thumb|upright=1.3|La colonie du Cap (coloriée en orange) à son apogée territorial au début du

L'histoire de la colonie du Cap en Afrique du Sud commence en 1488 lorsque le navigateur portugais Bartolomeu Dias, atteint le cap de Bonne-Espérance (baptisé Cap des tempêtes) puis lorsqu'en 1497, Vasco de Gama le franchit pour trouver le chemin vers la route des Indes.

Il faut attendre cependant plus d'un siècle avant qu'une puissance européenne n'envisage d'y implanter un établissement permanent.

En , les rescapés du naufrage du navire néerlandais le Nieuwe Haarlem sont les premiers Européens à s'installer durablement (et involontairement) en terre sud-africaine. Après avoir été secourus au bout d'une année, certains d'entre eux, à leur retour en Hollande, parviennent à convaincre la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) d'y installer un établissement permanent chargé d'approvisionner les navires de la compagnie.

Les peuples autochtones thumb|Peinture rupestre khoïsan à Mossel Bay, date inconnue. Les recherches archéologiques attestent de la présence d'êtres humains au Cap il y a de cela même si les plus anciens ossements humains trouvés dans la région du Cap appartiennent à un Homo sapiens vivant il y a . Dans les grottes de la péninsule du Cap, les restes humains mis au jour sont vieux de à tandis que les plus anciennes peintures rupestres des grottes situées à Fish Hoek sont vieilles de Human Evolution (Cape Town), Capetown.at.. Les populations aborigènes de la région du Cap sont à l'origine des chasseurs-cueilleurs dont certains groupes adoptent progressivement le pastoralisme basé sur l'élevage des bovins et moutons. Ces peuples largement répandus dans l'Afrique australe, apparentés génétiquement et aux langues caractérisées par des consonnes à clics, sont désignés par le terme savant et récent de Khoïsan. Ce n'est peut-être qu'au qu'il se fait une séparation nette entre les communautés de chasseurs-cueilleurs San (appelés Bochimans ou « hommes du bush » par les Blancs) et les communautés d'éleveurs Khoïkhoïs (appelés « Hottentots », peut-être d'après les sonorités de leur langue). Par la suite, les premiers sont refoulés vers le désert du Namib alors que les seconds se confondent peu à peu avec le mélange des Coloured de langue afrikaans vivant dans la colonie.. Certaines peintures rupestres conservées dans la région, montrant des humains, animaux et symboles, peuvent être rattachées à la cosmologie San ; cependant, une des plus récentes est probablement l'œuvre d'un marin hollandais : elle montre un navire avec le drapeau des Pays-Bas..

La découverte du Cap par les Européens upright=1|thumb|Vasco de Gama. Les premiers Européens à découvrir la péninsule du Cap ont été des navigateurs Portugais. Bartolomeu Dias accoste dans la région du Cap en 1488, après avoir longé le Sud-Ouest de la côte africaine, et atteint le cap des Aiguilles via la haute mer puis le cap de bonne Espérance sur le voyage de retour. Le nom qu'il donne au cap est à l'époque celui de « cap des Tempêtes » (Cabo das Tormentas) en l'honneur de celles qu'il avait essuyées dans cette zone. Le roi du Portugal le rebaptise cap de Bonne-Espérance car il y voit une nouvelle route vers l'Asie et ses épices.. Le premier à franchir concrètement le cap de Bonne-Espérance est Vasco de Gama en 1497 alors qu'il était à la recherche d'une route pour le mener en Asie. La montagne de la Table est pour sa part baptisée Taboa da caba en 1503 par l'amiral portugais et explorateur, Antonio da Saldanha, le premier Européen à accoster dans la baie de la Table et à grimper sur la montagne.. Pour ceux qui y résident, les peuples khoïsan, cette montagne est la Hoerikwaggo.

thumb|left|Rencontre entre Hottentots et Portugais

La zone est l'objet de contacts réguliers entre Khoï et Européens durant tout le et le début du . Le contournement de l'Afrique requiert pas moins de six mois par bateau et chaque voyage est marqué par la mort de nombreux marins, faute de produits frais. Or, le cap de Bonne-Espérance est situé à mi-chemin du voyage entre l'Europe et l'Inde. La baie de la Table dominée par le massif du même nom duquel descende plusieurs cours d'eau, apparait alors comme une zone propice pour le ravitaillement et le commerce avec les quelques populations locales. Mais les contacts avec les populations khoïsan débouchent parfois sur des incompréhensions et ont des issues sanglantes. Tentant de commercer et d'échanger avec eux, Antonio da Saldanha est ainsi sérieusement blessé lors d'une embuscade dressée par ses interlocuteurs. En 1510, le Portugais Francisco de Almeida est massacré avec une soixantaine de ses hommes au cours d'une expédition punitive menée contre les Khoïsan. Durant la seconde partie du , les néerlandais, qui ont supplanté les portugais sur les voies commerciales menant vers l'Asie, tentent à leur tour d'établir des contacts avec les khoï. Mais en 1598, 13 marins néerlandais sont tués par des Khoï au cours d'une dispute. Dans les années 1620, d'autres tentatives ont lieu pour commercer avec les Khoï jusqu'en 1632 et la mort de 32 marins néerlandais, victimes des Khoï.

En 1644, le Mauritius Eylant, un navire de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC), s'échoue sur les rochers de Mouille Point fixant les d'équipage sur les rives de la baie de la Table pendant quatre mois. En 1648, le Nieuwe Haarlem, un autre navire de la VOC, s'échoue à son tour au pied de la montagne de la Table. Les rescapés y survivent durant un an autour d'un fort de fortune qu'ils baptisent Sand Fort of the Cape of Good Hope, se nourrissant de produits de la terre, avant d'être rembarqués vers l'Europe par un navire de passage. Dans son rapport à la VOC, le commandant du Nieuwe Haarlem y suggère d'établir une station de ravitaillement car le climat y est méditerranéen et le sol fertile.

La colonisation néerlandaise

thumb|left|L'arrivée de Jan van Riebeeck au Cap en 1652.

Le , au commandement de cinq navires de la VOC (nommés Reijer, Oliphant, Goede Hoop, Walvisch, Dromedaris), le capitaine Jan van Riebeeck atteignit la baie de la montagne de la Table près de la péninsule du cap de Bonne-Espérance, à la pointe sud-ouest de l'Afrique. Après avoir perdu quelque au cours du voyage, ce n'est qu'avec 90 pionniers dont seulement huit femmes qu'il fonde Le Cap, la cité-mère de la future république d'Afrique du Sud, alors simple comptoir commercial sur la route des Indes.

thumb|upright|Khoïkhoïs (Hottentots) vers 1780.

À l'époque, la péninsule du Cap n'est peuplée que par quelques centaines de Khoïkhoïs (appelés Hottentots par les Néerlandais), un peuple nomade avec qui les Néerlandais comptent commercer pour obtenir de la viande. Un fort est également érigé et des jardins aménagés tout autour, pour garantir des ressources fraiches. Les premiers temps sont néanmoins difficiles ; ainsi dix-neuf Néerlandais ne passent pas le premier hiver.

Jan van Riebeeck ne devait pas établir une colonie mais un établissement relai pour les navires en route vers les Indes orientales. Néanmoins, pour augmenter la production agricole de la colonie afin de nourrir la population et assurer le ravitaillement des navires, il recommande que des colons soient libérés de leurs obligations vis-à-vis de la compagnie et autorisés à s'installer comme fermiers au Cap et à commercer. C'est en février 1657 que la compagnie délivre ainsi ses premières autorisations à neuf (ex-)employés pour s'établir librement le long de la rivière Liesbeek. Ceux-ci allaient créer une classe de propriétaires hollandais fermiers libres (vrijburgher ou « francs-bourgeois ») appelés simplement burghers.

La station devient opérationnelle en 1659 avant que Van Riebeeck ne quitte Le Cap en 1662 pour repartir vers les Indes orientales. À son départ, l'embryon de colonie compte de la Compagnie des Indes Orientales, , , et importés.

En 1679, la ville de Stellenbosch est fondée en hommage au nouveau commandeur du Cap, Simon van der Stel, artisan du développement économique de la petite colonie.

thumb|left|Groot Constantia, la demeure viticole de style hollandais du cap de Simon van der Stel. thumb|left|Maison du Drotsdy de Graaff-Reinet.

thumb|left|Carte et représentation du Cap et de la montagne de la Table en 1705.

En 1685, le nombre de ces colons est de 800. Ce sont essentiellement des fermiers, des artisans ou des manutentionnaires. Leur éducation est sommaire. Ils sont rejoints en 1688 par 238 huguenots chassés des villages du Sud-LuberonC'est ainsi qu'on trouve en Afrique du Sud des villages qui portent le nom des villages d'origine tels Cabrières ou La Motte. Voir aussi Vaudois du Luberon. en France par la révocation de l'édit de Nantes et installés par le commandeur Simon van der Stel dans la vallée d'Olifantshoek pour y développer la viticulture sur des terres riches en alluvions. Ces nouveaux colons sont cultivés et vont marquer très fortement de leur empreinte la culture blanche sud-africaine.

À cette époque, le domaine de la colonie du Cap se restreint à la région qui s'étend de Muizenberg sur l'océan Indien aux montagnes de Steenberg et de Wynberg. Simon van der Stel, par ailleurs nommé gouverneur du Cap en 1691, va transformer toute la région en concédant des terres aux colons afin de développer les cultures et faire planter plus de huit mille arbres.

thumb|Représentation du Cap en 1727. thumb|Stellenbosch par Samuel Davis (1779). thumb|Des Trekboers traversant le désert du Karoo.

En 1699, Willem Adriaan van der Stel succède à son père comme gouverneur du Cap. Arrogant, imbus de sa personne, il entreprend de monopoliser les contrats commerciaux les plus avantageux. Son comportement et son amour ostentatoire de l'argent finissent par scandaliser ses administrés. Ainsi, 63 d'entre eux en réfèrent aux autorités supérieures de la Compagnie et en 1706, la première manifestation de défiance envers le gouvernement autocratique est organisée au Cap alors qu'un certain nationalisme blanc se développe. Ainsi, le jeune Hendrik Bibault refuse publiquement d'obéir aux injonctions d'un juge argüant du fait qu'il n'était plus Néerlandais mais Africain (Afrikaner). Au bout du compte, Adriaan van der Stel est révoqué et expulsé de la Compagnie.

La colonie prospère durant tout le , repoussant toujours plus vers l'est et le nord ses frontières. De 1688 à 1708, la population d'origine européenne triple ainsi pour atteindre auxquels s'ajoutent . Lors de cette expansion vers l'intérieur des terres, de nombreux Khoïkhoïs sont décimés, parfois au cours d'accrochages meurtriers avec les colons nomades mais beaucoup lors d'épidémies de variole, notamment en 1713 et 1755Près de mille colons et autant d'esclaves meurent également au cours de cette épidémie.. Si certaines tribus se maintiennent à l'écart des hommes blancs et conservent leur indépendance, la plupart cependant s'incorporent à la société coloniale et s'établissent près des villes ou sont recrutés dans les fermes comme main d'œuvre à bon marché.

En 1787, le gouvernement néerlandais impose une nouvelle législation forçant les Khoïkhoïs nomades soit à se sédentariser près des fermes soit à quitter la colonie et s'établir au-delà de la frontière coloniale. Ces derniers se heurtent aux Bushmans établis entre les montagnes de Sneeuwberg et du fleuve Orange. Les Bushmen sont eux aussi victimes de l'expansion coloniale au . Près de d'entre eux sont capturés ou tués lors d'opérations de représailles menés par des commandos de paysans néerlandais.