Le Monte Express est un navire mixte de la compagnie égyptienne United Marine Egypt (UME). Construit entre 1989 et 1991 par les Ateliers et chantiers du Havre (ACH) pour la SNCM, il est alors baptisé Monte d'Oro d'après le sommet corse du même nom. Mis en service en sur les lignes entre Marseille et la Corse, il est le premier véritable navire mixte de la SNCM. Transféré en 2016 au sein de la flotte de Corsica Linea à la suite de la liquidation de la SNCM, il est affecté toute l'année sur les lignes de la délégation de service public entre Marseille et L'Île-Rousse jusqu'à son retrait le . Vendu à la compagnie UME, il est rebaptisé Monte Express et affrété par la compagnie marocaine Africa Morocco Link (AML).
Historique Origines et construction À la fin des années 1980, les instances corses et les principaux transporteurs de fret maritime font le constat que les cargos employés entre le continent et la Corse offrent une capacité insuffisante, en particulier sur les ports de Bastia et Porto-Vecchio. Malgré le renouvellement de la flotte destinée au transport des marchandises avec la mise en service du Monte Cinto en 1984 pour la SNCM et du Santa Regina l'année suivante pour la CMN, l'augmentation du trafic des remorques peine à être absorbée par ces deux unitésSNCM, De la Corse au Maghreb, A. Lepigeon (2016). Pour pallier cela, les deux compagnies vont mettre en place des solutions transitoires. Ainsi, la SNCM va aligner le roulier Ardèche en sus de ses autres cargos, tandis que la CMN fera l'acquisition du navire mixte d'occasion Saga Star, doté d'une capacité de roulage de 1 500 mètres linéaires et navigant entre Marseille et Bastia sous le nom de Girolata. Cependant, conformément à la conférence maritime continent-Corse régissant les modalités du trafic des marchandises depuis 1955, une équivalence des moyens déployés par les armateurs est de rigueur. Ne possédant aucune unité d'une capacité semblable au Girolata, la SNCM décide alors d'équiper sa flotte d'une construction neuve qui serait affectée en priorité sur Bastia ainsi que sur Porto-Vecchio.
Avant tout défini par ses caractéristiques «fret», le futur navire se présente au premier abord comme un roulier de 145 mètres de long d'une capacité de 1 500 mètres linéaires de roulage, de quoi embarquer une centaine de remorques réparties sur trois niveaux de garage. Mais la conception de ce nouveau cargo va prendre une direction singulière influencée par le trafic passager entre le continent et la Corse. Tout comme le trafic du fret, le transport des passagers sur les lignes de la continuité territoriale est en augmentation malgré une baisse significative en 1983. En 1987, l'Office des transports de la région Corse (OTRC) avait exigé un nombre de places supplémentaires sur les ports principaux de Bastia et Ajaccio, ce qui avait abouti à la transformation de quatre cargos de la SNCM et de la CMN afin de les adapter au transport d'une centaine de passagers. Cette caractéristique va alors naturellement être prise en compte dans la conception du futur cargo. Prévu pour se substituer au Monte Rontondo sur Porto-Vecchio, sa capacité doit au minimum être identique à ce dernier, en l'occurrence 36 passagers. Mais cette capacité apparaît comme dérisoire pour la desserte de l'extrême-sud de la Corse, très fréquenté par les touristes. De plus, le succès rencontré par les cargos Monte Cinto et Monte Stello démontre qu'une capacité d'au moins 100 passagers s'avère nécessaire. Après analyse des répercussions sur le trafic global et l'investissement supplémentaire que cela représente, il est finalement décidé, avec l'accord de l'OTRC, de porter la capacité à 500 passagers. En plus de n'occasionner qu'un surcoût relativement faible, cette capacité permettra de dynamiser la desserte de Porto-Vecchio, notamment en été. Ainsi, le navire sera équipé d'installations destinées à accueillir les passagers telles qu'un bar, un restaurant et un snack. Les voyageurs seront logés dans 200 cabines, dont une centaine équipées de sanitaires. Enfin, un garage spécialement consacré aux véhicules de tourisme et disposant d'un accès séparé des camions sera aménagé à l'avant du pont 4. Le , les instances de l'État donnent l'autorisation à la SNCM de passer commande de son premier cargo mixte. À la suite d'un appel d'offres international, les Ateliers et chantiers du Havre, qui ont précédemment construits les cargos Monte Stello et Monte Cinto, sont choisis pour la construction du futur navire dont le contrat de construction est signé le . À l'instar de ses prédécesseurs, il est baptisé du nom d'une montagne corse, le Monte d'Oro, sommet montagneux du massif du Monte Rotondo, en Haute-Corse. Il est le deuxième navire de l'armement à porter ce nom, le premier étant le cargo Monte d'Oro ayant navigué sur la Corse de 1970 à 1984.
Le Monte d'Oro est mis sur cale le . Son chantier est l'occasion d'expérimenter les dernières technologies en matière de construction navale telles qu'un système de ballastage géré par ordinateur adaptant sa stabilité en fonction des aléas de la mer ou encore la possibilité de fournir le chauffage et l'eau chaude à bord par la récupération des gaz d'échappement qui peuvent également être utilisés pour réchauffer le carburant avant le démarrage des moteurs. Lancé le , il entre en finition puis réalise ses essais à la mer les 2 et 3, puis le 6 et le puis est réceptionné par la SNCM le .
Service SNCM (1991-2016) Le , le Monte d'Oro appareille du Havre à 18h00, sous les ordres du commandant Hervé. Arrivé à Marseille à 7h00 le , il accoste au môle J3. Quelques jours plus tard, le , il appareille pour sa première traversée commerciale à destination de Bastia. Son arrivée dans son port d'attache, saluée par trois coups de sirène du Napoléon, a lieu le lendemain matin. Le navire aborde par la suite la saison estivale en se partageant entre Bastia et Porto-Vecchio. À l'issue de l'été, le , son baptême est célébré à Bastia. La marraine du navire est Piazza-Alessandrini, épouse du président de l'Office des Transports de la Région Corse (OTRC).
Le le Monte d'Oro inaugure une nouvelle ligne de la filiale Corsica Marittima entre Porto-Vecchio et Livourne. À l'occasion, l'ouverture de cette nouvelle liaison reliant l'Italie donne lieu à une réception organisée à bord du navire le alors qu'il se trouve à Porto-Vecchio. Un cocktail est donné sur la passerelle, en présence d'une quarantaine de personnes dont Jean-Paul de Rocca Serra, président de l'Assemblée de Corse, le navire est même ouvert au public qui peut le visiter.
thumb|left|alt=alternative textuelle|Le Monte d'Oro sous les couleurs de la SNCM dans le port de L'Île-Rousse. Le , le navire est victime d'un incendie sans ses compartiments machines lors d'une traversée entre Marseille et Porto-Vecchio. Il est immobilisé puis réparé à Marseille.
Au début des années 2000, la SNCM opère un léger changement d'identité visuelle. Ainsi, au cours de son arrêt technique effectué au mois de , le Monte d'Oro se voit paré d'une livrée similaire à celle du récent Pascal Paoli se caractérisant par sa coque noire repeinte en bleu, l'ajout d'une bande le long du pont 5 et le retrait de la marque commerciale « Ferryterranée ».
En 2009, la SNCM aligne sur Porto-Vecchio le nouveau Jean Nicoli en remplacement du Monte d'Oro. Le navire est alors transféré sur la desserte de L'Île-Rousse depuis Marseille et Nice et se substitue au vieux Monte Cinto... À cette occasion, il devient le seul navire chargé d'acheminer des matières jugées dangereuses sur l'île.
Le , un incendie se déclare dans le compartiment machines alors que le cargo est à quai à Nice. Si le sinistre est rapidement éteint, celui-ci conduit à l'annulation de la traversée que devait effectuer le navire vers L'Île-Rousse. Les 300 passagers sont alors redirigés vers Marseille afin d'embarquer à bord du Danielle Casanova qui les acheminera à leur destination. Le Monte d'Oro reprend ses traversées le après avoir été réparé, France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, 20 juillet 2014.
Cette même année 2014, la SNCM est confrontée à d'importantes difficultés en raison d'une décision de justice sommant l'armateur de rembourser des subventions publiques jugées illégales. Cette situation conduit à la mise en redressement judiciaire de la compagnie en .. Face à cette conjoncture, il est décidé de drastiquement réduire le périmètre d'activité de l'entreprise. Ainsi, le Monte d'Oro effectue les dernières escales de la SNCM à Toulon et Nice, respectivement le 8 et le https://lemarin.ouest-france.fr/secteurs-activites/shipping/21472-la-sncm-met-fin-ses-touchees-de-nice-et-toulon. Le , à l'issue d'un long feuilleton judiciaire, le transporteur corse Rocca est désigné comme repreneur de la SNCM par le tribunal de commerce de Marseille. Le matin du , au retour de son arrêt technique effectué aux à Bizerte, le Monte d'Oro arrive à Marseille dépourvu des logos de l'ancienne SNCM, effacés de sa coque.
Corsica Linea (2016-2026) Le , la SNCM cesse officiellement d'exister et ses actifs ainsi que sa flotte sont transférés au sein de la nouvelle entité Maritime Corse Méditerranée (MCM), filiale du groupe Rocca. À l'instar des autres navires de la flotte de l'ex-SNCM, le Monte d'Oro est exploité dans un premier temps par l'entité commerciale Maritima Ferrieshttps://lemarin.ouest-france.fr/secteurs-activites/shipping/24195-ne-dites-plus-sncm-mais-maritima-ferries. Au mois de février cependant, le groupe Rocca vendra la nouvelle compagnie au consortium Corsica Maritima, autre candidat à la reprise de la SNCMhttps://lemarin.ouest-france.fr/secteurs-activites/shipping/24447-exclusif-corse-rocca-va-ceder-100-de-mcm-corsica-maritima. En conséquence, Maritima Ferries est remplacée par une nouvelle entité commerciale baptisée Corsica Linea. Cette nouvelle compagnie adopte alors une identité visuelle à dominante rouge tranchant radicalement avec le bleu historique de la SNCM. Progressivement, les navires de la flotte sont repeints aux couleurs de l'armateur avec notamment une coque peinte en rouge.. Ayant déjà effectué son arrêt technique, le Monte d'Oro conserve cependant l'ancienne livrée de la SNCM. Également, dans un souci de discontinuité juridique exigée par le Conseil européen, le cargo est frété à La Méridionale pour toute la durée de la saison estivale, du au .. À cette même période, un projet de vente du navire à la Collectivité territoriale de Corse dans le cadre de la mise en place d'une compagnie régionale à l'horizon 2019 est annoncé, mais ne verra finalement pas le jourhttps://lemarin.ouest-france.fr/secteurs-activites/shipping/26010-corse-les-monte-doro-et-paglia-orba-rachetes-par-la-ctc..
thumb|Le Monte d'Oro lors de sa première escale à L'Île-Rousse sous les couleurs de Corsica Linea. Lors de son arrêt technique du au , le navire est repeint aux couleurs de Corsica Linea et la décoration de ses aménagements intérieurs ainsi que ses machines sont modernisées pour un coût total de 2,5 millions d'euros. Le navire réalise son premier voyage sous ses nouvelles couleurs le à destination de L'Île-Rousse, où il arrive le lendemain sous petit pavois. Une réception est organisée à bord en présence du directeur général de la compagnie, Pierre-Antoine Villanova, d'élus et de représentants de la CCI de Haute-Corse ainsi que de passagers..
Au cours du mois d', le Monte d'Oro achemine à plusieurs reprises des véhicules de location entre Marseille et Bastia. C'est dans ce cadre que le navire escale pour la première fois à Port-Vendres en Occitanie le . Il y fera régulièrement escale par la suite durant les basses saisons.