thumb|L'Assomption de la Vierge peint par Michel Sittow, vers 1500. Un dogme marial est un dogme de foi établi par les Églises catholique et orthodoxes concernant la Vierge Marie. Sur les quatre dogmes actuellement définis, deux sont affirmés par les deux Églises (Marie Théotokos et la virginité perpétuelle de Marie), les deux derniers ne le sont que par l'Église catholique (l'Immaculée conception et l'Assomption).
Ces titres donnés à la Vierge Marie comme des par les Églises, ne concernent pas directement et uniquement Marie, la mère de Jésus, mais se rapportent (et sont intimement liés) au Christ, aux vérités de foi théologiques en la personne de Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu, tel que professé par les chrétiens dans le credo de Nicée.
Bien que les titres de soient régulièrement utilisés dans l’Église et par des papes, ils n'ont jamais été définis de manière dogmatique. Certaines personnes, et parfois des évêques, ont fait des demandes au pape de définir un cinquième dogme marial reprenant l'un ou l'autre de ces titres. À ce jour, malgré de nombreuses pétitions et lettres tant des fidèles que d'évêques et de cardinaux, le Vatican a toujours répondu négativement à ces demandes.
Définition d'un
Un est .
Pour Marie-Jeanne Bérère, les dogmes sont . Pour la théologienne, les dogmes .. Même lorsqu'ils concernent la Vierge Marie, ces dogmes se comprennent toujours en référence au Christ (sa nature divine et humaine).. L’Église catholique de France précise que le but des dogmes, et notamment des le dogmes mariaux, est de découvrir les éléments et la matière pour , et ainsi susciter en nous ..
Le développement de la piété mariale populaire a de loin précédé celui de la doctrine ecclésiastique. Celle-ci s'est élaborée lentement, non sans tensions ni controverses, à travers les grands débats relatifs aux dogmes trinitaire et christologique, puis aux temps modernes. Cette élaboration fait apparaître entre l'Orient (orthodoxe) et l'Occident (catholique) des divergences non négligeables. Tandis que les Églises orthodoxes, restent fixées aux grands énoncés dogmatiques antérieurs à la séparation des chrétiens catholiques et orthodoxes, l’Église catholique a, pour sa part, développé de nouveaux dogmes mariaux (depuis deux siècles)..
Les dogmes définis Les définitions dogmatiques concernant Marie sont au nombre de quatre.. Les deux premiers sont reconnus par les Églises catholique et orthodoxe, mais les deux derniers sont propres à l'Église catholique. La maternité divine de Marie thumb|Marie mère de Jésus, basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf ().
Le dogme de la , a été défini en 431 lors du concile d'Éphèse : Marie est la "Théotokos" (ou ), qui a enfanté Dieu (Jésus, à la fois vrai Dieu et vrai homme). Ce dogme est reconnu par toutes les Églises chrétiennes.Mansi, Conciliorum Amplissima Collectio, IV, c. 1007; Schwartz, Acta Conciliorum Oecumenicorum, I, 5, p. 408...
Le titre de donné par les pères conciliaires à Marie fait référence à l'affirmation de foi de que le chrétien retrouve dans le credo de Nicée. Cette terminologie s'oppose à celle défendue par Nestorius, lors du concile d'Éphèse en 431, de Marie , c'est-à-dire , le Christ n'étant pas (pour Nestorius). Plus précisément, l’Église de l’Orient et notamment le moine et théologien Babaï le Grand (v. 550-628), qui précise la doctrine nestorienne, refusent durant les siècles suivants, le principe de la communicatio idiomatum (la possibilité d'attribuer à chaque nature du Christ ce qui relève de l'autre nature) et donc le terme de Théotokos, Marie n’étant pour eux que la mère de l'homme Jésus.
Les pères de l'Église nomment donc Marie : (cette naissance charnelle). Le Christ lui-même revendique cette naissance comme un , de sa pleine humanité. Le Christ est reconnu Dieu fait homme véritable parce que sa naissance charnelle a été effectivement réalisée, par un accouchement.
Marie est mère de Dieu parce que son fils est Dieu, mais elle n'est pas dans l'absolu (elle n'est donc pas une déesse). Cette formule d’Éphèse confirme celle des précédents conciles (Constantinople en 381, et Nicée en 325), et exprime le désaveu de l’Église à l'endroit de tous ceux qui niaient ou minimisaient de quelque manière que ce soit la divinité de Jésus, tout en proclamant à nouveau que le Christ était pleinement humain (car né d'une femme : Marie). Ce dogme marial ne fait que redire la foi de l’Église en la double appartenance de Jésus-Christ à Dieu et à l'humanité ..
Quelques siècles plus tard, le dominicain Jean Tauler (1300-1361), étend ce rôle de à tous les chrétiens. Dans un commentaire il écrit : . Le dominicain rajoute : .
La virginité perpétuelle thumb|right|La Vierge de l’Annonciation de Pompeo Batoni (1740).
Le dogme de la virginité perpétuelle, est élaboré lors du deuxième concile de Constantinople en 553, puis défini au synode de Latran en 649, et proclamé par le pape Martin : Marie était vierge avant la naissance de Jésus et elle l'est restée jusqu'à sa mort. Jésus n'a donc eu ni frère ni sœur. Les protestants contestent ce dogme.DenziNger - Profession de Foi du Synode de Latran, le 31 octobre 649 (en ligne).
La théologienne Marie-Jeanne Bérère écrit que . Lorsque les pères du concile écrivent : , M-J Bérère en conclut que . Ainsi, comme lors du concile d’Éphèse, les pères de ce concile s'intéressent principalement à , et donc (Jésus vrai Dieu et vrai homme). La conception sans semence humaine et l'accouchement sans blesser la mère étant une . Pour l'auteur, ce dogme permet de confesser et un indicible mystère du Christ, Dieu et homme. Et la théologienne de conclure : ..
Le pape Paul IV, évoque en 1555 dans la les théologies sur le dogme du péché originel, et pour cela, il emploie pour la première fois la formulation (devenue traditionnelle) de .
La notion de est aussi l'objet d'interprétations et de commentaires théologiques. Pour le dominicain Jean-Pierre Brice Olivier, la est une attitude du cœur, la . La virginité physique de la Vierge pouvant être (selon lui) qu'il exprimerait par .. Pour la théologienne Marie-Jeanne Bérère, la (initiale et sur toute sa vie de Marie), pourrait faire référence à la promesse de fécondité qu'a une jeune femme au début de sa vie. Cette virginité perpétuelle évoquant . Marie toujours Vierge suggèrerait l'espérance de la fécondité et de l'épanouissement de la vie, comme une continuelle jeunesse, ne perdant jamais sa faculté d'enfanter. Cette image donnerait à saisir, pour l'auteur, le sens profond de la fécondité surabondante de la vie chrétienne animée par la foi..
L'Immaculée Conception thumb|L'Immaculée Conception par Pierre Paul Rubens au musée du Prado.
Si dès les premiers siècles du christianisme, certains pères de l’Église évoquent dans leurs écrits une pour Marie (comme Grégoire de NysseGrégoire de Nysse, De Virginitate, PG 46, 317-416. (., Amphiloque d'IconiumAmphiloque d'Icone, Orat. 4, in S. Deip. et Simeon.. ou Ambroise de MilanAmbroise de Milan, Lettre à Sirice 42,2.), la question est encore débattue et rejeté au Moyen Âge par un certain nombre de docteurs de l’Église (comme Bernard de ClairvauxBernard de Clairvaux, Lettre , Aux chanoines de Lyon, sur la conception de la Sainte Vierge dans ou Thomas d'Aquin.) et la plupart des grands scolastiques.
La position doctrinale sur bascule lors du concile de Trente (). Le pape Pie V, dans la bulle Ex omnibus afflictionibus, condamne les propositions contraires à la doctrine de l'Immaculée Conception. Puis il confirme les constitutions favorables au culte de l'Immaculée Conception dans la bulle Super speculam Domini. Les représentations artistiques se multiplient au , notamment en Espagne. La Vierge y apparaît sur un croissant de lune, drapée dans un manteau flottant dans le ciel, entourée d'une multitude d'angelots. Parfois elle foule aux pieds un serpent qui symbolise le démon.
En 1830, à la suite des apparitions mariales de la rue du Bac la médaille miraculeuse, frappée avec l'invocation , est distribuée à grande échelle en France et dans le monde. Cette diffusion popularise la foi en la ..
En 1849, le page Pie IX, écrit à tous les évêques catholiques . Cette vaste consultation a pour but de permettre au pape de prendre lui-même position.. Le pape missionne en même temps une commission théologique pour étudier la compatibilité avec les écritures, et les commentaires théologiques passés, avec la proclamation d'un tel dogme. Après un retour favorable des évêques (et des fidèles), ainsi que de la commission théologique, le pape Pie IX prononce le dogme de l'Immaculée Conception : ..
Bernard Sesboüé explique que signifie que . Le jésuite explique que par ce dogme, l’Église catholique exprime, , la vocation de tout être humain à la sainteté parfaite.
Quatre ans plus tard, lors des apparitions mariales de Lourdes, la voyante Bernadette Soubirous affirme que qui lui est apparue s'est elle-même présentée en disant .. Jean-Paul II a indiqué dans une homélie en 1979 que cette déclaration vient confirmer le dogme de l'Immaculée Conception puisque ..
Depuis 1854, la solennité de l'Immaculée conception est célébrée le dans l'Église catholique ..
L'Assomption vignette|L'Assomption de la Vierge par Nicolas Poussin, vers 1630-1632, huile sur toile, 134,4 x 98,1 cm. National Gallery of Art, Washington D.C, États-Unis.
S'il n'existe aucun texte biblique canonique évoquant la fin de la vie de la Vierge, une tradition chrétienne rapporte qu'elle aurait vécu quelque temps avec saint Jean à Éphèse. Mais ce serait sans doute à Jérusalem qu'elle aurait terminé son séjour terrestre. Des récits apocryphes du , rapportent que les apôtres . Toujours d'après ces écrits, . Cet événement marial fait ainsi référence et écho à la fois à la mort, à la résurrection et à l'Ascension du Christ..
Au , l'empereur byzantin étend à l'ensemble de l'Église byzantine une fête mariale le et lui donne le nom de Dormition de la Mère de Dieu. Cette fête se répand ensuite dans l'Église d'occident. Si en Occident cette fête prend le nom , les deux dénominations ne font que mettre l'accent chacune sur un aspect différent du même mystèreLes orthodoxes, avec la Dormition, insistent sur la mort de la Vierge et la monté de son âme au Ciel, les catholiques, avec l'Assomption, évoquent plus sa montée au Ciel dans la gloire, avec le Christ..
La fête de l'Assomption est déjà célébrée en France depuis plusieurs siècles lorsque le roi Louis XIII en 1638 prononce un vœu consacrant sa personne, la famille royale et le royaume de France à la Vierge Marie, qu'il déclare . Le roi demande qu'à cette occasion, tous les évêques et le clergé célèbrent, avec grande solennité la fête de l'Assomption du . Cette célébration devant être répétée chaque année. En 1922, le pape Pie XI déclare (et confirme) que la est patronne de la France..
Le dogme de l'Assomption, est défini le par le pape Pie XII : dans sa constitution apostolique Munificentissimus Deus, le pape écrit : Pie XII, Munificentissimus Deus, , ..
Pour Bernard Sesboüé, ce dogme évoque .
En 1964, le concile Vatican II rappelle ce dogme dans sa constitution apostolique Lumen Gentium que la ViergePaul VI, Lumen Gentium, , .. Demandes de nouveaux dogmes Au Depuis la fin du , plusieurs personnes ou mouvements se sont tournés vers le Vatican pour lui demander un nouveau dogme marial. Ces demandes récurrentes n'ont jamais obtenu l'accord de l’Église catholique.
Si le concile Vatican II attribue à Marie un certain nombre de qualificatifs : Paul VI, Lumen Gentium , repris dans le Catéchisme de l'Église catholique ., ces attribués à la Vierge, ne font pas l'objet d'une définition dogmatique dans l’Église catholique (ni une autre).
Avant les années 2000, , et quatre millions de fidèlesSelon les chiffres de Bernard Sesboüé., ont lancé des pétitions et lettres aux papes pour demander la formulation d'un cinquième dogme marial (que ce soit ceux de . Le Vatican les a repoussés.