Jaz est une marque horlogère française. Elle a été fondée à Paris en 1919 par Ivan Benel et Louis Gustave Brandt sous le nom de Compagnie industrielle de mécanique horlogère. L'entreprise est spécialisée dans la production de réveils, de pendules murales et de montres. Elle est la propriété de la société Data Access.
Historique
1919-1940 : Un réveil révolutionnaire
La création de JAZ (1919-1921) Jaz est une entreprise horlogère française, spécialisée dans la production de réveils, de montres et de pendules murales. Elle est fondée à Paris en 1919 par Ivan Benel (ingénieur français, 1881+1970) et Louis Gustave Brandt (descendant de Louis Brandt, fondateur d’Omega) sous le nom de Compagnie Industrielle de Mécanique Horlogère (la C.I.M.H.).
Le , la C.I.M.H. est officiellement créée en tant que Société Anonyme (S.A.) au capital de 600 000 francs, porté ensuite à 1,8 million de francs au cours de la même année. Son siège social est établi au 18 boulevard Malesherbes à Paris, et une usine de 2 construite à Puteaux, en région parisienne, sous la direction d’Edouard Hoyaux. L’entreprise compte rapidement une cinquantaine de salariés.
Le lancement en fanfare de Jaz (1921-1930) Entouré de techniciens suisses délégués par le groupe Omega, JAZ lance en 1921 son premier réveil " le CLASSIC". Près de 10 000 exemplaires sont vendus la première année et un brevet est déposé par Louis-Gustave Brandt grâce à de nouvelles caractéristiques jamais vues sur le marché. Un nouveau bouton d’arrêt est placé sur le dessus de la boîte pour arrêter de façon simple la sonnerie, et le timbre sur la cloche arrière et non plus sur le dessus comme traditionnellement. La fréquence du timbre est voisine du ré musical, ce qui va conférer au Jaz sa gloire et sa réputation.
C’est également le début d’une tradition : tous les produits Jaz porteront un nom se terminant par « ic » (a priori en référence au tic-tac du réveil).
« Dès que nous eûmes pris la décision de « partir », nous avons adressé à tous les détaillants un imprimé, du reste assez luxueux, destiné à leur annoncer la naissance du « Jaz ». » témoigne Ivan Benel.
Une exclusivité est donnée aux HBJO (Horlogers Bijoutiers Joailliers Orfèvres) ; un réseau commercial d’une dizaine d’agents est créé pour sillonner la France et aller présenter les réveils Jaz directement chez les détaillants.
En 1922, les commandes affluent grâce à la réussite de son nom, la qualité reconnue des modèles, l’effet produit par la sonnerie cristalline ou encore la volonté d’acheter français.
Avec une notoriété croissante, la marque est en passe de devenir un nom générique pour désigner un réveil. Georges Scemama, publicitaire de la marque, disait d’ailleurs : « Notons ceci " JAZ " jamais réveil "JAZ" ; c'est inutile et même nuisible. On ne parle plus de réveil, il n'existe plus ce mot, il est remplacé par son synonyme, un "Jaz" ».
Dès 1924, la CIMH commence à exporter ses modèles en Europe et en Asie et l’usine de Puteaux double son effectif pour dépasser les 100 salariés.
En 1925, sont vendues et en 1929, 786 000.
L’expansion de JAZ (1930-40) Dans les années 1930, JAZ connaît une expansion dans tous les domaines : celui des collections avec des modèles courants, de Luxe, des créations originales et des pendulettes avec fonction réveil, celui des inventions techniques mais aussi l’accroissement des ventes en France et à l’étranger. En 1931 c'est la création d’une première filiale, Jaz Belgique.
À cette époque, l’usine de Puteaux emploie près de .
En 1933, un brevet est déposé pour un indicateur d’armage. Il s’agit d’un petit drapeau, visible dans un guichet situé dans le cadran, qui devient rouge pour indiquer 24 heures à l’avance lorsque la pendulette doit être remontée.
En 1934, un brevet accompagne le lancement du mouvement "8 jours" qui équipe alors toute une gamme de pendules. Celles-ci sont à remonter tous les 8 jours, alors que les réveils doivent l’être toutes les 30 heures.
1941-1966 : L’envol du Jaseur
Les années de tourmentes (1941-1947) Durant la Seconde Guerre mondiale, des restrictions sont imposées, notamment sur le laiton, un composant essentiel en horlogerie. Le mouvement est alors usiné dans une matière de remplacement, le zinc. À la suite d'une décision officielle interdisant la fabrication des boîtiers en bakélite et faïence, la production des Pendulites et pendules murales est stoppée.
En 1941, sous l’occupation allemande, la musique « Jazz » est suspecte car trop pro-américaine. La marque contourne la censure en ajoutant le dessin d’un oiseau jaseur boréal, oiseau migrateur de la taille d’un étourneau. Il devient ainsi le nouvel emblème de la marque sur son logo et ses produits.
En 1943, le succès continue avec le 10 millionième réveil produit. JAZ passe alors de la quatrième place sur le marché en 1939 à la première à la Libération.
L’intégralité des services parisiens est rapatriée à l’usine de Puteaux qui atteint 350 ouvriers.
En 1946, la production commence à reprendre et l’usine occupe 650 personnes. Les ruptures de stocks sont tout de même fréquentes et les délais de livraison chez les détaillants importants.
En , 234 000 nouvelles actions en bourse sont émises et proposées aux détaillants. Le capital de la société est à nouveau doublé pour atteindre 46,8 millions de francs. Le conseil d’administration est présidé à l’époque par Alfred Maîtrepierre et Louis-Gustave Brandt en est devenu le vice-président. A la disparition de ce dernier en , Paul Nicolas, alors directeur commercial, devient directeur général.
L’entrée en bourse et l’expansion à l’étranger (1948-1958) En 1948, la CIMH devient « JAZ SA », dont les actions sont cotées en bourse. Le nom de la société se confond alors avec celui de la marque. Après quelques années passées sur le site de Puteaux, les services commerciaux et administratifs retournent à Paris, rue La Boétie dans le arrondissement.
En 1949, une chaîne de montage dernier cri est installée dans l’usine de Puteaux et un atelier établi dans le arrondissement. de Paris.
En 1951, Jaz est distribué dans 61 pays. Le nombre de modèles vendus dépasse le cap du million annuel grâce à un nouveau record de 1 034 000 JAZ écoulés. La gamme comprend alors 78 modèles dont 9 gros réveils, 28 stylites et 16 tirages limités.
Toujours la même année, Jaz fait une entrée dans les capitaux de la Société Alsacienne de Précision (la S.A.P.), une société horlogère qui fabrique les réveils de luxe Carat, pour le compte de la société du même nom. Cela permet ainsi à Jaz d’élargir sa collection avec des modèles de Luxe, qui portent alors le symbole de l’oiseau Jaseur et des noms toujours en « ic » comme le Sapic, le Colmic et l’Alsic (en référence à la SAP, et à Colmar et l’Alsace où l’entreprise possédait son usine).
En 1954, Jaz réalise une fusion-absorption avec la plus ancienne maison horlogère française : Japy, créée par Frédéric Japy (1749-1812) permettant ainsi à la marque d’ajouter à son catalogue des modèles affichant un positionnement plutôt dans le bas du marché.
En 1955, les 3 marques, Jaz, Japy et Carat, se réunissent sous la Générale Horlogère. Au total, ce sont 1 250 ouvriers qui sont présents sur deux sites avec notamment une partie de la production transférée dans une usine à Wintzenheim.
En 1957, le 20 millionième est vendu : JAZ est alors leader en France, détenant un tiers du marché, mais exporte également 20 % de sa production à l’étranger, notamment en Italie, Espagne, Inde ou encore au Brésil.
L’arrivée des premiers mouvements électriques à pile (1959-1966) En 1959, l’industrie horlogère entre dans l’ère de l’électronique et Jaz saisit ces nouvelles opportunités en lançant trois mouvements à pile. Depuis son lancement, la collection Jaz comprend 175 modèles au total : 25 Jaz de Luxe, 40 Pendulettes-réveil fantaisie, 20 Jaz de voyage, 40 Jaz classique et 45 pendules murales plastique ou métal à mouvement électrique, à pile ou sur secteur, ou encore à mouvement mécanique.
Les premières pendules Jaz à transistor apparaissent dans le catalogue 1959-1960, auxquelles suivent quelques modèles de pendulettes.
En 1960, la part de marché de JAZ dépasse les 33 % avec 1 049 000 pièces vendues.
En 1961, l’usine de Puteaux est expropriée et démolie pour accueillir le nouveau quartier de la Défense à la place. La production est alors entièrement rapatriée dans l’usine de Wintzenheim.
En 1962, le 25 millionième réveil Jaz est produit.
La gamme "JAZISTOR" naît en 1964 avec notamment le premier réveil à transistor, le DRILIC, dessiné par P. Charbonnaux. Le groupe Jaz emploie alors 1 100 personnes pour une capacité de production annuelle supérieure à 1,4 million de pièces pour les marques Jaz, Japy et Carat. Le chiffre d’affaires passe ainsi de 33 millions de francs en 1961 à 47 millions en 1964.
En 1968 apparaît le mouvement " jour et date " qui permet d’afficher le jour de la semaine et le jour du mois sur le cadran. Plusieurs modèles de réveils et de pendules en sont équipés : Fichic, Perlic, Garnic, Gendic ou encore Motic.
1967-1986 : électronique
Le Jaseur moderne (1967-72) En 1967, l’oiseau Jaseur, emblème de la marque, est redessiné et stylisé pour une image plus dynamique et moderne. Auparavant imagé avec la queue en bas, cette nouvelle version avec la queue en haut lui donne alors une allure plus conquérante.
La même année, la profession horlogère subit une profonde phase de mutation avec l’arrivée en Suisse de la toute première génération mondiale de montres à quartz.
En 1969, la marque conserve sa première place parmi les producteurs horlogers français avec 46,1 % de part de marché en France.
En , Jaz annonce le début de la fabrication de montres. Pour réussir cette diversification, Jaz devient actionnaire minoritaire dans la société Finhor du groupe Anguenot Frères. Les futures montres Jaz sont ainsi fabriquées dans une usine de Villers-le-Lac (dans le Doubs) et équipées d’un calibre fourni par la société France-Ebauches.
En 1971, la filiale S.A.P. qui fabrique alors toutes les pièces électriques d’horlogerie (avec une capacité annuelle de 1,5 million de pièces) emploie 850 personnes.
Notoriété et mise sur le marché des montres (1973-78) En 1973, Jaz atteint un taux de notoriété de 87 %1, soit 9 français sur 10 qui connaissent les réveils Jaz. La société continue également de miser sur l’export avec une présence dans 74 pays, des filiales et succursales en Espagne, Italie, Belgique, Brésil, Inde ou encore aux Pays-Bas. Son chiffre d’affaires à l’export représente ainsi un tiers de son C.A. global, pour environ 35 millions de Francs.
En 1974, la marque met sur le marché sa première montre électronique à lecture digitale, mais également une pendulette électronique avec jour et date et un réveil mécanique à lecture directe (sans aiguilles) pour laquelle un brevet est déposé.
En 1975, la collection comprend notamment 17 montres électroniques et à quartz et 6 modèles à lectures directe avec des cristaux liquides et des diodes luminescentes. Le chiffre d’affaires de l’année atteint ainsi 150 millions de francs avec plus de 5 millions de modèles et de mécanismes vendus.
Le , une opération de fusion-absorption est réalisée par JAZ SA sur la S.A.P et son usine de Wintzenheim. Le mercredi , un incendie se déclare au siège social rue la Boétie, faisant 3 victimes et détruisant les ordinateurs et une partie du stock de l’entreprise.
En 1976, la société investit 10 millions de francs dans la recherche des réveils électroniques, qui représentent alors 83 % de la production contre environ 60 % en 1972.
Avec comme objectif commun de devenir le premier fabricant de montres, les sociétés Jaz, Finhor et Cupillard Rieme s’unissent pour créer la nouvelle société Framelec qui emploie ainsi . Détenant un tiers du capital, Jaz en prend la direction.
Les années Matra et Seiko (1979-85)