Marennes (prononcé )En saintongeais, le nom de la ville est orthographié sous la forme Maréne - Voir également Quelques noms de communes en langue saintongeaise est une ancienne commune de l'Ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime en région Nouvelle-Aquitaine. Ses habitants sont appelés les Marennais et les Marennaises.. Le , elle fusionne avec Hiers-Brouage pour former la commune nouvelle de Marennes-Hiers-Brouage.
Établie sur la rive droite de l'estuaire de la Seudre, face à la ville voisine de La Tremblade à laquelle elle est reliée par le pont de la Seudre depuis 1972, cette cité d'un peu moins de est dominée par la monumentale flèche de son église, la plus élevée de la Charente-Maritime et emblème majeur de la cité. Principal pôle économique entre Royan, Rochefort et l'île d'Oléron, au sein du Pays de Marennes-Oléron, Marennes est aujourd'hui un centre administratif actif — malgré la perte de son rôle de sous-préfecture, la ville a pu conserver un certain nombre d'administrations d’État — et une ville commerçante au cœur du bassin ostréicole de Marennes-Oléron qui est l'un des plus importants d'Europein Michel Grelon, Saintonge, pays des huîtres, éditions Rupella, 1978. De fait, Marennes fait partie de l'une des principales agglomérations urbaines du bassin de Marennes-OléronL'unité urbaine de Marennes qui inclut la petite ville voisine de Bourcefranc-le-Chapus regroupe en 2008 et la classe au sixième rang en Charente-Maritime, après l'unité urbaine de La Tremblade qui, à la même date, rassemble . Pour plus de détails, se reporter à l'article détaillé Villes et urbanisation de la Charente-Maritime.
Marennes est une ville touristique dont les attractions principales sont la Cité de l'Huître, le château de La Gataudière et l'église Saint-Pierre dont le célèbre clocher gothique servant d'amer domine toute sa région du haut de ses 85 mètres. C'est enfin un site balnéaire avec son quartier de Marennes-Plage aménagé le long d'une plage artificielle et qui s'ouvre sur le pertuis de Maumusson, face à l'île d'Oléron et la presqu'île d'Arvert. Depuis 2015, la ville a été choisie comme siège du Parc naturel marin des pertuis charentais et de l'estuaire de la Gironde.
Historiquement, Marennes fut longtemps l'une des villes les plus prospères de la Saintonge; elle devait cette fortune à sa situation géographique au cœur des marais salants, en un temps où le sel était l'une des denrées les plus recherchées et une grande source de richessein Marennes et ses environs, par Antoine Bourricaud, réédition Res Universis, 1990. Aujourd’hui, elle doit sa renommée à la production des huîtres dites « vertes ». La ville est devenue un des principaux centres d'affinage et de commercialisation du bassin de Marennes-Oléron et son port ostréicole, le port de La Cayenne, est l'un des plus actifs du bassin.
Ville chargée d'histoire, dotée de quelques monuments emblématiques et d'hôtels particuliers, elle abrita le siège d'une amirauté dès 1645Aujourd'hui siège d'une direction des Affaires maritimes ainsi que le siège d'une sous-préfecture jusqu'en 1926.
Géographie
vignette|upright|Position de Marennes en Charente-Maritime. Situation géographique
Données générales Marennes est avant tout une commune littorale, située au sud-ouest du département de la Charente-Maritime, dans l'ancienne province de la Saintonge.
Proche de la côte Atlantique, la ville s'est développée sur la rive droite de l'estuaire de la Seudre, à son embouchure, et tire une partie de sa notoriété de son bassin ostréicole : le bassin de Marennes-Oléron..
Sur un plan plus général, Marennes est située dans la partie sud-ouest de la FranceCertains y voient une appartenance géographique au midi de la France — en référence au « Midi atlantique » cher au géographe Louis Papy - ainsi Marennes comme le département de la Charente-Maritime peuvent être rattachés à deux grands ensembles géographiques, le Grand Ouest français et le Grand Sud-Ouest français, au centre de l'arc atlantique, faisant partie du « midi atlantique »Louis Papy, Le midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984, p.21.
Localisation
Trois communes sont limitrophes de Marennes, quatre en faisant abstraction de l'estuaire de la Seudre.
La commune de Marennes jouxte dans sa partie occidentale celle de Bourcefranc-le-Chapus, qui a été érigée en commune en 1908, après avoir été une dépendance territoriale de Marennes. Cependant, du fait de la poussée urbaine des deux communes, les deux villes forment aujourd'hui une unité urbaine qui les classe au sixième rang des agglomérations urbaines de la Charente-Maritime avec une population de Source INSEE - recensement officiel de 2007.
Au nord, le territoire communal est mitoyen de la commune de Hiers-Brouage, dans laquelle se situe la célèbre cité fortifiée de Brouage, devenue un haut lieu touristique de la Charente-Maritime. Le canal de Mérignac sert de délimitation administrative entre les deux communes.
Au sud-est, se situe la commune de Saint-Just-Luzac, bordée par la Seudre, sur sa rive droite.
Enfin, au sud, sur la rive gauche de l'estuaire de la Seudre, se situe la commune de La Tremblade, dans laquelle se trouve l'annexe balnéaire de Ronce-les-Bains. Le pont de la Seudre relie les deux agglomérations depuis 1972.
Du fait de sa situation géographique remarquable, elle a de tout temps été au centre d'un carrefour de communications et d'échanges qui sont à l'origine de son développement urbain.
Un carrefour routier notable
La ville est un important carrefour routier, située sur des axes secondaires du réseau départemental, mais néanmoins très fréquentés. Cinq routes départementales la relient directement aux villes de Rochefort (), Saintes (), Royan (), La Tremblade () et à l'ile d'Oléron (). vignette|gauche|alt=Localisation des principales communes bordant l'estuaire de la Seudre sur une image satellite|Localisation de Marennes au bord de la Seudre (image satellite SPOT) Tout d'abord, Marennes est située sur un axe routier important, la route départementale D 728. Cette route relie directement Saintes, ancienne capitale de la Saintonge et aujourd'hui deuxième ville du département, à l'agglomération marennaise.
Marennes est reliée à La Tremblade par la route départementale D 728 E qui prolonge la D 728, en franchissant l'estuaire de la Seudre, par le pont de la Seudre depuis 1972. Cette voie d'accès, qui contourne le centre-ville de Marennes à l'ouest, dessert également le quartier balnéaire de Marennes-Plage.
Le second grand axe routier qui traverse la commune d'est en ouest est la route départementale D 26, laquelle prolonge à l'ouest la D 728. C'est une route particulièrement fréquentée puisqu'elle constitue l'unique accès à l'île d'Oléron. Érigée en rocade urbaine, qui contourne le nord de la ville, cette route traverse la petite ville de Bourcefranc-le-Chapus d'est en ouest, où elle est bordée par une zone commerciale bien équipée et le lycée maritime régional, avant d'aboutir au pont de l'île d'Oléron, construit en 1966.
Le troisième grand axe routier est celui qui relie Marennes à Rochefort, via Saint-Agnant, par la route départementale D 733. La jonction avec cette route importante en Charente-Maritime se fait avec la D 123 qui va de Marennes à Saint-Agnant. C'est près de cette petite ville que se trouve l'aéroport de Rochefort-Saint-Agnant. Ce dernier est appelé à jouer un rôle départemental de premier plan dans un proche avenir.
La route départementale D3 est un itinéraire touristique très fréquenté. Il traverse le village du Breuil (écart de la commune de Marennes) avant de rejoindre les villages de Hiers et de Brouage, site historique majeur de la région.
Enfin, elle est reliée à Royan, via Saujon, par la route départementale D 131, puis par la D 733. vignette|Le viaduc de la Seudre est visible depuis la plage de Marennes. Depuis l'édification des deux ponts-viaducs d'Oléron en 1966 et de la Seudre en 1972, une rocade urbaine contourne la ville au nord et à l'ouest depuis les années 1970, permettant de mettre fin aux interminables embouteillages en centre-ville. La ville enregistre cependant d'importants trafics automobiles venant de Rochefort, de Saintes, de la rive gauche de la Seudre et de l'île d'Oléron, qui en font l'un des carrefours routiers secondaires les plus fréquentés de la Charente-Maritime. Avec un nombre moyen annuel de par jour, Marennes figure sur l'un des axes routiers les plus chargés de la Charente-MaritimeGérard Blier, Histoire des transports en Charente-Maritime, Le Croît vif - Collections Documentaires, 2003, .
Un petit aérodrome d'usage restreint et à vocation de loisirs, l'aérodrome de Marennes, est situé sur la route de Rochefort au lieu-dit Le BournetEn fait situé sur la commune limitrophe de Saint-Just-Luzac, à à l'est de la ville ; il accueille quelques avions de tourisme et sert également de base ULM..
Le cadre géographique
Site, géologie et paysages naturels Le territoire géographique de MarennesToute l'étude du cadre géographique de la commune de Marennes est tirée d'après l'observation de la carte topographique de l'IGN. Source cartographique : Carte IGN 1430 OT - Carte de randonnée Rochefort-Marennes - Carte topographique TOP 25 (échelle au 1:25 000) - IGN, Paris, 2008 est bordé sur ses limites septentrionales et méridionales par d'importants espaces de marais, issus de deux anciens golfes marins, lesquels ont été progressivement comblés au fil des siècles. L'habitat est implanté majoritairement au centre de la commune, sur les parties les plus élevées de l'ancienne presqu'île, en retrait du rivage estuarien et des marais environnants. vignette|gauche|Les marais gâts, paysage typique du pays de Marennes Au nord, se situe le Marais de Brouage qui correspond à l'ancien Golfe de Broue ou de Brouage, parfois appelé Golfe de SaintongeIl correspond aussi à l'ancien Golfe des Santons ou encore Golfe santonique de l'époque antique. Par suite de l'accumulation d'alluvions d'origine fluviatile et marine, celui-ci a été peu à peu comblé et est devenu une vaste étendue marécageuse qui a été asséchée pendant le mandat de Le Terme, sous-préfet de Marennes de 1818 à 1837. Ce vaste marais se caractérise par une faune et une flore remarquablement diversifiées qui lui ont permis d'être classé « Grand site national de France », où de nombreux sentiers de promenade ont été aménagés, et des postes d'observation de la vie sauvage y ont été installés.
Au nord-ouest de la commune s'étend une petite zone boisée, héritage de l'ancienne forêt de La Gataudière. Celle-ci était jadis bien plus étendue, appartenant alors à l'antique forêt de Baconnais aujourd'hui entièrement disparue, et sa présence est attestée par la toponymie de plusieurs lieux-dits, Le Breuil, une ancienne réserve forestière seigneuriale, Touchelonge, une ancienne forêt toute en longueur, La Chaînade, une ancienne chênaie, La Touche, une ancienne forêt.
vignette|center|upright=2.5|Vue panoramique de Marennes en direction de l'est où s'étendent à perte de vue les vastes étendues du marais de Brouage.