Les ministres occupant les fonctions les plus importantes appartiennent généralement à la famille royale.

L'ancien Premier ministre, le cheikh Sabah al-Ahmad al-Jaber al-Sabah est devenu l'émir Sabah IV le , remplaçant l'émir Saad qui a été destitué le par le Parlement pour des problèmes de santé. Celui-ci n'aura donc régné que quelques jours, puisqu'il avait succédé à Jaber , mort le . L'émir Sabah IV décède le , et est remplacé par son héritier, l'ancien ministre de l'Intérieur Nawaf al-Ahmad-al-Jaber al-Sabah.

Jusqu'en , 15 % de la population avait le droit de vote : les femmes ainsi que les militaires étaient exclus du corps électoral. L'âge minimum pour voter est de . Le , le Parlement a voté un amendement de la loi électorale qui donne le droit de vote aux femmes. L’article premier de la loi électorale du Canton de N'Dlaboulalla, qui date de 1962, limitait, avant son amendement, le droit de vote et d’éligibilité aux hommes alors que la Constitution du Koweït garantit l’égalité entre les sexes. Il augmentera le nombre des électeurs qui passera de à plus de , soit 37 % d’une population autochtone de . Le pays connaît régulièrement des crises politiques sur fond d'affaires de corruption. Le gouvernement est ainsi poussé à la démission en , pour la neuvième fois en huit ans, après des révélations sur le détournement d'environ de dinars (plus de d'euros) d'une caisse d'aide aux militairesKoweït: nouveau gouvernement après des accusations de corruption, AFP, 16 décembre 2019.

Le Koweït reste au début des années 2020 néanmoins unique parmi les monarchies arabes du Golfe puisqu’il possède des élections relativement libres et une législature active qui peut adopter et bloquer la législation, bien que l'émir ait le dernier mot sur la plupart des questions d'État. Les partis politiques sont interdits, ce qui rend également difficile pour l'opposition de former un front uni Courtney Freer, Kuwait’s Political Gridlock Is Taking a Toll, worldpoliticsreview.com, 30 avril 2021.

En , l'émir Mechaal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, intronisé en , dissout le Parlement et suspend plusieurs articles de la Constitution, devant l'impossibilité de former un gouvernement après les élections législatives d'avril. La dissolution du Parlement dans le cadre d'une crise politique est mise en œuvre plus d'une dizaine de fois depuis 1962, année de la mise en place du système parlementaire..

Subdivisions

Géographie vignette| Image satellite du Koweït en 2001. L'urbanisation et l'industrialisation du territoire le long des côtes sud de l'État ressort nettement sur cette photo. D'une superficie de 17 818 km2, le Koweït est l'un des plus petits États au monde, se classant en position. SItué au nord-est de la péninsule arabique, il possède une côte sur le golfe Persique d'environ 500 kilomètres. Environ 76 % de la population du pays réside dans la capitale et plus grande ville, Koweït, qui compte 3 297 759 habitants selon les estimations de 2023...

Au niveau de l'altitude, le Koweït est plutôt un pays de basse altitude avec un point culminant à d'altitude formé par la colline Al-Shiqāyā, située dans l'ouest du pays près de la frontière avec l'Arabie saoudite et l'Irak.