Le canton de Saint-Genis-de-Saintonge est une ancienne division administrative française située dans le département de la Charente-Maritime et la région Poitou-Charentes.

Longtemps frappé par l'exode rural, il est devenu le canton le plus dynamique et le plus attractif de l'arrondissement de Jonzac dans lequel il occupe la partie septentrionale.

Géographie

Le cadre géographique Ce canton était organisé autour de Saint-Genis-de-Saintonge dans la partie septentrionale et occidentale de l'arrondissement de Jonzac.

Il est bordé à l'ouest par l'estuaire de la Gironde, qui correspond ici à la rive droite du fleuve.

Au nord, le canton est au contact de l'arrondissement de Saintes par les cantons de Cozes, Gémozac et Pons.

Pour le reste, il est inclus dans l'arrondissement de Jonzac, où, à l'est, il est limité par le canton d'Archiac, au sud-est, par celui de Jonzac et au sud par celui de Mirambeau.

Son altitude varie de , en bordure de l'estuaire de la Gironde, dans la commune de Saint-Dizant-du-Gua, à , correspondant à une colline crayeuse de la Champagne de Jonzac, située dans la petite commune de Clam. L'altimétrie moyenne du canton est dans son ensemble peu élevée, s'élevant à .

Quelques données d'hydrographie Seulement deux communes de ce canton sont bordées par la Gironde qui est le plus grand estuaire d'Europe. Il s'agit des communes de Saint-Fort-sur-Gironde et de Saint-Dizant-du-Gua dont la proximité du fleuve est occupée par des terres de marais desséchés, celles-ci étant dévolues de longue date aux prairies naturelles pour l'élevage bovin. Ces grands espaces naturels prolongent au nord le Marais de Saint-Bonnet et constituent une richesse écologique remarquable que le tourisme met en valeur.

Au nord-ouest, le canton est le lieu de source de la Seudre qui naît au pied d'une colline boisée de la grande Forêt de la Lande, dans la commune de Bois. Le fleuve qui naît à cet endroit du canton n'est qu'un fort modeste ruisseau, mais il est grossi dans la commune de Saint-Germain-du-Seudre d'un petit affluent éponyme qui a la curiosité locale de porter l'article masculin, le Seudre. Ce dernier rejoint le cours de la Seudre sur sa rive droite après avoir arrosé le village de Saint-Germain-du-Seudre.

À l'est, le canton est arrosé par la Seugne, affluent de rive gauche de la Charente, et traverse d'amont en aval selon une direction sud-est/nord-ouest les communes de Clion, Saint-Grégoire-d'Ardennes et Mosnac.

Dans la commune de Clion, la Seugne reçoit sur sa rive droite les eaux du Trèfle et le site de confluence de ces deux rivières fait de cette commune une sorte de presqu'ile alluviale souvent inondable lors des crues hivernales. C'est le domaine des prairies naturelles favorables depuis de longs siècles à l'élevage laitier qui, cependant, est en perte de vitesse, étant remplacé de plus en plus par la maïsiculture.

La troisième forêt de la Charente-Maritime

Le canton de Saint-Genis-de-Saintonge abrite la plus grande partie du troisième massif forestier de la Charente-Maritime que constitue la Forêt de la Lande. Cette dernière, qui sépare le domaine fluvial du canton des terres de l'intérieur, a toujours constitué une sorte de "frontière" naturelle entre ces deux parties vraiment différentes. La Forêt de la Lande avec ses hectares de surface totale est une grande pinède qui rappelle celle de la Double saintongeaise, située plus au sud de l'arrondissement de Jonzac dans les cantons de Montendre, Montlieu-la-Garde et Montguyon.

Une zone de passage obligatoire pour les échanges nord-sud

Le canton de Saint-Genis-de-Saintonge a de tout temps été une zone de transit entre les régions septentrionales de la France et celles du Sud permettant le développement des voies de communication. Celles-ci ont été grandement facilitées par des conditions naturelles favorables comme l'absence notable de relief et la présence de petites vallées comme celles de la Seugne ou de la Seudre.

Les vallées de l'intérieur, Seugne et Seudre, n'ont certes jamais favorisé le trafic fluvial du fait de leur petitesse et le projet de canaliser la Seugne fut rapidement abandonné au . Par contre, l'estuaire de la Gironde a toujours été un axe important pour les échanges commerciaux et le petit port de Port-Maubert entretint pendant quelques siècles des échanges fluviaux notables avec Bordeaux et Blaye.

En fait, le développement des infrastructures de communication dans le canton a véritablement commencé dès la seconde moitié du où, le long de la vallée de la Seugne, fut construite une première voie ferroviaire. Cette dernière fut mise en place à la fin du Second Empire et les travaux furent poursuivis dans les premières années de la Troisième République, années pendant lesquelles les gares rurales de Clion et de Mosnac ont été édifiées. Cette importante ligne de chemin de fer est aujourd'hui celle qui représente la voie Bordeaux-Nantes et la station ferroviaire de Clion est devenue la principale gare du canton de Saint-Genis-de-Saintonge.

À la fin du , une autre voie ferrée reliait Pons à Mirambeau et desservait le chef-lieu de canton mais elle a été démantelée avant la Seconde Guerre mondiale alors que la voie de Bordeaux-Paris fut dédoublée. Cette dernière devint par la suite la voie Bordeaux-Nantes, le trajet Paris-Bordeaux ayant été par la suite détourné par Angoulême et Poitiers.

Par contre, le réseau routier s'est intensifié surtout depuis la réalisation en 1981 de l'autoroute A10 qui, cependant, ne fait que traverser le canton du sud au nord. Seule, une aire de repos de l'autoroute a été aménagée dans la Forêt de la Lande sur la commune de Saint-Palais-de-Phiolin.

Deux axes routiers importants desservent de longue date ce canton fortement rural. Tout d'abord, la RD137 - ex RN137 - passe en son milieu du sud au nord et traverse le bourg de Saint-Genis-de-Saintonge ainsi que le village de Plassac. Elle est l'ancêtre de la voie royale de Bordeaux à Saint-Malo et a toujours gardé une grande importance. Cette route à fort trafic routier demeure la principale artère routière de la Charente-Maritime malgré son dédoublement par l'A10.

Ensuite, la RD 730, qui part de Mirambeau et aboutit à Royan dessert l'ouest du canton, au sud de la Forêt de la Lande et de la vallée de la Seudre, en passant notamment par le village de Lorignac. C'est une route à fort trafic routier puisqu'elle relie la grande station balnéaire de Royan à la capitale et métropole de l'Aquitaine, Bordeaux.

Histoire

Partie historique de l'ancienne province de la Saintonge, le canton de Saint-Genis-de-Saintonge n'existe que depuis 1800. Il provient d'une division administrative issue de la départementalisation de la France lors de la Constituante.

Originellement, lors de la création du département de la Charente-Inférieure en 1790, ce canton était formé de deux cantons. La partie estuarienne était regroupée autour de Saint-Fort-sur-Gironde, qui exerça la fonction de chef-lieu de canton de 1790 à 1800, tandis que la partie continentale était organisée autour de Saint-Genis-de-Saintonge, également chef-lieu de canton. Ces deux cantons faisaient alors partie de l'ancien district de Pons et, ce, jusqu'en l'an VIII où Napoléon Bonaparte décida de réorganiser en profondeur la carte administrative des départements français.

À partir de l'année 1800, les deux cantons fusionnèrent et la commune de Saint-Genis-de-Saintonge fut désignée pour exercer la fonction de chef-lieu de canton grâce en grande partie à sa situation géographique centrale au sein d'un nouveau canton rattaché au nouvel arrondissement de Jonzac.

Ce canton n'avait plus subi de variations administratives depuis sa formation en 1800. Représentation Conseillers généraux de 1833 à 2015

Conseillers d'arrondissement (de 1833 à 1940) Le canton de Saint-Genis avait deux conseillers d'arrondissement jusqu'en 1870.

Sources : Journal L'Indépendant de la Charente-Maritime sur site Retronews.

Intercommunalités

Le territoire du canton de Saint-Genis-de-Saintonge faisait partie de la communauté de communes de la Haute-Saintonge et au pays de Haute-Saintonge dont le siège est situé à Jonzac.

Économie

Le canton de Saint-Genis-de-Saintonge présente tous les aspects d'une économie encore fortement agricole mais les bases de cette agriculture ont considérablement évolué et donné naissance à une industrie agro-alimentaire performante.

Une agriculture modernisée et aux productions variées

Si la Forêt de la Lande occupe encore aujourd'hui une place importante, celle-ci est de nature plus géographique qu'économique par le fait qu'elle sépare deux secteurs très différents. À l'ouest, se trouvent les coteaux viticoles et les marais pour l'élevage de la rive droite de la Gironde tandis qu'à l'est s'étend une riche plaine céréalière qui prolonge le nord de la Champagne de Mirambeau et qui est limitée par la vallée de la Seugne. Aux abords du massif forestier de la Lande de vastes clairières viticoles sont en exploitation.

Quatre formes de productions agricoles peuvent être relevées dans le canton encadrées solidement par deux écoles d'agriculture, le lycée privé agricole Saint-Antoine de Bois et l'IREO de Saint-Genis-de-Saintonge. thumb|300px|Zone de production du cognac La production des eaux de vie de cognac et du pineau charentais demeure une richesse locale jalousement préservée. Elle est classée dans la zone des Fins Bois et des Bons Bois dont les raisins pour l'élaboration du cognac sont très recherchés.

Les céréales représentent une production très importantes et alimentent de gros silos à grains dont une partie est transformée sur place.

L'élevage bovin pour la viande et le lait est en perte de vitesse depuis plus d'une décennie et les nombreuses prairies naturelles et artificielles sont de plus en plus destinées à la production intensive du maïs.

L'exploitation des bois et forêts est également une activité en régression mais constitue depuis toujours une source d'appoint pour les agriculteurs du canton.

Une industrie agro-alimentaire diversifiée

Les productions locales sont en partie transformées sur place tandis qu'une autre partie est stockée dans de puissants silos à grains où le canton est devenu un gros producteur céréalier en Charente-Maritime. Ces ressources agricoles variées sont à la base d'une industrie agro-alimentaire diversifiée.

La production locale de maïs alimente la plus importante unité industrielle française de production de pop-corn à Saint-Genis-de-Saintonge. Dans le chef-lieu de canton, une usine d'embouteillage du cognac a récemment été mise en activité, tandis que fonctionne dans une zone d'activité une unité industrielle d'ameublement (fabrication de literie).

Les vignes font fonctionner de nombreuses distilleries d'alcool et d'eaux de vie de cognac dont celles de Lorignac, de Saint-Fort-sur-Gironde, de Saint-Dizant-du-Gua ou encore de Mosnac.

Le secteur artisanal est généré par le marché prospère de la construction et de la rénovation et fait vivre tout un corps de métiers allant de la menuiserie à la maçonnerie.

Le développement du tourisme

La configuration particulière du canton de Saint-Genis-de-Saintonge en plusieurs petits secteurs géographiques distincts (vallée moyenne de la Seugne, Forêt de la Lande, fenêtre sur l'estuaire de la Gironde) fait que le tourisme offre plusieurs centres d'intérêt.