Eugène-Louis Lequesne, ou le Quesne, est un sculpteur français né le à Paris où il est mort le .

Biographie Famille Eugène-Louis Lequesne naît sur l'ancien de Paris le Archives de Paris. Actes de naissance reconstitués. Vues 41 et 42-51.. Son père possède un immeuble d'angle rue Villehardouin, dans le actuel , qu'il tient de son aïeul , directeur général des subsistances militaires, où aurait jadis habité Crébillon pèreCharles Lefeuve, Les anciennes maisons de Paris : Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, 1875..

Il épouse la fille de l'industriel et littérateur Hippolyte Guérin de Litteau.

Formation Après une formation juridique couronnée par un diplôme d’avocat, Eugène-Louis Lequesne est admis en 1841 à l’École des beaux-arts de Paris dans l’atelier de James Pradier et expose au Salon dès l’année suivante. Ses études sont qualifiées de dans la notice qui lui est consacrée dans le Dictionnaire Bénézit« Eugène-Louis Lequesne », in : Dictionnaire Bénézit, Tome VIII.. En 1843, il obtient le deuxième prix de Rome, et en 1844 le premier prix, avec un bas-relief intitulé Pyrrhus tuant Priam, dont le plâtre est conservé à l’École des beaux-arts de Paris.

Il devient pensionnaire de l’Académie de France à Rome à la villa Médicis de 1844 à 1849, et y côtoie cette dernière année Charles Garnier, grand prix d’architecture de 1848. Durant son séjour à Rome, il sculpte une copie du Faune Barberini qui, expédiée en France en 1846, est conservée à l’École des beaux-arts de ParisL'original est conservé à la glyptothèque de Munich..

Un sculpteur reconnu En 1851, Lequesne obtient une médaille de au Salon pour son Faune dansant, dont la version en bronze de de haut destinée au jardin du Luxembourg est exposée l’année suivante. Il se voit décerner le grand prix de sculpture à l’Exposition universelle de 1855, ainsi que la croix de chevalier de la Légion d'honneur.

Il devient alors un artiste reconnu du Second Empire, comme son maître James Pradier, disparu en 1852, l’a été pour la monarchie de Juillet.

Il meurt à son domicile au 57, boulevard Haussmann, le Archives de Paris. Actes de décès du . Vue 2-31.. Il repose au cimetière du Père-Lachaise ()Archives de Paris. Cimetière du Père-Lachaise, registre journalier d'inhumations d', . Vue 11-31..

Des liens privilégiés avec Pradier

Lorsqu’il fut question d’ériger le tombeau du maître James Pradier dans la du cimetière du Père-Lachaise à Paris, des conflits surgirent entre ses anciens élèves.

Le lien privilégié entre Lequesne et Pradier fut également souligné par Maxime du Camp, dans son Salon de 1857 :

On sait en outre, grâce aux accessibles sur les sites du ministère de la Culture, qu’un certain nombre de dessins de Pradier ont été donnés par Lequesne au musée du Louvre, au titre de la liquidation de la succession du maître.

Le joueur d'échecs

S’il n’est pas fréquent de voir un jeune avocat renoncer à une carrière juridique pour se lancer dans la statuaire avec des débuts aussi brillants, il faut aussi mentionner une autre facette de ses talents : Lequesne était un bon joueur d’échecs. Ainsi lorsqu’en 1858-1859 le champion américain Paul Morphy entreprit une tournée européenne, il s'opposa simultanément à huit champions français dans une partie « à l’aveugle » qui dura dix heures au Café de la Régence à Paris. Au nombre de ces huit Français figurait Eugène-Louis Lequesne, qui devint son ami et lui rendit hommage en sculptant son buste en marbre. Ce buste fut exposé au Salon de 1859.

Cette sculpture fut ensuite placée, couronnée de lauriers, à côté de ceux d’autres champions fameux, Labourdonnais et Philidor, au club d’échecs à l’étage du café de la régence. Lequesne offrit au champion un second exemplaire de marbre de plus petit format. Par ailleurs, des répliques de bronze aux trois cinquièmes en furent éditées et commercialisées.

Charles Lefeuve indique à propos de l'immeuble Lequesne : D'après un article intitulé Les cafés artistiques et littéraires de Paris, paru en 1882 (J. Porsoni Le café de La Régence). Les joueurs dont on suit les parties avec le plus d'attention sont : ..

Œuvres Lequesne a été appelé à collaborer à la décoration de divers projets architecturaux et espaces publics en France.

Statue de la Vierge à l'Enfant de la basilique Notre-Dame de la Garde de Marseille Parmi les œuvres de Lequesne les plus connues du grand public figure au premier rang la statue monumentale de la Vierge à l'Enfant qui surplombe à Marseille le campanile de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde, dont la première pierre fut posée en et dont la consécration eut lieu le , le chantier se poursuivant jusqu’en 1870. Le projet de Lequesne l’emporta sur ceux de ses confrères Aimé Millet et Charles Gumery. Un escalier à vis. est aménagé dans la structure interne de la statue d’où on découvre la Méditerranée par l’ouverture des yeux. La statue est installée en 1870Sous le second empire l’érection de statues religieuses de ce format n’est pas exceptionnelle et on peut en trouver divers exemples dans La sculpture française au , ouvrage de référence édité par les affaires culturelles à l’occasion de l’exposition de 1986 au Grand Palais, dont un chapitre est consacré aux « Vierges colossales du Second Empire », qu’on retrouve par exemple à Clermont-Ferrand, à Biarritz, à Châteaurenard, à Lourdes, à Bordeaux, au Puy.

Selon la plupart des sources disponibles, la statue monumentale de cuivre, haute de plus de , fut réalisée avec la technique de la galvanoplastie en , permettant un dépôt de cuivre de d'épaisseur sur les moules. La statue a été ensuite dorée à la feuille d'or La statue utilise d'or en feuille par les ateliers Christofle de Paris. Elle pèse et est datée de 1867. Le visage de la Vierge à lui seul mesurerait et celui de l’enfant Jésus , dont le tour de poignet serait de Les mesures données par le site officiel de la basilique sont divergents. Le site officiel notredamedelagarde.com donne des chiffres supplémentaires et parfois divergents : hauteur de la statue de la Vierge : ; hauteur totale de la statue et de son piédestal : ; masse de la statue : ( en incluant la structure intérieure) ; diamètre de la partie la plus large : ; altitude du sommet de la statue : ..

Les deux Pégase de l'opéra Garnier Eugène-Louis Lequesne est l'auteur des deux groupes monumentaux en bronze de La Renommée retenant Pégase qui ornent, en arrière de terrasse de la façade sud, la toiture en pignon de la scène du palais Garnier à Paris, de part et d’autre du groupe central d’Aimé Millet. Le musée d’Orsay conserve les maquettes en plâtre de Lequesne. L’architecte Charles Garnier, que Lequesne avait côtoyé en 1849 à la villa Médicis à Rome, fit appel, pour la décoration de son chef-d’œuvre, aux meilleurs sculpteurs de l’époque, et notamment aux lauréats du prix de Rome. Les groupes en galvanoplastie, haut de , exécutés en 1867-1868, ont été restaurés en 1985 par l’Institut de formation des restaurateurs d’œuvres d’artSelon une notice des Monuments de France..

Le Faune dansant du jardin du Luxembourg La version en bronze fondue par la fonderie Eck et Durand, exposée au Salon de 1852, mesurant de haut, orne le jardin du Luxembourg à Paris. Durant son séjour à Rome, Lequesne avait eu l’occasion de copier diverses œuvres antiques, dont le Faune Barberini. Le Faune dansant du jardin du Luxembourg s’inspire à l’origine du Faune dansant de Pompéi, conservé au musée archéologique national de Naples, mais n’en est pas moins dépourvu d’originalité, ce qui explique le bon accueil au Salon de 1851Claude Vignon, Salon de 1850-1851, Garnier frères, 1851, (Lire en ligne). et la médaille de obtenue par son créateur.

Statues de La Foi, La Charité et L'Espérance de l'église de la Trinité de Paris Située dans le square d'Estienne-d'Orves, ces trois statues dominent la balustrade située entre les trois fontaines en contrebas et le porche principal de l’église de la Sainte-Trinité, édifiée à Paris entre 1861 et 1867. Commencées par Francisque Duret (1804-1865), ces œuvres furent achevées par Lequesne après la mort de leur créateur.

Amiens, musée de Picardie : Thuillier Constant et Du Cange, deux médaillons ornant la façade ; L’Industrie et La Sculpture, deux cariatides ornant la façade ; Griffon antique monumental ornant le grand escalier, que mentionne Louis Auvray dans son Salon de 1863 sur Gallica.. Victoire, sculpture ornant le plafond du salon du dôme. ; Angoulême : Monument à Eusèbe Castaigne, bibliothécaire et érudit charentais, élevé par souscription de la société charentaise archéologique et historique, et inauguré le . Beaufort-en-Vallée, musée Joseph-Denais : Masque d’Homère. Bordeaux, musée des Beaux-Arts : Faune dansant. Cambrai, musée de Cambrai : Prêtresse de Bacchus. Chartres, musée des Beaux-Arts : À quoi rêvent les jeunes filles et Vercingétorix vaincu défiant les soldats romains. Chaulnes, Monument à Lhomond, grammairien et latiniste originaire de cette commune de la Somme, monument a été érigé en 1860 par souscription publiquechaulnes.free.fr.. Cognac : Monument à Émile Albert, avocat, bibliothécaire et érudit charentais. La Flèche, cimetière Saint Thomas : il a sculpté en pierre l'allégorie de la ville, sur le mausolée dédié à l'ancien maire François-Théodore Latouche, élevé en 1862 par souscription publique. Lille, palais des Beaux-Arts : Camulogène, 1872, statue en plâtre, . Marseille, hôtel de préfecture des Bouches-du-Rhône : sculptures pour la façade (1867), en collaboration avec plusieurs prix de Rome, comme Charles Gumery et Eugène Guillaume. Paris : basilique Sainte-Clotilde : Saint Cloud, statueDictionnaire Bénézit.. Le chemin de croix de Pradier terminé en collaboration avec Eugène Guillaume. cimetière du Père-Lachaise, : James Pradier, buste en marbre. Cirque d'Hiver : si l’on crédite James Pradier de la grande frise circulaire sous les croisées, il apparaît qu’y ont collaboré plusieurs de ses élèves, Duret, François-Joseph Bosio, Eugène Guillaume, Lequesne, Honoré Jean Aristide Husson et Antoine Laurent Dantan, qui y travaillèrent en s’inspirant des reliefs du Cirque d'étéJean Colson et Marie-Christine Lauroa (dir.), Dictionnaire des monuments de Paris.. Comédie-Française : frise ornant la monumentale cheminée de marbre sur laquelle repose, dans le foyer Pierre Dux, le Buste de Molière de Jean-Antoine Houdon. Lequesne a représenté seize personnages des œuvres de Molière assistant au couronnement de son buste, au nombre desquels figurent , Scapin, Alceste, Mercure, Diafoirus église Saint-Paul-Saint-Louis : Saint Louis, statue. faculté de médecine : Buste de Laënnec. gare du Nord : La Ville d’Amiens et La Ville de Rouen, statues. musée du Louvre : deux Parque, vers 1860, bronze ; Sapho et Phaon, 1851, bronze, fonte Eugène Gonon« Sapho et Phaon » sur collections.louvre.fr.. palais de justice, façade nord correspondant aux locaux de la Cour de cassation : La Force, La Justice, L’Innocence et Le Crime, statues cariatides. palais du Louvre : les cariatides et statues des pavillons Moellien et Denon et, dans la cour Napoléon, la statue de Philippe de CommynesPhilippe de Commynes (ou Commines), une des statues de la Cour Napoléon du Louvre, page principale.. Quimper, place Saint-Corentin : Monument à Laennec, élevé par souscription des médecins bretons, français et étrangers au célèbre médecin, inventeur de l’auscultation, né dans cette ville le et mort non loin de là à Ploaré en 1826. La statue, datée de 1867, et portant la marque des fondeurs Boyer et Rolland, a été inaugurée en sur l’esplanade entre la mairie et la cathédraleHôtel de ville de Quimper et la statue de Laënnec.. Sa composition est proche de celle du Monument à Jean-Jacques Rousseau de James Pradier, érigé à Genève. Roanne, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie Joseph-Déchelette : Thuillier. Rosny-sur-Seine, parc du château : Satyre, bronze. Versailles, musée de l'Histoire de France : Le Maréchal Leroy de Saint-Arnaud.