Saint-Martin-en-Coailleux est une ancienne commune française de la Loire.

Elle fait partie des quatre communes qui ont fusionnéLe principe de la fusion a été préféré par les conseils municipaux à d'autres possibilités de regroupements : syndicat spécialisé, syndicat à vocation multiple, création d’un district. le pour former une nouvelle entité administrative : le « grand » Saint-ChamondSaint-Chamond, histoire d'un territoire, archives municipales de Saint-Chamond, 2007. : Izieux, Saint-Chamond, Saint-Julien-en-Jarez et Saint-Martin-en-Coailleux.

Toponymie Saint-Martin-en-Coailleux a connu de multiples graphies avant de se stabiliser sur la forme actuelleSelon le Dictionnaire topographique du département de la Loire de J.-E. Dufour (1946, p. 275), les deux premiers termes Sancto Martino peuvent être suivis de : Coilliaco, a Coailleu, Acuallieu, Acoalhieu, a Cuelhio, Acoalio, Couallieu, Conallieu, Conallieu, A collieu, Acoallieu, Accoailleu. On trouve aussi : Sainct Martin a Coualieu, Saint-Martin a Couaüllieux ou Accouallieu, ou en Coalieu. Et enfin, Saint-Martin-en-Coailleux.. Le nom remonterait au latin Sanctus Martinus Aquae loci devenu Sanctus Martinus Coailliacus, mais l'étymologie aquae locus (lieu chargé d'eau) semble incertaine si on la rapporte à l'aqueduc du Gier situé deux kilomètres plus loin et de l'autre côté de la rivière'Les paroisses du diocèse de Lyon. Archives et antiquités, par l'abbé Ad. Vachet, 1899.. Dans le latin du , on disait Sanctus Martinus AcuallieuVisite pastorale du diocèse de Lyon (1378-1379) par Jean de Talaru, archevêque de Lyon (mort en 1393), publiée par l'abbé Merle, Bulletin de la Diana, année 1937, tome XXVI, , publié en 1938, p. 278..

La toponymie française dénombre 238 communes portant le nom de Saint-Martin, l'un des saints parmi les plus vénérés en Gaule. Saint-Martin est connu pour son œuvre d'évangélisation des campagnes, notamment dans la vallée de la Loire.

Géographie thumb|upright=1.2|La paroisse de Saint-Martin-en-Coailleux, extrait carte 1850.

Saint-Martin-en-Coailleux se situe sur l'un des versants nord du Mont Pilat, dans la partie sud de la commune de Saint-Chamond. Son altitude est de environ.

Hydrographie Deux cours d'eau, coulant au nord, traversent l'aire communale et constituent une partie de ses limites latérales : la rivière du Gier, à l'ouest, qui la sépare d'Izieux ; et le ruisseau de l'OnzionAffluent de la rive droite du Gier, en aval de Saint-Chamond., à l'est, qui la sépare de Saint-Paul-en-Jarez. On trouve aussi le ruisseau de la Combe du grand Val, le ruisseau des Sagnols, le ruisseau Bessy et quelques rus.

Saint-Martin-en-Coailleux est concerné par la partie amont du Gier où la rivière passe de la pente montagneuse et boisée du Pilat à une pente moins forte dans les landes et les prés de fauche.

Territoire Au , le territoire de la commune comprend différentes parties : le Bourg, La Valette, l'habitat épars. En 1911, la répartition est plus diversifiée : le Bourg, la Renardière, Plaisance, Les Charmilles, Croix-Raisin, les hameaux de population éparseDénombrement de 1911, liste nominative des habitants de la commune..

Histoire Saint-Martin-en-Coailleux relève de la justice des seigneurs de Saint-Chamond. La localité fait partie, en 1173, de la maison de Lavieu. En 1280, elle passe à Godemard II, par suite d'une venteLa France par cantons et par communes. Département de la Loire, Théodore Ogier, 1856..

Le , à Saint-Martin-en-Coailleux, Aristide Briand, député de la Loire prononce un discours «sur la morale civique et l'esprit laïque opposés au dogmatisme religieux»La Lanterne, journal politique quotidien, mercredi 3 septembre 1902..

La franc-maçonnerie est présente à Saint-Martin-en-Coailleux en la personne de l'instituteur Émile Berthelon, exerçant à La Valette en 1910, d'après un répertoire antimaçonniqueLes francs-maçons dans l'enseignement : 4.000 noms tirés du "Répertoire maçonnique" et des archives de l'Association antimaçonnique de France, Bureaux de l'Association antimaçonnique de France, 1911, p. 65..

Population En l'espace de 170 ans, la population de cette commune mi-rurale mi-industrielle a été multipliée par 3.

1793 : 912 1800 : 910 1806 : 1821 : 996 1831 : 1836 : 1841 : L'état nominatif des habitants produit par le recensement de 1841, fournit le chiffre de ; cf. document numérisé, archives départementales. La différence tient sans doute au fait que le premier chiffre ne tient pas compte des élèves du couvent Saint-Joseph (11 filles) ni des élèves et pensionnaires de l'Hermitage (82). 1846 : 1851 : L'état nominatif des habitants produit par le recensement de 1841, fournit le chiffre de ; cf. document numérisé, archives départementales. 1856 : 1861 : L'état nominatif des habitants produit par le recensement de 1841, fournit le chiffre de ; cf. document numérisé, archives départementales. 1866 : 1872 : 1876 : 1881 : 1886 : 1891 : 1896 : 1901 : 1906 : 1911 : 1921 : 1926 : 1931 : 1936 : 1946 : 1954 : 1962 :

L'industrialisation thumb|upright=1|Saint-Martin-en-Coailleux, poste de transformateur de la Cie du Centre.

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Les maires de Saint-Martin-en-Coailleux Le nom des maires de Saint-Martin-en-Coailleux figure dans les registres de délibérations du conseil municipal conservés aux archives municipales de Saint-Chamond. On en trouve également dans les Rapports adressés par M. le Préfet au Conseil général du département de la Loire.

Religion thumb|left|upright=1.2|Saint-Martin-en-Coailleux, ancienne église, disparue au , James Condamin, Histoire de Saint-Chamond, 1890.

Au Moyen Âge, en , l'archevêque de Lyon, l'ancien doyen de la cathédrale archiépiscopal, Jean de Talaru, organise une visite pastorale qui dure des mois.

Parmi les 400 édifices inspectés, par lui directement ou par ses déléguésIl est peu probable qu'il ait visité lui-même Saint-Martin-en-Coailleux puisqu'il consacre une semaine, du 30 décembre 1378 au 7 janvier 1379, à tout le sud du Lyonnais et au Jarez., figure l'église de Saint-Martin-en-Coailleux. Dans le registre qui contient le texte de cette visite, deux phrases sont réservées à cette dernière : « à Saint Martin Acuallieu, en présence de maître Petro Bernardi et de nombreux paroissiens du lieu. Le curé n'est pas résident, mais (réside) à Saint Andéol »Sanctum Martinum Acuallieu presentibus domino Petro Bernardi, vicario, et pluribus parrochianis loci. Curatus non residet, ymo apud Sanctum Andeolum..

C'est le seigneur de Saint-Chamond qui nomme le curé, mais ce droit appartenait à l'église du Puy au . Une confrérie du scapulaire est établie dans l'église de Saint-Martin-en-Coailleux.

Ancienne église En 1874, une commission du conseil général de la Loire constate que : « L'église actuelle de Saint-Martin-en-Coailleux est non seulement de dimensions trop restreintes pour les besoins du culte, mais construite en partie en pisé, elle est arrivée à un état de vétusté qui ne laisse pas que de présenter du danger pour les fidèles ». Un désaccord oppose le conseil municipal qui voudrait se borner à une réparation et le conseil de fabrique qui souhaite une reconstruction. Cette dernière option est finalement décidée'Rapport présenté au Conseil général par le baron de Cardon de Sandrans, préfet de la Loire, session du 19 octobre 1874, p. 250 et 291..

Nouvelle église La nouvelle église de Saint-Martin-en-Coailleux est construite entre 1877 et 1884. Elle est de forme gothique avec deux portes d'accès et un promenoir au faîte du clocher. Sa superficie est de Inventaire des biens dépendant de la fabrique paroissiale de Saint-Martin-en-Coailleux, archives départementales de la Loire..

Le , en vertu de la loi du 9 décembre 1905 de séparation des Églises et de l'État, il est procédé à l'inventaire des biens de la fabrique paroissiale de Saint-Martin-en-Coailleux.

Les biens immeubles de l'église comprennent : un maître-autel en marbre, deux autels latéraux, des fonts baptismaux donnés par Thomas Dugas (1773-1857, adjoint au maire de Lyon), l'autel de la porte d'entrée, une chaire en bois sculpté, une horloge donnée par madame Émile Alamagny"Émile Alamagny, industriel"., deux bénitiers en marbre, les boiseries du chœur, onze stèles données par Ivan Dugas (1846-1908), sept vitraux, deux coffres-forts en fer de grande valeur, un harmonium, un ciboire en argent et de nombreux autres objets de culte.

Notre-Dame de l'Hermitage Saint-Martin-en-Coailleux est le lieu du pèlerinage au tombeau du "vénérable" Marcellin Champagnat qui se trouve dans la chapelle de Notre-Dame de l'Hermitage. La paroisse y descend en procession le .

La maison de cette institution est bâtie en 1824, sur l'initiative de Marcellin Champagnat. Il y meurt en 1840. Un an plus tard, l'état nominatif des habitants de Saint-Martin-en-Coailleux recense quatre prêtres, vingt-neuf frères et quarante-deux élèves à l'HermitageLes quatre prêtres étaient : Gabriel Rivat, directeur, Besson, Matricon et Girard ; recensement de 1841, document numérisé..

Les curés de Saint-Martin-en-Coailleux thumb|upright=0.8|Saint-Martin-en-Coailleux, autel latéral dans l'église, 2014. Une plaque apposée « à la mémoire de nos vénérés curés », dans l'église de Saint-Martin-en-Coailleux, mentionne les noms suivantsLe nom de l'abbé Brunon (1938) a été ajouté à cette liste. Voir aussi Les paroisses du diocèse de Lyon. Archives et antiquités, par l'abbé Adolphe Vachet, 1899. :

B. de Beaujeu : 1309 J. Charles : 1500 E. Mazenod : 1552 J. Hilaire : 1561 S. Morellier : 1592 C. Gabriel : 1617 P. de Lestang : 1652 G. Terrasse : 1655 F. Degraix : 1704 C. Dugas : 1723 Dugas : 1741 L. de Ricquier : 1753 P. Mottin : 1773 T. Delavigne : 1774 Forest : 1788 Jamet : 1802 M. Grangeon : 1803 Brut : 1819 Durbize, J.-L. : 1823 Jayol : 1843 C. SorlinLe curé Sorlin se prénommait Catherin-Jean-Baptiste. Il a été curé de la paroisse de Saint-Martin-en-Coailleux pendant quarante ans. : 1854 A. Chanelière : 1894Né le 11 février 1846 et mort le 11 janvier 1905. P. Ploton : 1903 J. Souvras : 1914 C. Bertail : 1919 J. Brunon : 1938. P. Chosson : 1975

Les instituteurs de Saint-Martin-en-Coailleux thumb|upright=0.8|Règlement des écoles primaires de l'Académie de la Loire, 1852. Les noms des instituteurs sont extraits des recensements. En l'espace de 70 ans, le nombre d'instituteurs dans la commune est passé de un à six.

Souvenir du poète André Ronze

Le poète, peintre et musicien saint-chamonais André Ronze (1869-1930) a décrit Saint-Martin-en-Coailleux : "à vingt minutes de chemin de la petite cité industrielle de Saint-Chamond ; il a comme fond les deux petites collines de Paraqueux. Sa situation topographique, son aspect pittoresque, son petit clocher blanc émergeant d'un bouquet d'arbres et les souvenirs qui se rattachent pour moi à ces simples choses ont toujours occupé une large place dans mon existence.

Lorsque j'étais jeune, j'allais souvent errer dans la vallée de l'Onzion. L'Onzion est un ruisseau qui prend sa source au pic de Chavanol et, dans le vallon qui porte son nom, il coule tranquillement à l'ombre des chênes et des frênes. C'est là que nous allions, mes trois amis et moi, avant de nous diriger sur Saint-Martin, les pins Flachat et le Pilat"Œuvres du poète saint-chamonais André Ronze, Saint-Étienne, impr. J. Verdier, 1931, p. 92.

Personnalités Marcellin Champagnat, né à Marlhes et mort à Saint-Martin-en-Coailleux en 1840. André Ronze, 1869-1930, poète, peintre, musicien. Jean-Benoît Preynat, 1870-1909, prêtre missionnaire en Chine, servit de guide et d'interprète aux membres de la mission lyonnaise d'exploration commerciale en 1896. François-Jullien Sutre, ingénieur principal aux Aciéries de la Marine, mort en 1940. Julien Chomienne, 1919-2002, ouvrier sidérurgiste, résistant, déporté à Mauthausen.