Monique Frydman est une artiste peintre française née le à Nages dans le Tarn, et une figure de l'abstraction française.

Biographie

Née en 1943 dans le Tarn, d'un père ukrainien et d'une mère lituanienne, elle effectue des études à l'École supérieure des beaux-arts de Toulouse, puis s'installe à Paris à partir de 1964. Elle y fréquente l'atelier de peinture de l'ENSBA et rencontre François Rouan et Pierre Buraglio, dans cette période qui précède de peu mai 68. Elle passe à l'époque d'une peinture abstraite à de tableaux de grand format sur des sujets d'actualité, tels que Piquet de grève chez Renault.

En 1967, comme de nombreux artistes engagés en Europe, Monique Frydman arrête la peintureEric de Chassey, « D'une nature instable… Quelques observations sur l'œuvre sur papier de Monique Frydman », in Monique Frydman, l'œuvre sur papier, musée de Brou, Bourg-en-Bresse, 2003., pour se consacrer au militantisme d'extrême-gaucheVincent Porhel, 68', révolutions dans le genre, Presses Univ. du Mirail, 2009, p. 84 et notamment au féminismeAn Itinerary in Colour, Camille Morineau, in Monique Frydman, 21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa, Éditions AKAAKA Art Publishing Inc, 2012. au sein du Mouvement de libération des femmes (MLF) et au Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception avec son mari René Frydman. Elle enseigne par ailleurs le dessin dans les lycées et collèges.

Elle reprend son activité de peinture, dans les années 1970, par de grands dessins de corps. Peu à peu, un glissement s'opère vers une peinture de nouveau plus abstraite. Dans une période où les artistes ont abandonné la toile, le papier et le dessin, Monique Frydman persiste dans la peinture. C’est aussi pendant cette période qu’elle commence à se servir du papier de soie ou « papier Japon » : d’abord contrecollé sur la toile, pour séparer le dessin de la couleur, le papier Japon devient ensuite le matériau principal de son travail entre 1979 et 1983 avant de devenir une récurrence forte dans son travail.

1984 marque l’arrêt du travail sur papier de soie et le début de la peinture de grands formats sur toile de lin : dans un premier temps l’association de traits au fusain et de formes colorées, dans un second temps une immersion dans la couleur, qui passe du sépia / brun à des tons clairs, et bientôt des couleurs vives, liées à ses voyages (Inde, Australie).

En 1989, la mise en place d’une autre méthode de travail plus « tactile » où la toile, posée au sol et humidifiée par la colle, reçoit le pigment par imprégnation et le pastel, qu'elle utilise en gros blocs, par frottage. Les séries de cette période (L’Ombre du Rouge, Violet, Les Dames de Nages, Senantes) indiquent un virage progressif vers plus de monochromie. En 1994-1995 un autre protocole s’y ajoute, qui libère le geste de l’habitude prise : des cordes traînant au sol lui offrent par hasard la solution d’une empreinte à l’aveugle — sous la toile — par frottage, d’éléments disposés préalablement de manière aléatoire.

Une cinquième famille d’œuvres se met en place en 2005 à l’occasion d'une exposition au musée Matisse et de la collaboration de l’artiste avec l’atelier de sérigraphie Seydoux d’une part, sa visite des usines de dentelles d’autre part. Ce n’est plus la toile posée au sol qui reçoit la couleur et le geste mais les feuilles de papier peint et les tissus qui sont encrés à l’aide du procédé sérigraphique. Cette période marque le passage à un format architectural : le détour par des matériaux industriels est assumé, ainsi que la réflexion sur le décoratif et une grande diversification technique.

Son attrait pour le monumental et l’architectural, se retrouve dans plusieurs réalisations à partir de 2007 : la station de métro Saouzelong à Toulouse avec l’atelier Duchemin, maîtres verriers (2007), le Mur des lisses (2007), le paravent Fenêtre sur Cour (2012) pour la manufacture des Gobelins et le Kaléidoscope (2012), couloir de verre réalisé pour son exposition au musée de Kanazawa au JaponMonique Frydman, 21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa, Éditions AKAAKA Art Publishing Inc. Textes : Endless Conversations, Emiko Yoshioka.. C’est là, toute une réflexion sur la couleur et la transparence déjà abordée dans les œuvres de tarlatanes (les Damiers, Le Grand Mural Jaune, Red Room ) et de papier japon (Whisper, Murmure).

Elle réalise en 2013 pour le Salon Carré du Louvre une œuvre monumentale double face, le "Polyptyque Sassetta", qui s'inspire d'une des plus grandes commandes du Quattrocento, le Polyptyque du Borgo Sansepolcro, du peintre siennois Sassetta.

Œuvre

Le travail de Monique Frydman montre un grand attachement à la peinture et à des techniques et matières auxquelles elle est fidèle depuis le début : une dose de hasard (qu’elle distribue selon les périodes, l’utilisation de différentes techniques d’imprégnation progressive de la couleur sur de multiples supports (toile de lin, de coton, papier Japon, tarlatanes, pigments et pastels) l’équilibre entre le travail pictural et le travail graphique avec l’utilisation du papier. Ses œuvres montrent un désir d’immersion physique dans la couleur, qui lui fait privilégier des formats monumentaux.

Expositions

Commandes publiques

L'Âge d'or, hôpital L'Archet II, Nice Paravent Fenêtre sur Cour, réalisé pour la Manufacture des Gobelins sur commande du Mobilier National, Paris Université Yamanashi-Gakuen, Kōfu préfecture Japon La Danseuse de cordes, Claustra de cylindres de porcelaine, prototype réalisé par la Manufacture Nationale de Sèvres Aménagement de la station de métro (Saouzelong) de Toulouse Le mur des Lisses, installation pour l’inauguration de la galerie de la Manufacture des Gobelins, Paris Boucle d’or, FNAC | Fonds national d’art contemporain, avec la participation de l’atelier de broderie le Bégonia d’Or du Conservatoire du Bégonia, Rochefort Fenêtre sur cour, écran crée en collaboration avec le designer Frédéric Ruyant et réalisé par la Manufacture des Gobelins et le Mobilier National, Paris

Décorations

(2022) — officier en 2002

Notes et références

Annexes Bibliographie Catalogues Artistes à la Une, Togeth’Her, Hommage de Monique Frydman à Jane Campion, Éditions La Monnaie de Paris, Paris, 2019 Le Temps de peindre, Éditions Espaces Commines, 2018 Images en lutte, Éditions Les Beaux Arts de Paris, Textes Eric de Chassey et Philippe Artieres, 2018 Monique Frydman, Éditions Parasol Unit Foundation, Londres, 2017 In the Golden Light, Passage de Retz, Paris, 2016 Monique Frydman, Éditions Espace muraille, 2015 Des saisons avec Bonnard, Tiré-à-part, Entretien avec Véronique Serrano, Éditions Musée Bonnard, 2014 La Route bleue, Éditions Fondation Boghossian, 2014 Monique Frydman, Camille Morineau, Éditions du Regard, Paris, 2013 Monique Frydman, 21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa, Éditions AKAAKA Art Publishing Inc. Textes : Endless Conversations, Emiko Yoshioka, An Itinerary in Colour, Camille Morineau Décor et Installation, éd. Dilecta, Mobilier National. Texte : Fenêtre sur cour, Françoise Ducros Inside/Out, Entretien entre Monique Frydman, par Monique Canto-Sperber, 2011 No Man's Land, éditions Hachette Fujingaho, 2010 Métissages, éditions Musée Baron Gérard, 2009 elles@centrepompidou, éditions du Centre Pompidou, 2009 Monique Frydman Whisper, éditions Fondation d'Entreprise Hermès, 2008 Joindre et rejoindre. L'art et le métro de Toulouse, François Barré, éditions Panama Musées, 2007 Les formes de la couleur, Centre d'art contemporain Bouvet Ladubay, 2006 Monique Frydman la couleur tissée, exposition au Musée Matisse, Cateau-Cambresis, 2006 Monique Frydman : L'œuvre sur papier, expositions 2002-2003, Musée de Brou, Bourg-en-Bresse ; Musée d'Art Moderne, Céret ; Museé des Beaux-Arts, Tourcoing, 2006 Révélé, exposition Galerie Jacques Elbaz, Paris, 2001 Les sombres, exposition Galerie Sollertis, Toulouse, texte de Stéphane André, 1999 Cahiers Henri Matisse, Musée Matisse, Nice, texte de Xavier Girard Lettres d'Amérique, 1997 Monique Frydman. Les dames de nage 1992-1995, Musée des Beaux Arts de Caen. éditions Adam Biro, 1995

Ouvrages généraux Le temps de peindre, carnets d’atelier de 1975 à 1990, préface de Eric de Chassey et Georges Roque, Éditions l’Atelier Contemporain, 2019 Agnés Foiret, Ce que disent les peintres, Éditions L'Harmattan, 2019 Marie jo Bonnet, Créatrices,l’émancipation par l’art, Éditions Ouest-France, 2019 Images en lutte. Éditions Les beaux Arts de Paris. Sous la direction de Philippe Artières et Eric de Chassey, 2018 José Alvarez, Un artistique, éditions du Regard, 2011 Catherine Gonnard, Elisabeth Lebovici, Femmes artistes, artistes femmes, Paris de 1880 à nos jours, éditions Hazan, 2007 Alberte Grynpas Nguyen, Tapis, tapisseries d’artistes contemporains, éditions Flammarion, 2006 Henri Claude Cousseau, La Nuit claire, éditions Jacqueline Chambon, 2005 Jean-Luc Chalumeau, Où va l’art contemporain ?, éditions Vuibert, 2005 Yves Michaud, Atelier au féminin, éditions Au Même Titre, 2005 Marie-Jo Bonnet, Les Femmes artistes dans les avant-gardes, Ed. Odile Jacob, 2006 Marie-Jo Bonnet, Les Femmes dans l'art, Ed. de La Martinière, 2004

Articles Diana Quinby, « La peinture de Monique Frydman, 1977-1983 : de la violence à la libération de l'imaginaire féminin », in Création au féminin, volume 2 : Arts visuels, éditions Kaléidoscope EUD, 2006

Liens externes

« Monique Frydman » sur l'Encyclopédie audiovisuelle de l'art contemporain.

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