La famille Frerejean est une famille subsistante d'ancienne bourgeoisie française et de maîtres de forges, présente aux dans la région lyonnaise en France et selon la tradition d’origine noble italienne avant le .

Les forges appartenant à la famille Frerejean représentaient le deuxième ensemble sidérurgique français au cours de la première partie du avec notamment quatorze hauts fourneaux, six forges, cinq mines de fer et quatre mines de charbon.

Fondeurs devenus progressivement sidérurgistes par l’achat de mines de charbons et de hauts-fourneaux ligériens, les Frerejean sont en 1821 à la tête de la première Société anonyme par actions à Lyon et, au milieu du , de la première entreprise sidérurgique française, sous le nom de Compagnie Terrenoire. Producteurs de fonte et de fer, ils deviennent aussi, par l’adaptation des techniques anglaises, les premiers producteurs d’acier dans les années 1860 jusqu'à la crise financière et industrielle des années 1880 qui met fin à la sidérurgie lyonnaise.

Les origines La famille Frerejean (Fragianni) est originaire du Val d'Aoste à Pré-Saint-Didier où plusieurs de ses membres sont maîtres de forges et, antérieurement, de la région des Abruzzes et des Pouilles à Barletta en Italie.

Les sources les plus anciennes mentionnnt la famille Fragianni à l’époque angevine (), sous le règne de Charles Ier d’Anjou. Un Roberto FragianniEnciclopedia Storico-Nobiliare Italiana de Vittorio Spreti, fils de Pietro, est cité comme seigneur féodal d’une partie d’Orza. Cette tradition est reprise par plusieurs ouvrages héraldiques italiens. Ainsi, la famille jouissait de la noblesse dans plusieurs villes du royaume de Naples dont l’Aquila, Chieti, Sulmona, Barletta, puis Bari. La famille est notamment propriétaire du Palazzo della Marra. On trouve parmi ses illustres membres le marquis Nicolai Fragianni (1686 - 1763), avocat et secrétaire du Roi de Naples.

Les racines protestantes À la fin du , la famille Frerejean (Frerejehan) s'établit à Paray-le-Monial et ses membres embrassèrent la religion protestante. Paray-le-Monial était alors un des principaux centres de propagation du calvinisme en France.

. Ses membres étaient alors des maîtres de forges, .

En 1685, la révocation de l'édit de Nantes eut pour conséquence le départ d'une grande partie des membres de la famille Frerejean vers l'étranger. Une partie de la famille vint s'établir en Hollande où il existe toujours des descendants. Ceux qui restèrent à Paray-le-Monial se convertirent au catholicisme.

La forge familiale de Pont-de-Vaux

Jean-Marie Frerejean, né en 1705 à Paray-le-Monial, maître-chaudronnier sur cuivre, s'établit à Pont-de-Vaux où il épousa Jeanne Desvignes. Ils eurent neuf enfants, dont Antoine, le quatrième, en 1736.

Ce dernier fit des études de 1747 à 1752 au Collège Royal de Pont-de-Vaux, puis entreprit l'apprentissage des métiers du cuivre tout d'abord dans la forge paternelle, puis à Lyon chez le maître chaudronnier Courtois dont la forge spécialisée dans le travail du cuivre était située sur les quais de Saône à proximité des Terreaux.

Le , il épouse Benoîte Berger, belle-fille de Maître Courtois et reprit l'ensemble des ateliers lyonnais à l'âge de vingt-deux ans.

Ils eurent deux fils: Georges () et Louis () qui firent tous deux leurs études au collège de la Trinité à Lyon de 1770 à 1778.

Antoine Frerejean et les premiers succès économiques

Pendant quinze ans, Antoine Frerejean sillonne l'Angleterre, le Saint Empire et la Hongrie et devient l'un des premiers négociants de cuivre, notamment de fil de laiton de Namur et de Dinant, d'Europe. Il importe du cuivre d'Angleterre d'une qualité inconnue en France et le revend aux autres martinets.

Dans les années 1770, il consacre une partie importante de sa production à la passementerie de cuivre qui connait alors un fort développement.

Il devient expert dans le martelage et la repousse du cuivre. Son esprit curieux le conduit à collaborer aux recherches de Monsieur de Buffon sur la théorie de la chaleur et aux expériences des mines de Chessy dans la vallée de l'Azergues. Alors lui vient le désir de créer sa propre forge, mais il lui fallait être en dehors d'une ville. thumb|Antoine Frerejean en 1785 En juin 1774, il visite le domaine du procureur Colombe à Pont-Évêque en état de délabrement et en fin de droits d'exploitation.

Il obtient une nouvelle autorisation d'exploitation du grand maître des Eaux et Forêts en s'engageant à n'utiliser que du charbon de bois de châtaignier pour ne pas léser les charbonniers de la région et ne pas priver les habitants de leur source de chauffage.

Cette ancienne forge de cuivre devient par sa situation exceptionnelle - le charbon de Saint-Étienne, le réseau de canaux et de rivières, l'expertise de la main d'œuvre locale au travail des métaux depuis deux siècles pour la fabrication d'épées et d'ancres de marine - un des fleurons pendant cent ans de l'empire industriel des Frerejean. Sa renommée commence par les chaudières fabriquées pour les teinturiers de Lyon et celles servant au raffinage des cannes à sucre à Saint-Domingue. Fortune sera faite à la suite des commandes reçues à l'occasion de la guerre d'indépendance des États-Unis pour doubler la coque de 25 navires de guerre de plaques de cuivre afin d'éviter le pourrissement des coques en bois dans les mers chaudes des Antilles (gland des mers).

En 1781, Antoine Frerejean sollicite du Consulat de Lyon le droit de bourgeoisie octroyé jadis à ses aïeux.

Il fait réaliser dans les ateliers du Suisse Jean Moritz à Vaise, le premier bateau à vapeur sur les plans de Jouffroy d'Abbans. Avec son fils Georges Frerejean, passionné de mécanique, il résout le problème de la transmission du mouvement des pistons aux roues à aubes par une chaîne à double crémaillère et, le , le Pyroscaphe remonte la Saône de Vaise à l'île Barbe sous les vivats de plusieurs milliers de Lyonnais. Malheureusement, par jalousie Jacques-Constantin Périer refusera les subventions nécessaires aux améliorations et le projet sera abandonné.

L'arrivée de la troisième génération et l'essor de la métallurgie À l'âge de vingt-trois ans, Louis Frerejean se rendit en Angleterre pour « espionner » les techniques utilisées pour obtenir le cuivre de Chessy, en Cornouailles.

À cinq ans de distance, Georges et Louis épousèrent les deux sœurs Grange, Jeanne et Aimée, filles d'un célèbre teinturier lyonnais.

Le , Antoine Frerejean meurt dans son domaine de Crécy à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or (acheté en 1781), laissant ses forges à ses deux fils qui se révélèrent de grands métallurgistes.

Les frères Louis et Georges Frerejean, à la mort du fondateur Antoine Frerejean l’année de la Révolution, sont aussi renommés pour les pièces destinés aux instruments de marine, sextants, longues-vues, astrolabes. Ils fournissent ainsi l’expédition de découverte de La Pérouse (1785-1788) commanditée par Louis XVI.

La Révolution et l'Empire thumb|Georges Frerejean en 1797. En 1791, ils achetèrent la forge des Chartreux à Lyon.

L'année suivante, les frères Frerejean fondirent leurs premiers canons dans les ateliers de la rue Vielle, d'abord pour la municipalité « patriote » puis pour la municipalité contre-révolutionnaire. Le , les deux frères décidèrent d'enfouir cent canons, de briser les moules et les fours de leurs forges, et d'abandonner la contre-révolution en quittant Lyon.

Le 25 frimaire an II, le comité de salut public félicita les frères Frerejean de leur attitude patriotique et décida de leur attribuer une somme de quarante mille livres pour leur permettre de créer à Pont-de-Vaux une fonderie de canons. Pendant deux ans à Pont-de-Vaux ils produisirent plus de huit cents canons de grande qualité pour soutenir les armées de la République grâce au métal des cloches des villes et villages de l'Ain et de Saône-et-Loire ; la fonderie était installée place Maubert, face à l'ancienne forge Frerejean, dans l'ancien couvent des Ursulines ; elle continuera à usiner des canons jusqu'en .

Malgré leur repli à Pont-de-Vaux, les deux frères ne cessèrent de penser à l'extension de l'établissement des bords de la Gère ; en ils avaient acheté à leur voisin Vincent Plantier une forge à cuivre et en ils louèrent à Vincent Meunier une forge et ses dépendances, un bel ensemble qu'ils acquirent deux ans plus tard. Désormais propriétaires de larges terrains au bord de la Gère, les Frerejean pouvaient soumettre en 1803 à l'administration les plans d'une nouvelle et vaste usine où ils s'engageaient à appliquer . Les travaux se prolongeront cinq ans. Mais c'est un véritable ensemble industriel qu'ils feront bâtir : il comprendra cinq ateliers municipaux, un pour le cuivre, un pour le plomb, deux ateliers avec marteaux et feux de forge, un autre avec four à réverbère et laminoirs. Trois corps de bâtiments avec jardins prévus pour loger les ouvriers et leurs familles. Georges et Louis logeaient dans la maison de l'Œuvre ; thumb|Louis Frerejean en 1808. De 1800 à 1810, l'usine de Pont-Évêque produisit du cuivre (pour les besoins de l'industrie et de la marine française), du plomb laminé et du laiton. Une unité de production de canons y fut également créée en 1808 et permit la réalisation de plusieurs centaines de pièces.

À cinquante ans, George estima avoir comblé ses ambitions de métallurgiste et prit goût aux affaires publiques ; il entra au conseil municipal de Lyon (pour s'occuper des problèmes de voirie et d'urbanisme) et prit part à l'administration des hospices, avec son épouse, avec courage et détermination. Cette générosité fut également appliquée aux ouvriers de l'usine de Pont-Évêque.

Il fut un des premiers membres du Comité consultatif des arts et manufactures composé des trente industriels les plus importants de l'Empire fondé par en 1810. L'empereur pour le récompenser de ses réalisations le nomma colonel d'artillerie à titre honoraire.

Il est aussi administrateur des Hospices Civils de Lyon.

C'était également un amateur d'art et constitua une impressionnante collection de tableaux des écoles hollandaise et flamande ; il sauva de la fonte les grilles et ornements de la ville de Nuremberg qui furent d'abord installés dans sa demeure à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or puis au château de Montrottier.

Louis se passionna par la découverte d'une mine de fer à La Voulte. Ayant analysé les causes des difficultés du Creusot et sûr de l'avenir de la métallurgie (selon l'exemple anglais) ; il œuvra pour obtenir le transfert de la concession que Napoléon lui accorda par décret signé à Moscou en 1812.

Pour limiter les risques et assurer pleinement la responsabilité de ses choix, il décida de tenter l'aventure seul. C'était la fin des « Frerejean frères ». Les deux usines étaient de valeur inégale. Louis se contenta de la petite forge de la rue Vielle et obtint ainsi une forte somme en numéraire, bien nécessaire pour remettre en marche la mine ardéchoise.

La Restauration et l'avènement de la sidérurgie

L'année 1818 allait chambouler la prospérité : effondrement de l'Empire, suppression du blocus.

Pont-Évêque ne fut pas épargné ; pour pallier l'arrêt des forges, Georges proposa d'occuper les ouvriers à construire une maison de maître et un nouvel atelier.

Georges salua Louis XVIII alors que Louis espéra le retour de Napoléon. Georges fut décoré de la légion d'honneur en .

Louis s'échina pour maintenir ses droits rue Vielle et s'associa à Théophile de Chevron-Villette pour faire « rouler » le haut fourneau de Giez et y établir un laminoir pour la tôle et le fer-blanc. En 1817, il acquiert la forge de Cran près d'Annecy qui devint rapidement le premier centre métallurgique du royaume de Piémont-Sardaigne. Il refusa la nationalité sarde.